À ne pas lire en mangeant, sauf si vous êtes endurants.

Ceux qui ont déjà vu Oh les beaux jours à l'Athénée auront sans doute reconnu la photo d'hier, qui représente le maquillage arboré à la tête par Giovanni Battista Storti, l'interprète de Willie.
On ne saura jamais quelle est la véritable origine de cette blessure (quoique le revolver manié par sa femme, Winnie, pourrait nous donner un indice), mais elle fait en tout cas écho au sort subi par le corps dans les pièces de Beckett.

Au théâtre, le corps n'est souvent que celui de l'acteur, un intermédiaire destiné à incarner le texte : chez Beckett, il fait partie intégrante du personnage, quitte à se retrouver sacrément empêché, malmené voire mutilé.

Dans Oh les beaux jours, le personnage de Winnie est enserré dans la terre où elle s'enfonce au fur et à mesure de la pièce : femme-tronc au début du spectacle, elle n'est plus qu'un visage à la fin. Plus ça va et plus son moyen d'expression s'amenuise, car le visage de Winnie ne représente pas vraiment son corps tout entier : mutilé, le corps de Winnie nous apparaît par morceaux au point d'oublier qu'elle pourrait en posséder un entier...

Le corps n'étant pas intégralement présent, l'identité de Winnie n'en est que plus difficile à définir : comment savoir qui on est (et même ce qu'on est) lorsqu'on n'a pas d'enveloppe charnelle définie et entière ? Winnie est entièrement prise dans le mamelon qui est à la fois une extension de son corps et une prison, au point que l'on ne distingue plus la frontière entre son corps et le décor.

Disloqué, indéterminé, le corps de Winnie est aussi en mauvaise santé. Elle a mal au bras et au cou et ne peut qu'assister à sa lente décrépitude… Winnie vieillit, son corps dépérit, et elle ne peut rien y faire à part rester digne. Mieux (ou pire), il semblerait qu'elle accepte son châtiment avec résignation (voire avec joie), sans que l'on sache de quoi elle peut bien être punie : « l’homme-christ beckettien est crucifié jusqu’à la fin des temps pour rien, sans espoir de Rédemption », écrit ainsi Évelyne Grossman dans La Défiguration. La mort serait-elle une délivrance ?

Objet du châtiment, le corps de Willie et de Winnie rappelle aussi la trivialité de l'humain, et Oh les beaux jours regorge ainsi d'allusions sexuelles plus ou moins visibles : le nom de Willie, homme-accessoire, évoque ainsi le sexe masculin en argot anglais (je vous laisse faire le lien que vous souhaiterez entre "sexe masculin" et "accessoire").
La vulgarité vient aussi du côté des excrétions corporelles : Willie se mouche et tousse très bruyamment (et encore, je ne vous raconte pas ce qu'il fait ensuite avec son mouchoir) tandis que Winnie crache, se plaint de ne plus transpirer et perd la vue —si le corps est traité en dérision, il crée donc aussi une dépendance.

La délivrance est cependant possible : presque aveugle, Winnie est aussi un sorte de voyante à la prescience apaisée. Winnie est consciente de tout et en premier lieu de son inéluctable vieillissement, sans que l'angoisse prenne le dessus. Dans la délivrance du corps pour accéder à l'esprit, Oh les beaux jours pourrait alors, selon l'expression de G. Chevallier, se rebaptiser « le gai savoir de Winnie ».



Oh les beaux jours mis en scène par Robert Wilson avec Adriana Asti et Giovanni Battista Storti se joue à l'Athénée jusqu'à samedi.

 

Sources :
Arnaud Beaujeu, « Corps beckettiens »,
Loxias n° 27, 20 décembre 2009.
Geneviève Chevallier, « Le gai savoir de Winnie »,
Loxias n°27, 20 décembre 2009.
Évelyne Grossman,
La Défiguration. Artaud, Beckett, Michaux, Paris, Minuit, 2004.
Marie-Claude Hubert,
Corps et voix dans le théâtre de Beckett à partir des années soixante, Cahiers de l'Association internationale des études françaises n°46, mai 1994.


Non, vous ne recevrez pas le billet en cinq exemplaires aujourd'hui

C'était la bérézina hier matin sur le blog : le billet a été envoyé cinq fois, le sondage n'était pas en ligne, on ne pouvait pas laisser de commentaire, bref, de quoi nous mettre de bonne humeur pour toute la journée !

Aujourd'hui les problèmes sont réglés : vous pouvez répondre à la question que je vous posais hier (comment choisissez-vous vos spectacles ?) ici, et vous pouvez même étoffer votre réponse en laissant un commentaire au billet. Je salue d'ailleurs les courageux qui ont réussi à répondre au sondage ou à me laisser un commentaire dès hier.
En tout cas, je suis désolée du désagrément que cela a pu vous causer. Si cela vous console, sachez que cela m'en a causé aussi.

Demain à 15h aura lieu le concert Variations sur percussions dans le décor de la pièce Oh les beaux jours.
Nous parlions du concert mercredi avec deux de ses interprètes ; et comme la percussion est un genre encore peu connu, n'hésitez pas à cliquer ici : vous pourrez voir un court extrait des répétitions et découvrir la poésie d'une œuvre de John Cage.

À demain à l'Athénée, ou à bientôt sur Oh les beaux jours qui se termine le 9 octobre !


Démaquillez-moi

La loge maquillage d'Oh les beaux jours

 

Ce soir à l'Athénée, les acteurs d'Oh les beaux jours auront-ils retiré leur maquillage avant de venir vous rencontrer ?

Ce soir après la représentation, rendez-vous au foyer-bar pour un Ensuite où vous pourrez discuter avec les artistes du spectacle. La rencontre sera animée par Lola Gruber, qui écrit les programmes et brochures à l'Athénée.

Bon mardi !


À la porte !

Pour le blog, je suis bien évidemment obligée de m'incruster dans les loges, traîner dans les pattes des régisseurs, rôder pendant les répétitions et tendre l'oreille au bar.
Mais il y a des jours où je sens aussi que ce n'est pas le moment, que je vais déranger, qu'il ne faut pas ajouter une fouineuse au stress ni déranger les équipes dans leur travail.

Il n'empêche que j'ai toujours un billet à écrire, et qu'il faut que je trouve la matière coûte que coûte. Heureusement, l'on peut toujours prendre des photos dans des entrebâillements de portes, à travers des vitres ou face aux écrans de retour qui permettent de voir la scène des coulisses.

Voici donc les répétitions d'Oh les beaux jours vues de partout, sauf de la salle :

 

Oh les beaux jours dans les retours
(les écrans de télévision permettant de suivre la pièce lorsqu'on est en coulisses)

 



Les coulisses côté cour d'Oh les beaux jours vues des coulisses côté jardin
NB : le côté cour est le côté droit quand on est face à la scène, et le côté jardin hé bien… c'est l'autre.

 

Oh les beaux jours vu à travers les vitres violettes des portes qui mènent à la salle.

 

Oh les beaux jours vu dans l'entrebâillement des portes à battants qui mènent à la salle (celles qui claquent n'importe comment quand vous essayez de sortir discrètement)



Pour voir Oh les beaux jours mis en scène par Robert Wilson dans des couleurs et des angles de vue normaux, vous avez jusqu'au 9 octobre.


Brava !

C'est Adriana Asti qui interprète le rôle principal d'Oh les beaux jours : vous l'avez peut-être déjà vue au cinéma dans Rocco et ses frères de Visconti, Accatone de Pasolini ou Nos meilleures années de Giordana, et vous la verrez peut-être bientôt dans Terminus des anges, le prochain film d'André Téchiné.

Adriana Asti est italienne : et puisque le mot français "bravo" vient de l'italien, voici un extrait des applaudissements que l'on a pu entendre hier à la première d'Oh les beaux jours :

 

Si vous ne pouvez pas lire la vidéo, cliquez ici pour aller la voir sur le blog ou pour la voir sur YouTube.

 

Oh les beaux jours de Samuel Beckett dans la mise en scène de Robert Wilson se joue à l'Athénée jusqu'au 9 octobre.

Bon week-end et à lundi !


Winnie et Willie sont sur un mamelon

 

Le monticule d'Oh les beaux jours et Willie et Winnie (interprétés par Adriana Asti et Giovanni Battista Storti) vous attendent : la première aura lieu ce soir !

Bonne journée, qu'elle soit en grève ou non...


Sonnez la retraite !

Contrainte
- Gêne où l'on est quand on est trop serré dans ses habits, dans ses souliers, et généralement de tout ce qui met trop à l'étroit.
- Violence physique ou morale exercée contre une personne afin de l'obliger à agir contre sa volonté.
- État de domination exercé par les circonstances sur une personne en la mettant dans la nécessité d'agir malgré soi.
- Règles, conventions imposées par la société; domination, pression qui en résulte.
- Effort accompli volontairement sur soi pour modifier un sentiment, un comportement.

Immobilité
- État de celui ou de ce qui ne fait aucun mouvement, de celui ou de ce qui cesse de se mouvoir.
- État de celui ou de ce qui n'évolue pas, ne change pas.

Vieillesse
- Période de la vie succédant à l'âge mûr que l'on situe actuellement chez l'homme à partir de l'âge de soixante-cinq, soixante-dix ans.
- Période ultime de la vie plus ou moins bien vécue par une personne en fonction de son état physique ou mental.
- Retraite pour la vieillesse : somme perçue par les personnes âgées répondant aux critères définis par les lois sociales en vigueur.

Bonheur
- Bonne fortune, chance favorable, occasion propice, événement propre à apporter quelque satisfaction
- État essentiellement moral atteint généralement par l'homme lorsqu'il a obtenu tout ce qui lui paraît bon et qu'il a pu satisfaire pleinement ses désirs, accomplir totalement ses diverses aspirations, trouver l'équilibre dans l'épanouissement harmonieux de sa personnalité.

Parole
- Faculté d'exprimer et de communiquer la pensée au moyen du système des sons du langage articulé émis par les organes phonateurs.
- Action, fait de parler.

Mort
- Cessation de la vie.



Il sera question de tout cela et d'autre chose à l'Athénée avec Oh les beaux jours de Beckett mis en scène par Robert Wilson.
Il sera aussi question de tout cela et d'autres choses dans la rue à l'occasion de la journée de mobilisation contre la réforme des retraites.
La première d'Oh les beaux jours est maintenue et aura donc bien lieu demain.

Bon mercredi !


Merci au Centre National de Ressources Textuelles et Lexicale
s.



PS : je n'ai apparemment pas été très claire dans mon billet d'hier : bien évidemment, tout le square de l'Opéra Louis-Jouvet autour de l'Athénée a été rhabillé façon années 1930 pour le tournage de Martin Scorsese...


Barres de fer, boulons et planches de bois

À l'Athénée, la saison 2010-2011 commencera jeudi avec Oh les beaux jours de Beckett mis en scène par Robert Wilson.

En attendant la grande première, les membres de l'équipe technique s'affairent pour préparer le théâtre à vous accueillir

 

 

 

Bon début de semaine et à jeudi.


"sitôt qu'on est plus de quatre, on est une bande de cons"

Qu'est-ce qu'un blog ?

À l'annonce de la création de ce blog que je tiens pour l'Athénée, nous en avons entendu de belles sur Internet en général et les blogs en particulier : pas sérieux, pas rigoureux, trop personnels, invérifiables,  plagiaires, incontrôlables, bourrés de fautes d'orthographe, journaux intimes pour internautes en mal de reconnaissance, responsables des difficultés de la presse, les blogs étaient presque unanimement condamnés et l'Athénée jugé suicidaire.

À l'heure où cette opinion est encore largement répandue (essentiellement chez ceux qui n'ont jamais lu de blog, d'ailleurs) et où la France est traversée par de nombreux clivages, il nous a semblé indispensable de nous regrouper et créer du lien.

Avec quelques autres blogueurs écrivant sur le spectacle et les arts (Martine Silber de Marsupilamima, Pascal Bély du Tadorne, Guy Degeorges d'Un soir ou un autre et Jérôme Delatour d'Images de danse), nous vous proposons donc un petit jeu de piste qui vous permettra de découvrir la démarche de chacun.

Chacun d'entre nous a choisi de présenter un blog et de poser une question à son auteur, lequel répond avant de présenter le blog suivant.

Pascal Bély a présenté le blog de Martine Silber ici ; puis Martine Silber a répondu et présenté Guy Degeorges , lequel a répondu ici avant de me présenter ci-dessous :



Guy Degeorges (blog Un soir ou un autre) :
« Parlons plutôt de Clémence Hérout. Clémence accomplit chaque matin, sinon l’impossible, du moins l’inattendu. Quand, il y a deux ans, Clémence a annoncé qu’elle créait le blog de l’Athénée, et qu’elle y écrirait un billet quotidien, je l’ai félicitée comme tout le monde et lui ai souhaité bonne chance. Comme beaucoup, j’étais persuadé que son entreprise était vouée à l’échec, c'est-à-dire qu’elle ne pourrait jamais trouver chaque matin quelque chose de nouveau et d’intéressant à écrire sur son sujet.

Je me trompais.

Car il suffit aujourd’hui de lire le blog de Clémence pour se rendre compte qu’aucun matin n’y ressemble au précédent. Mais que l’on peut chaque jour y partager sa passion méticuleuse pour les grandes et les petites choses qui font que le théâtre existe : les textes, les idées, les lieux, les textes, les objets, les enjeux, surtout les gens…  avec un regard qui sans cesse se déplace, une curiosité qui ne s’épuise pas. 
En évitant le piège de la critique de spectacle, mais en explorant tout ce qui rend le théâtre possible, bien au-delà de ce qui ce qui ne concernerait que le seul théâtre de l’Athénée.
Ce faisant, Clémence a créé un nouveau métier (ce qui en revanche n’arrive pas tous les matins!) : celui de bloggeur d’une salle de théâtre, et a établi une distance et une indépendance originale vis-à-vis de son institution.

Pour éviter d’embarrasser Clémence avec plus d’éloges, je vais donc conclure en exprimant un regret, ou du moins une frustration. Clémence écrit très bien. Elle est très jeune (c'est-à-dire qu’elle a bien moins de trente ans) donc est très sérieuse (à l’écrit du moins, mais il est vrai que sinon je la connais peu).
Elle ne laisse dépasser aucune faute d’orthographe, emploie toujours des mots justes, et me vouvoie quand je laisse un commentaire sur son blog…. avec ce côté sciences-po-première-de-la-classe, toujours contrôlé et ne voulant à aucun prix être prise en faute, même si sous la pertinence pointe souvent l’impertinence.

J’ai le sentiment de ne voir que la partie émergée de l’iceberg… quand lirai-je une Clémence réellement emportée? »

 

Clémence Hérout (blog de Clémence pour l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet) :
« Alors là, mon cher Guy, c'est l'hôpital qui se moque de la charité! Quand a-t-on lu un Guy réellement emporté ? Ce que j'apprécie justement dans les critiques de spectacle que tu publies sur Un soir ou un autre, c'est ton souci constant d'honnêteté intellectuelle et de pondération ; cela n'empêche pas la subjectivité ni la prise de position (et heureusement) : mais, et c'est ce positionnement qui fait ta singularité, je ne te perçois pas comme un blogueur à polémique.

Parlons-en, de la polémique, donc : tu l'as remarqué, ce n'est pas mon fort. J'ai davantage un tempérament médiateur que militant, ce qui ne m'empêche pas néanmoins d'essayer d'éviter à tout prix le consensus mou.
Médiateur, médiation, le mot est lâché : dans mon travail pour l'Athénée, je me vois uniquement comme un relais, une passeuse (tiens, encore un mot qui n'existe qu'au masculin) entre un théâtre, des artistes et leur public. J'essaie de susciter la curiosité, éveiller un intérêt, faire rire et réfléchir si je peux, dans le respect du travail des artistes et de la conscience de mes lecteurs.

Dans les buts que je me suis fixés (et uniquement dans ceux-là, car un blog où j'écrirais des critiques serait sans nul doute dans un esprit très différent), exprimer mes colères, donner mon avis, prendre position, reviendrait à prendre les artistes ou techniciens comme prétexte et mes lecteurs comme otages. Je suis là pour créer des liens, rien d'autre, et on n'a jamais demandé à un pont de raconter sa vie.

Est-ce à dire pour autant que je donne dans le consensuel ? On en connaît, des blogs neuneus (chut, pas de marque), et j'espère ne pas en faire partie : si je préfère m'effacer devant le travail des équipes de l'Athénée et faire le pari de l'intelligence de mes lecteurs, je crois ne pas évacuer tout engagement pour autant, que cela soit dans mes relations avec les uns et les autres ou dans le choix de mes sujets et leur traitement. Bref, je suis une bonne élève et je vous emmerde.
 
Jérôme Delatour n'est pas un bon élève, lui : il ne publie pas assez d'articles sur son blog Images de danse. On sent que le bonhomme est occupé, mais il faut dire aussi que chaque papier doit lui demander beaucoup de travail.
L'originalité de Jérôme, c'est en effet de lier l'écriture à la photographie : très bon photographe, il capture lui-même les images des spectacles qu'il commente ensuite. Jérôme ne publie qu'une infime partie des photos qu'il prend, mais les lauréates ont été soigneusement choisies : très léchées, ses images expriment le spectacle tout en en conservant pleinement le mystère.

Côté texte, Jérôme n'hésite pas à laisser parler ses humeurs et son ressenti, mais toujours avec une légère distance. Jérôme aime ou n'aime pas, a tout saisi ou n'a rien compris, s'est ennuyé à mourir ou n'a pas vu le temps passer, mais rien de grave : car il y a toujours chez Jérôme une forme d'auto-ironie ou de mise à distance de soi-même, comme s'il voulait nous rappeler qu'il a un avis, que celui-ci est souvent construit, mais qu'il ne restera qu'un ressenti qui lui est personnel.
Cela n'empêche pas Jérôme de prendre résolument parti, d'être un peu brusque parfois : c'est d'autant plus étonnant quand on rencontre cet homme, qui est finalement timide et discret dans la vie. Ses critiques sont comme des petites histoires qui se lisent du début à la fin où il relie souvent les spectacles à des petits ou grands événements de sa vie.

Bref, à l'instar de Guy qui me faisait rougir, je vais finir par gêner Jérôme avec tant de compliments, alors moi aussi j'ai une question : Jérôme, à l'heure où les spectacles mélangent de plus en plus les disciplines artistiques, y a-t-il véritablement un sens à ne parler que de la danse ? En bref, quand passeras-tu de l'indiscipline à l'interdiscipline ? »
 

Jérôme Delatour (blog Images de danse) :
« Ma chère Clémence, me voilà déshabillé pour l'été... Pourquoi que la danse, il y a tellement de raisons que je n'en finirais pas : parce que la danse est l'art du corps, et que le corps est ce que nous avons de plus essentiel, de plus beau et de plus politique ; ou parce que… »



Pour lire la suite, rendez-vous ici, sur le blog de Jérôme : Jérôme m'y répond avant de présenter le blog de Pascal Bély pour boucler la boucle.


En espérant vous avoir fait découvrir de nouveaux auteurs, j'espère que ceux d'entre vous qui tiennent un blog en rapport avec les arts vivants se manifesteront auprès de moi  : il n'y a pas de raison que nous ne soyons que cinq à avoir droit à notre quart d'heure de gloire, et je sais déjà qu'il y a parmi vous l'auteure de La Parafe et quelques-uns du Théâtre du Blog. Citons également le journal internet Les Trois Coups.


À la semaine prochaine à l'Athénée pour la première d'Oh les beaux jours !



NB : le titre est une citation de la chanson Le pluriel de Georges Brassens.


Question pour un champion (4)

Mon prénom vient de l'hébreu et signifie "son nom est Dieu". Élève au Trinity College de Dublin, je suis ensuite lecteur à l'École Normale Supérieure de Paris.

L'un de mes poèmes a été mis en musique par Morton Feldman pour un opéra sans personnages et sans histoire, mais j'ai toujours refusé au compositeur Edouard Coester qu'il adapte l'une de mes pièces les plus célèbres en opéra.
Ami et secrétaire de James Joyce, je suis influencé par l'œuvre de Proust et mon art a été parfois rapproché de celui de Strindberg, Sarraute, Butor ou Kafka.

Énigmatique, spirituelle et condensée, mon œuvre a donné lieu à de nombreuses exégèses au point d'être réduite à quelques interprétations symboliques parfois simplistes ou pétries de malentendus.

Prix Nobel de littérature en 1969, j'ai écrit à la fois en français et en anglais de la poésie, du théâtre, des nouvelles ou des romans évoquant en filigrane l'humanité, la mort et l'agonie avec des personnages au corps parfois malmené. Révélant l'invisible, mon œuvre touche à la métaphysique sans pour autant oublier l'humour.

Auteur de Molloy, Le Dépeupleur, La Dernière Bande, Mal vu mal dit ou En attendant Godot, mon Oh les beaux jours sera à l'Athénée à partir de jeudi prochain dans une mise en scène de Robert Wilson. Je suis ? Je suis ?

Donnez votre réponse ici.

 

PS : retrouvez les trois précédents billets "Question pour un champion" ici, ici et .

 

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