Histoire de la création

theatre de lausanne by tone


Sacrée soirée

Lola Gruber écrit tous les textes des programmes de salle (que l’on surnomme “bibles”, voir pourquoi ici) et de la brochure à l’Athénée.

Il y a une dizaine de jours, elle est venue me voir avec une trouvaille concernant Offenbach, le compositeur des opéras-bouffe Croquefer et L’Île de Tulipatan : il s’agit d’un texte qu’Offenbach a rédigé pour annoncer le programme d’une fête donnée chez lui.

L’on manque toutefois de contexte sur ce menu des réjouissances : Lola l’a trouvé dans le livre Offenbach ou la joie de vivre de Claude Dufresne, qui explique le tenir de l’un des arrière-petit-fils d’Offenbach, Michel Brindejont-Offenbach.

Il en existe deux versions : la première, que je reproduis ci-dessous, et qui aurait été écrite à l’occasion des vingt-cinq ans de mariage d’Offenbach, la seconde au moment où il a reçu la Légion d’honneur –sauf que, d’après Lola, les dates avancées par Dufresne ne correspondent pas : les circonstances de ce texte peuvent donc être différentes.

Voici donc comment on faisait la fête chez les Offenbach à la fin du 19e siècle :

« Principauté d'Offenbach, Étretat, le 14 août 1869
À 9 heures, ouverture des portes et d’Orphée aux Enfers, exécuté à quatre pattes sur le piano par les frères Mitchell.
Pour cette fois seulement.
À 20 heures, admiration mutuelle. Bal. Pour la première fois le frère Gaston exécutera le “pas du crapaud titubant”, le “pas du candidat évincé”, et celui de “la sauterelle qui va manquer le train”.
À 11 heures, cortège. Les nouveaux époux parcourront la fête avec leurs enfants, gendres, petits-enfants, neveux et tout le bataclan.
À 11h30, exposition de la famille Offenbach. Description de chacun des sujets ; énumération de ses vertus, aptitudes et petits talents, aveux de vices et défauts cachés. Révélations curieuses.
À minuit, reprise des danses.
Polka des mirlitons exécutée par l’auteur. Une dame masquée a promis d’exécuter sur les mains tout ce que M. Lentz exécutera sur les pieds.
Feu d’artifices.
Artichauts. Chandelles romaines. Fusées. Farineux.
Souper.
Nutrition acharnée. Lampage dévergondé. Mastication effrénée.
Toasts.
Émis par un membre de la famille.
Exotique par une jeune veuve.
Sentimental par une dame que je ne nommerai pas.
Patriotique par notre oncle.
Fête à l’aurore.
Au lever du soleil, des salves d’artillerie, tirée par le canon des Invalides annonceront
Coucher de la mariée (Mystère et discrétion)
Les pompiers de Vattetôt-sur-Mer ont envoyé spontanément une députation avec mission d’assister la mariée, dans ce moment suprême.»

Le caractère festif d’Offenbach se retrouve bien évidemment dans sa musique : pour découvrir Croquefer et L’Île de Tulipatan interprétés par la compagnie des Brigands, c’est à l’Athénée jusqu’au 13 janvier !


Clémence Hérout


La fin cruelle d'Alfred Jarry, auteur et victime d'Ubu Roi

Le 21 septembre 1940, Le Figaro publiait un article de Saint-Georges de Bouhélier, écrivain français mort en 1947, proche de Zola et notamment auteur de la pièce Le Carnaval des enfants ou Le Sang de Danton.

Intitulé Souvenirs d'un auteur dramatique : Les humbles débuts de Suzanne Desprès et la fin cruelle d'Alfred Jarry, auteur et victime d'Ubu Roi, le texte raconte comment Suzanne Desprès, comédienne au Théâtre Antoine et au Théâtre de l'Œuvre et dans des films de Jean Renoir, Abel Gance ou Marcel Pagnol, commença sa carrière.

Suzanne Desprès a travaillé et vécu avec le metteur en scène Aurélien Lugné-Poë, qui a créé la pièce Ubu Roi d'Alfred Jarry en 1896.
C'est ainsi que, après avoir évoqué Lugné-Poë, Saint-Georges de Bouhélier consacre la fin de son article à sa rencontre avec Alfred Jarry, qu'il a croisé dans une rue de Paris (près de l'Athénée, d'ailleurs) quelques semaines avant sa mort.

Il rapporte que, miné par la maladie, Alfred Jarry lui aurait confié être écrasé par le succès d'Ubu qu'il ne parvenait pas à faire oublier et auquel on attachait, selon lui, trop d'importance.
(NB : Alfred Jarry a écrit plusieurs pièces autour du personnage d'Ubu dont Ubu Roi et Ubu enchaîné)

Saint-Georges de Bouhélier rappelle également le dénuement extrême où était tombé Jarry à la fin de sa courte vie, emporté par la tuberculose à trente-quatre ans.


À venir demain sur le blog, le texte de l'article !

En attendant, vous pouvez venir découvrir Ubu enchaîné mis en scène par Dan Jemett avec Éric Cantona, Valérie Crouzet et Giovanni Calo' jusqu'au 14 avril à l'Athénée.




Merci à I.S. qui m'a transmis l'article


Clémence et Constance

Stagiaire à l'Athénée, Constance Pascal a une voix grave et cassée qui contraste avec son physique gracile : l'entretien en son et image s'est donc imposé tout naturellement, d'autant que cela vous permettra de découvrir un lieu de l'Athénée dont je n'ai jamais parlé sur le blog.

Le dernier jour de son stage à l'Athénée, j'ai ainsi emmené Constance dans un escalier qui, s'il pouvait auparavant être emprunté par les spectateurs pour rejoindre la salle, ne sert aujourd'hui que d'issue de secours en cas d'évacuation.

Tout en la prenant en photo, j'ai branché un micro en lui posant quelques questions sur son passage à l'Athénée, son moment de honte pendant son stage, son endroit préféré dans le théâtre (encore un lieu dont je n'ai jamais parlé, avec une anecdote intéressante dévoilée par Constance ! Article à suivre), et bien évidemment si elle aimait les endives au jambon —j'explique d'ailleurs dans la vidéo l'origine de cette question rituelle du blog.


La vidéo est ci-dessus et dure six minutes. Pour le regarder sur YouTube, cliquez ici



J'avais déjà interviewé un précédent stagiaire prénommé Antoine et auteur d'un clip tourné à l'Athénée : c'est ici.

Constance a terminé son stage à l'Athénée la semaine dernière, et elle cherche aujourd'hui du travail dans la communication culturelle : n'hésitez pas à la contacter via le blog!
Elle a été remplacée à l'Athénée par Jonathan, dont je peux d'ores et déjà vous dire qu'il vient d'Aix-en-Provence et possède un diplôme d'entraîneur de foot.

Cette semaine à l'Athénée, c'est Ubu enchaîné d'Alfred Jarry avec Eric Cantona dans le rôle-titre qui va commencer !
À demain !


Troglodyte

J'ai mis du temps à comprendre où se trouvait la régie de la salle Chrisian-Bérard, la petite salle de l'Athénée où l'on a donné cette année Le Shaga puis Divine, avant d'accueillir en mai Les Visages et les corps (texte de Patrice Chéreau, mise en scène et lecture de Philippe Calvario)

Habituellement, la régie se situe en hauteur au fond de la salle, au-dessus des derniers rangs de spectateurs. Comme vous pouvez le constater sur cette photo, au-dessus des derniers rangs de spectateurs dans la salle Bérard, il y a juste un mur.

 

 

La régie est en fait invisible de la salle, car elle se trouve côté scène, dans les coulisses.

 

J'ai pris cette photo (ci-dessus) au moment des répétitions de Divine : à gauche, à l'endroit où l'on aperçoit une corde (mot interdit sur tout plateau de théâtre, si vous avez bien suivi), se loge un petit escalier qui monte et que l'on voit mieux sur cette photo (ci-dessous) prise de la scène :

 


C'est après avoir grimpé les marches de ce petit escalier que l'on arrive à la régie,

 

d'où l'on aperçoit la scène à travers une vitre et surtout de côté. Plus près des acteurs, le/la régisseur(e) voit aussi le spectacle à 90 degrés….

 

 

 

Vous remarquerez que si l'endroit est petit, le siège du/de la régisseur(e) est toutefois conforme à l'esprit velours de l'Athénée.

 

 

 

Le prochain spectacle de l'Athénée aura lieu dans la grande salle : il s'agit de Caligula, opéra pour marionnettes mis en scène par Alexandra Rübner et Mimmi Cuticchio et dirigé par Vincent Dumestre.

Bon week-end !

 

PS : on n'a toujours pas identifié formellement l'homme mystérieux de la photo de mardi! Mais Marie, Moussa, Marie-A, Anne-Louise et Thérèse nous ont bien avancés !

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