Avenue des Incas

Que faites-vous samedi ?

Parce que c’est Tous à l’Opéra!, vous pourrez assister gratuitement à une répétition de l’opéra actuellement en préparation à l’Athénée.

Avenida de Los Incas 3518 : c’est le nom de l’opéra en question, mais aussi une adresse postale à Buenos Aires, en Argentine. Elle existe vraiment, c’est là (en zoomant de plus en plus) :

Los Incas Buenos Aires

Avenida de Los Incas 3518

Avenida de Los incas 3518


Grâce à Google Street, je peux même supposer que c’est l’immeuble de gauche, là :

Avenida de Los incas 3518


Dans l’opéra écrit et composé par Fernando Fiszbein, qui a trente-huit ans, trois des habitants de l’immeuble du 3518 de l’avenue des Incas ont trouvé le moyen de s’introduire chez leurs voisins en toute discrétion : ils leur chipent des objets de grande valeur sentimentale avant de les faire apparaître ou disparaître au gré de leurs envies de manipulation.

Pour connaître la suite dans l’interprétation du Balcon, l’ensemble en résidence à l’Athénée, c’est en répétition ce samedi à partir de 14h30, ou en représentation à partir du 19 mai.
Si vous allez voir tous les spectacles du Balcon dans le cadre du festival “Mai en Balcon”, pensez à l’abonnement à 32 € !

Bon jeudi.


Clémence Hérout


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Décalé

Retour il y a tout juste trois ans, en mai 2012. Alors que je publie quotidiennement sur ce blog depuis quatre saisons et qu’une nouvelle se profile, je propose à l’Athénée de créer un binôme pour publier en alternance avec un.e illustrateur/trice.

Je n’ai pas d’idée précise en tête, mais Isabelle, secrétaire générale, pense rapidement à Tone : elle avait fait appel à lui pour réaliser la vidéo présentant la saison 2012-2013 avant de voir qu’il était aussi dessinateur.

Comme je trouve que Le Tone ne parle pas assez de lui sur ce blog, voici quelques informations plus ou moins exclusives:

Il ne veut pas qu'on connaisse son vrai prénom (même si moi, je le sais). Il a environ quarante ans et deux filles, et il habite à Paris. Il aime beaucoup tout ce qui permet de bouger et possède trop de trucs qui roulent pour que je puisse vous en dresser la liste avec certitude : je crois qu’il a une voiture, un scooter, un solex, un vélo, et ça ne m’étonnerait pas qu’il se déplace aussi en skate. Il aime bien raconter sa vie, il dessine sur les nappes quand on l’emmène au restaurant et il fume.
Il ne vient pas souvent à l’Athénée mais, quand il est là, on ne peut qu’admirer son look à la fois élégant et décalé à base de chaussettes à motif apparentes et de noeuds papillon.

“Décalé”, c’est souvent l’adjectif employé pour le décrire : musicien électronique, dessinateur, il a été rédacteur en chef d’un magazine consacré à la mobilité (voiture, moto, bateau....) et est depuis quelques mois le présentateur de la version française de l’émission Top Gear sur une chaîne de la TNT.
Si, comme moi, vous n’avez ni télévision ni voiture, vous n’avez vraisemblablement jamais entendu parler de Top Gear, une émission diffusée en Grande-Bretagne depuis 1977 et considérée comme une institution, à tel point que je ne comprends pas comment j’ai pu ne jamais en entendre parler avant.
Top Gear est un magazine automobile humoristique (bien que tout le monde n’ait pas l’air de s’accorder sur ce point) où il est question de voitures, mais à base de défis plus ou moins risqués, de courses et d’invités obligés de rouler en Renault Dacia -ce qui est particulièrement perfide quand on voit la tronche de la caisse.

Dans les quelques photos de lui que Le Tone m’a envoyées pour l’article, ma préférée est celle-ci :

Le Tone
(c) Péka Devé



Rendez-vous demain pour retrouver Le Tone en dessins !

Clémence Hérout


Le blog en stand by

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Au bar avec Jacques

Jacques Osinski est le metteur en scène de Don Juan revient de guerre, qui se joue à l’Athénée jusqu’à demain. Je l’ai interviewé mercredi au bar du Théâtre, quelques heures avant la représentation.


«—Don Juan est le seul personnage masculin dans la pièce, mais vous avez donné le rôle de la grand-mère et de la veuve à un homme, Jean-Claude Frissung...

L’écriture stylisée de Horvàth permet ce genre de décalage. La distance ainsi créée permet d’assumer la méchanceté du personnage en s’en amusant, alors que l’interprétation du rôle par une femme âgée aurait favorisé une identification plus directe. J’ai envisagé de manière très désaffectée la confrontation finale entre Don Juan et la grand-mère, que tout le monde attend, pour éviter de verser dans le pathos.
Faire interpréter le rôle par un homme évoque également la figure du Commandeur, ce personnage qui, dans d’autres oeuvres sur Don Juan, surgit d’outre-tombe pour le punir. Que Jean-Claude joue le rôle de la veuve va dans le même sens : la veuve est comme un spectre qui l’avertit du châtiment à venir.


– Dans la scénographie conçue par Christophe Ouvrard, toutes les scènes sont jouées sans décor à l’avant du plateau, devant les deux seules pièces matérialisées de manière précise : il s’agit de la chambre louée par Don Juan une fois qu’il se retrouve en ville et de la chambre d’une prostituée rencontrée au début de la pièce, qui fait ensuite office de cimetière. Pourquoi avoir mis ces deux lieux particulièrement en avant ?

La chambre louée par Don Juan et où se déroulent la plupart des scènes avec la famille habitant la maison s’est imposée comme une évidence. Le reste du décor s’est ensuite construit petit à petit autour de la scène avec la prostituée [dont j’ai publié des extraits sur le blog ici, NDLR], qui est plus longue que les autres et où Don Juan se révèle davantage. Cette chambre figure ensuite le cimetière où Don Juan se recueille –non pas devant une stèle, mais devant un vrai corps de femme inanimée couchée sur le lit et où la neige tombe en intérieur. Le parcours se termine dans cette chambre, avec une interaction entre l’intérieur et l’extérieur et l’idée que la neige tomberait dans un appartement bombardé pendant la guerre.
L’espace restant devant ces deux pièces peut s’apparenter au devant d’une scène de théâtre : le cadre de l’Athénée, en ajoutant un cadre dans le cadre, architecture d’ailleurs l’espace de manière différente et fait beaucoup écho à la pièce, où figurent de nombreuses références au théâtre, avec quelques scènes de théâtre dans le théâtre (théâtre aux armées, scène à l’opéra...).


– Le personnage de Don Juan créé par Horvàth est très différent des autres Don Juan...

C’est un Don Juan complètement cassé, qui est autant défini par son nom de “Don Juan” que par “revient de guerre”. Horvàth s’amuse avec le mythe : Don Juan devient le réceptacle du fantasme féminin, mais parce qu’il est seul homme présent -tous les autres sont morts. Il relève alors moins de la séduction que de la révélation du désir féminin : c’est une surface de projection, une figure en creux. Les femmes sont colorées, vives, au premier plan, là où Don Juan joue davantage sur le mode mineur, et s’inscrit plus dans la réception et l’ambiguïté du non-dit. Les femmes parlent et il ne dit presque rien. La guerre a en outre amené une perception différente du monde : Don Juan est le seul qui a vécu la guerre au front, et il ne peut pas en parler. Le silence est un versant possible de l’expression du traumatisme.


– D’après vous, pourquoi Horvàth est-il si peu connu ?

– Horvàth est un peu l’anti-Brecht : son écriture est diffuse, ambiguë, très loin du manichéisme. De plus, il est mort assez jeune alors qu’il s’apprêtait à travailler pour le cinéma à Hollywood : peut-être alors qu’il serait devenu très célèbre... De nombreux auteurs contemporains de langue allemande se réclament de lui aujourd’hui : sa stylisation du langage, son épure, ses silences, son absence de didactisme, son évocation des  pulsions cachées ou sa vision très moderne des rapports entre hommes et femmes le rendent très actuels.»


Don Juan revient de guerre se joue encore ce soir et demain : dépêchez-vous ! Le blog prend ensuite quelques jours de vacances.


Clémence Hérout

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