Écrits de spectateurs 2 - Pierre

Que voient les musiciens qui jouent dans la fosse de l’Athénée?

À quelques jours du spectacle musical Au Temps des croisades et dans le cadre de la publication d’écrits de spectateurs sur le blog, le point de vue de Pierre, percussionniste jadis passé par l’Athénée

Le texte est certes long par rapport à ce que je vous propose d’habitude mais je vous conseille vraiment d’aller jusqu’au bout!

Je suis toujours preneuse de vos nouvelles contributions...


« Au départ il y avait la musique, puis ce fut le hautbois et un jour, peu de temps après la victoire de Yannick Noah à Roland-Garros vint la percussion.

J'ai beau faire des efforts, je ne comprends toujours pas pourquoi je suis tombé si bas. Mais le meilleur du pire arriva au théâtre de l'Athénée quand je compris enfin qu'on pouvait toujours faire moins bien.
Après m'être ridiculisé avec mon avorton de triangle sur les scènes du monde entier, Amsterdam, Londres, New-York, Tokyo et Berlin, disons surtout Londres et Amsterdam, car je n'ai jamais mis les pieds à New-York, ni à Tokyo ni à Berlin et c'est dommage car sur mon curriculum ça serait un rien chouette; après toutes ces années disais-je, j'allais me ridiculiser au théâtre de l'Athénée Louis-Jouvet, mais pas à n'importe quel endroit: dans la fosse. Comme quoi lorsqu'on est au fond du trou il ne faut pas désespérer, on peut toujours tomber plus bas…

La fosse... A l'Athénée la vue d'en bas est plutôt dégagée, on peut voir le poulailler, la corbeille, les loges et le premier rang. C'est ce premier rang qui accapare toute mon attention pendant les représentations. Il faut dire que notre spectacle à nous les musiciens, c'est la salle, et plus particulièrement le premier rang.
Rien de plus amusant que voir les têtes dodeliner, qu'essayer de deviner si le gros chauve est venu de son plein gré, parce qu'on ne va pas forcément au théâtre pour le plaisir, on y accompagne son épouse, sa maîtresse ou sa mère, ou encore sa future femme, future maîtresse ou son futur maire.
On en profite pour regarder la fosse des fois que le spectacle vienne également de là.

Et miracle, dans la fosse il y un type qui jongle avec des baguettes, s'assoie, se lève, papote, bouquine, sort un traité sur la Coalcoïlation des benzy-thiophènes catacondensés polysubstitués dans lequel est forcément glissé un mensuel pour homme, ou alors il nous prend vraiment pour des billes!

Cet énergumène faussement discret c'est moi, et j'en profite pour rectifier toutes les idées reçues à propos de cet instrument polymorphe qu'est la percussion.
Alors voici un florilège d'inepties toutes plus saugrenues les unes que les autres:


Petit a comme Athénée
# Tous les percussionnistes sont sourds. C'est FAUX, en fait tous les musiciens de l'orchestre sont sourds, et même le chef qui par ailleurs est aveugle et SIF, (Sans Instruments Fixes, à ne pas confondre avec Idéfix qui n'est ni aveugle ni sourd ni chef, mais bien un misérable chien.)

Petit b comme Beethoven
# Le percussionniste est le musicien le plus mal aimé de l'orchestre. Faux, le plus mal aimé c'est le chef, et puis des fois le premier violon surtout quand il cafte.

Petit c comme Coudre.
# Les percussionnistes s'appellent Reviens. Faux c'est la gomme de Desproges qui s'appelle Reviens.

Petit d, comme Darius
# Les percussionnistes ne se servent pas de toutes leurs baguettes sur les tablettes, c'est juste pour faire les intéressants. VRAI.
En fait une paire ou deux suffirait amplement, au prix de la baguette qui n'en finit plus d'augmenter que c'est un scandale où va-t-on bonne mère?
Seulement voilà, nous madame (je dis madame car je suis galant, bien élevé, et aussi parce que les hommes ont d'autres choses à faire plus sérieuses et plus utiles que lire ces lignes), nous les percussionnistes avons le respect du client, surtout au théâtre de l'Athénée où il y en a des sacrés de clients, j'aime autant vous le dire!

Petit elfe comme moi!
# Les percussionnistes sont doué d'une intelligence très supérieure à la moyenne, ont le visage d'Adonis dans le corps d'Héraklès, une oreille absolue, un oeil de Lynx, un flair de ... lynx également j'ai rien trouvé d'autre, la sensibilité délicate et une grande modestie.
VRAI, bon les autres je n'en sais rien mais moi, oui.

Petit i et gominé comme Igor.
# Tous les percussionnistes aiment la percussion du verre*. VRAI, même si, étant jeune, j'avais du mal à y croire.
(*extrait de L'art de décaler les sons, recueil de contrepèteries.)
Ils ne sont pas les seuls, en effet, cet axiome était la grande marotte de Louis Jouvet lui-même et fut prononcé lors d'un dîner fin avec son amant, car il avait un amant c'est son côté méconnu, il paraît même que Louis Jouvet était une femme, et qu'il s'appelait Louise (et pas reviens qui est, je le répète, le nom de la gomme de Pierre Desproges mais également le nom de ma gomme, en hommage.)
D'ailleurs Louise Jouvet n'a-t-elle pas déclaré un jour devant son public chéri :"Quand je suis dans mon théâtre, je suis en transe!"
Là je plaisante bien sûr, et tiens à présenter toutes mes excuses à la mémoire de cette grande comédienne ...pardon comédien qu'était Louis Jouvet, ainsi qu'à tous ses disciples et admirateurs, bien qu'à l'heure actuelle je doute qu'il en existe un seul de vivant.
J'ai dit vivant, soyons sérieux, on ne peut pas avoir côtoyé Jouvet avant 1951 et se proclamer sincèrement en vie aujourd'hui, ça n'est pas raisonnable!  Oups! Bon d'accord je sors!
 
Petit J comme Jouvet.

#Le percussionniste est une espèce en voie d'extinction.
Malheureusement VRAI, je suis moi-même le dernier spécimen vivant, et connaissant mes tendances suicidaires on peut, à juste titre, s'alarmer des prévisions les plus optimistes.
A ce sujet, je serais très reconnaissant de recueillir vos dons, chèques, tickets restaurant mais pas de métro je prends le vélib, Paypal non accepté merci.


Voilà! Vous savez tout ce qu'il faut connaître sur ce monde des percussions et percussionnistes, monde ô combien fascinant, j'en conviens.
Puisque l'Athénée a donné il y a peu The Rake's Progress, je vous gratifie d'un extrait célèbre de L'Histoire du Soldat du même Stravinsky (pour les initiés uniquement), où l'on voit très bien que cela ressemble à toutes les autres partitions et donc que oui, les percussionnistes savent lire la musique.

 

Sur ce, comme le disait tendrement Dupontel dans Le Créateur, que je n'oserais pas vous recommander tellement c'est pas recommandable : Kenavo les bouseux!

Pierre de Breizh »


À sa plus simple expression

«Car je considère la musique, par son essence, impuissante à exprimer quoi que ce soit: un sentiment, une attitude, un état psychologique, un phénomène de la nature, etc. [...] Si, comme c'est presque toujours le cas, la musique paraît exprimer quelque chose, ce n'est qu'une illusion et non pas une réalité. [...]
Le phénomène de la musique nous est donné à la seule fin d’instituer un ordre dans les choses, y compris et surtout un ordre entre l’homme et le temps. Pour être réalisé, il exige donc nécessairement et uniquement une construction. La construction faite, l’ordre atteint, tout est dit.»
Igor Stravinsky, Chroniques de ma vie, Denoël, Paris, 1935, pp.69 -70.

Rejetant l’idéal de l’inspiration romantique, Stravinsky prônait ce qu’il a appelé lui-même l’«objectivisme» musical: cela ne l’empêcha de se construire un style personnel et inimitable, si singulier qu’il se reconnaît dans ses œuvres les plus diverses.
The Rake’s Progress prend la forme d’un opéra du 18e siècle, mais ce n’est qu’apparence: un génie comme celui de Stravinsky ne se laisse pas enfouir aussi facilement…

The Rake’s Progress se joue à l’Athénée ce soir et dimanche dans une mise en scène d’Antoine Gindt et une direction musicale de Franck Ollu!

Bon week-end à tous!


Passé à la trappe

Comme vous l’avez sans doute compris hier, le plateau de l’Athénée s’est ouvert pour l’opéra The Rake’s Progress: je ne sais pas ce que cela donne côté spectateurs (enfin si, je sais, mais c’est moins drôle de vous montrer ce que vous pourrez voir tout seuls), mais que voit-on lorsqu’on s’appelle Thomas et que l’on est le technicien chargé de manipuler la trappe pendant le spectacle?

Quelque chose qui ressemble à cela :


Ou à cela si on tourne la tête vers l’écran de retour vidéo :

 

Ou encore à cela si on s’appelle Clémence et qu’on se plante devant le dit Thomas :


Il vous reste trois représentations pour voir davantage que des pieds et autres têtes coupées: The Rake’s Progress dans une mise en scène d’Antoine Gindt et une direction musicale de Franck Ollu se joue encore ce soir, demain et dimanche!

Si vous arrivez ce soir aux alentours de 19h, vous aurez la possibilité d’écouter Jacques Amblard, musicologue, vous présenter cet opéra de Stravinsky.

Bon jeudi !


Il y en a là-dessous!

Il se passe de drôles de choses sous la scène de The Rake's Progress: le plancher du plateau n'est plus aussi sûr et les dessous sont bien plus peuplés que d'habitude...
La suite demain.

 

Après la première qui a eu lieu hier soir, l'opéra The Rake's Progress se joue encore jeudi, vendredi et dimanche!
Avant la représentation de jeudi, Jacques Amblard, musicologue, viendra vous donner quelques clés sur cet opéra de Stravinsky: rendez-vous à 19h au foyer-bar de l'Athénée!


La carrière d'un libertin - interview!

Antoine Gindt est le metteur en scène de The Rake’s Progress, opéra de Stravinsky dont la première est ce soir à l’Athénée.

«_ On a souvent dit que Stravinsky avait multiplié les emprunts dans son opéra The Rake’s Progress: hommage, parodie ou plagiat?
_ Je ne sais pas si l’on peut véritablement parler d’emprunts: disons plutôt qu’il a choisi de composer un opéra à numéros, c’est-à-dire avec une succession de situations musicales très caractérisées sur le modèle lyrique du 18e siècle, mais qu’il n’y a pas d’emprunts au sens de la citation.
On l’a beaucoup accusé d’avoir puisé ailleurs, mais The Rake’s Progress n’est que de la main de Stravinsky -c’est d’ailleurs tout l’intérêt de cet opéra: d’une situation contraignante, il compose un opéra comme un musicien du 18e siècle en utilisant les codes de l’époque (The Rake’s Progress comprend des arias, des récitatifs, des trios, des quatuors…) tout en conservant son écriture et crée une esthétique inédite qui n’aurait jamais pu exister au 18e siècle. Il s’agit d’une manière de revisiter le genre de l’opéra classique sans pour autant revenir en arrière.
J’ai une grande affection pour cet opéra car, malgré toutes les contraintes qui ont présidé à sa composition, on y reconnaît l’écriture de Stravinsky qui a accompli la prouesse de maintenir sa personnalité: alors que, lorsqu’on parle de pastiche ou d’emprunts, on a l’impression que l’on va entendre des citations d’autres œuvres telles quelles. Beaucoup ont voulu comparer The Rake’s Progress au Cosi Fan Tutte de Mozart, mais il est impossible de reconnaître formellement dans The Rake’s Progress un air, une mélodie, un emprunt comme chez Mahler ou Berio qui, dans leurs œuvres, ont une utilisation claire et affirmée de la citation. Ici, Stravinsky se soumet à des contraintes très dures et emprunte à des techniques et styles repérables qu’il choisit finalement de brouiller.
Après la révolution musicale du Sacre du Printemps que tout le monde connaît de près ou de loin, Stravinsky s’oriente vers d’autres styles. Et autant le néoclassicisme d’autres œuvres de Stravinsky comme Œdipus Rex, Perséphone ou Apollon Musagète me semble souvent assez fastidieux, autant The Rake’s Progress trouve une liberté incroyable. Les amateurs d’opéras n’apprécient pas toujours cette œuvre, comme si cette forme était de toutes façons perdue. Stravinsky n’a pas eu l’idée de faire de la musique “à la manière de”, ou en tout cas cela ne peut pas se réduire à cela : c’est d’ailleurs la richesse et la force incroyable de The Rake’s Progress qui ne peut pas se réduire à un pastiche. La motivation de Stravinsky, son inspiration, sa manière de faire qui est celle d’un artiste génial, il faut bien le dire, est un véritable bouleversement.

_ Le personnage principal de The Rake’s Progress, Tom Rakewell, est-il un héros?

_ Non, il s’agit définitivement d’un anti-héros, mais pas à la manière du Wozzeck de Berg par exemple qui, lui, subit l’histoire, alors que Tom Rakewell la raconte. The Rake’s Progress est une fable, ce qui permet des libertés musicales et dramaturgiques: la fable autorise une certaine légèreté et l’adresse directe au public qui créent un code entre le public et le narrateur.
Tom Rakewell est un archétype, un anti-héros dont le parcours le conduit à l’anéantissement; il tente de s’en sortir en formulant des vœux stupides réalisés par Shadow, son double, mais une fois le pacte rompu, Rakewell sombre dans le désespoir. C’est l’histoire de quelqu’un qui, par abandon de lui-même, ne réussit à rien: il souhaite être riche et le devient par artifice, il espère le bonheur et se marie avec une femme horrible…
Les personnages sont eux-mêmes des archétypes et évoluent dans un environnement qui est celui de l’histoire fabuleuse où il n’y a pas véritablement d’ancrage dans la réalité, dans le sens où il ne s’agit pas d’une situation concrète où les personnages seraient dirigés par autre chose que par le conteur Stravinsky. La musique renvoie à des choses profondes, mais elle conserve aussi une forme de légèreté.

_ Dans votre mise en scène de The Rake’s Progress, cette légèreté est-elle importante?
_ Le spectacle me semble en effet bien plus important que tout ce que l’on peut raconter sur Stravinsky. Il est essentiel pour moi de mettre l’accent sur cette légèreté qui permet de ne pas appesantir le propos en respectant le principe dramaturgique de la narration, de prendre de la distance vis-à-vis de la fable et d’éviter d’enfermer les personnages dans quelque chose qui ne correspondrait pas exactement à ce que Stravinsky nous raconte.
Nous avons monté ce spectacle hors de la machine lyrique traditionnelle: il ne s’agit pas d’un opéra de chambre, et il ne se monte pas facilement. C’est pourquoi on en voit souvent des productions dans l’institution lyrique et moins dans des théâtres plus indépendants comme celui de l’Athénée. Je dois enfin préciser que la qualité et la crédibilité des chanteurs étaient des paramètres primordiaux.

_ Pourquoi Stravinsky n’a-t-il pas créé une génération de compositeurs?
_ C’est souvent la marque d’un grand génie -Gustav Malher n’en a pas vraiment eue non plus, par exemple. Stravinsky a révolutionné l’idée de l’orchestre, et de nombreux compositeurs ont saisi cette révolution, mais là où l’on attendait pas: je pense à la musique de film, en particulier, qui a beaucoup été influencée par Stravinsky. Comme Varèse par exemple, Stravinsky a créé une musique tellement singulière que s’en inspirer reviendrait à le copier.
Comme Stravinsky a en outre utilisé, dans une certaine mesure, le langage existant en le transformant, il n’a pas créé une révolution aussi fondatrice que Schönberg: Schönberg est peut-être plus traditionnel que Stravinsky, mais il a créé le dodécaphonisme. Le sérialisme inventé par Schönberg donne de nouvelles clés d’écriture, et la descendance d’un outil se voit plus facilement que celle d’une esthétique. L’influence de Stravinsky est donc plus diffuse, mais je ne pense pas qu’un compositeur puisse être absent de Stravinsky: on ne peut pas cacher l’histoire de la musique et Stravinsky en fait partie peut-être plus que d’autres.»

La première de The Rake’s Progress est ce soir! L’opéra se jouera ensuite pour trois autres représentations jeudi, vendredi et dimanche. Bon mardi!


“Allons, attachez-vous à moi, et ne faites pas le timide !”

Qui connaît Faust?

Homme légendaire qui aurait vécu en Allemagne vers la fin du 15e siècle et à qui l’on attribue des pouvoirs magiques provoqués par un pacte avec le diable, Faust est d’abord l’objet d’un livre populaire vite repris par le dramaturge anglais Christopher Marlowe à la fin du 16e siècle.

De personnage récurrent de théâtre de foire et de marionnettes, Faust devient un héros romantique sous la plume de Müller, Klinger et surtout Goethe qui écrit une fin optimiste en le faisant échapper à la damnation.

Le mythe de Faust est ensuite repris dans des opéras comme chez Gounod ou Berlioz: il est souvent réduit à l’histoire d’amour tragique avec Marguerite et donne lieu à de nombreux films au cinéma, dont six de Méliès.

Incarnation du surhomme résistant à toutes les catastrophes, Faust se transforme en héros national avec la première guerre mondiale: l’entre-deux guerres achèvera de l’asservir au nationalisme allemand et il fut suspecté après la seconde guerre mondiale d’avoir nourri la propagande nazie.
Dans son Docteur Faustus, Thomas Mann retourne élégamment cette coloration patriotique pour en faire le symbole de la grandeur et décadence de la nation allemande: compositeur dont la folie est la contrepartie du génie, Faust prend alors une dimension artistique, philosophique et historique inédite.

Parce qu’il est souvent dépeint sous les traits d’un conquérant aspirant à l’infini qui pose la question de la liberté de l’homme, Faust a parfois été comparé à Don Juan: dans l’opéra The Rake’s Progress, le compositeur Stravinsky et l’auteur Auden créaient ainsi en 1951 un personnage à mi-chemin entre Don Juan et Faust.

Pour suivre le piètre destin de Tom Rakewell dans The Rake’s Progress de Stravinsky, c’est demain, jeudi, vendredi et dimanche à l’Athénée dans une mise en scène d’Antoine Gindt et une direction musicale de Franck Ollu.

Et pour découvrir le film Faust de F. W. Murnau (1926), c’est ce soir à 20h30 au cinéma Le Balzac (Paris 8e): le film sera présenté par Julia Peslier, spécialiste de Faust, et un accompagnement musical du film sera interprété en live par Bachar Khalifé (percussions) et Rami Khalifé (piano).

À ce soir pour le ciné-concert et à demain pour la première de The Rake’s Progress! Bon début de semaine à tous.


PS : la citation en titre est extraite du Faust de Goethe dans la traduction de Gérard de Nerval.


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