À ce soir !

La solution aux alternatives mystères proposées sur le site de l’Athénée ces trois dernières semaines est enfin arrivée (même si beaucoup d’entre vous avaient déjà deviné) : aujourd’hui à 18h30, l’Athénée présente sa saison 2012-2013 au Théâtre et sur son site internet —les mots lancés sur les affichettes étaient des références aux spectacles programmés.

Chaque année en effet, aux alentours du printemps, les théâtres présentent les spectacles qui auront lieu dans leurs murs à partir du mois de septembre suivant.
Il s’agit de donner plus d’informations que les brochures et sites internet, présenter les artistes de visu en leur donnant la parole et permettre aux spectateurs d’engager la discussion avec les artistes programmés ou les personnes travaillant au théâtre.

Leur formule est souvent assez classique : sur scène avec un micro, le directeur/la directrice du théâtre introduit chaque spectacle avant de laisser la parole à un artiste (souvent le/la metteur en scène) qui présente son travail en quelques mots.
L’Athénée propose cette année une formule différente que je vous laisse découvrir ce soir sur place ou sur le site internet du Théâtre.

Pour ma part, je ne vais que rarement à ces présentations de saison, mais je remarque qu’elles attirent souvent beaucoup de monde.
Je serais curieuse de connaître votre position sur la question, avec une préférence pour les coureurs de présentation de saison qui m’intriguent. N’hésitez pas à répondre au sondage (ici, colonne de droite) et à étoffer votre réponse en commentaire ici !
Si vous avez assisté à des présentations de saisons sortant de l’ordinaire, je veux bien en avoir une petite description également.

Merci et à ce soir pour les personnes qui seront là !

 

 

Sondage en ligne :
Allez-vous aux présentations de saison des théâtres ?

Oui, pour la plupart des théâtres que je fréquente régulièrement
Oui, mais seulement pour un ou deux théâtres
Non, surtout par manque de temps
Non, surtout par manque d’intérêt


La géométrie, c’est ma passion

Sur la scène de Nietzsche/Wagner - Le Ring, la mise en parallèle des textes de Nietzsche et de la musique de Wagner n’annule pas pour autant les droites sécantes, les carrés d’ombres, les rectangles coupés et les cercles croisés.

 

Athénée - Ring géométrie


Athénée - Ring géométrieé

 

 

Pour tracer des courbes entre théâtre, philosophie et musique, il vous reste deux représentations demain et vendredi.

Samedi, l’Athénée participe à l’opération Tous à l’Opéra en vous offrant un récital de la soprano Julie Fuchs. Et le décompte continue en page d’accueil du site de l’Athénée pour découvrir la surprise de mardi...


C'était dans Match

Le 1er septembre 1951, Paris Match faisait sa couverture sur la mort de Louis Jouvet survenue deux semaines plus tôt à l’Athénée : directeur de l’Athénée depuis 1934, l’acteur et metteur en scène est en effet décédé dans son Théâtre à l’âge de soixante-quatre ans.

La couverture reprend une photo de lui dans le rôle du chevalier Hans mourant à la fin d’Ondine de Jean Giraudoux en 1939.

Couverture Paris Match 1er septembre 1951

 

À l’intérieur du magazine, le journaliste François Pédron raconte la dernière journée de Louis Jouvet dans le style habituel du journal :

«Ce 10 août, il tourne les extérieurs de son nouveau film qui sera le dernier, Les rues de Paris, en pleine canicule. “Ce n’est pas exaltant, écrit-il le soir à Simone Berriau1... Je commence à travailler sur la pièce de Graham Greene (La puissance et la gloire) avec de nombreuses difficultés.”

Depuis toujours, il mène deux vies, théâtre le soir, cinéma le jour. Son cœur n’y résistera pas.
Lui qui ne se plaint jamais dit au téléphone à son bras droit Léo Lapara2 : “Je n’en sors pas de ce merdier. Je me casse le nez sur de ridicules problèmes de mise en scène que je devrais normalement résoudre en quelques minutes. Je cafouille comme un débutant. Je patauge. Je ne sais vraiment pas ce qu’il m’arrive”.

Le mardi 14 août, après un déjeuner trop rapide, il retourne “chez lui”, au théâtre de l’Athénée. Il est nerveux. À 17h10, il se plaint d’une vive douleur dans la région du cœur. Il se regarde dans un miroir : livide. Ses jambes ne le portent plus. Il s’allonge sur la moquette rouge du bar. Un oreiller est glissé sous sa tête. Deux médecins arrivent. Le docteur Hulin note : “Pouls lent, irrégulier, 25 pulsations, Bruits du cœur erratiques”. Jouvet respire de plus en plus mal. Quatre machinistes le déposent sur le divan de son bureau.

Les médecins prescrivent de la coramine, du solucamphre, de l’héparine. En vain. Jouvet ne se relèvera pas. Malgré un léger mieux dans la nuit, à 7 heures du matin, un AVC le paralyse. L’agonisant articule quelques mots de remerciements, alors que l’oedème cérébral s’aggrave. À 20h15, le 16 août, le Docteur Hulin ne peut que constater “Jouvet n’est plus”.
S’il n’est pas mort sur scène comme Molière, il a rendu son dernier souffle dans son théâtre : sa vie.»


J’ai cru comprendre que le bureau où Louis Jouvet est mort n’est pas celui où Patrice Martinet, actuel directeur, a installé le sien. Éclaircissements à venir sur le blog.
En attendant, Nietzsche/Wagner : le Ring a commencé avant-hier à l’Athénée et se joue ce soir puis jeudi et vendredi prochains.
Ce soir
avant la représentation, le musicologue Jacques Amblard viendra nous donner quelques clés sur l'œuvre de Richard Wagner : c'est de 19h à 19h en salle Christian-Bérard (au-dessus de la grande salle).



1 Simone Berriau : comédienne, chanteuse, directrice du théâtre Antoine et productrice. Elle créera beaucoup de pièces de Jean-Paul Sartre et permettra à Peter Brook de présenter sa première mise en scène en France. Elle aussi est morte dans son théâtre, en 1984.

2 Léo Lapara : Comédien, régisseur et secrétaire de Louis Jouvet.

 

Merci à OH de m'avoir transmis l'article


Apocalypse NOW

"Je ne peux pas écouter trop de Wagner, ça me donne envie d'envahir la Pologne" déclare le personnage de Larry dans le film Meurtre mystérieux à Manhattan de Woody Allen.

Au-delà de ce trait d'humour bien connu, Wagner est très présent sur les écrans ; nul besoin en effet d’avoir assisté à une représentation de la tétralogie du Ring de Wagner pour avoir déjà entendu sa musique : son souffle ravageur et ses leitmotiv (ou motifs musicaux associés à un thème ou un personnage qui reviennent régulièrement au fil de la partition) en ont fait une musique de choix pour le cinéma.
Ce sont très souvent les parties orchestrales (non-chantées) qui ont été retenues par les réalisateurs.


La scène la plus célèbre est sans doute celle d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola  où l’on fait la guerre sur fond de Wagner (la chevauchée des Walkryies, scène 1 de l’acte III des Walkyries)






Le prélude de ce même opéra est central dans cette scène de Birth de Jonathan Glazer avec Nicole Kidman (la musique commence au bout d’une trentaine de secondes)

 

 




On connaît aussi très largement la scène du Dictateur où l’on voit Charles Chaplin dansant avec un globe terrestre sur le prélude de l’acte I de Lohengrin.

 





En 1954, Luis Bunuel reprenait la fin de Tristan et Isolde pour sa scène finale d’Abismos de pasion.


 



Et en 2011, c’est le début de Tristan et Isolde que Lars von Trier utilisait pour la magnifique scène d’ouverture de Melancholia.

 

 




Si vous connaissez d’autres occurrences de Wagner au cinéma, n’hésitez pas à m’en faire part! En attendant, Nietzsche/Wagner : le Ring, qui reprend la musique de Wagner et les textes de Nietzsche, commence ce soir à l’Athénée.

Bon mercredi !


Ubu n'est pourtant pas une lumière

À l'Athénée, le principe du théâtre dans le théâtre est à l'œuvre dans Ubu enchaînéUbu et son épouse sont enfermés dans un castelet : il y a quand même moins d'ampoules sur scène que dans le lustre de la grande salle


Lumieres Ubu enchaine Jarry

 

Pour voir Ubu enchaîné, vous avez jusqu'à samedi. La pièce est mise en scène par Dan Jemmett qui avait monté La grande magie à la Comédie Française et La Comédie des erreurs aux Bouffes du Nord, et est interprétée par Eric Cantona, Valérie Crouzet et Giovanni Calo'.
Hier, je publiais un entretien avec Dan Jemmett. Demain, interview des trois acteurs !


L'Ymagier

Alfred Jarry, l'auteur d'Ubu Roi et Ubu enchaîné actuellement à l'Athénée, pratiquait également le dessin et la lithographie.
Voici un aperçu de ses œuvres graphiques :

Portrait Ubu par Alfred Jarry

Un portrait de Monsieur Ubu

 

Portrait d'Ubu par Jarry

Un autre portrait de Monsieur Ubu

 

 

Chanson du décervelage Alfred Jarry

Une lithographie pour la couverture de "La Chanson du décervelage" parue dans Le Répertoire des Pantins aux éditions Mercure de France


Le texte de la chanson du décervelage apparaît dans l'acte V d'Ubu Roi et a été mise en musique par Claude Terrasse, entre autres compositeur de l'opérette La Botte Secrète que vous avez pu voir à l'Athénée il y a quelques mois : il faut en effet rappeler qu'à sa création, Ubu Roi était un spectacle musical.
J'avais fait un article sur la collaboration entre Terrasse et Jarry ici.

 

 

Lithographie Ubu Roi

Une lithographie pour la couverture d'Ubu Roi paru dans Le Répertoire des Pantins aux éditions Mercure de France

 

Affiche Ubu Roi par Jarry

Une affiche pour les représentations d'Ubu Roi en 1896

 

Ymagier par Jarry

Une lithographie parue dans L'Ymagier, revue d'art dont Alfred Jarry a codirigé les premiers numéros

 



Pour entendre les écrits d'Alfred Jarry, rendez-vous à l'Athénée jusqu'à la fin de la semaine prochaine pour Ubu enchaîné mis en scène par Dan Jemmett avec Éric Cantona, Valérie Crouzet et Giovanni Calo'.



Merci au site de la Société des Amis d'Alfred Jarry.

 

Vous ne voyez pas les dessins ? Activez l'affichage des images dans votre messagerie, ajoutez-moi aux expéditeurs autorisés ou allez sur le blog.


À ceux qui ne comprennent rien à Ubu

Alfred Jarry a une quinzaine d'années lorsqu'il écrit Ubu Roi, dont le personnage principal, lâche, traître, égoïste et ridicule, est inspiré de son professeur de physique, Monsieur Hébert.

L'histoire est celle d'Ubu qui, aidé par sa femme, assassine le roi de Pologne afin de prendre le pouvoir, pour ensuite massacrer ceux qui l'ont aidé dans son coup d'État, suivis des nobles, des magistrats, des financiers, des paysans refusant les impôts, etc.
Après avoir lamentablement perdu une guerre contre la Russie, menacés par le fils du roi de Pologne assassiné au début, Ubu et sa femme fuient en France où Ubu espère se faire nommer "maître des phynances".

Parce qu'elle dynamitait les conventions théâtrales, la pièce a fait scandale à sa création, ce qui ne l'a pas empêchée de rejoindre le répertoire de la Comédie-Française et d'être l'une des pièces francophones les plus jouées aujourd'hui dans le monde.


Quelques années plus tard, Alfred Jarry écrit Ubu enchaîné, conçu comme la suite directe d'Ubu Roi ou plus exactement, sa contrepartie1.

Dès le début, père Ubu refuse de prononcer le "merdre" qui ouvrait Ubu Roi, et explique rapidement qu'il renonce à se faire nommer maître des phynances pour plutôt se faire esclave.
C'est ainsi que mère Ubu et père Ubu s'imposent au service d'Éleuthère et de son oncle Pissembock, terrorisés d'être forcés d'héberger de si monstrueux serviteurs.
Arrêtés par Pissendoux, le prétendant d'Éleuthère, les Ubu se retrouvent en prison puis au tribunal où Ubu se vante de ses crimes. Verdict : père et mère Ubu sont envoyés aux galères.
Suit une brève scène ou le sultan ottoman se réjouit de voir arriver un si bon rameur pour ses bateaux.
Les autres forçats acclament père Ubu et se retrouvent à défendre leur condition d'esclaves, tandis que les hommes libres désobéissent aux ordres du caporal.
Foisonnante et biscornue, la pièce se termine sur les galères où tous les personnages de la pièce se retrouvent en train de ramer sauf, bien sûr, père Ubu et mère Ubu qui les regardent faire.


Dans la version mise en scène par Dan Jemmett, Père Ubu est interprété par Éric Cantona, Mère Ubu par Valérie Crouzet et tous les autres personnages par Giovanni Calo', aidé d'une théière, d'un lys, de tranches de pain, d'assiettes, d'œufs, etc.

C'est à voir à l'Athénée jusqu'à la fin de la semaine prochaine !




PS : moi non plus je ne comprends rien à Ubu.


1 c'est Jarry qui emploie lui-même ce mot dans un article paru dans La Revue blanche en janvier 1901.


Ubu m'a tué

Comme je vous l'expliquais hier, l'écrivain Saint-Georges de Bouhélier publiait en 1940 un article où il racontait sa rencontre fortuite avec Alfred Jarry un soir de 1907, près de la gare Saint-Lazare à Paris.

Voici le passage en question (c'est moi qui souligne les passages en gras pour plus de lisibilité)



«Un soir que je descendais la rue d'Amsterdam1, un passant qui la remontait attira mon attention. Vêtu d'une redingote trop large et les pieds chaussés d'espadrilles boueuses, ce qui constituait un bizarre contraste, il offrait à la lueur du gaz un masque creusé et blafard de personnage hoffmanesque. Si éloigné de moi qu'il fût, je l'eus vite reconnu et je m'avançai rapidement à sa rencontre.
C'était Alfred Jarry, l'auteur d'Ubu Roi. Cette pièce, qui dans l'écoulement des années est restée debout, a créé un type. À peine étais-je près du poète qu'ému de son aspect de moribond, je lui pris la main.

—Vous n'êtes pas souffrant ? lui dis-je.

Il me répondit qu'il allait mourir et qu'il le savait. Je me récriai en lui témoignant le plaisir que j'avais de le rencontrer dans la capitale, dont il était depuis des mois absent. Il hocha la tête d'un air résigné et me répéta qu'il était perdu. La tuberculose le minait. Le timbre de sa voix trahissait d'ailleurs son mauvais état et annonçait sa fin prématurée.
Après l'immense succès qu'avait remporté Ubu Roi2 dans le monde des lettres, Jarry avait, à plusieurs reprises, essayé de se renouveler, mais en comparaison de la tragique farce qui avait rendu son nom populaire, tout ce qu'il produisait paraissait ou fade ou bien incolore.

Ubu m'a tué, me dit-il.

Jarry était un homme de petite taille qui, avec la lividité de son visage et le débit volontairement mécanique de sa voix enrouée, donnait une impression presque fantastique. Copiant, depuis Ubu, la diction de Gémier3 qui en avait interprété le rôle, il conférait à ses paroles une sorte de bizarre automatisme qui semblait beaucoup moins d'un homme que d'un personnage de rêve.
Au Chat noir4, où j'avais eu bien des fois l'occasion de l'apercevoir, il arrivait sans s'annoncer et partait parfois précipitamment, après nous avoir diverti de ses propos qui dénotaient un génie sombre et saugrenu.

À la lumière faible du gaz, il m'apparaissait donc maintenant comme sorti d'un cauchemar plus ou moins étrange. Mais, dans sa redingote, il était vraiment excessivement maigre.
Depuis des mois, il avait dû quitter Paris où il ne trouvait plus le moyen de s'alimenter. Une péniche au bord de la Seine lui servait d'abri. […]

Il ajouta qu'il ne pouvait plus supporter Paris. Dans les milieux littéraires, on ne voulait voir en lui que le Père Ubu, ainsi qu'on l'appelait, et on attendait de ses facultés créatrices qu'il complétât sa comédie avec des tableaux de son invention. Ce n'était qu'à contre-coeur qu'il s'était efforcé de répondre à cette requête.
Les sciences occultes l'occupaient, les mystères de l'alchimie et les opérations de la sorcellerie ouvraient à son imagination des terrains nouveaux et insoupçonnés, mais on les lui interdisait, car ce qu'on réclamait de lui, c'était des fantaisies dans le style de sa première veine.

Ubu, c'est une improvisation de jeunesse, me dit-il encore. Je l'ai écrit quand j'étais au collège. Pourquoi y attacher tant d'importance alors que, depuis lors, j'ai fait bien des choses qui lui sont très supérieures !

Le soir de cette rencontre, un vent froid soufflait. Jarry n'avait pas de chapeau, ses cheveux, qui étaient très noirs, lui collaient au front. J'aurais voulu l'emmener avec moi, le réconforter. Je ne pouvais pas.
Nous nous séparâmes au premier détour et, quelques semaines plus tard, j'apprenais sa mort. Encore un homme que la vérité avait inspiré et qui s'en allait !»

 


Saint-Georges de Bouhélier, "Souvenirs d'un auteur dramatique. Les humbles début de Suzanne Desprès et la fin cruelle d'Alfred Jarry, auteur et victime d'Ubu Roi", Le Figaro, samedi 21 septembre 1940.


Pour découvrir l'une des pièces mettant en scène Ubu, rendez-vous avec Ubu enchaîné mis en scène par Dan Jemmett, avec Éric Cantona, Valérie Crouzet et Giovanni Calo'. C'est à l'Athénée jusqu'au 14 avril.


Le blog ne paraîtra pas demain, rendez-vous lundi !

 

1 Rue située près de la Gare Saint-Lazare à Paris
2 Pièce d'Alfred Jarry publiée et créée en 1896. Elle ouvre un cycle de pièces écrit par Alfred Jarry autour de ce personnage d'Ubu.
3 Firmin Gémier, de son vrai nom Firmin Tonnerre (c'était mieux pourtant, non ?) est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français décédé en 1933.
4 Cabaret de Montmartre fondé à la fin du 19e siècle

 


La fin cruelle d'Alfred Jarry, auteur et victime d'Ubu Roi

Le 21 septembre 1940, Le Figaro publiait un article de Saint-Georges de Bouhélier, écrivain français mort en 1947, proche de Zola et notamment auteur de la pièce Le Carnaval des enfants ou Le Sang de Danton.

Intitulé Souvenirs d'un auteur dramatique : Les humbles débuts de Suzanne Desprès et la fin cruelle d'Alfred Jarry, auteur et victime d'Ubu Roi, le texte raconte comment Suzanne Desprès, comédienne au Théâtre Antoine et au Théâtre de l'Œuvre et dans des films de Jean Renoir, Abel Gance ou Marcel Pagnol, commença sa carrière.

Suzanne Desprès a travaillé et vécu avec le metteur en scène Aurélien Lugné-Poë, qui a créé la pièce Ubu Roi d'Alfred Jarry en 1896.
C'est ainsi que, après avoir évoqué Lugné-Poë, Saint-Georges de Bouhélier consacre la fin de son article à sa rencontre avec Alfred Jarry, qu'il a croisé dans une rue de Paris (près de l'Athénée, d'ailleurs) quelques semaines avant sa mort.

Il rapporte que, miné par la maladie, Alfred Jarry lui aurait confié être écrasé par le succès d'Ubu qu'il ne parvenait pas à faire oublier et auquel on attachait, selon lui, trop d'importance.
(NB : Alfred Jarry a écrit plusieurs pièces autour du personnage d'Ubu dont Ubu Roi et Ubu enchaîné)

Saint-Georges de Bouhélier rappelle également le dénuement extrême où était tombé Jarry à la fin de sa courte vie, emporté par la tuberculose à trente-quatre ans.


À venir demain sur le blog, le texte de l'article !

En attendant, vous pouvez venir découvrir Ubu enchaîné mis en scène par Dan Jemett avec Éric Cantona, Valérie Crouzet et Giovanni Calo' jusqu'au 14 avril à l'Athénée.




Merci à I.S. qui m'a transmis l'article


King Éric

Si Éric Cantona a acquis sa notoriété comme joueur de foot, et pas n'importe lequel, il s'est illustré dès la fin des années 1980 dans d'autres domaines comme  le cinéma et le théâtre.

On le voit ainsi dans Le Bonheur est dans le pré d'Étienne Chatiliez dès 1995, deux ans avant sa retraite sportive, puis dans Les Enfants du Marais de Jean Becker, mais c'est avec L'Outremangeur en 2003 qu'Éric Cantona s'installe en tête d'affiche, avant la consécration de Looking for Éric de Ken Loach où il interprète son propre rôle.

En 2009, il commence au théâtre dans Face au Paradis de Nathalie Saugeon, avant de prendre le rôle d'Ubu dans Ubu enchaîné d'Alfred Jarry mis en scène par Dan Jemmett, à l'Athénée jusqu'au 16 avril.

Quelques extraits où l'on voit son travail d'acteur :

La bande-annonce des Enfants du Marais
où l'on voit Éric Cantona à partir d'une minute.

 



La bande-annonce de L'Outremangeur

 

Un reportage sur Looking for Eric avec de nombreux extraits du film

 

 

Bon début de semaine !

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