Parlez-nous de vous

Marianne, Yaël et Sarah sont étudiantes à Sciences Po Paris. Dans le cadre de leurs études, elles doivent réaliser un projet collectif destiné à apprendre à travailler en groupe en lien avec le monde professionnel.

Depuis quelques mois, elles collaborent avec l’Athénée pour conduire une étude destinée à mieux vous connaître : allez-vous beaucoup au théâtre en général, fréquentez-vous souvent l’Athénée, utilisez-vous le site du théâtre, que pensez-vous des affiches ?
C’est surtout la relation entre l’Athénée et vous qui est au centre de l’étude, le but étant au final d’adapter, en fonction des réponses, l’accueil, les supports de communication et les actions menées par le théâtre pour accompagner les spectacles.

Le processus d’élaboration du questionnaire a été conduit sur la durée et en étroite collaboration entre les étudiantes, l’équipe de l’Athénée et des professeurs.
Marianne, Yaël et Sarah ont commencé par mener des entretiens de visu avec trois groupes de spectateurs différents : le premier était composé de personnes choisies dans leur entourage plus ou moins proches et qui, si elles ne sont pas réfractaires à l’idée d’aller au théâtre, ne s’y rendent en fait (quasiment) jamais. Le deuxième était constitué de personnes abonnées à l’Athénée, et le troisième de spectateurs occasionnels du Théâtre, choisis au hasard dans le fichier du public.( J’en profite pour les remercier publiquement du temps qu’ils ont accordé à cette expérience.)

Ces entretiens de groupe visaient à recueillir des réponses qualitatives, mais aussi à aider à élaborer le questionnaire qui serait ensuite distribué plus massivement.
Partis sur les sorties culturelles de ces personnes, les entretiens se sont transformés en sortes de jeux de rôles où les personnes interrogées devaient élaborer la programmation d’une saison. D’après Marianne, “c’est à ce moment-là qu’elles se sont rendu compte que diriger un théâtre est plus compliqué qu’il n’y paraît : doit-on diversifier le type de spectacles choisis ou suivre une seule ligne ? Programme-t-on selon ses goûts, à quel prix proposer les places ? Les personnes ont pu échanger, discuter entre elles... C’était très intéressant”.

Ces entretiens ayant permis de donner une idée des aspects auxquels les personnes interrogées étaient sensibles, le questionnaire a ensuite été construit en trois parties : le profil sociodémographique des répondants, leurs pratiques culturelles en général et leur relation à l’Athénée en particulier.

Deux questions ont davantage attiré mon attention, car elles demandent si vous êtes “pas du tout satisfait, plutôt pas satisfait, plutôt satisfait ou tout à fait satisfait” des saisons 2011-12 et 2012-13 de l’Athénée : n’est-il pas un peu étrange de parler de satisfaction pour définir un rapport à des spectacles, et en outre de les englober sur toute une saison ?
D’après Marianne, “c’est la limite de ce genre d’études quantitatives, qui sont construites sur des modèles issus du marketing, même s’ils ont évidemment été adaptés. Le concept de satisfaction est un outil qu’on utilise pour obtenir une échelle de réponse plus fine. (Plus tard, Yaël complétera : “on entend tout de même assez souvent, au sortir du spectacle, les spectateurs se demander entre eux si "ça leur a plu". Alors entre la satisfaction et le plaisir, pourquoi balancer !”)
Et si on a agrégé les spectacles aux saisons, c’est parce qu’on s’est aperçues au cours des entretiens que les personnes l’évoquaient ainsi et parlaient en général plus de la programmation de l’Athénée en général que des spectacles indépendamment les uns des autres.”

Si vous le souhaitez, vous pouvez répondre au questionnaire en ligne à ce lien ou en version papier à l’occasion de votre prochaine venue au Théâtre. Cela prend une dizaine de minutes.
Je trouve quand même qu’il manquait une question sur les endives au jambon.

Au plaisir de lire vos réponses !

Bonne journée


Clémence Hérout


Chercher le noyau de l'être humain

Samuel Beckett s’est beaucoup tenu à l’écart des médias, se gardant bien de donner une quelconque explication à ses textes : entretenant le mystère, l’auteur laissait ainsi une œuvre complexe et secrète d’où le brouillard ne se dissiperait jamais vraiment.

Ce sont souvent ses interprètes qui en parlent le mieux : alors que les comédiens ne sont pas toujours les mieux placés pour analyser les textes qu’ils jouent, je me souviens par exemple avoir particulièrement appris avec les acteurs d’En attendant Godot –dont certains jouent d’ailleurs aussi dans Fin de Partie qui commence à l’Athénée ce soir (interview ici et ).

Hier, en naviguant sur le site internet de l’Institut National de l’Audiovisuel, j’ai trouvé une interview de Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault, qui, en 1968, évoquent l’écriture de Beckett.
Pour rappel, ces deux grandes personnalités du théâtre et du cinéma ont beaucoup contribué à faire connaître Beckett et en particulier la pièce Oh les beaux jours, immortalisée par l’interprétation de Madeleine Renaud dans Winnie.

La vidéo dure moins de trois minutes et peut être consultée ici : site de l'INA.

 

Fin de Partie de Samuel Beckett mis en scène par Bernard Levy se joue à l'Athénée du 7 au 16 février. Bonne journée !

 

Clémence Hérout




Défilé littéraire

Isabelle est la secrétaire générale de l’Athénée. Partis en week-end à Dublin en début janvier, elle et son ami nous ont ramené quelques photos pour le blog.

La cathédrale Saint-Patrick de Dublin est bordée d’un jardin où Saint Patrick est censé, d’après la tradition, avoir baptisé les premiers chrétiens irlandais.

Depuis 1988, le parc Saint Patrick abrite aussi une sorte de parcours-découverte en hommage à douze grands noms de la littérature irlandaise : Jonathan Swift, Oscar Wilde, George Bernard Shaw, William Butler Yeats ou encore Samuel Beckett ont ainsi chacun une arche abritant leur portrait et le titre de quelques-unes de leurs œuvres.

Voici les photos de l’arche de Samuel Beckett :



Samuel Beckett Saint Patrick Dublin

Beckett à Saint Patrick

Beckett Saint Patrick Dublin

 

(c) Isabelle et Henry-Pierre

 


En attendant Godot de Beckett s’est terminé dimanche dernier à l’Athénée, mais vous pourrez retrouver une autre pièce de l’auteur à partir de la semaine prochaine : Fin de Partie commencera à l’Athénée le 7 février.

Bon week-end !

 

Clémence Hérout


Le téléphone pleure

La Voix humaine, c’est d’abord un monologue écrit par Jean Cocteau : une femme téléphone à son amant en espérant l’empêcher d’en épouser une autre.

Presque trente ans après la création du texte à la Comédie-Française, le compositeur français Francis Poulenc le met en musique.  Nous sommes en 1959, et la première représentation de cette opéra à une voix a lieu à l’Opéra-Comique avec la soprano Denise Duval.

Ce n’est pas la première fois que Poulenc tire ses compositions de textes littéraires : en 1919, son Bestiaire met en musique des poèmes d’Apollinaire ; Les Animaux modèles s’inspire de La Fontaine en 1942, tandis que Figure humaine est composé en 1943 sur des textes de Paul Eluard.
Il s’inspira également de Max Jacob, Ronsard ou encore Bernanos : son opéra le plus célèbre, Le Dialogue des Carmélites, est d’ailleurs composé sur un livret de ce dernier.

Très inventif et coloré, son style plein d’humour se teinte légèrement de mélancolie à la fin de sa vie, comme dans La Voix humaine ou Le Dialogue des Carmélites.

On n’entend qu’une seule voix dans La Voix humaine, mais l’orchestre semble parfois lui répondre au point qu’on imagine sans mal la conversation complète.

À l’Athénée, le rôle sera tenu à partir de demain par la mezzo-soprano Stéphanie d’Oustrac dans une version pour piano mise en scène par Vincent Vittoz.



Clémence Hérout


PS : le spectacle avait déjà été donné en 2011. Pour retrouver les billets du blog le concernant, c’est par ici.


Le stress ne paie pas

“— Ah, tu as raté la respiration...”

C’est ce que j’ai appris en arrivant à l’Athénée mardi avant la représentation des Enfants terribles.

La respiration ? Mais de quoi ?

Stéphane Vérité, metteur en scène du spectacle, m’a donné quelques explications à l’issue de la représentation : chaque séance de travail des Enfants terribles est précédée d’une heure d’exercices de respiration et de relaxation musculaire, inspirée d’une méthode élaborée par la kinésithérapeute Lucienne Robert.

Avant les répétitions et représentations des Enfants terribles, les artistes s’allongent  ainsi ensemble dans la même pièce pour respirer, se détendre et relâcher ses muscles à l’unisson.

Consacrer une heure à ce genre d’exercices alors que le temps des répétitions semble souvent déjà trop court est un choix qui peut paraître étrange : ne s’agit-il pas d’une perte de temps quand on a déjà peur de ne pas réussir à répéter suffisamment ?

Il y aurait en fait un vrai retour sur investissement, tant cette heure quotidienne semble apporter un réel gain lors du travail : elle permettrait d’améliorer la concentration, de favoriser la cohésion de l’équipe, de créer une écoute de son corps et de celui des autres, de perfectionner la technique vocale et de se préparer à aller sur scène.
Dans un documentaire sur le spectacle réalisé par Stéphane Vérité, la chanteuse Chloé Briot explique même qu’elle n’est pas sûre que l’équipe aurait tenu le coup sans ce travail particulier.

À l’heure où l’on se pose la question de la productivité au travail, ce genre de démarche n’est pas isolé : certaines entreprises choisissent en effet de consacrer du temps et de l’argent au développement de méthodes alternatives –pas vraiment par altruisme mais parce que le stress chronique serait contre-productif.

Un livre collectif paru aux États-Unis, Manufacturing Advantage. Why High-Performance Work Systems Pay off montre ainsi que les entreprises les plus rentables seraient celles qui ont établi des conditions plus favorables aux salariés.
Le stress coûte cher en effet : à l’entreprise tout d’abord, parce qu’il occasionne de l’absentéisme, une perte de productivité, une baisse de motivation et un turn-over important. À la collectivité ensuite, car il occasionne des problèmes de santé divers et la prise en charge de congés maladie.

Bonne détente à tous, donc...


Clémence Hérout



PS : le documentaire de Stéphane Vérité intitulé Les Enfants de la voix sera diffusé sur France 2 en février. Des extraits sont en ligne sur le site de l’Athénée. En attendant, Les Enfants terribles se jouent jusqu’à dimanche à l’Athénée !

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