La fin cruelle d'Alfred Jarry, auteur et victime d'Ubu Roi

Le 21 septembre 1940, Le Figaro publiait un article de Saint-Georges de Bouhélier, écrivain français mort en 1947, proche de Zola et notamment auteur de la pièce Le Carnaval des enfants ou Le Sang de Danton.

Intitulé Souvenirs d'un auteur dramatique : Les humbles débuts de Suzanne Desprès et la fin cruelle d'Alfred Jarry, auteur et victime d'Ubu Roi, le texte raconte comment Suzanne Desprès, comédienne au Théâtre Antoine et au Théâtre de l'Œuvre et dans des films de Jean Renoir, Abel Gance ou Marcel Pagnol, commença sa carrière.

Suzanne Desprès a travaillé et vécu avec le metteur en scène Aurélien Lugné-Poë, qui a créé la pièce Ubu Roi d'Alfred Jarry en 1896.
C'est ainsi que, après avoir évoqué Lugné-Poë, Saint-Georges de Bouhélier consacre la fin de son article à sa rencontre avec Alfred Jarry, qu'il a croisé dans une rue de Paris (près de l'Athénée, d'ailleurs) quelques semaines avant sa mort.

Il rapporte que, miné par la maladie, Alfred Jarry lui aurait confié être écrasé par le succès d'Ubu qu'il ne parvenait pas à faire oublier et auquel on attachait, selon lui, trop d'importance.
(NB : Alfred Jarry a écrit plusieurs pièces autour du personnage d'Ubu dont Ubu Roi et Ubu enchaîné)

Saint-Georges de Bouhélier rappelle également le dénuement extrême où était tombé Jarry à la fin de sa courte vie, emporté par la tuberculose à trente-quatre ans.


À venir demain sur le blog, le texte de l'article !

En attendant, vous pouvez venir découvrir Ubu enchaîné mis en scène par Dan Jemett avec Éric Cantona, Valérie Crouzet et Giovanni Calo' jusqu'au 14 avril à l'Athénée.




Merci à I.S. qui m'a transmis l'article


Clémence et Constance

Stagiaire à l'Athénée, Constance Pascal a une voix grave et cassée qui contraste avec son physique gracile : l'entretien en son et image s'est donc imposé tout naturellement, d'autant que cela vous permettra de découvrir un lieu de l'Athénée dont je n'ai jamais parlé sur le blog.

Le dernier jour de son stage à l'Athénée, j'ai ainsi emmené Constance dans un escalier qui, s'il pouvait auparavant être emprunté par les spectateurs pour rejoindre la salle, ne sert aujourd'hui que d'issue de secours en cas d'évacuation.

Tout en la prenant en photo, j'ai branché un micro en lui posant quelques questions sur son passage à l'Athénée, son moment de honte pendant son stage, son endroit préféré dans le théâtre (encore un lieu dont je n'ai jamais parlé, avec une anecdote intéressante dévoilée par Constance ! Article à suivre), et bien évidemment si elle aimait les endives au jambon —j'explique d'ailleurs dans la vidéo l'origine de cette question rituelle du blog.


La vidéo est ci-dessus et dure six minutes. Pour le regarder sur YouTube, cliquez ici



J'avais déjà interviewé un précédent stagiaire prénommé Antoine et auteur d'un clip tourné à l'Athénée : c'est ici.

Constance a terminé son stage à l'Athénée la semaine dernière, et elle cherche aujourd'hui du travail dans la communication culturelle : n'hésitez pas à la contacter via le blog!
Elle a été remplacée à l'Athénée par Jonathan, dont je peux d'ores et déjà vous dire qu'il vient d'Aix-en-Provence et possède un diplôme d'entraîneur de foot.

Cette semaine à l'Athénée, c'est Ubu enchaîné d'Alfred Jarry avec Eric Cantona dans le rôle-titre qui va commencer !
À demain !


Troglodyte

J'ai mis du temps à comprendre où se trouvait la régie de la salle Chrisian-Bérard, la petite salle de l'Athénée où l'on a donné cette année Le Shaga puis Divine, avant d'accueillir en mai Les Visages et les corps (texte de Patrice Chéreau, mise en scène et lecture de Philippe Calvario)

Habituellement, la régie se situe en hauteur au fond de la salle, au-dessus des derniers rangs de spectateurs. Comme vous pouvez le constater sur cette photo, au-dessus des derniers rangs de spectateurs dans la salle Bérard, il y a juste un mur.

 

 

La régie est en fait invisible de la salle, car elle se trouve côté scène, dans les coulisses.

 

J'ai pris cette photo (ci-dessus) au moment des répétitions de Divine : à gauche, à l'endroit où l'on aperçoit une corde (mot interdit sur tout plateau de théâtre, si vous avez bien suivi), se loge un petit escalier qui monte et que l'on voit mieux sur cette photo (ci-dessous) prise de la scène :

 


C'est après avoir grimpé les marches de ce petit escalier que l'on arrive à la régie,

 

d'où l'on aperçoit la scène à travers une vitre et surtout de côté. Plus près des acteurs, le/la régisseur(e) voit aussi le spectacle à 90 degrés….

 

 

 

Vous remarquerez que si l'endroit est petit, le siège du/de la régisseur(e) est toutefois conforme à l'esprit velours de l'Athénée.

 

 

 

Le prochain spectacle de l'Athénée aura lieu dans la grande salle : il s'agit de Caligula, opéra pour marionnettes mis en scène par Alexandra Rübner et Mimmi Cuticchio et dirigé par Vincent Dumestre.

Bon week-end !

 

PS : on n'a toujours pas identifié formellement l'homme mystérieux de la photo de mardi! Mais Marie, Moussa, Marie-A, Anne-Louise et Thérèse nous ont bien avancés !


Mais où sont les neiges d'antan ?

Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez ici pour la voir sur YouTube.

Il s'agit d'une vidéo de 40 secondes, sans son.

 

À l'écran ou en vrai, il faut avoir une bonne vue pour distinguer l'étrange paquetage qui libère parcimonieusement quelques flocons de neige au gré de ses pulsations.

Accroché au gril (le plafond à claire-voie situé au-dessus de la scène et qui sert à fixer les projecteurs ou éléments de décor et permet la circulation des techniciens), le couffin à neige est manipulé par Jano, le régisseur général de l'Athénée, par un système de câbles.

Pour voir tomber la neige, c'est dans le spectacle Voyage d'Hiver jusqu'à vendredi : écrite pour piano et voix, la partition a été réorchestrée pour huit instruments et trois chanteurs par Takénori Nemoto qui est également chef d'orchestre du spectacle, mis en scène par Yoshi Oïda.
Bon début de semaine, sous la vraie neige pour certains….


On enlève le bas

J'ai souvent eu l'occasion d'exprimer combien l'équipe de l'Athénée était déterminante dans le contenu et la longévité de ce blog (j'en profite pour le redire).

C'est le même esprit qui souffle dans les murs du Théâtre et, comme le soulignait un metteur en scène programmé récemment à l'Athénée, "on sent tout de suite qu'il y a un souffle, une personnalité, quelque chose d'humain, ici".

Ainsi, au-delà du blog, l'Athénée a également son profil Facebook alimenté par l'équipe de la communication et des relations publiques.
À l'occasion des Bonnes et de Divine, Alexandra, Constance, Églantine, Florence et Isabelle nous ont livré au fil des jours une série de photos et vidéos que je ne résiste pas à vous faire découvrir…
Il faut savoir, pour ceux qui n'ont vu aucun des deux spectacles, que l'un utilise des gants de vaisselle pendant que l'autre évoque beaucoup la problématique du corps (et des chaussures à talons).

 

(Je précise que je ne suis pas l'auteure de ces photos et vidéos et que je ne porte aucune responsabilité dans leur réalisation)

 

 

Vendredi 13 janvier 2012

"Ce soir, première des Bonnes, la com' vous dévoile le haut !
Mardi première de Divine, on vous montre le bas…"

 

 

 

Mardi 17 janvier 2012

"Ce soir première de Divine, et comme promis on vous montre le bas !"

 

 

Vendredi 20 janvier 2012

"Le vendredi à partir de 18h c'est le quart d'heure glam de la com' ! ?
Leçon n°1 : rester chic avec des gants de vaisselle."


 

 

Vendredi 27 janvier 2012

"C'est l'heure du 1/4 d'heure glam de la com !
Leçon n°2 : rester divine en talons aiguille (avec Maître Daniel Larrieu)"

 

 

La question du positionnement des lieux culturels sur internet agite beaucoup le monde culturel depuis un ou deux ans : après quelques réticences, les "professionnels de la profession" (l'expression est de Jean-Luc Godard) s'intéressent dorénavant au sujet, et de nombreuses rencontres professionnelles sont organisées sur le thème des blogs et réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter.
C'est ainsi que j'ai pu intervenir dernièrement au nom du blog de l'Athénée aux Biennales Internationales du Spectacle à Nantes la semaine dernière, aux journées de La Scène en octobre à Bruxelles, pour les formations ACT' et à l'occasion de nombreuses rencontres professionnelles.

Décalés et participatifs, ces médias permettent d'instaurer une autre relation avec les artistes et les spectateurs
, même si, comme tout outil, ils présentent évidemment des limites.

Pour suivre l'Athénée sur Facebook, c'est ici.
Le blog a également sa propre page ici.


Bon lundi ! Les Bonnes et Divine se jouent jusqu'à ce week-end.


Sans lendemain, sans rien qui dure

"Sans lendemain, sans rien qui dure
Un homme passe et puis s'en va
Sans lendemain mes aventures
Depuis toujours s'arrêtent là
Jamais l'espoir d'un autre soir
Bonjour bonsoir adieu l'amour
Sans lendemain, sans rien qui dure
Voilà ma vie depuis toujours

J'en ai connu de toutes sortes
Des mal foutus et des beaux gars
Chaque fois que s'ouvre la porte
Mon coeur se dit "c'est celui là"
Oui mais le destin bientôt l'emporte
Comme tous les soirs je reste là"


Cela fait partie des mots que vous entendrez dans Divine actuellement à l'Athénée : car si le spectacle reprend des extraits du roman Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet, il fait également entendre un univers sonore conçu par Le Tone en collaboration avec Daniel Larrieu et Gloria Paris, la metteure en scène.


Je me suis créé pour l'occasion un profil sur Deezer où quelques morceaux utilisés dans Divine sont disponibles à l'écoute gratuitement sur ce lien.

 

Vous pourrez ainsi entendre :

 

Sans lendemain de Frehel dont je vous recopiais quelques paroles ci-dessous
(La vidéo est ici sur Dailymotion)

 

Love in Portofino de Fred Buscaglione
La vidéo est ici sur YouTube


Cala Meo Amor de Sylvia Telles, à écouter sur Deezer ici.

 

Ou encore Settanta volte sette d'Ennio Morricone, musique du film La Tragédie d'un homme ridicule de Bernardo Bertolucci, à écouter sur Deezer ici.
Ci-dessus en vidéo, un extrait du film à voir sur YouTube ici.

 


Les Bonnes mises en scène par Jacques Vincey se joue en même temps que Divine, dans la grande salle.
Ce soir après la représentation, vous pourrez rencontrer Jacques Vincey
au foyer-bar. Bon mardi !


Il faut se grouiller, apparemment

En ce moment, l'Athénée propose tous les soirs deux spectacles sur des textes de Jean Genet : Divine en salle Christian-Bérard et Les Bonnes dans la grande salle.

Plus nombreux que d'habitude, les spectateurs sont ainsi à l'étroit dans le hall du Théâtre et il est plus facile de se faufiler parmi les gens pour entendre quelques bouts de conversation à la volée, quelques minutes avant le début des représentations (merci à ceux et celles qui se reconnaîtront).

 

 

 

Une jeune femme : "— Quelle foule ! C'est comme Où est Charlie, mais sans Charlie."

Deux messieurs aux cheveux gris :
"—Ça dure 1h40 ? Ça va !
— Oui, quand j'ai vu que cela durait 1h40, j'ai pensé que tu voudrais bien m'accompagner…."

Un monsieur à un autre : "— Bonne année !"

Une dame au téléphone : "— Alors reviens vers l'arrière de l'opéra… Prends la rue Scribe. Non, pas vers la Madeleine ! Le repère, c'est la station Auber du RER A, c'est juste en face. Tu vois où elle est ? (silence) Bon. Quand tu es face à l'opéra, tu prends la rue Scribe, à gauche. Non, tu ne passes pas devant les Galeries Lafayette, enfin ce n'est pas très loin, mais tu ne passes pas devant. (silence) Tu es rue Scribe là ? Oui, SCRIBE ! Dès que tu vois la station Auber, c'est la rue juste à gauche. (silence) Bon, grouille-toi !"

Une dame en rejoignant une autre : "—Comme j'étais en avance, j'ai fait les courses à côté… Du coup je suis en retard"

À la billetterie, avec un monsieur et une dame souhaitant acheter des places pour Divine en dernière minute : "—Je suis désolée messieurs-dames, on ne va vraiment pas pouvoir vous faire rentrer à Divine, c'est plein. Est-ce que vous voulez réserver pour un autre soir?
— Je ne sais pas, j'aimais bien cet horaire, 19h… Les autres soirs, c'est à 20h, non ?
— Mardi prochain, c'est aussi à 19h, si vous voulez.
— Va pour 19h mardi prochain alors.
— Très bien, je vais prendre votre nom… Et vous, Madame ?
— Eh bien moi du coup je vais rester là et aller voir Les Bonnes, s'il y a de la place ce soir…
— Oui c'est possible. Vous verrez, Les Bonnes, c'est très bien aussi."

Toujours à la billetterie : "— Vous réglez ensemble ? Cela fera 25€ pour les deux."

Au comptoir des invitations et places réglées :
"—On jongle, c'est un spectacle très prisé!"

Alors que le hall se vide et que la plupart des spectateurs ont gagné leurs places, très peu de temps avant le début des représentations :

"—Excusez-moi, je viens avec une amie, mais elle n'est pas encore arrivée… Ça va commencer tout de suite ?
—On a encore un tout petit peu de marge… Vous savez où elle est ?
—Je ne sais pas, je vais l'appeler…. (au téléphone) Ouais, t'es où là ? Mais grouille-toi !!!"

 

Pour voir Divine mis en scène par Gloria Paris et chorégraphié par Daniel Larrieu et/ou Les Bonnes mises en scène par Jacques Vincey, c'est tous les jours à l'Athénée (sauf le lundi) jusqu'au 4 février ! Bon début de semaine.


Ça en jette

 

 

 

À leur répétition d'hier à l'Athénée, Les Bonnes jetaient de l'ombre.

 

Pour voir Hélène Alexandridis, Marilu Marini, Myrto Procopiou et Vanasay Khamphommala dirigé(e)s par Jacques Vincey côté face, c'est dans Les Bonnes de Jean Genet à partir de ce soir.

Bon week-end à tous.

 

Vous ne voyez des carrés blancs ou des croix rouges à la place des photos ?
Activez l'affichage des images dans votre messagerie ou allez sur le blog.

 


Un peu de surmenage n'a jamais tué personne

(L'article a l'air un peu long comme ça mais il mène à quelque chose qui nous concerne directement)


Lorsqu'on prend une photographie en mode manuel, c'est-à-dire en faisant un peu plus qu'appuyer sur le déclencheur, on peut agir sur différents paramètres, dont la plupart concernent la quantité de lumière qui va s'imprimer sur le capteur (appareil numérique) ou la pellicule (appareil argentique) —le capteur et la pellicule étant deux surfaces qui, réagissant au contact de la lumière, convertissent les rayons lumineux en image lisible par l'oeil humain.


L'ouverture

S'il y a peu de lumière dans une pièce par exemple, on va faire en sorte que l'objectif (plus exactement, son diaphragme) s'ouvre très grand, pour capter le plus de lumière possible. Si l'on ouvre trop le diaphragme, on se retrouve avec une photo surexposée, c'est-à-dire avec trop de lumière dedans (elle sera toute blanche ou beaucoup trop lumineuse).
Et si on le ferme trop, la photo sera sous-exposée c'est-à-dire sombre ou carrément noire.
Il faut donc choisir le diamètre de l'ouverture en fonction de la luminosité de la scène à photographier, de l'effet que l'on veut obtenir, mais aussi du temps de pose.

 

Le temps de pose

Le temps de pose est un autre paramètre à prendre en compte lors de la prise de vue ; il s'agit du temps pendant lequel l'obturateur de l'appareil reste ouvert pour laisser passer la lumière : à chaque fois qu'on prend une photo, il s'ouvre le temps de laisser passer la lumière, puis il se ferme pour mettre fin à la prise de vue. C'est le fameux bruit de claquement que l'on entend sur les appareils photos professionnels.
Plus l'obturateur reste ouvert longtemps et puis il laisse passer de lumière : ce temps de pose varie de quelques millièmes de secondes à plusieurs secondes. C'est-à-dire que vous pouvez par exemple prendre une photo pour laquelle l'obturateur va rester ouvert dix secondes puis se refermer.

Le temps de pose permet également d'agir sur le mouvement : une ou deux secondes d'ouverture, c'est déjà très long. Si vous n'avez pas de pied où poser l'appareil et/ou que le sujet photographié bouge, même de manière imperceptible, la photo sera forcément floue, puisque l'appareil aura capté les mouvements (clignement de yeux, respiration, etc.) depuis l'ouverture de l'obturateur jusqu'à sa fermeture. 
Ce flou généré par le temps de pose s'appelle flou de bougé et peut donner des photos très intéressantes : on peut ainsi faire exprès de photographier un sujet en mouvement avec un long temps de pose pour obtenir un filé (ou légères traînées) qui suggèrent le mouvement.
L'exemple le plus connu est celui d'une ville la nuit : si l'on prend une photo d'une rue avec un long temps de pose, on ne verra pas les voitures (qui sont trop sombres et passées trop vite pour s"imprimer" sur la pellicule) mais seulement la lumière de leurs phares en longues traînées. (Exemple ici)



Le stabilisateur optique

Le flou de bougé peut être intéressant quand il est voulu, mais assez rageant quand il est involontaire : quand on veut prendre des photos dans un environnement sombre, que l'on n'a pas de pied et que les propres mouvements du photographe (on bouge toujours un peu, même quand on s'arrête de respirer) ont fait bouger l'appareil, provoquant un manque de netteté qui rend la photo dégueulasse et pas intéressante du tout : un peu floue de partout et pas seulement du sujet comme dans le cas du flou artistique franc décrit ci-dessus. Comme je déteste prendre des photos de spectacles avec un pied, ça m'arrive souvent.

Pour minimiser ce problème du flou involontaire, il existe des stabilisateurs : dans le cas des stabilisateurs intégrés à l'objectif photo, il s'agit d'un système de lentilles qui bougent à l'intérieur de l'objectif pour compenser les vibrations de la main du photographe. Pour parler très très schématiquement, si votre main bouge vers le bas, une lentille va bouger vers le haut pour "annuler" votre tremblement.

Le stabilisateur est très utile, mais il fait un petit bruit de moteur, car il fonctionne avec des gyromètres et des électroaimants.

 

 

Le stabilisateur et le mode "vidéo" des appareils photos

Il existe des appareils photo qui font également vidéo, comme le mien. Lorsqu'on filme avec ce type d'appareil, on utilise généralement un pied, sauf si on a envie de faire vomir tout le monde (rien de mieux qu'une vidéo filmée à main levée pour donner le mal de mer).
Le stabilisateur d'image est donc dans ce cas beaucoup moins utile, voire carrément parasite lorsqu'on utilise le micro intégré à l'appareil : le micro étant très proche du stabilisateur, on entend très nettement le bruit du stabilisateur sur la bande-son.

 


Maîtriser ces paramètres (ou "toi aussi, achète-toi un cerveau")

Vendredi soir, j'ai filmé Philippe Sireuil, le metteur en scène de Savannah Bay de Marguerite Duras, pour vous proposer une interview vidéo sur le blog.
Fatiguée, j'ai mal enclenché l'interrupteur marche/arrêt du stabilisateur optique, et l'ai donc laissé en fonctionnement malgré moi. C'est au moment de réaliser le montage des trente minutes de notre conversation que j'ai pu découvrir qu'un charmant bruit de poêle à frire couvrait les propos de Philippe.

 

Fatiguée toujours, j'ai préparé la mise en ligne de mon billet de lundi (celui d'hier, donc) juste après cette interview, et me suis trompée dans les dates de parution au moment de programmer le logiciel qui vous envoie les articles dans vos boîtes mail chaque matin. C'est ainsi que l'article est paru sur le blog et arrivé chez vous un jour trop tôt, ce dimanche de très bon matin.
Comme ça, vous saurez que je prépare en général mes billets du lundi matin un peu à l'avance, et qu'accessoirement j'ai toujours eu un problème avec les dates.


À demain pour un nouvel article qui, je l'espère, rattrapera un peu mes bêtises.
Du côté de l'Athénée, Savannah Bay et Le Shaga de Marguerite Duras se jouent jusqu'à samedi.


Il y a beaucoup de parachutistes qui s'ignorent

Il y a quelques années, en cours de cinéma, un professeur nous montrait à moi et mes camarades le court-métrage Césarée réalisé par Marguerite Duras.

C'est en cherchant ce court-métrage pour vous le montrer que je suis tombée sur une interview de Duras qui m'a semblé plus intéressante : comme son évocation de l'an 2000 frappait par sa clairvoyance (c'est ici sur le blog), ses propos sur l'insolence, le pouvoir ou l'industrie culturelle résonnent toujours pleinement aujourd'hui et témoignent d'un réel engagement.


Pour ceux qui n'auraient pas le temps d'écouter 15 minutes d'entretien, voici quelques morceaux choisis :


"— Est-ce qu'il vous arrive de cultiver l'insolence pour votre plaisir ?
Pour ma santé peut-être. [...]
Dans l'insolence, je trouve tout de même qu'il y a quelque chose de douteux : c'est quand même un dialogue avec l'ennemi.  [...]

Tout le monde se dit marxiste aujourd'hui de nos jours. Même la droite. [...]

Il y a des producteurs [de cinéma] fauchés, ça existe. Mais il y a les producteurs qui produisent les grosses productions du samedi soir, ce que j'appelle le cinéma des travailleurs, celui qui ne se choisit pas, ces salles dans lesquelles les gens s'engouffrent comme on va à l'usine… Ces gens se disent qu'il y a du fric là et qu'ils vont le prendre, qu'ils vont le piquer… C'est déjà un comportement de droite. Vous, ça ne vous intéresserait pas de faire une chose abominable, très très ennuyeuse, uniquement pour gagner de l'argent… [...]
Je ne connais pas les cinéastes en place : toute cette clique commerciale, je ne la connais pas, pensez-vous, j'aurais honte de sortir avec. [...] [Il faudrait instaurer] un mot d'ordre très bref : insultez-les. [...]

Les films sur la guerre m'ont toujours parus suspects : quand vous avez envie de faire un film sur la guerre, c'est ce que vous traînez derrière vous une sorte de nostalgie —peut-être pas de la guerre à proprement parler, mais en tout cas de la violence. [...]
Ces films ont beaucoup de succès, toujours : il y a beaucoup de parachutistes qui s'ignorent. [...]

Elle est tout, notre époque. C'est un chaos. Mais la place de l'insolence y est peut-être moins grande que celle de la colère ou du refus. [...]

Bien sûr qu'il faut se battre contre la tour, contre tout ce qu'elle suppose. Mais on peut se battre avec humour : on peut dire qu'elle penche par exemple. Ce que tout le monde sait. La tour penche. Maintenant qu'elle est faite, on peut bien l'avouer. [...]

Je n'insulte personne dans la rue. Je fais comme beaucoup d'autres femmes par exemple, je déclare que je me suis fait avorter. Dans ce cas-là, on m'insulte dans la rue. Les gens m'insultent parce que j'ose le dire."

 

 

Vous pouvez écouter l'entretien ici ou cliquer ci-dessous, sur l'image :


Je ne connais pas l'origine exacte de l'interview, la description sous la vidéo étant rédigée en vietnamien
(véridique) et rien ne m'ayant permis d'en trouver une autre occurrence. D'après un autre site internet, il s'agirait d'un entretien avec André Halimi réalisé en décembre 1973, mais rien d'autre ne me permet de le confirmer : peut-être serez-vous vous meilleur détective que moi ?


Ce soir, je pars interviewer Philippe Sireuil, le metteur en scène de Savannah Bay : l'entretien paraîtra la semaine prochaine sur le blog ! Savannah Bay et Le Shaga de Duras se jouent jusqu'à samedi prochain. Bon week-end.

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