Cachés

Hier soir, c’était la première de Pantagruel de Rabelais mis en scène par Benjamin Lazar. Quelques heures avant de jouer, l’équipe technique et artistique se consacrait aux derniers réglages, disséminée dans la salle.

À la lumière de leurs écrans ou lampes de travail, les visages de Richard, Fabrice, Mathilde, FX, David, Pierre, Cyril ou Colomba émergent de la salle noire entre les ordinateurs, consoles et plans de feux :



Pantagruel technique Athénée Clémence Hérout

Athénée Pantagruel technique Clémence Hérout

Athénée Pantagruel technique Clémence Hérout

 


Aujourd’hui, les tables de régie ne sont plus là : les fauteuils sont pour vous, car Pantagruel a commencé hier et se joue jusqu’au 30 novembre !


Du monde au balcon

Lorsque je suis arrivée à l’Athénée hier, les artistes et techniciens du spectacle Pierrot lunaire et Paroles et Musique prenaient justement une pause dans la cour arrière du Théâtre (celle qui donne sur la rue de Caumartin).

Athénée pause le balcon Pierrot lunaire Clémence Hérout

Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout



Sur le plateau, leurs accessoires et instruments attendaient la reprise de la répétition, où l’on allait entendre Paroles et Musique, une œuvre de Morton Feldman composée sur un poème de Samuel Beckett.

 

Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout

 

Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout

 

Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout


L’ensemble Le Balcon interprète des œuvres du répertoire sur instruments sonorisés.

 

Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout
Le texte de Damien Bigourdan, acteur et chanteur.



Pierrot lunaire et Paroles et Musique revisités par Le Balcon commencent la semaine prochaine à l’Athénée ! Bon week-end à tous.


Clémence Hérout


L'effronté

“C'est un roc !… C'est un pic !… C'est un cap !… Que dis-je, c'est un cap ?… C'est une péninsule!

Voilà souvent à quoi l’on pense lorsqu’on entend le nom “Cyrano de Bergerac” : la pièce Cyrano de Bergerac écrite par Edmond Rostand est sans doute l’une des plus connues du répertoire français, à tel point qu’elle en a éclipsé sa source première d’inspiration.

Car Savinien Cyrano de Bergerac, avant d’être un personnage de Rostand, était un écrivain français qui a vécu au 17e siècle.

Né en 1619, Savinien de Cyrano de Bergerac n’est, pour la petite anecdote, pas du tout originaire de Bergerac, qui est en fait le nom d’une terre possédée par sa famille en actuelle Île-de-France.

D’abord militaire de carrière, il se consacre ensuite à l’écriture et publie aussi bien des pièces de théâtre que des romans ou des lettres.
S’il est peu connu du grand public aujourd’hui, il a influencé de nombreux artistes, à commencer par Molière qui s’en est beaucoup inspiré : il emprunte par exemple au Pédant joué, un texte de Cyrano, la fameuse réplique “Mais que diable allait-il faire dans cette galère” que l’on retrouve dans Les Fourberies de Scapin et qui est aujourd’hui passée dans le langage courant.

Certaines de ses œuvres poil à gratter feront scandale par leurs remises en cause à peine voilées de l’ordre établi, surtout lorsqu’il est religieux : citons à cet égard la pièce La Mort d’Agrippine qui s’attire les foudres à sa création en 1653.

Impertinentes, les œuvres de Cyrano de Bergerac mettent en effet le doigt là où ça fait mal, mais toujours l’air de rien et dans très grande liberté de style.
C’est particulièrement le cas du roman L’Autre monde ou les états et empires de la lune où, non content de créer le genre de la science-fiction avant l’heure en racontant l’histoire d’un voyage sur la lune, Cyrano de Bergerac parvient avec élégance à questionner la physique traditionnelle, le point de vue anthropocentriste qui met l’homme au centre du monde ou l’organisation sociale de son époque, tout en introduisant des sous-entendus homosexuels et anti-religieux.

Pour écouter l’insolence des textes de Savinien Cyrano de Bergerac, c’est à l’Athénée jusqu’au 8 juin dans la mise en scène et l’interprétation de Benjamin Lazar, accompagné en musique par L’Ensemble La Rêveuse.

Bonne journée !


Clémence Hérout


Ariane chez Molière

Ariane à Naxos de Richard Strauss est un drôle d’opéra.

Il commence par un prologue où l’on découvre deux troupes d’artistes s’apprêtant à jouer lors d’un dîner organisé par leur mécène.
La première, qui donne dans l’opéra sérieux, a répété Ariane à Naxos et s’insurge que la seconde, qui a prévu un divertissement, soit programmée le même soir.

La consternation monte d’un cran lorsque le mécène annonce finalement que les deux troupes devront jouer simultanément. Atterrés, les artistes de l’opéra sérieux n’imaginent pas une seconde être mêlés aux autres qui, eux, se demandent bien comment ils vont s’intégrer à l’action d’Ariane à Naxos...

C’est ainsi que l’opéra proprement dit commence, présentant l’histoire d’Ariane à Naxos, interrompue ou commentée par les chanteurs et comédiens de l’autre troupe : grâce au fameux fil aujourd’hui passé dans la langue française, Ariane a aidé Thésée à sortir du labyrinthe contre la promesse de l’épouser. Sauf que Thésée n’honore pas son engagement et abandonne Ariane sur l’île de Naxos, où elle n’attend plus que la mort.
Les artistes du divertissement essaient ainsi de consoler Ariane, en particulier Zerbinette qui cherche à la convaincre qu’une autre histoire d’amour est possible. Même si Ariane ne semble pas avoir entendu Zerbinette, elle se retrouvera finalement dans les bras de Bacchus.

C’est ainsi que Strauss, en abordant les relations entre artistes et mécènes (on dirait aussi “tutelles” ou “politiques”), compose un opéra à la fois drôle et sérieux comprenant des rôles parlés et chantés et qui donne à entendre des passages rappelant Wagner, mais immédiatement suivis d’acrobaties vocales brillantes et légères.

Il faut dire que la genèse de l’œuvre est particulière, puisqu’il s’agissait au départ d’un opéra qui devait s’intégrer au Bourgeois gentilhomme de Molière, en représentant l’intermède musical commandé par le personnage de Monsieur Jourdain aux actes III et IV.
Malheureusement, l’œuvre se révéla difficile à donner, sans doute pour des raisons financières : donner à la fois un opéra et une pièce de théâtre le même soir est en effet bien coûteux. Richard Strauss modifia son opéra pour le rendre complètement indépendant de la pièce de Molière, créant ainsi une œuvre particulièrement originale sur le fond comme sur la forme.

Ariane à Naxos se joue à l’Athénée jusqu’à dimanche dans une version de concert proposée par Le Balcon, avec Julie Fuchs dans le rôle de Zerbinette.

Bon week-end !



Clémence Hérout


Silence dans les couloirs !

La première d’Ariadne auf Naxos a eu lieu hier soir dans un Athénée survolté (sur scène et dans la salle) : pour voir cet opéra de Strauss dans une version mise en espace par Le Balcon et Benjamin Lazar, c’est jusqu’à la fin de cette semaine !

Mais ce soir, le spectacle laisse la place à la présentation de la saison 2013-2014 : à partir de 18h30, Patrice Martinet, directeur de l’Athénée, vous parlera des spectacles qui se joueront à l’Athénée à partir de septembre prochain.

Le Tone, mon camarade de blog, a réalisé avec Maris un film qui accompagnera cette présentation de saison.

Je les ai suivis avec un micro dans la préparation de ce film : dans l’extrait sonore que je vous propose, on les entend mettre sur pied l’interview en vidéo-conférence d’une metteure en scène.

Le reportage sonore dure moins de trois minutes et peut s’écouter ci-dessous ou à ce lien.

 


À ce soir pour découvrir le film et la prochaine saison !


Clémence Hérout

Plus de billets

BlogCFC was created by Raymond Camden. This blog is running version 5.9.002. Contact Blog Owner