le blog de l'athénée

Ils bloguent pour l'Athénée
Pleins feux

Le couple de la danse

Posté le : 19 janv. 2017 15:52 | Posté par : Le Tone
Catégorie : Danza macabra | + d'infos sur athenee-theatre.com


 
 
 

D'hier à aujourd'hui

Imagination, délivrance et amour

Posté le : 18 janv. 2017 20:31 | Posté par : Clémence Hérout
Catégorie : Elvira (Elvire Jouvet 40) | + d'infos sur athenee-theatre.com

Hier soir, j’animais une rencontre avec les équipes des deux spectacles actuellement joués à l’Athénée, Elvira (Elvire Jouvet 40) et Dolore sotto chiave/Pericolosamente.
Les très nombreux spectateurs présents ont ainsi pu poser leurs questions aux artistes dans une joyeuse discussion collective franco-italienne que vous pouvez revoir ici.

Dans Elvira (Elvire Jouvet 40), Louis Jouvet est interprété par Toni Servillo. Suite de mon best-of personnel de Louis Jouvet commencé la semaine dernière


Cet extrait de ses Témoignages sur le théâtre parus chez Flammarion en 1952.

« Le théâtre rend aux hommes la tendresse.

[Le théâtre] est dans l'univers le seul libre échange, celui des sentiments, des idées. […] Le théâtre n'est pas seulement un moyen d'écouter ou de passer le temps, c'est une occasion recherchée de préparer et de vivre sa vie avec plénitude.

Le théâtre n'est pas seulement industrie ou gesticulation, il est imagination, délivrance et amour. […] Ainsi le théâtre éveille les espoirs et les souvenirs. Il fait revivre une sensibilité qui peut s'étioler ou sombrer.

Le théâtre rend aux hommes la tendresse humaine, cette tendresse humaine qui relie comme une immense famille, à travers les générations, le public d'Eschyle, de Sophocle, d'Euripide, à celui de Lope de Vega, de Calderon, à celui de Shakespeare, à nos classiques français et nos auteurs contemporains. […]

Mais ce n'est pas par affrontement ou par combat que le théâtre s'organise. Pénétration, découverte ou enrichissement de l'homme, le théâtre ne vit pas d'exclusion, de domination, de ces revendications de primauté que les débats économiques et militaires suscitent, entretiennent et tentent de justifier. […] Il n'exige pas pour prospérer de disqualifier, de limiter, d'anéantir. […]

Nous souhaitons qu'il cesse d'être tenu pour un commerce ou un trafic ; nous souhaitons que l'éducation fasse, au théâtre, à l'art dramatique, la part qui lui est due et qu'il reste ce qu'il a toujours été jusque ici et ce qu'il doit rester : une offre, un échange d'amitié et d'amour entre les hommes. »


Cette scène du film Copie conforme réalisé par Jean Dréville (1947), où Louis Jouvet interprète à la fois un représentant en boutons un peu neuneu et un brillant cambrioleur :


Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez ici : https://www.youtube.com/watch?v=vBpRvw5Z-_A

 
 
 
Cet extrait d’un cours qu’il a donné au conservatoire, sténographié par son assistante et écrivaine Charlotte Delbo, que l’on retrouve dans le spectacle Elvira :

« Il faut que tu cherches le sentiment ; l'intelligence dramatique ne suffit pas s'il n'y a pas de sentiment. Ce qui fait de Raimu le plus grand acteur de notre époque, c'est qu'il est puissant dans le sentiment.
Il faut arriver à puiser en soi ce potentiel, cette puissance, cette faculté du sentiment porté à l'excès ; c'est par un excès de sentiment, par un excès de tendresse, par un excès de colère, d'indignation, d'orgueil, c'est en cultivant toutes ces qualités, tous ces défauts, toutes ces vertus cardinales, que tu arriveras à rendre tes personnages.

Qu'Irène donne Elvire sans mettre de sentiment... elle est en première année! Il faut qu'elle essaie de voir ce que c'est qu'une scène, qu'on la lui explique, qu'elle y pense, mais pour toi, la pensée doit s'accompagner d'un sentiment violent, d'un sentiment profond.?
Il ne faut pas que tu puisses te dire : moi, je vais jouer ça en apparition et que tu le donnes confortablement. Il faut que tu développes ton sentiment.

Elle n'est pas convaincue! Tu penses que je ne te dis pas ça pour avoir le plaisir de t'expliquer des balançoires. Dans vingt ans d'ici, tu penseras peut-être à ce que je te dis maintenant, quand tu raconteras des souvenirs de jeunesse à des camarades plus jeunes, en voyage par exemple...: je me suis embêtée, dans sa classe! Pendant trois ans! Je ne l'aimais pas, mais un jour il m'a dit quelque chose de pas mal. Je ne souhaite pas autre chose que vous faire un jour, un instant, toucher du doigt votre instrument.

Vous aurez appris quelque chose le jour où, dans une conversation comme celle que nous avons en ce moment, vous aurez été tout à coup saisis, touchés, par une idée, une sensation que je mettrai devant vous ; où vous aurez eu cette révélation intérieure de ce que vous êtes par rapport à ce que vous faites. »

 
Pour voir Louis Jouvet (ou presque), c’est à l’Athénée jusqu’à samedi !

 
Clémence Hérout

Pleins feux

Un Lundi Charmant

Posté le : 17 janv. 2017 16:30 | Posté par : Le Tone
Catégorie : Histoires naturelles | + d'infos sur athenee-theatre.com


 
 
 
 

Perspective

Una notte a Napoli

Posté le : 16 janv. 2017 22:05 | Posté par : Clémence Hérout
Catégorie : Dolore sotto chiave / Pericolosamente | + d'infos sur athenee-theatre.com

En ce moment, dans la petite salle de l’Athénée, se jouent trois textes italiens réunis dans un spectacle d’1h15 : les pièces Dolore sotto chiave (Douleur sous clé) et Pericolosamente (Dangereusement) d’Eduardo de Filippo, précédées d’un prologue de Luigi Pirandello.

De Filippo est l’un des représentants les plus connus de ce qu’on appelle le théâtre napolitain -certaines de ses pièces ne sont d’ailleurs pas écrites en italien, mais dans le dialecte parlé à Naples.

Si le dialecte napolitain est resté aussi fort, c’est sans doute par résistance aux nombreuses dominations étrangères sur Naples (dans l’ordre : normande, angevine, aragonaise, espagnole, autrichienne, française, avant l’unification italienne).
 
Le théâtre napolitain a également subsisté comme expression du peuple et spécificité culturelle face aux cultures officielles. Le théâtre napolitain typique est une description de la vie quotidienne à Naples, souvent sur un mode satirique.
La plupart des dramaturges sont aussi acteurs, comme Eduardo Scarpetta (fin du 19e - début du 20e), qui a écrit des textes sur la misère des gens autant amers que drôles.

En 1917, les théâtres de variétés sont fermés par le gouvernement italien. Plusieurs compagnies inventent un nouveau genre inspiré de chansons et rassemblant vers, prose, et musique.
Le dramaturge Raffaele Viviani (20e) écrit par exemple plusieurs pièces à la fois tragiques et comiques en un acte décrivant la vie des Napolitains. Il est également l’auteur de pièces en trois actes comprenant souvent un personnage représentant un milieu et/ou une condition : c’est l’écrivain et compositeur de la misère et des petites gens, que les spectateurs de l’Athénée connaissent pour son œuvre musicale Circo Equestre Sgueglia, programmée au Théâtre en 2015 dans une mise en scène d’Alfredo Arias. Son utilisation du dialecte napolitain lui valut une interdiction par le régime fasciste

Issu de la tradition du théâtre napolitain, Eduardo de Filippo fonde sa compagnie en 1930 : nous reparlons en fin de semaine de ce lui qu’on a souvent comparé à Molière.
En attendant, vous pouvez allez découvrir deux de ses pièces dans la petite salle Christian Bérard de l’Athénée jusqu’à samedi !

 
Clémence Hérout

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