On sent bien la difficulté du voyage

Depuis que Daniel Larrieu (l'interprète et chorégraphe de Divine d'après Jean Genet) est à l'Athénée, nous avons échangé beaucoup de mails. 

Je ne résiste pas à vous livrer celui qu'il m'a envoyé mardi, alors que je l'interrogeais sur son cv : chorégraphe et danseur, Daniel a commencé par faire des études d'horticulture avant de se former à la danse bien sûr, mais aussi au feng-shui et à la psycho-généalogie.

Le texte vous paraîtra un peu long de bon matin mais je vous assure, il mérite d'être lu et relu.


Voici la question que j'ai posée à Daniel : « Quel est le lien entre l'horticulture, la danse, le feng-shui et la psycho-généalogie ? »


Et sa réponse :
« Du corps à la maison et de la maison à la nature, tout de l'horticulture à la choré-culture parle bien de ses orientations intérieures, sa boussole : on dirait "ne pas perdre le nord..."

Car nos orientations intérieures, nos choix, nos désirs, nos épreuves, sont des formes de traversées, d'expériences à vivre.
Une aventure avec le monde, les autres et soi-même, comme ce que disait Myrto Procopiou [NDLR : actrice dans Les Bonnes, jouées en même temps que Divine à l'Athénée], en plaisantant à moitié à propos des Bonnes, "c'est comme une croisière en Grèce, mais sans l'Ouzo, sans le soleil et sans la mer".
On sent bien la difficulté du voyage, on en rit, car c'est, bien sûr, très dur.


L'horticulture, lointaine formation, m'a appris à observer, à voir le sens de la croissance du végétal, son expansion, son cycle aussi. Même les arbres ont une durée de vie, c'est un cycle complexe.
Gilles Clément parle des migrations (graines, pollen...) On pourrait dire que pour passer d'une saison à une autre, il nous faut en saisir la respiration, pour glisser de la nature au corps, souplement.


La danse qui est une forme de rituel, comme le mouvement de la danseuse de Bali est un signe qui peut mettre en branle un monde car il procède d'un monde dont le sens nombreux est inavouable (Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet)  ; c'est une pratique du silence en soi, de trouver à chaque instant un geste qui s'invente, qui croît, qui vient, qui éclôt, qui vit et disparaît et qui exige un seul apprentissage d'aimer "apprendre à apprendre".


J'ai voulu en quittant l'institution en 2002, comprendre comment, déboussolé par tant de travail et d'ardeur, ma vie s'était bâtie : de rencontres, une carrière curieuse, faites de choix, une culture du mouvement, dans la culture elle-même dont on peut ou pas, se sentir en croissance ou en décroissance, appartenir !

J'ai commencé un travail patient en trans-générationnel qui est une forme d'analyse de l'être, de jardiner son présent, de le visiter avec plus de détails de finesse, d'en saisir les obstacles, les flux et puis je me suis engagé dans une formation dans ce domaine.
J'ai écouté d'autres, parlé aussi, bien accompagné, compris que nos boussoles intérieures sont des outils de composition de notre présent.
Dans le cadre de cette formation, une question éclairante : quel corps, quelle maison!


"Dans cette grande mansarde montmartroise où par la lucarne entre les bouillonnés de mousseline rose qu'elle a fait elle même, Divine voit sur une mer bleue et calme voguer des berceaux blancs, si près qu'elle en distingue les fleurs, d'où sort un pied cambré par la danse…" (Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet)

On comprend que Divine est bricoleuse, qu'elle rêve, qu'elle sait voir, qu'elle aime les choses légères, que sa piaule est réduite, mais grande intérieurement! Que son corps est tout pareil dans la vision de Genet. Un grand coeur (corps d'ange dans un monde de brutes, qu'elle adorera bien sûr, prête à disparaître d'elle-même)...

Ainsi nous pouvons toujours imaginer que nos lieux de vies, de travail, sont des images de nous-même : j'ai rencontré dans l'art du Feng-shui une personne qui à partir de l'analyse de son lieu de vie, sa carte énergétique, de son centre de gravité, éclaire une expérience à traverser ! Pas trop à voir avec la couleur des rideaux, mais bien avec le courage qu'il nous faut pour être ce que nous sommes, en profondeur, d'en accepter les conditions d'y faire face.


Tout aussi végétal que le texte de Genet, j'ai constitué avec toutes ces rencontres des ponts entre danse, horticulture, corps, cycles, saisons.


Lorsque Gloria Paris, m'a proposé de travailler et de dire et de danser Divine [NDLR : texte établi à partir de Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet], j'ai vu là, sans le savoir vraiment, (je m'en pensais bien incapable, voilà un an) la possibilité de faire vivre en moi, mon Daniel des Fleurs*, que nous portons toutes et tous, de donner corps à l'imagination d'un Genet en prison, jamais aussi libre intérieurement.

Restait le travail immense de prendre la parole… de faire l'expérience de la rencontre entre texte, corps et le public, d'être l'interprète, le passeur, le jardinier!


Divine enfant savait danser, juste en lisant un article dans Cinémonde... il avait aussi appris le violon, il préfère les vierges en plâtre colorié (Notre-Dame-des-Fleurs) pour que le miracle opère, il, elle a choisi une vie toute personnelle !

Au moment de ma rencontre avec l'équipe des Bonnes, tout anxieux de savoir comment j'allais m'en sortir avec ce défi joyeux, Marilu Marini [NDLR : actrice dans Les Bonnes, jouées en même temps que Divine à l'Athénée] me donna une nouvelle clé, joyeuse...
"Marilu Marini : — Comment va Divine?
Je lui répondis mes grandes peurs pour attaquer la montagne de Notre-Dame-des-Fleurs de Genet en bon soldat...
Marilu Marini : — Laissez-la faire... "

Il me restait un seul geste à faire, laisser ma boussole dans ma loge… et tous les soirs tenter une rencontre avec Divine, troquer mes chaussures de marches pour les escarpins...

* me suis fait nommer ainsi par le directeur technique de l'Athénée... Denis Léger...
 »




Demain, fin de la semaine spéciale "interventions extérieures sur le blog" pour un entretien avec Gloria Paris qui nous expliquera comment elle a proposé à Daniel Larrieu de le mettre en scène dans Divine.
Et fin également de Divine et Les Bonnes qui se terminent ce samedi… Je précise qu'il y a deux représentations des Bonnes samedi, à 15h et 20h.


La quadrature de la scène

 

 

Prison, manège infernal, escaliers qui finissent toujours par nous faire redescendre, mélange de massif et d'aérien, jeu entre ombre et lumière, incitation à l'imagination ou agressivité ?

Déroutant, le décor conçu par Pierre-André Weitz pour Les Bonnes n'en finit pas de susciter les commentaires —preuve en était à la rencontre qui a eu lieu mardi soir entre l'équipe des Bonnes et les spectateurs.

Pour le voir côté (grande) salle, vous avez jusqu'au 4 février!
Pendant ce temps, dans la (petite) salle, Daniel Larrieu continue à jouer Divine, également un texte de Genet.

 

 

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Sans lendemain, sans rien qui dure

"Sans lendemain, sans rien qui dure
Un homme passe et puis s'en va
Sans lendemain mes aventures
Depuis toujours s'arrêtent là
Jamais l'espoir d'un autre soir
Bonjour bonsoir adieu l'amour
Sans lendemain, sans rien qui dure
Voilà ma vie depuis toujours

J'en ai connu de toutes sortes
Des mal foutus et des beaux gars
Chaque fois que s'ouvre la porte
Mon coeur se dit "c'est celui là"
Oui mais le destin bientôt l'emporte
Comme tous les soirs je reste là"


Cela fait partie des mots que vous entendrez dans Divine actuellement à l'Athénée : car si le spectacle reprend des extraits du roman Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet, il fait également entendre un univers sonore conçu par Le Tone en collaboration avec Daniel Larrieu et Gloria Paris, la metteure en scène.


Je me suis créé pour l'occasion un profil sur Deezer où quelques morceaux utilisés dans Divine sont disponibles à l'écoute gratuitement sur ce lien.

 

Vous pourrez ainsi entendre :

 

Sans lendemain de Frehel dont je vous recopiais quelques paroles ci-dessous
(La vidéo est ici sur Dailymotion)

 

Love in Portofino de Fred Buscaglione
La vidéo est ici sur YouTube


Cala Meo Amor de Sylvia Telles, à écouter sur Deezer ici.

 

Ou encore Settanta volte sette d'Ennio Morricone, musique du film La Tragédie d'un homme ridicule de Bernardo Bertolucci, à écouter sur Deezer ici.
Ci-dessus en vidéo, un extrait du film à voir sur YouTube ici.

 


Les Bonnes mises en scène par Jacques Vincey se joue en même temps que Divine, dans la grande salle.
Ce soir après la représentation, vous pourrez rencontrer Jacques Vincey
au foyer-bar. Bon mardi !


C'est dans la boîte

Les Bonnes ont déjà commencé, mais la première de Divine aura lieu ce soir dans la salle Christian-Bérard.

Le décor a été monté la semaine dernière, un jour où je ne pouvais pas venir à l'Athénée.
C'est donc Daniel Larrieu, chorégraphe et interprète de Divine, qui s'est reconverti pour l'occasion en blogueur et a photographié les opérations pour vous.

(c) Daniel Larrieu

 

(c) Daniel Larrieu

 

(c) Daniel Larrieu

 

(c) Daniel Larrieu

 

 

Ceux qui ont vu d'autres créations de Daniel Larrieu comme On été si tranquille, Plus qu'hier ou LUX auront peut-être reconnu les panneaux blancs qui servaient déjà dans ces spectacles.
Tout comme la moquette noire en avant-scène a déjà été aperçue
dans l'installation Ice Dream (toujours de Daniel Larrieu), la moquette bleue dans un projet de la chorégraphe Laure Bonicel et les néons dans une installation du créateur lumières de Divine, Laurent P. Berger.

Ainsi imprégnée d'un héritage artistique et au croisement du théâtre, de la littérature et de la danse, Divine est-elle également inspirée par Les Bonnes qui se jouent en-dessous ?
Daniel Larrieu, qui est aussi passé dans la grande salle au moment du montage des Bonnes, y a pris quelques clichés et remarqué quelques similitudes que nous vous laisserons découvrir.

 

 

 

À ce soir pour la première de Divine !

 

PS : demain, je serai à Nantes pour les rencontres professionnelles des Biennales Internationales du Spectacle où j'interviendrai à 16h45 lors du parcours Nouveaux Médias au sujet de ce blog. Je serais ravie de rencontrer les lecteurs qui seront présents sur ces BIS. N'hésitez pas à me contacter pour se donner rendez-vous en m'écrivant à clemence@athenee-theatre.com.


Ça en jette

 

 

 

À leur répétition d'hier à l'Athénée, Les Bonnes jetaient de l'ombre.

 

Pour voir Hélène Alexandridis, Marilu Marini, Myrto Procopiou et Vanasay Khamphommala dirigé(e)s par Jacques Vincey côté face, c'est dans Les Bonnes de Jean Genet à partir de ce soir.

Bon week-end à tous.

 

Vous ne voyez des carrés blancs ou des croix rouges à la place des photos ?
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"C'est déjà fini, et tu n'as pas pu aller jusqu'au bout"

Deux textes de Genet arrivent à l'Athénée : Divine d'après Notre-Dame-des-Fleurs dont je vous parlais hier et avant-hier qui se jouera dans la petite salle Christian-Bérard, et Les Bonnes qui commencent vendredi dans la grande salle.

Comme la plupart des œuvres de Genet, Les Bonnes créent le malaise : intégrant du théâtre dans le théâtre, utilisant l'outrance et le travestissement dans une ambiance de messe noire très loin de tout naturalisme, le texte vise explicitement à bousculer les spectateurs autant que les conventions théâtrales.
Le style d'écriture change en fonction des scènes, et la pièce ne se plie à aucune des interprétations qu'on aimerait bien lui coller : Genet lui-même expliqua ne pas avoir voulu écrire un plaidoyer sur le sort des domestiques et démentit s'être inspiré du fait divers des soeurs Papin qui assassinèrent leurs maîtresses.

L'histoire est celle de deux domestiques, Claire et Solange, qui visent à tuer leur maîtresse et répètent le meurtre en interprétant leur propre rôle ou celui de leur supposée victime.

Dans leur forme, Les Bonnes relèvent de la tragédie où l'on retrouve la mécanique implacable qui mène à l'issue fatale, mais la détournent : par la cérémonie théâtrale que jouent Claire et Solange d'abord, en donnant la parole à ceux qui ne sont d'habitude que les confidents des royaux protagonistes ensuite (dans sa première version, la pièce s'appelait d'ailleurs La Tragédie des confidentes), et enfin parce que l'issue mortelle n'est pas forcément celle qu'on attendait.

Les Bonnes ont une histoire particulière avec l'Athénée : la pièce y fut créée en 1947 par Louis Jouvet, alors directeur du Théâtre.
Les Bonnes sont revenues à l'Athénée en 2001 avec l'actrice Marilu Marini qui interprétait le rôle de Solange dans la mise en scène d'Alfredo Arias.
Pour cette version 2012 mise en scène par Jacques Vincey, Marilu Marini sera là également, cette fois dans le rôle de Madame. Ceux qui ont vu l'année dernière Le Récit de la servante Zerline la connaissent déjà puisqu'elle interprétait le rôle-titre.

La pièce commencera vendredi et se jouera jusqu'au 4 février. Divine commencera le 17 janvier dans la salle Christian-Bérard jusqu'à la même date.


La gare Saint-Lazare, c'est la gare des vedettes de cinéma.

Divine commencera la semaine prochaine : le projet est un peu différent de ce que l'on voit d'habitude à l'Athénée, puisqu'il s'agit d'une variation théâtrale chorégraphiée autour du roman Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet.
Daniel Larrieu, chorégraphe, et Gloria Paris, metteure en scène, ont choisi une vingtaine d'extraits du roman Notre-Dame-des-Fleurs. C'est Daniel Larrieu, chorégraphe et danseur que vous connaissez peut-être pour ses spectacles Waterproof, On était si tranquille, Cenizas ou LUX, qui interprète ces extraits sur scène en mêlant danse et théâtre.

Notre-Dame-des-Fleurs est un jeune homme d'une grande beauté qui entretient une relation avec un travesti nommé Divine ; il commettra un meurtre pour lequel il sera jugé. Voici l'un des extraits du roman que vous pourrez entendre dans le spectacle :

 "La gare Saint-Lazare, c'est la gare des vedettes de cinéma.
Notre-Dame-des-Fleurs, encore et déjà vêtu de son léger, flottant, jeune, fou de minceur et pour tout dire fantomal costume de flanelle grise qu'il portait le jour du crime et portera le jour de sa mort, y vint afin de prendre un billet pour Le Havre. Au moment qu'il entrait sur le quai, il laissa tomber son portefeuille bourré des vingt billets. Il sentit qu'il le perdait et se retourna juste à temps pour le voir ramasser par Mignon. Calme et fatal, Mignon l'examina, car, s'il était un authentique cambrioleur, il ne savait pas néanmoins être à l'aise dans d'originales attitudes et copiait gangsters de Chicago et gangsters marseillais.
Mignon compta les billets. Il en prit dix pour lui, qu'il mit dans sa poche, et tendit le reste à Notre-Dame, éberlué. Ils devinrent amis.
Mignon fut heureux de trouver cet argent ; toutefois, par un manque extrême d'à-propos, il ne put que dire sans desserrer les dents : « Pas con, le copain. » Notre-Dame rageait. Mais que faire ? Il avait trop l'habitude de Pigalle-Blanche pour savoir qu'on ne doit pas crâner trop en face d'un vrai mac. Mignon portait, bien visibles, les marques extérieures du mac. « Faut se mettre en veilleuse », sentit en lui Notre-Dame. Donc, il perdit son portefeuille, qu'aperçut Mignon. Voici la suite : Mignon conduisit Notre-Dame-des-Fleurs chez un tailleur, un chausseur, un chapelier. Il y commanda pour tous deux ces bagatelles qui font l'homme fort et doué d'un grand charme : une ceinture de daim, un chapeau souple, une cravate écossaise, etc., puis ils descendirent dans un hôtel de l'avenue Wagram ! Wagram bataille gagnée par des boxeurs !
Ils vécurent à ne rien faire. Remontant et descendant les Champs-Élysées.
C'étaient des enfants gouapes à qui le sort donne de l'or."


Divine d'après Jean Genet mis en scène par Gloria Paris et chorégraphié par Daniel Larrieu se répète à l'Athénée depuis décembre et se jouera à partir de la semaine prochaine !
Les Bonnes de Jean Genet se jouera aussi dans la grande salle mais commencera un peu plus tôt, ce vendredi.
Bon mardi.


Alfred et Claude

L'Athénée accueille actuellement La Botte secrète, une opérette de Claude Terrasse et Franc-Nohain. En avril prochain, le théâtre programmera Ubu enchaîné d'Alfred Jarry, avec Éric Cantona dans le rôle-titre.

Le lien? Claude Terrasse et Alfred Jarry ont travaillé ensemble à de nombreuses occasions, à commencer par la création d'Ubu Roi de Jarry en décembre 1896 : on l'a aujourd'hui largement oublié, mais Ubu Roi était à sa création un spectacle musical dont la partition avait été écrite par Claude Terrasse.
Quasiment introuvable à l'exception de trois passages qui ont fait l'objet d'une publication séparée, la musique de scène d'Ubu roi est très rarement donnée lorsqu'on représente la pièce de nos jours.

La complicité de Terrasse et Jarry ne s'arrête pas à Ubu Roi : un an après la création de la pièce, Claude Terrasse ouvre dans son atelier un théâtre de marionnettes, le Théâtre des Pantins, où il collaborera bien sûr avec Jarry mais également avec Franc-Nohain et Pierre Bonnard.
Une plaque commémorant l'aventure est toujours visible rue Ballu, dans le 9e arrondissement de Paris.

 

(c) Mu

 

Les deux artistes créent ensemble d'autres œuvres, mais, comme la musique de scène d'Ubu Roi, ces opérettes ou opéra-bouffes alliant un texte de Jarry (avec parfois la collaboration d'Eugène Demolder) et la musique de Terrasse sont aujourd'hui injouables : l'opéra-bouffe Pantagruel n'a pas donné lieu à de véritable édition, la partition de Par la taille n'est disponible que dans un centre de recherches du Texas, et celles de Léda et du Manoir enchanté ont été perdues.
De même, beaucoup d'opérettes de Jarry et Terrasse n'ont jamais dépassé le stade du projet, comme L'Amour maladroit, Le bon Roi Dagobert, Le Guignol de Lyon aux 4-Z'Arts (Jarry a ensuite réutilisé son texte dans la pièce Ubu sur la butte), Jef, Le Moutardier du Pape ou Pieter de Delft.

Les œuvres composées sur des livrets du poète Franc-Nohain ont eu plus de chance : après Au Temps des croisades donné à l'Athénée il y a deux ans, l'opérette La Botte Secrète est proposée jusqu'au 8 janvier dans la version des Brigands, mise en scène par Pierre Guillois et dirigée par Christophe Grapperon ! Bonne journée.

Merci à Philippe Cathé, auteur d'une biographie de Claude Terrasse. Site internet ici.


J'entends un bruit de bottes

(Pour voir la photo, cliquez sur charger/afficher les images dans votre messagerie)

 

Trouverez-vous chaussure à votre pied sans être mis en boîte ?


Depuis vendredi, la compagnie des Brigands donne à l'Athénée des airs de halle aux chaussures classe et décalée les bottes se suivent à la trace pendant que les égoutiers se défilent.

Pour fêter les dix ans de la compagnie des Brigands, La Botte secrète, qui ne dure que cinquante minutes, est suivie d'une deuxième partie en forme de rétrospective où vous réentendrez quelques airs ayant marqué l'histoire des spectacles de la compagnie.

La Botte secrète a commencé vendredi et sera à l'Athénée jusqu'au 8 janvier. Bon début de semaine.


Botta Botta Bottam Bottae Bottae Botta

Suite à mon petit lexique de la chaussette de mardi où j'expliquais que le titre du spectacle La Botte secrète annonçait bien une histoire de pied, un lecteur, Gérard, me pose la question suivante :
"Êtes-vous sûre qu'il s'agit d'une chaussure à longue tige? Ne s'agit-il pas plutôt d'un coup de fleuret? (voir Les Trois Mousquetaires)


En effet, le mot "botte" a la particularité de revêtir quatre étymologies et donc quatre sens différents.


Lorsqu'il vient du néerlandais "bote", le mot désigne un groupe d'objets de même nature réunis et serrés par un lien (une botte de foin, par exemple).
Le sens a d'ailleurs dérivé dans l'argot pour évoquer l'ensemble des étudiants sortis en tête de l'École Polytechnique et pouvant accéder aux carrières les plus prestigieuses.

Venant peut-être d'une déformation médiévale de "sabot", la botte est aussi une chaussure enveloppant le pied et une partie de la jambe.

Empruntée à l'italien "botta" qui veut dire "coup", la botte devient un coup porté avec une épée ou un fleuret, ou encore des propos destinés à embarrasser quelqu'un.

Quand elle issue du latin tardif "buttis" (bouteille), la botte est un tonneau de mesure.


Habituellement, lorsqu'on parle de "botte secrète" comme l'évoquait Gérard, c'est du troisième sens évoqué ici et donc de combat armé dont il est question : il s'agit d'un coup imparable porté à son adversaire, souvent par surprise.


Le sens de La Botte secrète qui commence demain à l'Athénée est bien différent, l'escrime n'étant pas au centre de l'intrigue. Indice : la botte en question a laissé une trace fort remarquée…


Pour découvrir la nouvelle création des Brigands qui viennent à l'Athénée depuis dix ans, rendez-vous à l'Athénée du 16 décembre au 8 janvier ! Il s'agit d'un opéra-bouffe de Claude Terrasse et Franc-Nohain dirigé par Christophe Grapperon et mis en scène par Pierre Guillois.

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