
Histoire de la création


On trouve toutes sortes de choses dans les greniers des maisons de famille : des vieux jouets d’enfants, des meubles hors d’usage, des cartons ou les décorations de Noël. Chez mes parents, collectionneurs de vieux papiers, on peut surtout voir des piles de magazines anciens, des cartes postales de la fin du 19e siècle, des publicités des années 1920 ou encore des photos d’avant-guerre.
Je n’ai jamais trop su où ils les avaient récupérés (je crois que eux non plus ne le savent pas), mais ils possèdent en particulier un nombre impressionnant de numéros de L’Illustration.
L’Illustration est un hebdomadaire français paru de 1843 à 1944 : témoignant de l’actualité française et internationale dans tous les domaines (politique, économie, science, culture, religion...), L’Illustration accordait une grande place aux dessins et aux photographies.
L’Illustration avait également un supplément littéraire destiné à ses abonnés, un peu comme certains quotidiens actuels qui proposent des magazines thématiques en plus de leurs numéros habituels –Le Monde des livres ou Le Figaro littéraire, par exemple.
Ce supplément, nommé La Petite Illustration, n’avait pas vocation à proposer des critiques ou à rendre compte de l’actualité littéraire au sens habituel du terme, mais publiait en fait des textes inédits en intégralité. Électre de Jean Giraudoux fut par exemple publiée dans La Petite Illustration en juin 1937 (soit deux semaines après sa création au théâtre) avant de paraître aux éditions Bernard Grasset la même année.
C’est ainsi que je suis tombée sur plusieurs numéros de La Petite Illustration évoquant l’Athénée : le comédien et metteur en scène Louis Jouvet, qui en fut le directeur, y créa en effet de nombreux textes contemporains.
Dans le stock de Petite Illustration que possèdent mes parents, on trouve ainsi le texte intégral de plusieurs pièces de Jean Giraudoux créées à l’Athénée dans les années 1930, mais aussi celui du Corsaire de Marcel Achard –dont j’avais d’ailleurs déjà parlé sur le blog ici, puisque j’en avais retrouvé le programme de salle !
Dans ces numéros, les textes des pièces étaient accompagnés de photos de la mise en scène de Louis Jouvet, ainsi que d’une revue de presse compilant tous les articles parus à son sujet. Extraits choisis à venir sur le blog !
Pour revenir à l’Athénée de 2013, sachez que L’Histoire du Soldat de Stravinski avec Thomas Fersen commencera jeudi. Bon mardi !
Clémence Hérout

L’Athénée ne met pas de publicités dans ses programmes de salles, ces livrets que l’on vous donne à chaque spectacle.
Cela n’a pas toujours été le cas, comme en témoignent trois programmes de l’Athénée datés de 1908, 1933 et 1934 que j’ai pu avoir entre les mains.
La teneur des publicités en dit long sur l’image que l’on souhaite donner : aujourd’hui encore, les programmes de théâtres et d’opéras abritant de la publicité présentent en général des produits de luxe –parfums, voitures coûteuses ou meubles design.
Il y a d’abord les publicités pour les cosmétiques, de loin les plus nombreuses :

"Des seins développés, reconstitués, embellis, raffermis en deux mois par les pilules orientales" en 1908

Un savon qui lutte aussi contre l'obésité en 1908...

Déjà, en 1934....
mais aussi les réclames utilisant les comédiens de la pièce comme égérie, preuve que l’utilisation des acteurs dans les publicités n’est pas une nouveauté :

L'acteur Pierre Etchepare en 1933

Et l'actrice Madeleine Soria en 1934
Le thème du voyage est également souvent très présent :

L'année 1908 n'avait pas la même notion d"extra rapide" que nous.

Des voitures qui marchent toute la nuit en 1908

En 1933, le Maroc était déjà une destination touristique
Mais aussi quelques bizarreries, tel ce livre à destination des femmes en âge de se marier en 1908 :

ou ces ferme-portes en 1933

Du côté de l’Athénée en 2013, Croquefer et L’Île de Tulipatan par la compagnie des Brigands se terminent ce dimanche. Vendredi à 12h30, vous pourrez assister à une conférence sur la modernité d’Offenbach à la Bibliothèque Nationale de France (site Richelieu, 2 rue Vivienne 75002 Paris).
La rencontre rassemblera Jean-Claude Yon (musicologue), François Angelier (journaliste à France Culture) et Loïc Boissier (fondateur des Brigands). L’entrée est libre.
Bon mercredi !
Clémence Hérout
PS : toutes mes excuses pour la publication tardive due à quelques soucis techniques.

Je n'ai jamais regardé l'émission de télévision qui porte le nom de mon titre, mais je suis sûr que c'est beaucoup moins drôle qu'une Opérette d'Offenbach. (Ici représentée, l'ancienne facade des Bouffes Parisiennes)
