(L'article a l'air un peu long comme ça mais il mène à quelque chose qui nous concerne directement)
Lorsqu'on prend une photographie en mode manuel, c'est-à-dire en faisant un peu plus qu'appuyer sur le déclencheur, on peut agir sur différents paramètres, dont la plupart concernent la quantité de lumière qui va s'imprimer sur le capteur (appareil numérique) ou la pellicule (appareil argentique) —le capteur et la pellicule étant deux surfaces qui, réagissant au contact de la lumière, convertissent les rayons lumineux en image lisible par l'oeil humain.
L'ouverture
S'il y a peu de lumière dans une pièce par exemple, on va faire en sorte que l'objectif (plus exactement, son diaphragme) s'ouvre très grand, pour capter le plus de lumière possible. Si l'on ouvre trop le diaphragme, on se retrouve avec une photo surexposée, c'est-à-dire avec trop de lumière dedans (elle sera toute blanche ou beaucoup trop lumineuse).
Et si on le ferme trop, la photo sera sous-exposée c'est-à-dire sombre ou carrément noire.
Il faut donc choisir le diamètre de l'ouverture en fonction de la luminosité de la scène à photographier, de l'effet que l'on veut obtenir, mais aussi du temps de pose.
Le temps de pose
Le temps de pose est un autre paramètre à prendre en compte lors de la prise de vue ; il s'agit du temps pendant lequel l'obturateur de l'appareil reste ouvert pour laisser passer la lumière : à chaque fois qu'on prend une photo, il s'ouvre le temps de laisser passer la lumière, puis il se ferme pour mettre fin à la prise de vue. C'est le fameux bruit de claquement que l'on entend sur les appareils photos professionnels.
Plus l'obturateur reste ouvert longtemps et puis il laisse passer de lumière : ce temps de pose varie de quelques millièmes de secondes à plusieurs secondes. C'est-à-dire que vous pouvez par exemple prendre une photo pour laquelle l'obturateur va rester ouvert dix secondes puis se refermer.
Le temps de pose permet également d'agir sur le mouvement : une ou deux secondes d'ouverture, c'est déjà très long. Si vous n'avez pas de pied où poser l'appareil et/ou que le sujet photographié bouge, même de manière imperceptible, la photo sera forcément floue, puisque l'appareil aura capté les mouvements (clignement de yeux, respiration, etc.) depuis l'ouverture de l'obturateur jusqu'à sa fermeture.
Ce flou généré par le temps de pose s'appelle flou de bougé et peut donner des photos très intéressantes : on peut ainsi faire exprès de photographier un sujet en mouvement avec un long temps de pose pour obtenir un filé (ou légères traînées) qui suggèrent le mouvement.
L'exemple le plus connu est celui d'une ville la nuit : si l'on prend une photo d'une rue avec un long temps de pose, on ne verra pas les voitures (qui sont trop sombres et passées trop vite pour s"imprimer" sur la pellicule) mais seulement la lumière de leurs phares en longues traînées. (Exemple ici)
Le stabilisateur optique
Le flou de bougé peut être intéressant quand il est voulu, mais assez rageant quand il est involontaire : quand on veut prendre des photos dans un environnement sombre, que l'on n'a pas de pied et que les propres mouvements du photographe (on bouge toujours un peu, même quand on s'arrête de respirer) ont fait bouger l'appareil, provoquant un manque de netteté qui rend la photo dégueulasse et pas intéressante du tout : un peu floue de partout et pas seulement du sujet comme dans le cas du flou artistique franc décrit ci-dessus. Comme je déteste prendre des photos de spectacles avec un pied, ça m'arrive souvent.
Pour minimiser ce problème du flou involontaire, il existe des stabilisateurs : dans le cas des stabilisateurs intégrés à l'objectif photo, il s'agit d'un système de lentilles qui bougent à l'intérieur de l'objectif pour compenser les vibrations de la main du photographe. Pour parler très très schématiquement, si votre main bouge vers le bas, une lentille va bouger vers le haut pour "annuler" votre tremblement.
Le stabilisateur est très utile, mais il fait un petit bruit de moteur, car il fonctionne avec des gyromètres et des électroaimants.
Le stabilisateur et le mode "vidéo" des appareils photos
Il existe des appareils photo qui font également vidéo, comme le mien. Lorsqu'on filme avec ce type d'appareil, on utilise généralement un pied, sauf si on a envie de faire vomir tout le monde (rien de mieux qu'une vidéo filmée à main levée pour donner le mal de mer).
Le stabilisateur d'image est donc dans ce cas beaucoup moins utile, voire carrément parasite lorsqu'on utilise le micro intégré à l'appareil : le micro étant très proche du stabilisateur, on entend très nettement le bruit du stabilisateur sur la bande-son.
Maîtriser ces paramètres (ou "toi aussi, achète-toi un cerveau")
Vendredi soir, j'ai filmé Philippe Sireuil, le metteur en scène de Savannah Bay de Marguerite Duras, pour vous proposer une interview vidéo sur le blog.
Fatiguée, j'ai mal enclenché l'interrupteur marche/arrêt du stabilisateur optique, et l'ai donc laissé en fonctionnement malgré moi. C'est au moment de réaliser le montage des trente minutes de notre conversation que j'ai pu découvrir qu'un charmant bruit de poêle à frire couvrait les propos de Philippe.
Fatiguée toujours, j'ai préparé la mise en ligne de mon billet de lundi (celui d'hier, donc) juste après cette interview, et me suis trompée dans les dates de parution au moment de programmer le logiciel qui vous envoie les articles dans vos boîtes mail chaque matin. C'est ainsi que l'article est paru sur le blog et arrivé chez vous un jour trop tôt, ce dimanche de très bon matin.
Comme ça, vous saurez que je prépare en général mes billets du lundi matin un peu à l'avance, et qu'accessoirement j'ai toujours eu un problème avec les dates.
À demain pour un nouvel article qui, je l'espère, rattrapera un peu mes bêtises.
Du côté de l'Athénée, Savannah Bay et Le Shaga de Marguerite Duras se jouent jusqu'à samedi.