La 4eme dimension

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Croisés en chemin

Lorsque je suis passée à l’Athénée hier, plein de gens s’affairaient pour la première répétition de Don Juan revient de guerre : surtout des femmes d’ailleurs, puisque outre les trente-cinq rôles féminins de la pièce, j’ai vu une créatrice des lumières, une régisseuse son, une créatrice des costumes, une habilleuse et une administratrice.

Mais comme vous savez depuis vos cours de philo de terminale que la frustration entretient le désir, je ne vous montre que les à-côtés : cinq minutes avant le début du filage, sur le chemin des bureaux à la salle où j’allais m’assoir, j’ai croisé

un portant de costumes,



énormément de valises,



des tissus au sol



et une partie du décor.



Pour reconstituer le tout, il faut venir à la première ce soir ! Don Juan revient de guerre d’Ödön von Horvàth mis en scène par Jacques Osinski avec Caroline Chaniolleau, Noémie Develay-Ressiguier, Jean-Claude Frissung, Delphine Hecquet, Agathe Le Bourdonnec, Alice Le Strat, Alexandre Steiger se joue du 2 au 18 avril.

Clémence Hérout


Don Juan revient vraiment ?

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Le festin de neige

Oubliez Molière, Mozart et Michel Piccoli : le Don Juan revient de guerre d’Ödön von Horvàth est un Don Juan déglingué et dépouillé qui plaît aux femmes contre son gré.

Ironie : c’est sans doute le premier mot qui vient à la lecture du texte. Ironie de la déconstruction d’un héros mythique, de l’Allemagne des années 1920 où se situe l’action, d’une écriture tragique et drôle en même temps, d’un homme subissant son pouvoir de séduction.

Si Horvàth garde quelques attributs du Don Juan traditionnel, comme le jeu de masque, la fuite ou le châtiment final, il décale soigneusement le mythe vers quelque chose d’à la fois dérisoire et inquiétant. Don Juan est toujours jeune et séduisant, mais il a été fêlé par la guerre de 1914 : touché par l’amour au fond des tranchées, il revient du combat pour chercher sa fiancée.
Essayant de reconstituer son grand amour dans les femmes qu’il croise (l’une a sa bouche, l’autre sa voix), il plaît sans le vouloir et ne prétend jamais être amoureux : persuadé que sa fiancée l’attend, il ne sait pas que, comme toujours chez Don Juan, c’est la mort personnifiée par un drôle de Commandeur qui lui a donné rendez-vous sous la neige. Amoureux, le Don Juan d’Horvath ? Oui, mais d’un souvenir dont il ne saura se détacher et qui le mènera à la mort.

Car on peut aussi voir ce Don Juan comme une parabole sur l’Allemagne de l’entre-deux-guerres qui, nostalgique d’un passé perdu, se précipitera encore une fois vers sa chute. C’est la famine, le marché noir, l’inflation : symbole d’un ancien monde en dégénérescence, Don Juan garde la (belle) face tout en se décrépissant de l’intérieur avant de finir littéralement enneigé dans un cimetière.

S’apparentant à la tragédie dans sa structure tout en maniant subtilement l’ironie et le sarcasme, le pièce offre également de beaux rôles de femmes (trente-cinq !) dont beaucoup sont très forts malgré leur brièveté. Don Juan est ainsi le seul homme face à une grand-mère, une femme de professeur et ses deux dissemblables filles, un couple de lesbiennes, une prostituée, deux soubrettes, une veuve, une commerçante profitant du marché noir, deux jeunes villageoises, une religieuse...

Pour voir le Don Juan revient de guerre d’Ödön von Horvàth monté par Jacques Osinski avec Caroline Chaniolleau, Noémie Develay-Ressiguier, Jean-Claude Frissung, Delphine Hecquet, Agathe Le Bourdonnec, Alice Le Strat, Alexandre Steiger, c’est à partir de jeudi !

Clémence Hérout


Les Bonnes Chansons du Balcon

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