Mis en scène par Benjamin Lazar, le spectacle est en partie éclairé par des bougies disposées en avant-scène dans un petit fond d’eau (personne ici ne tient à ce que l’Athénée parte en fumée).
En s’approchant de ce petit miroir d’eau, on aperçoit une forme connue dans le reflet...
Une forme qui se précise au fur et à mesure de la mise au point...
Et qui finit par révéler le lustre de la grande salle, que vous connaissez bien.
Pour voir le spectacle et ses douces lumières, vous avez jusqu’au 8 juin.
Bon week-end à tous, malgré le temps de... de... (je vous laisse compléter).
La semaine dernière, c'était la présentation de saison à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet : Patrice Martinet, directeur de l’Athénée, décrivait au public présent les spectacles qui allaient composer la saison de l’Athénée à partir de septembre prochain.
Il se trouve que l’année 2013 représente également une date anniversaire : Patrice Martinet dirige le Théâtre depuis vingt ans !
Le jour de la présentation de saison, tous les membres de l’équipe de l’Athénée portaient un badge sauf Patrice qui en avait deux, indiquant : “j’ai 20 ans”.
C’est ainsi qu’après la présentation de saison, le public et l’équipe l'attendaient pour une petite surprise que Patrice découvrit en sortant de scène :
Groupés autour d’une pièce montée de macarons, les spectateurs et membres de l’équipe ont ainsi entonné ensemble une chanson d’anniversaire, suivie d’un bref discours de remerciement où Patrice Martinet exprima son émotion d’être fêté à la fois par son équipe et son public. Il nous assura ensuite que cet épisode figurerait dans ses mémoires, au cas où il les écrirait un jour (on prend note) avant de convier tout le monde à boire une coupe de champagne –parce que c’est toujours embarrassant de boire tout seul face à une centaine de personnes qui vous fixent.
Pour découvrir la saison prochaine, vous pouvez aller sur le site de l’Athénée, où vous trouverez également le petit film coréalisé pour l’occasion par mon camarade Le Tone. Et pour rire un peu, la vie d’un théâtre en image, un petit site animé conçu par l’équipe de la communication de l’Athénée pour célébrer cet anniversaire.
Il commence par un prologue où l’on découvre deux troupes d’artistes s’apprêtant à jouer lors d’un dîner organisé par leur mécène. La première, qui donne dans l’opéra sérieux, a répété Ariane à Naxos et s’insurge que la seconde, qui a prévu un divertissement, soit programmée le même soir.
La consternation monte d’un cran lorsque le mécène annonce finalement que les deux troupes devront jouer simultanément. Atterrés, les artistes de l’opéra sérieux n’imaginent pas une seconde être mêlés aux autres qui, eux, se demandent bien comment ils vont s’intégrer à l’action d’Ariane à Naxos...
C’est ainsi que l’opéra proprement dit commence, présentant l’histoire d’Ariane à Naxos, interrompue ou commentée par les chanteurs et comédiens de l’autre troupe : grâce au fameux fil aujourd’hui passé dans la langue française, Ariane a aidé Thésée à sortir du labyrinthe contre la promesse de l’épouser. Sauf que Thésée n’honore pas son engagement et abandonne Ariane sur l’île de Naxos, où elle n’attend plus que la mort. Les artistes du divertissement essaient ainsi de consoler Ariane, en particulier Zerbinette qui cherche à la convaincre qu’une autre histoire d’amour est possible. Même si Ariane ne semble pas avoir entendu Zerbinette, elle se retrouvera finalement dans les bras de Bacchus.
C’est ainsi que Strauss, en abordant les relations entre artistes et mécènes (on dirait aussi “tutelles” ou “politiques”), compose un opéra à la fois drôle et sérieux comprenant des rôles parlés et chantés et qui donne à entendre des passages rappelant Wagner, mais immédiatement suivis d’acrobaties vocales brillantes et légères.
Il faut dire que la genèse de l’œuvre est particulière, puisqu’il s’agissait au départ d’un opéra qui devait s’intégrer au Bourgeois gentilhomme de Molière, en représentant l’intermède musical commandé par le personnage de Monsieur Jourdain aux actes III et IV. Malheureusement, l’œuvre se révéla difficile à donner, sans doute pour des raisons financières : donner à la fois un opéra et une pièce de théâtre le même soir est en effet bien coûteux. Richard Strauss modifia son opéra pour le rendre complètement indépendant de la pièce de Molière, créant ainsi une œuvre particulièrement originale sur le fond comme sur la forme.
Ariane à Naxos se joue à l’Athénée jusqu’à dimanche dans une version de concert proposée par Le Balcon, avec Julie Fuchs dans le rôle de Zerbinette.
Après quatre ans d’articles quotidiens sur le blog de l’Athénée, Clémence Hérout inaugure une nouvelle formule en alternance avec Le Tone. Cette passionnée de théâtre, diplômée de Sciences Po Paris et d’un master en études théâtrales, est aujourd’hui responsable de projets pour un ensemble de musique ancienne et rédactrice pour le web. Pour cette 5e saison, elle continue d’affirmer sa liberté de ton pour faire découvrir aux amoureux de l’Athénée les coulisses, la vie et les activités du théâtre. En photos, son ou vidéos, son travail consiste à créer du lien, insuffler un peu d'humain, attiser les curiosités et engager la conversation.
Découvert en pleine French Touch sur les compilations Sourcelab, aux côtés de Air, Daft Punk, Étienne de Crecy… Le Tone continue chaque année de propulser son univers vers toutes les formes d'expression possibles. Musicien pour ses 4 albums, il se transforme en réalisateur pour créer ses clips, et en illustrateur pour les habiller. Aujourd'hui son temps est partagé entre la création sonore qu'il réalise avec le groupe d'artistes Visual System, ses illustrations qui le conduisent aujourd'hui sur le blog de l'Athénée et la rédaction trimestrielle du magazine Intersection. C'est un regard plein de modestie et de fraîcheur qu'il posera sur les coulisses du théâtre. L'expression avant tout.