Portrait de spectateur (3) Gilles

J’ai d’abord connu Gilles sous le nom de “Mister K”, qu’il utilise pour commenter les articles sur le blog –vous pouvez en effet, si vous le souhaitez, laisser vos remarques à chaque billet en vous rendant sur le site où ils paraissent.

Habitués aux échanges réguliers sur le blog, c’est tout naturellement que nous en sommes venus à essayer de nous rencontrer à l’Athénée  : ce fut chose faite le 14 mai dernier, après la première d’Ariane à Naxos.

Je porterai une chemise avec des tranches de citron”, avait prévenu Gilles. Effectivement.

Athénée chemise Gilles



Enchanté de l’opéra que nous venions de voir, Gilles l’était tout autant de la saison 2013-14 de l’Athénée dont il feuilletait la brochure déjà annotée, m’annonçant qu’il allait s’abonner pour neuf spectacles. Passant par là, Patrice Martinet, directeur de l’Athénée, tenta de le convaincre d’en prendre un dixième (je ne sais pas s’il a réussi).

La première fois que Gilles est venu à l’Athénée, c’était en 1982 : il sait que c’était pour y voir un spectacle de Daniel Mesguich, mais ne se rappelle pas lequel (les archives nous apprendront qu’il s’agissait sûrement de Platonov de Tchekhov). Depuis, Gilles s’abonne tous les ans.

Détail amusant (j’ai envie de dire détail GÉNIAL) : pendant une dizaine d’années, Gilles et sa femme prenaient des abonnements pour huit personnes. Ils sortaient avec leurs deux enfants et distribuaient les quatre places restantes aux invités de leur choix : si elle permettait de sortir entre amis tout en partageant le goût du théâtre, l’initiative finit malheureusement par devenir trop coûteuse...

Gilles aime l’Athénée, à l’exception du confort des fauteuils, qu’il estime très relatif (il s’enquiert alors de savoir si on n’a pas prévu de rénovation et semble prêt à participer à l’effort financier nécessaire parce que “vraiment, ce n’est pas possible”) et de la salle Christian Bérard où se déroulent certains spectacles en petit comité, parce que “je suis claustrophobe”.

Peu séduit par l’émission Le Masque et la Plume sur France Inter, Gilles préfère écouter La Dispute sur France Culture : de manière générale, il se dit “très influencé” par la critique, et en écrit d’ailleurs lui-même, mais sur des livres, des artistes ou expositions en France et en Europe. Pour le lire, vous pouvez parcourir les revues Art et Métiers du Livre  et Artaïssime ou vous rendre sur les site de L’Agora des Arts  et France Fine Art.

C’est ainsi qu’il reconnut Isabelle, qui discutait à quelques mètres de nous au foyer-bar : aujourd’hui secrétaire générale de l’Athénée, Isabelle travaillait auparavant au Grand Palais où Gilles se rend régulièrement pour les visites réservées à la presse
(Pour la petite histoire, Gilles ne travaillait pas dans le secteur culturel comme je l’imaginais, mais au Ministère de l’Intérieur dont il est aujourd’hui retraité).

Comme il se faisait tard, nous arrêtâmes ici la conversation : mais au vu de la fréquence des sorties de Gilles à l’Athénée, je ne désespère pas de le revoir pour lui poser les deux questions essentielles du blog, à savoir s’il aime le sport à la télévision et les endives au jambon.

Voici les deux précédents portraits de spectateurs : Alekssandre et Laetitia.
À jeudi pour mon dernier billet de la saison !

Bonne journée à tous.

 

Clémence Hérout



J'ai vingt ans

La semaine dernière, c'était la présentation de saison à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet : Patrice Martinet, directeur de l’Athénée, décrivait au public présent les spectacles qui allaient composer la saison de l’Athénée à partir de septembre prochain.

Il se trouve que l’année 2013 représente également une date anniversaire : Patrice Martinet dirige le Théâtre depuis vingt ans !

Patrice Martinet - 20 ans (c) Clémence Hérout

Le jour de la présentation de saison, tous les membres de l’équipe de l’Athénée portaient un badge
sauf Patrice qui en avait deux, indiquant : “j’ai 20 ans”.

 

C’est ainsi qu’après la présentation de saison, le public et l’équipe l'attendaient pour une petite surprise que Patrice découvrit en sortant de scène :  

Athénée 20 ans de Patrice Martinet



Groupés autour d’une pièce montée de macarons, les spectateurs et membres de l’équipe ont ainsi entonné ensemble une chanson d’anniversaire, suivie d’un bref discours de remerciement où Patrice Martinet exprima son émotion d’être fêté à la fois par son équipe et son public.
Il nous assura ensuite que cet épisode figurerait dans ses mémoires, au cas où il les écrirait un jour (on prend note) avant de convier tout le monde à boire une coupe de champagne –parce que c’est toujours embarrassant de boire tout seul face à une centaine de personnes qui vous fixent.

La vidéo dure une minute et peut être regardée ci-dessous ou sur Youtube : http://youtu.be/3bzBY3UWc4E.


Pour découvrir la saison prochaine, vous pouvez aller sur le site de l’Athénée, où vous trouverez également le petit film coréalisé pour l’occasion par mon camarade Le Tone.
Et pour rire un peu, la vie d’un théâtre en image, un petit site animé conçu par l’équipe de la communication de l’Athénée pour célébrer cet anniversaire.

Bon mercredi !


Clémence Hérout


Ariane chez Molière

Ariane à Naxos de Richard Strauss est un drôle d’opéra.

Il commence par un prologue où l’on découvre deux troupes d’artistes s’apprêtant à jouer lors d’un dîner organisé par leur mécène.
La première, qui donne dans l’opéra sérieux, a répété Ariane à Naxos et s’insurge que la seconde, qui a prévu un divertissement, soit programmée le même soir.

La consternation monte d’un cran lorsque le mécène annonce finalement que les deux troupes devront jouer simultanément. Atterrés, les artistes de l’opéra sérieux n’imaginent pas une seconde être mêlés aux autres qui, eux, se demandent bien comment ils vont s’intégrer à l’action d’Ariane à Naxos...

C’est ainsi que l’opéra proprement dit commence, présentant l’histoire d’Ariane à Naxos, interrompue ou commentée par les chanteurs et comédiens de l’autre troupe : grâce au fameux fil aujourd’hui passé dans la langue française, Ariane a aidé Thésée à sortir du labyrinthe contre la promesse de l’épouser. Sauf que Thésée n’honore pas son engagement et abandonne Ariane sur l’île de Naxos, où elle n’attend plus que la mort.
Les artistes du divertissement essaient ainsi de consoler Ariane, en particulier Zerbinette qui cherche à la convaincre qu’une autre histoire d’amour est possible. Même si Ariane ne semble pas avoir entendu Zerbinette, elle se retrouvera finalement dans les bras de Bacchus.

C’est ainsi que Strauss, en abordant les relations entre artistes et mécènes (on dirait aussi “tutelles” ou “politiques”), compose un opéra à la fois drôle et sérieux comprenant des rôles parlés et chantés et qui donne à entendre des passages rappelant Wagner, mais immédiatement suivis d’acrobaties vocales brillantes et légères.

Il faut dire que la genèse de l’œuvre est particulière, puisqu’il s’agissait au départ d’un opéra qui devait s’intégrer au Bourgeois gentilhomme de Molière, en représentant l’intermède musical commandé par le personnage de Monsieur Jourdain aux actes III et IV.
Malheureusement, l’œuvre se révéla difficile à donner, sans doute pour des raisons financières : donner à la fois un opéra et une pièce de théâtre le même soir est en effet bien coûteux. Richard Strauss modifia son opéra pour le rendre complètement indépendant de la pièce de Molière, créant ainsi une œuvre particulièrement originale sur le fond comme sur la forme.

Ariane à Naxos se joue à l’Athénée jusqu’à dimanche dans une version de concert proposée par Le Balcon, avec Julie Fuchs dans le rôle de Zerbinette.

Bon week-end !



Clémence Hérout


Silence dans les couloirs !

La première d’Ariadne auf Naxos a eu lieu hier soir dans un Athénée survolté (sur scène et dans la salle) : pour voir cet opéra de Strauss dans une version mise en espace par Le Balcon et Benjamin Lazar, c’est jusqu’à la fin de cette semaine !

Mais ce soir, le spectacle laisse la place à la présentation de la saison 2013-2014 : à partir de 18h30, Patrice Martinet, directeur de l’Athénée, vous parlera des spectacles qui se joueront à l’Athénée à partir de septembre prochain.

Le Tone, mon camarade de blog, a réalisé avec Maris un film qui accompagnera cette présentation de saison.

Je les ai suivis avec un micro dans la préparation de ce film : dans l’extrait sonore que je vous propose, on les entend mettre sur pied l’interview en vidéo-conférence d’une metteure en scène.

Le reportage sonore dure moins de trois minutes et peut s’écouter ci-dessous ou à ce lien.

 


À ce soir pour découvrir le film et la prochaine saison !


Clémence Hérout


Action ou vérité

Après avoir contrôlé vos billets et vous avoir placés en salle, tous les agents d’accueil ne sont pas chargés des mêmes tâches : une bonne partie quitte le théâtre une fois le spectacle commencé, certains surveillent le vestiaire, d’autres restent à l’intérieur de la salle parmi le public, d’autres encore se postent dans le hall du théâtre après avoir effectué le décompte des spectateurs.

Que faire lorsqu’on est chargé de surveiller le hall ou le vestiaire pendant le spectacle et qu’il n’y a ni retardataire, ni spectateur malade ou mécontent, ni début d’incendie ? (oui, bon, on ne sait jamais...)

Il y a ceux qui se sont amusés à faire des photos décalées avec moi (photos malheureusement perdues suite à la panne de l’un de mes disques durs et malgré quelques tentatives onéreuses de récupération de données), ceux qui lisent, ceux qui discutent entre eux, ceux qui font les cent pas... Et ceux qui jouent.

En témoigne cette petite cocotte en papier retrouvée à l’intérieur du comptoir dans le hall :

Athénée Cocotte en papier Clémence Hérout


Je ne sais pas si vous avez joué à ça à l’école primaire : on fabrique une cocotte en papier, à l’intérieur de laquelle on inscrit des gages, des questions, des défis...
On glisse ensuite ses doigts dans la cocotte (dans les petits pics que vous voyez sur la photo) et on l’actionne un certain nombre de fois (souvent le chiffre annoncé par l’un des joueurs) en approchant puis éloignant ses doigts.
Au terme du décompte, on obtient le gage ou la question qui correspond au coin sur lequel on est tombé.
(ça a l’air compliqué comme ça, mais je vous jure que ça ne l’est pas)


Quels sont les gages inscrits sur la cocotte des agents d’accueil de l’Athénée ? Eh bien par exemple :

- “lire tout le stock de la librairie
Comme je vous l’expliquais dans ce billet , la librairie L’Échappée littéraire s’installe à l’Athénée les soirs de représentation.

- “faire tomber la veste

- “énerver Philippe Cathé” (avec, juste en-dessous, un ajout dans une autre couleur :  “qui n’est plus Phlippe Cathé mais Jacques Amblard”)
Philippe Cathé et Jacques Amblard sont musicologues : ils viennent à l’Athénée pour présenter aux spectateurs qui le désirent les œuvres musicales programmées. Comme ils sont présents en alternance en fonction de leur domaine de compétence, on arrive parfois à les confondre...

- “monter à quatre pattes en salle Christian-Bérard”?
(ceux qui ont déjà vu un spectacle dans cette petite salle de l’Athénée savent que c’est déjà assez difficile d’y monter sur deux)


Les jours fériés jouant la proximité cette année, il n’y aura pas de billet demain et jeudi ! Vous retrouverez les dessins du Tone vendredi. À la semaine prochaine !


Clémence Hérout

 


Merci à Isabelle pour l’idée

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