Prenez garde, on y voit à peine

Ceux qui ont vu Didon et Énée il y a dix jours à l'Athénée se souviendront sans doute de la mezzo-soprano Isabelle Druet, qui interprétait Didon.
Et ceux qui ne l'ont pas vu seront peut-être contents d'apprendre qu'une séance de rattrapage aura lieu samedi après-midi : à 15h, Isabelle Druet viendra pour un récital sur le thème de la complainte et de la berceuse.

Quelques-unes des œuvres choisies sont des poèmes mis en musique : Alexander von Zemlinsky, un compositeur autrichien du début du 20e siècle, a utilisé des poèmes du belge Maurice Maeterlinck, tandis qu'Ernest Chausson, un compositeur français du 19e siècle, a repris des poèmes du français Camille Mauclair.

Voici l'un des poèmes de Maeterlinck mis en musique par Zemlinsky dans ses Maeterlinck Lieder, suivi d'un poème de Camille Mauclair utilisé par Chausson dans ses Lieder opus 27:


MAURICE MAETERLINCK - Quinze chansons


IX
« Elle est venue vers le palais
— Le soleil se levait à peine —
Elle est venue vers le palais
Les chevaliers se regardaient
Toutes les femmes se taisaient.

Elle s’arrêta devant la porte
— Le soleil se levait à peine —
Elle s’arrêta devant la porte
On entendit marcher la reine
Et son époux l’interrogeait.

Où allez-vous, où allez-vous ?
— Prenez garde, on y voit à peine —
Où allez-vous, où allez-vous ?
Quelqu’un vous attend-il là-bas ?
Mais elle ne répondait pas.

Elle descendit vers l’inconnue
— Prenez garde, on y voit à peine —
Elle descendit vers l’inconnue
L’inconnue embrassa la reine
Elles ne se dirent pas un mot
Et s’éloignèrent aussitôt.

Son époux pleurait sur le seuil
— Prenez garde, on y voit à peine —
Son époux pleurait sur le seuil
On entendait marcher la reine
On entendait tomber les feuilles. »




CAMILLE MAUCLAIR - LES HEURES

« Les pâles heures, sous la lune,
En chantant jusqu'à mourir,
Avec un triste sourire,
Vont une à une
Sur un lac baigné de lune,
Où, avec un sombre sourire,
Elles tendent, une à une,
Les mains qui mènent à mourir;
Et certains, blêmes sous la lune
Aux yeux d'iris sans sourire,
Sachant que l'heure est de mourir,
Donnent leurs mains une à une
Et tous s'en vont dans l'ombre et dans la lune
Pour s'alanguir et puis mourir
Avec les Heures une à une,
Les Heures au pâle sourire. »

 

Accompagnée d'Anne Le Bozec au piano, Isabelle Druet interprétera des œuvres de Henri Duparc, Benjamin Britten, Ernest Chausson, Alexander von Zemlinsky et Xavier Montsalvatge dans le cadre de la résidence de la Fondation Royaumont à l'Athénée. Rendez-vous samedi à 15h à l'Athénée !

Le Récit de la Servante Zerline d'après Hermann Broch mis en scène par Yves Beaunesne continue à se jouer jusqu'au 28 mai. La devinette de lundi est toujours active sur le blog !


Le teint brouillé

 

À l'Athénée, l'actrice Marilu Marini est arrivée hier. J'ai pris cette photo par l'arrière du décor, à travers une vitre en verre opaque : pour voir Marilu Marini en version nette, c'est à partir de ce soir à l'Athénée !

Le Récit de la servante Zerline, d'après le roman Les Irresponsables d'Hermann Broch, se joue jusqu'au 28 mai à l'Athénée dans la mise en scène d'Yves Beaunesne, avec Marilu Marini et Brice Cousin.

Bonne journée !


Écrits de spectateur (7)

Je vous ai déjà parlé de Camille, l'auteur du précédent écrit de spectateur ; Camille travaille au théâtre de La Coursive (La Rochelle), qui a deux spectacles en commun avec l'Athénée cette saison : Phi-Phi et Didon et Énée.

À l'occasion de Phi-Phi, Camille m'avait fait parvenir les photos qu'il avait prises des répétitions. Pour Didon et Énée, il nous livre cette fois le portrait qu'il a fait d'Isabelle Druet, l'interprète du rôle de Didon, rencontrée chez elle en février :


« Un lundi ensoleillé de février et Besançon prend des allures printanières. Bien caché au fond d’une longue cour dont cette ville a le secret, se niche l’appartement d’Isabelle Druet. Son foyer, son oasis pour un premier jour de vacances bien méritées après de longs mois de travail. Enfin, vacances… C’était sans compter sur l’appétit vorace du magazine de La Coursive, l’empêcheur de buller en rond, trop curieux d’en savoir plus sur la valeur montante de l’opéra français.
L’accueil est chaleureux, le café délicieux et un grand gaillard de presque deux ans demande expressément un câlin au nouvel arrivant, qui s’exécute bien volontiers de peur de froisser son jeune hôte. Le chat vient se lover sur les genoux. La discussion peut commencer. On imagine souvent qu’une chanteuse d’opéra, a fortiori multi-primée et au tonitruant début de carrière, est forcément une diva. Raté. Isabelle Druet est une nature, vous accueille à la maison en ami et vous rassure : elle aime les interviews. Ça tombe bien.

Pour Isabelle, l’année 2011 commence comme un marathon avec deux grands rôles, Carmen à Nancy et Didon en tournée. Un rêve pour une chanteuse lyrique, et un sacré boulot : Carmen, c’est trois heures de présence scénique, des jours entiers de répétitions et des cours intensifs de flamenco.
Joli contraste avec la fulgurance de Didon et Enée, une heure à peine mais au moins tout aussi intense à chanter. "Je suis comblée, dit Isabelle en souriant, d’autant plus que l’Enchanteresse, la rivale machiavélique, a été mon premier rôle sur scène. C’est tellement fort de pouvoir interpréter Didon maintenant."
Didon et son amour impossible, contrarié par les Dieux. De son personnage, elle en parle comme d’une amie mélancolique. "Didon possède plusieurs facettes, elle se refuse à l’amour, ne veut surtout pas s’y abandonner. C’est une femme torturée dès le départ, elle pleure même sur son premier air. Je pense qu’il faut lui donner des bouffées d’oxygène, de brefs moments où elle lâche prise vers le bonheur."
À mille lieux du caractère de son interprète, Didon se laissera mourir de voir partir son Enée dans un déchirant Remember me, "un des bijoux de l’opéra" pour Isabelle. "Je ne l’avais jamais chanté sur scène. Cet air est d’une puissance… C’est un plaisir immense à interpréter mais qui se double d’une certaine appréhension : il arrive à la toute fin et est très attendu, doit être d’une extrême justesse vocale tout en marquant bien l’abandon, la vie qui quitte Didon, la mort qui s’immisce lentement. C’est drôle parce que c’est ce que je me demandais en débutant ma carrière: comment être crédible en mourant pendant dix minutes ?"

C’est là qu’une des grandes forces d’Isabelle Druet apparaît dans toute sa splendeur. Sa théâtralité. Loué par la critique depuis qu’elle s’est fait connaître, son jeu de comédienne est d’une intensité et d’une justesse incroyables. Il faut dire que l’amour du théâtre jalonne son parcours pour le moins atypique.
Embarquée après le bac dans une formation théâtrale, Isabelle Druet crée alors sa propre compagnie —La Carotte, qui existe encore et dont s’occupe aujourd’hui son compagnon— et devient comédienne. Théâtre d’objets, de mouvement, clown et même des opéras de rue dont un mémorable "thriller musical" joué pendant quatre ans au gré des festivals.
Évidemment, le besoin de chanter, impérieux, ancré en elle depuis toute petite, n’est jamais loin : "Je n’ai jamais fait un spectacle où je ne chantais pas ! Avoir pratiqué le théâtre m’aide évidemment beaucoup aujourd’hui mais le fait de m’être essayée à d’autres genres de musiques également". Tiens ? "J’ai joué dans un groupe de reggae pendant un an, lâche-t-elle sous la contrainte. On tournait à Besançon, dans les bars. Je chantais en anglais mais nous avions quelques compos en français, dont l’adaptation de textes de Queneau. Je me suis aussi intéressée aux musiques traditionnelles… Et puis je suis partie à Paris, au CNSM".
Le Conservatoire devient alors sa deuxième maison. Elle y apprend énormément, y passe une Maîtrise ayant pour sujet "la construction du personnage dans l’opéra", rencontre le chant lyrique et y trouve sa voie (voix ?). Puis c’est l’explosion. Elle sort en 2007 avec les félicitations unanimes du jury et enchaîne très vite rôles et prix : Révélation classique lyrique de l’Adami et 2e prix au prestigieux Concours international de la Reine Elisabeth de Belgique, avant d’obtenir en 2010 la Révélation Classique Lyrique des Victoires de la Musique. Plateau télé en direct, "le gros truc. C’était génial, un moment très particulier. Il faut se prêter au jeu mais en même temps, quel plaisir !" D’autant que la reconnaissance vient à la fois du sérail, qui choisit les trois finalistes, et du public, qui vote pour trancher.

Entre temps, elle a enregistré deux disques et récolté quelques Chocs, Diapasons et F au passage, elle a joué avec les Philharmonies de Berlin, du Luxembourg, les Orchestres Nationaux de Belgique ou du Pays de Galles, elle s’est produite à Tokyo, au Palazetto de Venise, à l’Opéra de Bilbao (esthétiquement son préféré), au Châtelet, au Théâtre des Champs-Elysées…
Sur scène, à l’opéra ou en récital, elle joue au propre comme au figuré, prend le plaisir où il est et n’a certainement pas fini d’en donner. "Il faut raconter une histoire, la défendre, la vivre et la faire vivre. J’ai la chance d’avoir expérimenté beaucoup, poussé loin le jeu. L’image du chanteur d’opéra statique, quand il fallait fermer les yeux pour pouvoir apprécier au mieux la voix, a changé depuis vingt ans. On cherche aujourd’hui à explorer, à offrir un réel investissement scénique, sans s’économiser, chacun avec ses propres armes". Et son arc vocal possède beaucoup de cordes.

Une liberté studieuse qui l’amène même à jouer au mythique Carnegie Hall de New York sous la direction du maître William Christie. Avec Didon et Énée, elle passera par La Rochelle mais aussi au Théâtre de l’Athénée à Paris et à l’Opéra Royal de Versailles, où elle s’est déjà produite. En 2012, elle fera également ses débuts à l’Opéra de Paris dans Salomé de Strauss. Tout un programme.

Isabelle Druet continue de se construire "en lisant beaucoup de théâtre notamment. Je ne suis pas une bibliothèque ambulante mais j’ai besoin de me nourrir d’une palette très large." Elle se passionne ainsi pour les sciences sociales, écoute beaucoup de musique, des voix bien sûr mais finalement assez peu d’opéra, adore Bob Marley ou le son hybride du DJ Chinese man.
Et lorsqu’on lui demande avec qui elle aimerait travailler, pas de surprise, elle pioche dans des metteurs en scène de théâtre : Laurent Pelly, Patrice Chéreau ou Peter Brook —adolescente, son ouvrage L’Espace vide l’a marquée profondément— mais aussi Joël Pommerat ou Wajdi Mouawad, dont elle a lu toutes les pièces. Au panthéon des ses auteurs, un nom surgit avec force : "Claudel, sans hésitation. J’adorerais pouvoir chanter Ysée en fait !"
Isabelle Druet aime ce qu’elle fait et ne se refuse rien. Elle me quitte comme elle m’avait accueilli, avec un grand sourire, et file rejoindre son petit sur les quais du Doubs pour profiter, enfin, de sa première journée de vacances.»

Camille Lagrange


Pour découvrir Isabelle Druet entourée d'Agathe Boudet, Arnaud Guillou, Sarah Jouffroy, Fiona Mc Gown, Edwige Parat, Camille Poul, François Rougier, Antoine Strub, le chœur Aedes et l'ensemble Les Nouveaux Caractères, c'est à l'Athénée à partir de jeudi !
Didon et Énée de Purcell est mis en scène par Bernard Lévy et dirigé par Sébastien d'Hérin.

Bon mardi  !


PS : Les précédents écrits de spectateurs/trices sont ici, ici, ici, ici, ici ou .


Je n'ai pas de bonne idée de titre, aujourd'hui

Suite à la parution de mon article de vendredi, j'ai reçu nombre de messages inquiets de mes amis s'inquiétant de savoir si j'avais envie de me faire virer, mais je vous rassure, je suis encore là : à croire que notre Martinet préféré est bien magnanime, ou qu'il prend son temps pour rédiger la lettre de rupture de mon contrat. Hum.

Profitons donc encore de ma présence (même si je faiblis, impossible de trouver un titre correct ce matin) avec ces quelques photos prises pendant les répétitions d'Une Visite inopportune :

 

La salle vue du premier étage de l'hôpital d'Une Visite inopportune.
On aperçoit en bas le metteur en scène Philippe Calvario et son assistante Lola Accardi.

 

Toujours vus du premier étage, les techniciens et régisseurs Benoît, Damien, et Jean-François, le directeur technique adjoint Dominique Lemaire et la comédienne Sissi Duparc.

 

Vus derrière le rideau en plastique, le metteur en scène Philippe Calvario et son assistante Lola Accardi.

 

Le comédien Louis Arène.

 

Les techniciens Mathieu et Julien

 

Les comédiens Lionel Lingelser et Louis Arène en train de lire un article paru sur Une Visite inopportune dans la presse.

 

Les mêmes, dans la même occupation, de dos.

 

Dominique Lemaire, directeur technique adjoint de l'Athénée

 

L'assistante à la mise en scène Lola Accardi devant les comédiens Lionel Lingelser et Louis Arène.

 

Philippe Calvario, metteur en scène

 

Mathieu, technicien son, dans le noir (d'où la mauvaise qualité de la photo)

 

Julien, régisseur

 

Jean-François, régisseur

 

 

Une Visite inopportune de Copi mis en scène par Philippe Calvario avec Marianne James, Michel Fau, Louis Arène, Sissi Duparc, Éric Guého et Lionel Lingelser se joue encore cette semaine ! Après il sera trop tard….


Bon appétit bien sûr !

 

Dans Une visite inopportune de Copi mis en scène par Philippe Calvario, le sorbet attire les petites bêtes, le poulet passe de main en main (ou de bouche en bouche) et ce qu'il y a d'intéressant dans le rosbeef, c'est surtout son couteau.

 

 

 

 

Et puis il y a des choses qui ne peuvent pas vraiment se manger —ou en tout cas, ça serait très mal vu.

 

 

 

Une visite inopportune de Copi mis en scène par Philippe Calvario avec Marianne James, Michel Fau, Louis Arène, Sissi Duparc, Éric Guého, Lionel Lingelser et les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence se joue jusqu'au 9 avril !

Ce soir, vous pourrez rencontrer l'équipe du spectacle : rendez-vous après la représentation au foyer-bar !


Après ma lobotomie, je vous aimerai davantage

À l'Athénée, Une visite inopportune de Copi commencera demain. Les Parisiens auront peut-être vu dans le métro une citation tirée de cette pièce sur une affiche annonçant les spectacles à venir à l'Athénée :

 

 

 

Dernière œuvre de Copi qui se savait condamné, la pièce raconte l'histoire d'un acteur malade qui reçoit des visites pour le moins originales dans sa chambre d'hôpital.

 


L'affiche du spectacle lui-même sera peut-être aperçue par les Parisiens à pied attentifs aux vitrines de magasins et autres emplacements pour affiches en petit format :

 

 

 

L'Athénée avait déjà monté Copi en janvier 2004 : c'était la pièce Eva Perón, qui ridiculise la dictature péroniste en Argentine dont Copi et sa famille ont été victimes :

 

À demain pour la première d'Une visite inopportune de Copi mise en scène par Philippe Calvario avec Marianne James, Michel Fau, Louis Arène, Sissi Duparc, Éric Guého, Lionel  Lingelser et Les Sœurs de la Perpétuelle indulgence.


Je suis la fille de ma mère

Petit jeu en cette Journée internationale pour le droit des femmes et alors qu'une pièce de Paul Claudel se joue à l'Athénée : allons lire les articles consacrés à Paul et Camille Claudel dans l'encyclopédie Universalis.

Dans l'article consacré à Paul Claudel, aucune mention de sa soeur Camille. Sur l'article consacré à Camille Claudel en revanche, son lien de parenté avec Paul ainsi que sa liaison avec Rodin sont indiqués dès l'introduction.
Continuons donc avec l'article sur Rodin, dont j'espérais qu'il cite Camille Claudel avec qui, en plus d'avoir été son amant, il a beaucoup collaboré : mais pas un mot. Et ce alors que la moitié de l'article sur Camille Claudel porte sur sa relation avec Rodin.

L'encyclopédie libre Wikipédia fait un peu mieux en citant Camille Claudel dans ses articles consacrés à son frère ou à Rodin, même si elle n'est mentionnée que dans le cœur du texte —alors qu'encore une fois, l'article concernant Camille Claudel la définit dès l'introduction par ses liens avec Paul Claudel et Rodin.

Rien de si surprenant lorsqu'on sait que dans les médias français, les femmes sont plus souvent citées avec un lien de parenté que les hommes : une femme sur cinq serait ainsi définie comme "fille de", "mère de", "sœur de" ou "femme de" (etc.) alors que ce ne serait le cas que pour un homme sur vingt-cinq*.

Voilà pourquoi aujourd'hui nous ne parlerons pas de Paul, même si on le joue à l'Athénée avec L'Échange, mais de Camille Claudel dont voici quelques reproductions de sculptures :

 

 

Camille Claudel - La Valse

 

Camille Claudel - L'Âge mur

 

Camille Claudel - La petite Châtelaine

 

Camille Claudel - L'Abandon

 

 

Camille Claudel - La Vague

 

 

Ce soir après la représentation de L'Échange, vous pourrez rencontrer l'équipe artistique du spectacle au foyer-bar.

Bon 8 mars et à demain !



* Source : association des femmes journalistes. http://www.femmes-journalistes.asso.fr/actu/actu_communique-juillet2001.htm.
On peut également lire le rapport de Michèle Reiser sur la représentation de la femme dans les médias.


Je tiens un bon sujet, là

Je pensais tout connaître du bâtiment de l'Athénée jusqu'à ce que je voie une porte, que je prenais pour celle d'un placard toujours fermé sous l'escalier, ouverte : et là, loin des balais ou produits d'entretien que j'imaginais, je trouve quelques marches en pierre qui s'enfoncent vers le sous-sol.

 

 

Je m'y suis évidemment engagée pleine d'excitation en pensant que j'allais y trouver un sujet passionnant pour le blog.

 

 

Bon, en fait, je n'ai rien découvert d'extraordinaire à part la chaufferie de l'Athénée, c'est-à-dire un endroit qui pue, où on meurt de chaud, qui n'abrite que de la tuyauterie et où j'ai failli rester enfermée parce que, ne m'ayant pas vue y rentrer, notre régisseur général s'apprêtait à en verrouiller la porte alors que j'étais encore à l'intérieur (ce qui a donné quelque chose comme "aaaaaaah non Jano ne ferme pas la porte je suis lààààààààà !!!")

 

 

 

Remarquez tout de même les petits trous de lumière au plafond qui donnent directement sur la rue (on peut voir ces mini-lucarnes lorsqu'on est Square de l'opéra Louis-Jouvet, devant l'entrée du public de l'Athénée, au sol).

 

 

À la semaine prochaine pour L'Échange de Paul Claudel, qui commence jeudi à l'Athénée dans une mise en scène de Bernard Levy.

Bon week-end !


Allô ? Chéri ?

À l'Athénée, le téléphone de La Voix humaine est prêt à accueillir la conversation à une voix d'une femme appelant son amant qui la quitte pour une autre.

 

 

La femme est interprétée par la chanteuse Stéphanie d'Oustrac, et c'est à l'Athénée jusqu'à dimanche.

 

En bonus, une photo conceptuelle : un bout du décor (à droite) et son reflet dans le piano (à gauche).


Je reste avec vous

À partir de demain, vous pourrez entendre La Voix humaine à l'Athénée. La Voix humaine est un opéra à une voix composé par Francis Poulenc sur un texte de Jean Cocteau.

Né en 1889, Cocteau devient célèbre alors qu'il n'a pas vingt ans grâce à des poèmes qui paraissent aujourd'hui brillants mais encore trop pétris d'influences diverses.
Loin de se satisfaire de ce succès mondain, Cocteau se retire rapidement de la vie parisienne et travaille à trouver son propre style à la fois nerveux et onirique, précis et fantaisiste, lapidaire et pétillant, délicat et rageur.

Fréquentant à la fois Apollinaire, Picasso, Satie et Poulenc, Cocteau pratique lui-même l'in(ter)discipline : écrivain et poète, il est également réalisateur, dialoguiste, graphiste, dessinateur, créateur de céramiques et de bijoux, etc.

Faciles d'accès, les œuvres de Cocteau sont plus complexes qu'il n'y paraît : la légèreté n'est qu'apparente, et sous la grâce de la forme se cache souvent des inquiétudes, de l'amertume, du tragique et de l'angoisse.

La Voix Humaine est un monologue créé en 1930 à la Comédie Française : une femme téléphone à l'amant qui la quitte pour une autre. L'homme semble être au bout du fil, mais on n'entendra que sa voix à elle.
La pièce a été enregistrée par Simone Signoret et partiellement utilisée par Pedro Almodovar dans son film La Loi du désir. Elle a été adaptée au cinéma par Roberto Rossellini dans Amore et à la télévision par Ted Kotcheff avec Ingrid Bergman. Poulenc la mettra en musique en 1958.

Cocteau est mort la même année que Poulenc, en 1963. Sur sa tombe est inscrite l'épitaphe "Je reste avec vous".

Pour découvrir les mots de Cocteau mêlés à la musique de Poulenc, c'est à l'Athénée jeudi, vendredi, samedi et dimanche mis en scène par Vincent Vittoz et chanté par Stéphanie d'Oustrac.
La Voix humaine y sera précédée du monologue Lis ton journal de Jean Cocteau et de La Dame de Monte-Carlo de Poulenc (durée totale du spectacle : 1h)

Bon mercredi !

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