Bâché pour l'été

Chers tous,
 
Le blog prend ses vacances d’été, laissant l’Athénée continuer à faire peau neuve jusqu’à la réouverture.


Drapé dans sa rénovation,


  
le théâtre est habillé pour l’été,


 
pour revenir en septembre dans un état neuf qui ne fera pas un pli.


 
Certains visages se fronceront peut-être à la découverte de quelques nouvelles couleurs,


mais on espère surtout que vous serez emballés par cette nouvelle version de l’Athénée.


Le cadeau de la nouvelle saison sera déballé le 24 septembre avec La Symphonie fantastique (ré)interprétée par Le Balcon.
 

 
Je vous retrouverai à la rentrée pour la neuvième année (hiiiiiiiiiii) dans une nouvelle formule : comme l’Athénée, le blog ne change pas, il s’améliore ! Bel été à tous.
 
Clémence Hérout



 
 

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Au fond du trou

Si vous avez bien tout suivi depuis le début des travaux de rénovation de l’Athénée, vous savez que l’agrandissement et la mécanisation de la fosse d’orchestre constituent la partie la plus importante du chantier.


 
La scène est toujours éventrée et le plancher de la fosse pas encore posé, mais de nombreuses étapes ont été franchies : le mur du fond est en place et les fondations bien avancées.


 
 
 

Vous avez une adresse email @wanadoo ou @orange ? Alors il est possible que vous n’ayez pas reçu l’article vous racontant la présentation de la prochaine saison et les portes ouvertes du Théâtre, ni celui présentant l’exposition de maquettes de théâtres organisée dans le parterre. Vous pouvez vous rattraper sur le blog !

Bonne semaine

Clémence Hérout


Double hommage

Je vous le disais la semaine dernière, les visiteurs présents sur les journées portes ouvertes et la présentation de saison 2016-2017 ont pu voir une petite exposition des maquettes des théâtres rénovés ou conçus par l’agence d’architecture Fabre/Speller, avec bien sûr celle de l’Athénée au milieu.


En temps normal, j’aurais directement effacé cette photo, qui comporte un gros défaut optique appelé flare, provoqué par une source lumineuse ponctuelle de forte intensité passant dans l’objectif (ici, un projecteur très en forme). Mais ce matin, le flare m’est apparu en rainbow flag (drapeau arc-en-ciel), comme un hommage aux victimes de l’attentat dans la boîte homosexuelle d’Orlando.
 
Installées dans les loges du parterre, les maquettes suivaient les époques de construction de leur modèle. Pour la période 1850, on trouvait le théâtre municipal de Valence


le théâtre municipal d’Arles


 
et le théâtre Mariinksi de Saint-Pétersbourg.


Ces salles, construites en suivant la tradition du théâtre à l’italienne (loges disposées en galerie, petit parterre, plateau en pente…), doivent souvent être rénovées en reconstruisant des éléments détruits dans les années 1960, comme les loges et les décors. L’utilisation technique du plateau ainsi que le confort et la praticité de la salle sont également les enjeux principaux des travaux.
 
Pour la période 1900, on trouvait la maquette de l’Opéra de Clermont-Ferrand


du théâtre municipal de Montluçon


et de la salle de concert Mariinksi.


 
L’époque est à l’embellissement de la ville et à l’élitisme : baignoires, loges, plateaux de grande taille avec équipement pour les spectacles lyriques, éclairage électrique ou rideau de fer caractérisent généralement les salles construites à cette époque. La rénovation doit alors souvent réussir l’équilibre entre le décor historique et les équipements scéniques contemporains.
 
Les années 1930 apportent de nombreux changements : autour de la salle elle-même, souvent plus frontale (les sièges sont moins disposés en arc de cercle) les théâtres proposent désormais des foyers, brasseries, espaces de rencontres, salles de répétition… Les décors sont très différents, avec une influence de l’art déco ou du rationalisme classique. Le travail de l’architecte vise ainsi le renforcement des capacités scénographiques et culturelles de la salle, qui porte désormais une valeur sociale.

L’agence Fabre/Speller a par exemple rénové le Théâtre de la Cité Internationale à Paris, 


le Théâtre National Populaire de Villeurbanne 

 
ainsi que le cinéma Le Louxor à Paris.


 
 
Rendez-vous enfin aux années 1990, où les théâtres créés sont dorénavant des boîtes noires ou « théâtres studios » transformables en fonction des spectacles. Il s’agit alors d’innover dans le domaine de la qualité d’accueil et de la transformation scénique, à commencer par l’assise du public, le rapport entre la scène et la salle, le cadre de scène, l’équipement scénique ou les services aux artistes.

L’agence Fabre/Speller a ainsi conçu la salle Maria Casarès de Montreuil, 


 
le théâtre des Salins de Martigues


 
ou le Théâtre des Ursulines (Le Carré) de Château-Gontier.


 
Côté Athénée, dont la maquette était en bonne place : les travaux continuent, mais le Théâtre est désormais ouvert. N'hésitez pas à prendre vos places et abonnements pour la saison prochaine.



Bonne semaine.

Clémence Hérout
 
Les cartels de l’exposition, dont s’inspire grandement cet article, ont été écrits par l’architecte Xavier Fabre. La scénographie et l’installation de l’exposition sont de Simon Cobigo.


T'as un beau casque, tu sais

Ça bouge à l’Athénée, avec des spectateurs dedans !
 
Jeudi, les cinquante spectateurs les plus rapides étaient accueillis par des agents d’accueil en tenue de chantier pour une présentation de saison express par le directeur du théâtre, Patrice Martinet. Express parce qu’il n’y a pas de siège actuellement dans le théâtre, et qu’on avait pitié de votre dos.

 
Athénée portes ouvertes (c) Clémence Hérout
Émilie, Lauren et Janie

 
Patrice Martinet a parlé Balcon, Philippe Caubère, Clémence Massart, Brigands, Brigitte Jaques-Wajeman, Volodia Serre, Ensemble 2e2m, Louise Moaty, Ars Nova, Marianne Pousseur, Enrico Bagnoli, Pierre Henry, lundis musicaux, festival italien…
Si vous étiez abonné l’année dernière, vous avez dû recevoir la documentation chez vous : sinon, tout est sur le site de l'Athénée. Pour plus de détails, vous pouvez visionner le film de la présentation de saison, qui a été diffusé en direct sur internet via Périscope (si vous n’avez pas compris la fin de cette phrase, c’est sûrement parce que vous êtes trop vieux. Mais ne vous inquiétez pas, vous vivrez très bien comme ça).
 
Athénée portes ouvertes (c) Clémence Hérout
 
Samedi et dimanche, l’Athénée proposait également des journées portes ouvertes avec des visites des travaux par l’architecte lui-même, Xavier Fabre de l’agence Fabre/Speller.
 
Une fois affublés de casques de chantier de toute beauté (mais si), les visiteurs ont d’abord bénéficié d’un rappel de l’histoire de l’Athénée, dont on a déjà parlé sur ce blog : l’hôtel particulier d’origine avait été racheté à l’état de ruine pour être transformé en l’Eden théâtre inauguré en 1883 et dont la salle de quatre milliers de places était bordée de plusieurs salons décorés à la pseudo-indienne.
C’est dans l’un de ses salons que l’on a créé l’actuel Athénée en 1893, faisant du lieu un théâtre à deux salles fonctionnant en simultané. Des difficultés financières et la construction toute proche de l’Opéra Garnier ont conduit à la fermeture du lieu, racheté en 1895 par un investisseur qui construisit des immeubles de rapport : c’est à cette époque que la rue Boudreau a été percée et que l’îlot autour du square de l’Opéra Louis-Jouvet est apparu. Si l’énorme bâtiment abritant l’Eden a été détruit, l’actuel Athénée fut conservé et sa façade décalée à l’endroit qu’on lui connaît aujourd’hui, avec création d’extensions. Et si la façade vitrée est si belle de l’extérieur et complètement plate de l’intérieur, c’est parce qu’elle était initialement plaquée sur un mur et conçue pour être vue du dehors.
 
Athénée portes ouvertes (c) Clémence Hérout
 
L’Athénée est donc marqué par deux périodes de construction : celle de l’Eden dans les années 1880, et celle de la transformation en 1895-96.
Après de longs débats, les peintures choisies pour la rénovation du bar et des différents halls souligneront ces deux époques au lieu d’essayer de créer une unité de façade : si, par exemple, le bar fait partie de l’extension construite dans les années 1890, le petit hall entre le bar et la salle de spectacle date en effet de la période très colorée de l’Eden. Les couleurs apposées sur les décors pendant cette rénovation reprennent celles présentes à l’origine, et seront donc légèrement différentes d’un espace à l’autre.
 
Après ce passage dans le hall d’accueil, le bar et la mezzanine, où les miroirs et vitrines posés par Pierre Bergé seront conservés, la visite continuait dans la salle sans les fauteuils en cours de rénovation, où il a fallu pousser des bâches pour apercevoir scène et lustre.


Athénée portes ouvertes (c) Clémence Hérout
 
Les visiteurs se retrouvaient ensuite dans le parterre, qui paraît paradoxalement beaucoup plus petit sans ses sièges. C’est là que Pascale, scénographe, a pu présenter les travaux consistant à agrandir et mécaniser la fosse d’orchestre, et qui représentent le plus gros du chantier.


Athénée portes ouvertes (c) Clémence Hérout
 
Federico, acousticien, a enfin présenté les installations prévues pour permettre aux personnes malentendantes de brancher leurs appareils auditifs sur la boucle sonore du théâtre, mais aussi le système de petits haut-parleurs disséminés dans toute la salle pour créer des effets de spatialisation du son pour certains spectacles musicaux sonorisés.
Athénée portes ouvertes (c) Clémence Hérout
  
Une fois la visite terminée, les personnes présentes pouvaient admirer une petite exposition de maquettes de théâtres rénovés par l'agence Fabre/Speller, qui fera l’objet d’un prochain billet sur le blog !
 
Bon lundi à tous. Presque sous le soleil. Mais si. J’y crois, moi.
 
Clémence Hérout
 


Prenez les portes


Au parterre de l’Athénée, les loges n° 4 et 6 ont pris cher. Et pour cause : ce sont celles qui ont été choisies pour accueillir les personnes à mobilité réduite après les travaux.

Athenee travaux loge
Athenee travaux loge
Les portes sont en effet à doubles battants, qu’il faut pousser tous les deux pour entrer en loge et tirer pour en ressortir. La manipulation étant impossible à la sortie lorsqu’on est en fauteuil (bon, un peu aussi quand on est sur ses deux jambes, mais faites comme si je n’avais rien dit), il a été choisi de retirer ces portes pour installer un autre système plus pratique. Lorsque je suis venue il y a quelques jours, la manipulation était en cours !
Athenee travaux loge
Athenee travaux loge
Athenee travaux loge
 

N’oubliez pas que jeudi, c’est la présentation de la nouvelle saison de l’Athénée aux cinquante chanceux à qui l’entrée a été réservée pour raisons de sécurité. Les autres pourront la suivre dans une vidéo à voir en direct sur le réseau social Periscope, puis sur le site de l’Athénée et dans une version raccourcie pour le blog.

Bonne semaine !

Clémence Hérout


Ça frise

Cela fait plusieurs fois depuis le début des travaux qu’en empruntant l’escalier desservant la salle du côté du public, je remarque cette anomalie picturale :

Athénée Travaux frise
 @Clémence Hérout

J’avais distraitement pensé à un essai de couvrance ou de couleurs comme il y en a eu ailleurs (si vous n’avez pas suivi, c’est ici) avant de réaliser l’étrangeté de la forme et de l’endroit choisis pour un test de ce type et donc de vous chercher plus d’explications.

La réponse était à chercher du côté de Mano, régisseuse générale du Théâtre, qui a conservé les pièces de la frise manquantes :

Athénée Travaux frise
 @Clémence Hérout

À la rénovation des peintures, un bout de la frise s’est en effet détaché, laissant penser, même si ce n’est pas certain, qu’une restauration a déjà eu lieu par le passé avec utilisation d’un enduit sous la peinture colorée.

Peut-être que vous ferez partie des 50 chanceux qui pourront voir cette frise de leurs propres yeux pour la présentation de saison de jeudi prochain (2 juin) ! Pour les autres, rendez-vous sur le site de l’Athénée pour la suivre en direct sur vos écrans.

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