Je suis trop sentimentale

Ce soir, la pianiste Claire-Marie Le Guay donnera le dernier concert de sa résidence de trois ans à l'Athénée.
Claire-Marie étant arrivée quasiment en même temps que moi à l'Athénée, cela me fait tout drôle que sa résidence soit terminée : que voulez-vous, on s'attache.

Ce soir à 20h, Claire-Marie interprétera la Sonate en si mineur de Liszt dont je vous parlais  déjà vendredi, la première Partita de Bach et une création du compositeur contemporain Thierry Escaich.

Souvent considéré aujourd'hui comme le maître absolu de la musique baroque, Bach était perçu comme ringard en son temps : parce qu'il synthétisait de nombreuses traditions musicales dans ses compositions (la polyphonie et le contrepoint en particulier) il n'a pas toujours eu la reconnaissance qu'il méritait et a été quasiment oublié après sa mort.
Il sera ensuite plus ou moins redécouvert par les romantiques : la date que l'on retient souvent pour cette exhumation, même si elle un peu artificielle (Mozart et Beethoven connaissaient très bien la musique de Bach, par exemple), est le concert que Mendelssohn donna en 1829 de sa Passion selon Saint Matthieu.
Joueur d'orgue et de clavecin, Bach a laissé une œuvre très abondante pour claviers, que l'on interprète souvent aujourd'hui au piano. Les Partitas pour clavecin sont au nombre de six : partant du cadre assez formel des suites de danses, il s'en éloigne assez brillamment  pour composer des partitions innovantes et créatives.
La première Partita choisie par Claire-Marie Le Guay a été publiée en 1726 et se distingue par sa clarté et sa fluidité.


Thierry Escaich est organiste et compositeur, lui aussi. Âgé d'une quarantaine d'années, il a obtenu la victoire de la musique classique 2011 dans la catégorie "compositeur de l'année", prix qu'il avait déjà obtenu en 2003 et 2006. Très singulière et inclassable, sa musique se caractérise souvent par un rythme fiévreux, des couleurs instrumentales très riches et beaucoup de lyrisme et d'expressivité.
Le Cycle d'études que Claire-Marie Le Guay interprétera ce soir sera joué en public pour la première fois. En attendant de découvrir cette œuvre en création mondiale, vous pouvez écouter ici sa Baroque Song.

À ce soir !
Une visite inopportune de Copi mise en scène par Philippe Calvario reprendra demain : après la représentation de demain d'ailleurs, vous pourrez rencontrer l'équipe artistique pour échanger à chaud sur le spectacle. Rendez-vous au foyer-bar !


Aujourd'hui, je sous-traite

Cela fait trois ans que la pianiste Claire-Marie Le Guay est en résidence à l'Athénée : lundi, elle donnera son dernier concert au Théâtre, mettant un terme à un cycle de concerts tout public mais aussi d'actions pédagogiques en direction d'enfants d'écoles maternelles et primaires.


J'ai évidemment beaucoup eu l'occasion de parler de Claire-Marie Le Guay sur le blog, par exemple :

  • ici lorsqu'elle donnait un atelier d'initiation à la musique dans une école primaire
  • lorsque des enfants ayant assisté à l'un de ses concerts ont envahi le bureau du directeur de l'Athénée, Patrice Martinet
  • dans cet article où j'ai scanné des dessins envoyés à Claire-Marie par des enfants ayant assisté au conte musical Timouk qu'elle interprétait avec Marie Gillain
  • ou encore avec cette vidéo condensant en dix minutes un concert qu'elle a donné à l'Athénée devant deux cent cinquante enfants.

 


Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, voici une vidéo qui n'est pas de moi mais qui correspond bien au concert de lundi : vous y verrez Claire-Marie Le Guay interpréter des œuvres de Liszt entrecoupées de séquences où elle livre quelques commentaires sur le compositeur et sa musique.

 

 

 

Justement, vous pourrez l'entendre en vrai lundi dans la Sonate en si mineur de Liszt, ainsi que dans la Première Partita de Bach et une œuvre de Thierry Escaich en création mondiale. Le concert s'intitule La Musique en héritage, et il aura lieu à 20h.

Si Une visite inopportune fera relâche lundi pour laisser la place à Claire-Marie Le Guay, la pièce continue évidemment ce week-end et le reste de la semaine !

Bon week-end.


Fi !

Un exemplaire du livre La Cerisaie posé sur la scène pendant une répétition

 

À l'Athénée, le cycle consacré à l'écrivain Anton Tchekhov s'est terminé ce week-end avec les dernières représentations de La Cerisaie.

 

Voici les résultats du sondage lancé sur le blog le 8 novembre dernier, qui montrent une présence massive et une certaine fidélité des amateurs de Tchekhov :

Avez-vous déjà vu des représentations d'Oncle Vania, des Trois Soeurs et/ou de La Cerisaie ?

Oui, j'ai déjà vu au moins l'une de ces trois pièces et j'aimerais la/les revoir à l'Athénée : 74%
Oui, j'ai déjà vu au moins l'une de ces trois pièces mais je préfère aller voir autre chose : 9%
J'ai déjà vu d'autres pièces de Tchekhov mais pas celles-ci. Je découvrirais avec plaisir une ou plusieurs de ces trois pièces à l'Athénée : 6%
Je n'ai jamais vu/lu de pièces de Tchekhov : 12%


Tournons la page avec cette citation de Tchekhov à laquelle Vincent Debost, qui interprétait Simeonov dans La Cerisaie, me disait penser chaque soir avant de monter sur scène :

« La vie est ainsi faite que les hommes ne s'entretuent pas, ne se pendent pas, ne se déclarent pas leur amour à tout moment. Ils ne font pas à tout moment entendre des remarques caustiques. Ils mangent, boivent, flirtent, parlent de tout et de rien, et c'est justement cela qu'il faut montrer au théâtre...Les hommes mangent, ils se contentent de manger et pendant qu'ils mangent, se joue leur bonheur ou leur destruction totale. »

(Je n'ai pas la référence exacte, mais la citation serait apparemment extraite d'une lettre à Gorki)

 

 

Les deux pianos (enfin, surtout un, on n'aperçoit qu'un bout du deuxième sur la gauche) dans le décor de La Cerisaie.

 

La semaine dernière, les pianistes Claire-Marie Le Guay et Éric le Sage posaient leurs pianos dans le décor de la pièce pour un concert à quatre mains rassemblant Stravinski, Hersant, Liszt et Brahms.
Le dernier concert de la résidence de la pianiste Claire-Marie Le Guay aura lieu en mars prochain.

 

 

Les comédiens de La Cerisaie pendant les saluts

 

C'est la fin de Tchekhov, mais aussi le début des Brigands ! Comme les années précédentes, la compagnie des Brigands vient à l'Athénée pour sa traditionnelle opérette des fêtes : à partir de jeudi, découvrez Phi-Phi ! La musique est d'Henri Christiné, le livret d'Albert Willemetz et Fabien Sollar.

Bon début de semaine !


Face à face et piano à queue

Né en 1811 en Hongrie, Franz Liszt est d'abord connu de son vivant pour être pianiste concertiste, et a laissé essentiellement des compositions pour piano. Considéré comme le créateur de la technique moderne du piano, il utilise pleinement les possibilités de la main du pianiste pour créer de nouveaux effets.
Ses œuvres pour piano sont quasiment des symphonies où la virtuosité est primordiale : ce goût pour la virtuosité autant que ses nombreux emprunts lui seront d'ailleurs parfois reprochés. Sa fille, Cosima, épousera le compositeur Richard Wagner.

Igor Stravinski
provoqua un cataclysme musical avec L'Oiseau de feu créé à Paris en 1910, puis Le Sacre du Printemps trois ans plus tard. Né en Russie en 1882, Stravinski est l'un des compositeurs les plus radicaux du 20e siècle. Intégrant les influences de la musique populaire russe, de la musique classique et du jazz, il n'en parvient pas moins à créer un langage révolutionnaire qui dynamite la musique tout en lui donnant un style immédiatement reconnaissable d'une œuvre à l'autre.
Partisan d'une certaine objectivité musicale, il compose pourtant des partitions explosives qui ne laissent personne indifférent. Son œuvre pour piano la plus connue est une transcription pour piano de quelques scènes de son ballet Petrouchka.

Philippe Hersant
est né en 1948 et compose autant de la musique de chambre, des opéras, des symphonies ou de la musique pour instrument solo. Pleines d'humour et de poésie, ses œuvres créent une atmosphère très particulière où l'on se croit soit dans un rêve, soit dans un conte. 
Il a reçu de très nombreux prix dont le dernier est d'avoir été élu compositeur de l'année aux Victoires de la musique classique 2010. Il a composé de nombreuses musiques pour le cinéma (le documentaire Être et avoir de Nicolas Philibert par exemple) mais aussi des musiques de scène comme pour les Sonnets de Shakespeare, Paysage sous surveillance de Heiner Müller ou Les Paravents de Jean Genet.

Né en 1833 en Allemagne, Johannes Brahms est l'un des représentants les plus éminents de la musique romantique. Souvent considéré comme le successeur de Beethoven, il fut un proche ami de Schumann et l'un des ennemis jurés de Wagner. Traversée par un souffle lyrique qui n'appartient qu'à lui, sa musique repose sur des structures classiques. Comme Liszt, il mena de front une carrière de pianiste concertiste et de compositeur. Peu intéressé par la virtuosité et la technique pure, il compose des œuvres pour piano comme on écrit son journal intime. Amples et passionnées, ses partitions pour piano sont bouleversantes.


Vous pourrez entendre ces quatre compositeurs lundi soir à l'Athénée dans l'interprétation des pianistes Éric Le Sage et Claire-Marie Le Guay.

Claire-Marie Le Guay est en résidence à l'Athénée pour la troisième année.
Lundi, elle donnera deux concerts à l'Athénée : le premier aura lieu dans l'après-midi à destination d'élèves d'écoles primaires. En effet, la résidence de Claire-Marie Le Guay à l'Athénée a aussi pour but de sensibiliser les enfants à la musique.
(Voir par exemple ici sur le blog le concentré en vidéo d'un concert qu'elle avait donné pour des enfants, ou ici les dessins que des enfants lui avaient envoyés après avoir assisté au conte musical Timouk, ou pour voir quatre cent cinquante enfants dans l'Athénée)

Mais à 20h, vous pourrez entendre le concert que Claire-Marie Le Guay donnera pour les gens comme vous et moi (enfin surtout pour vous, parce que moi, je suis là tout le temps). Elle sera en duo avec le pianiste Éric Le Sage pour vous faire entendre des œuvres de Liszt, Stravinsky, Hersant et Brahms.

La Cerisaie continue ce week-end et la semaine prochaine !


PS : bon anniversaire à Alexandra, qui travaille à l'Athénée et qui a *** ans aujourd'hui (on ne révèle jamais l'âge des jeunes femmes !)


C'est de saison

Comme je vous le disais hier en vous montrant les coulisses de l'événement, l'Athénée présentait sa saison 2010-2011 il y a peu.


Tour d'horizon partiel et partial, que vous pourrez compléter en allant voir les vidéos de la soirée sur la fiche de chaque spectacle du site internet de l'Athénée :


Oh les beaux jours de Beckett - mise en scène de Robert Wilson


Adriana Asti
, que vous connaissez peut-être pour l'avoir vue au cinéma chez Visconti, Bertolucci ou Pasolini, jouera dans Oh les beaux jours mis en scène par Robert Wilson.
En tournage à Venise pour le prochain film d'André Téchiné, elle présente le spectacle par téléphone :

Si vous n'entendez rien, cliquez ici pour aller sur YouTube.

 

 

Orchestre de Paris : 4 concerts pour 4 quatuors

Quatre quatuors de musiciens
issus de l'orchestre de Paris viendront donner quatre concerts tout au long de la saison, en lien avec les spectacles théâtraux de l'Athénée.

Découvrez des compositeurs du 20e siècle au moment d'Oh les beaux jours, de la musique russe pour accompagner le cycle Tchekhov (Oncle Vania, Les Trois Soeurs et La Cerisaie), des œuvres abordant le néo-classique et la question de l'oppression à l'occasion de Caligula et des partitions pleines d'humour noir en résonance avec Une Visite inopportune.



Oncle Vania de Tchekhov - mise en scène de Serge Lipszyc

C'est Robin Renucci, que vous avez peut-être vu dans Un Village français ou chez Chabrol, Mocky ou Bertolucci, qui interprétera Oncle Vania. Il est venu présenter le spectacle mis en scène par Serge Lipszyc.

 

Patrice Martinet et Robin Renucci

 

 

Fondation Royaumont - 4 récitals pour 6 chanteurs

 

(c)Malte Martin

Depuis quelques saisons, l'Athénée vous propose d'entremêler théâtre et musique : avec la Fondation Royaumont, découvrez quatre concerts pour voix et piano en octobre, décembre, mars et mai.


Les Trois Soeurs de Tchekhov - mise en scène de Volodia Serre


Volodia Serre, le metteur en scène des Trois Soeurs, a vraiment trois soeurs, toutes comédiennes.

C'est donc tout naturellement qu'il leur a confié les rôles-titres et qu'il interprétera également leur frère dans le spectacle.

Ils sont venus en famille nous lire quelques morceaux choisis de Tchekhov dont on oublie trop souvent le potentiel comique.

Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez ici pour aller sur YouTube.


 

La Cerisaie de Tchekhov - mise en scène de Paul Desveaux

Pour compléter ce cycle Tchekhov, Paul Desveaux, déjà venu à l'Athénée pour Les Enfants terribles, est venu présenter sa Cerisaie dont vous trouverez cette jolie citation dans la brochure 2010-2011 de l'Athénée : "c'est beau, c'est sensible, à part qu'on ne comprend rien".

 

© Malte Martin

 

 

Résidence de Claire-Marie Le Guay

La pianiste Claire-Marie Le Guay est en résidence à l'Athénée depuis deux saisons
: très attachée à la sensibilisation à l'art, elle a construit un véritable projet pédagogique où elle passe du temps dans des écoles primaires parisiennes et donne des concerts spécialement pour les enfants.
Elle donne également des récitals pour les adultes, au nombre de deux cette saison.

 

Claire-Marie Le Guay en coulisses avant d'entrer sur la scène de la présentation de saison.




Phi-Phi, une opérette d'Henri Christiné et Albert Willemetz - mise en scène de Johanny Bert pour Les Brigands

Si vous êtes un habitué de l'Athénée, vous connaissez déjà l'univers déjanté de la compagnie des Brigands qui livrent une opérette ou un opéra-bouffe au Théâtre tous les ans.

Le metteur en scène Johanny Bert, après avoir présenté Phi-Phi, a fait monter son équipe sur scène pour une démonstration très en jambes :

Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez ici pour aller sur YouTube.

 

 

Le Journal d'un disparu, opéra de Leos Janacek - direction musicale et mise en scène de Christophe Crapez.

Chanteuse dans le spectacle, Éva Gruber était déjà venue à l'Athénée pour L'Opéra de quatre notes : elle revient cette fois-ci dans Le Journal d'un disparu qu'elle s'est chargée de présenter.

Janacek est un compositeur tchèque né en 1854 et décédé en 1928. Il a composé des œuvres comme la Sinfonietta, L'Affaire Makropoulos, De la Maison des morts, Jenufa ou La petite Renarde rusée.

Voici un court extrait sonore (moins d'une minute) du Journal d'un disparu :

 

Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez ici pour aller sur YouTube.

 

 

Caligula de Camus - mise en scène de Stéphane Olivié Bisson
Stéphane Olivié Bisson : "Dans l'imaginaire collectif, Camus, c'est la photo en noir et blanc, la cigarette aux lèvres… Ça sent le Panthéon!"

 

Avant de partir, il offrit à Patrice Martinet, directeur de l'Athénée, ce livre rassemblant Albert Camus, René Char et Henriette Grindat.

 

 

La Voix humaine, opéra de Poulenc d'après Cocteau - mise en scène de Vincent Vittoz

Vincent Vittoz est venu présenter l'opéra de Poulenc composé d'après l'œuvre éponyme de Jean Cocteau :

 

 

L'Échange de Paul Claudel et l'opéra Didon et Énée de Purcell - mises en scène de Bernard Levy

Bernard Levy a déjà mis en scène
deux spectacles à l'Athénée : En attendant Godot et Fin de partie, deux pièces de Beckett.

Il revient deux fois cette saison dans deux œuvres très différentes, L'Échange de Paul Claudel dont il espère faire "quelque chose d'âpre, de sensuel, de drôle mais terriblement émouvant" et Didon et Énée de Purcell qu'il abordera en novice de l'opéra.

 

 

Une Visite inopportune de Copi - mise en scène de Philippe Calvario

Philippe Calvario : "La visite inopportune, c'est cette saleté de mort qui arrive un peu trop tôt…"

 

 

Ali Baba ou les quarante voleurs, opéra de Cherubini - mise en scène de Charlotte Nessi

Comme l'a dit Charlotte Nessi, "on connaît tous Ali Baba même si on ne sait plus très bien ce que font les quarante voleurs".

© Malte Martin

 

 

Le Récit de la servante Zerline de Hermann Broch - mise en scène d'Yves Beaunesne

"Voilà encore une journée de passée qui ne reviendra plus"

Vu à l'Athénée pour sa mise en scène de Cosi fan tutte de Mozart, Yves Beaunesne a un vrai talent pour donner envie d'aller voir ses spectacles, décuplé ici par la présence de l'actrice Marilu Marini.

Je vous laisse donc regarder la vidéo sur le site de l'Athénée en lançant un appel de fashion victim :

Le jour de la présentation de saison, Marilu Marini portait ces chaussures. Je veux les mêmes. Merci de me communiquer toute information me permettant de les trouver ("pique-les dans la loge de Madame Marini quand elle reviendra jouer le spectacle" N'EST PAS une information valable !). Merci.

 

 

Il est encore temps de vous abonner pour cette saison 2010-2011 !
La saison actuelle n'est pas encore terminée : Guillaume Gallienne joue jusqu'au 17 juillet la reprise de son spectacle Les Garçons et Guillaume, à table !

Bon jeudi et à demain pour le premier portrait de spectateur sur ce blog.


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