Scorsese à l'Athénée

Si vous avez été très attentifs aux pages « culture » du Monde pendant l'été, vous avez peut-être remarqué l'information : Martin Scorsese, le réalisateur de Taxi Driver, Aviator, Shutter Island, Les Infiltrés ou Casino, a tourné des scènes de son prochain film à l'Athénée et dans ses environs.

Vous vous doutez bien que j'ai fait une entorse à mes vacances pour me trouver à l'Athénée au bon moment.
Mais vous vous doutez bien également que je n'ai pas l'autorisation de diffuser n'importe quelle photo : en voici donc quelques-unes méticuleusement sélectionnées afin de répondre aux exigences de confidentialité et de droit à l'image.

Dans les couloirs de l'Athénée

 

Églantine et Alexandra de l'Athénée regardant le tournage ayant lieu sur scène

 

Les camions de la production dans la rue Boudreau

 

Le Square de l'Opéra Louis-Jouvet. À droite, l'Athénée transformé en cinéma.

 

Le Square de l'Opéra Louis-Jouvet

 

Le Square de l'Opéra Louis-Jouvet

 

Le Square de l'Opéra Louis-Jouvet

 

Le Square de l'Opéra Louis-Jouvet

 

Le Square de l'Opéra Louis-Jouvet

 

 

Le film s'intitule Hugo Cabret et réunit les acteurs Jude Law, Emily Mortimer, Ben Kingsley, Christopher Lee et Sacha Baron Cohen. Il sortira en décembre 2011 aux États-Unis (la date de sortie française reste à préciser).


Merci à Larry Kaplan de Unit Publicist et à Amandine de l'Athénée.




PS : On avait déjà vu d'autres films sur le blog! Rendez-vous sur ce billet de décembre 2008 pour des photos du tournage de Coco avant Chanel d'Anne Fontaine (avec Audrey Tautou, Emmanuelle Devos, Marie Gillain et Benoît Poelvoorde).
En mai dernier, il y avait quelques images du tournage d'Un Requiem pour Mister Child de Jérôme Legris (avec Clovis Cornillac et Mélanie Laurent)

Comme j'avais déjà pu l'expliquer en octobre 2008, l'Athénée loue en effet très régulièrement ses espaces à des entreprises pour des séminaires, des conférences ou des tournages de cinéma.


L'Athénée au cinéma

Nous avons déjà parlé sur le blog d’Amandine Gougeon-Mastellotto, directrice du développement à l’Athénée: c’est elle qui s’occupe entre autres de louer l’Athénée à des tiers pour des séminaires, des concerts, divers événements ou encore des tournages de films. Son travail rapporte à l'Athénée un bénéfice d'environ 250 000 euros par an.

Le 22 décembre 2008, vous aviez pu voir sur le blog des photos du tournage du film Coco avant Chanel d’Anne Fontaine (avec Audrey Tautou, Emmanuelle Devos, Marie Gillain et Benoît Poelvoorde) dont une scène avait été réalisée à l’Athénée.

La semaine dernière, c’est le film Un Requiem pour une tueuse de Jérôme Legris avec Clovis Cornillac, Mélanie Laurent, Tcheki Kario, Michel Fau et Xavier Gallais (production Alter Films) qui s’installait à l’Athénée pour plusieurs jours.

Je vous livrais jeudi une photo du ballon d’éclairage qui a été utilisé pour le tournage (il s’agit d’un ballon gonflé à l’hélium à l’intérieur duquel est installé un éclairage, permettant ainsi d’émettre une lumière diffuse): voici aujourd’hui quelques photos de l’équipe du film secondée par celle de l'Athénée —pour des raisons de droit à l’image, personne n’est reconnaissable, ne cherchez pas.

 

L’équipe technique a commencé par unifier la couleur de la scène de l’Athénée dont le “nez” avant (la partie arrondie qui couvre la fosse d’orchestre) n’était pas tout à fait du même noir que le reste.

 

Dans un endroit très passant juste à côté du lieu de prise de vue, l’équipe a installé de la moquette noire pour protéger celle de l’Athénée.

 


Le foyer bar a subi le même sort, avec en plus quelques bâches occultantes.

 


Sur les coursives entourant la salle, j’ai comme l’impression que ce ne sont pas les mêmes affiches ni les mêmes sièges que d’habitude…

 


Le fameux ballon éclairant (éteint) au premier plan, et les techniciens installant le décor sur la scène au fond.

 

L’équipe du film se mélange à Jean-Noël et Richard, régisseurs à l’Athénée.

 

Reflets de lunettes et lumière d’écrans d’appareils photo ou de caméras devant une partie du décor du film.

 

Le fameux ballon éclairant, cette fois descendu et allumé.

 

L’atelier costumes de l’Athénée est bien plus rempli que d’habitude…

 

Des membres de l’équipe technique, artistique et administrative du film dans la cour de l’Athénée.

 

Les techniciens commençant à ranger le décor à la fin du tournage.

 

L’équipe du film est aujourd’hui partie et l’Athénée se prépare à accueillir Une Maison de poupées mise en scène par Nils Öhlund qui commence cette semaine! Bonne journée.

 

Merci à Thierry Muscat


Soutenez la création d’un spectacle!

Le spectacle Vénus se jouera à l’Athénée d’ici quelques mois et a besoin de vous!


Mécène : personne qui, par souci de favoriser le développement des lettres, des arts et des sciences, aide ceux qui les cultivent en leur procurant des moyens financiers ou des travaux, éventuellement en instituant et finançant des prix.


Hottentot : relatif à un peuple pasteur et nomade de l'Afrique du Sud-Ouest. L’origine du mot est assez discutée : si elle est hollandaise, il s’agirait d’un sobriquet donné par les colons et venant du mot “bègue” pour caractériser la langue parlée par ce peuple.


Stéatopyge :
caractérisé par un développement exagéré du tissu adipeux des fesses.
Femme aux fesses énormes.


Vénus : principe de l’amour.
Femme considérée comme le type de la beauté féminine à une époque et un endroit donnés.
Prostituée.


Macronymphie : chez la femme, élongation des petites lèvres.


Suzan-Lori Parks :
écrivaine américaine née en 1964, lauréate du prix Pulitzer en 2002 pour Topdog/Underdog joué à l’Athénée en 2007.
Depuis 2008, est auteure en résidence au Public Theater de New York.


Vénus : pièce écrite en 1996 par Suzan-Lori Parks et s’inspirant de l’histoire vraie de Saartjie Baartman dite “la vénus hottentote”.

Née en Afrique du Sud à la fin du 18e siècle
, la jeune femme présente deux particularités physiques: elle est stéatopyge et macronymphe. Emmenée à Londres vers 1810, elle y est exhibée comme une bête de foire. Elle subit ensuite le même sort à Paris où elle se retrouve également objet d’études au Muséum. Tombée gravement malade, elle décède en 1816 à l’âge estimé de vingt-six ans.

Après son décès, son corps est transmis au Muséum où il est entièrement moulé, disséqué et plongé dans du formol. Son moulage et son squelette seront exposés dans trois musées parisiens jusqu’en 1974. Après une bataille juridique de longue haleine, sa dépouille est enfin rendue à l’Afrique du Sud en 2002 où elle est inhumée.


La pièce Vénus sera jouée à l’Athénée en mars 2010 dans une mise en scène de Cristèle Alves Meira de la compagnie Arts-en-Sac, déjà créatrice des Nègres de Genet joué en 2007 à l’Athénée.

Pour l’accueil de Vénus à l’Athénée en mars prochain, l’Athénée et Arts-en-Sac lancent un projet inédit et vous associent à la création du spectacle: pour vous engager dans la production de Vénus et aider à diffuser l’histoire de cette femme symbole de l’aliénation et du trafic humain, devenez mécène du spectacle!

Tous les détails sont sur le site de l’Athénée: vous pouvez devenir mécène à partir de 15 euros (soit 5 euros après déduction de l’impôt sur le revenu). Les donateurs bénéficieront de nombreux avantages liés au spectacle en fonction du montant de leur don.

À bientôt parmi les amis de Vénus !

Bonne journée à tous.


Les autres fantômes de l'Athénée

Je vous parlais il y a deux semaines de l'Athénée déserté en vous présentant des photos de fauteuils vides et de salles éteintes. Dominique Lemaire, directeur technique adjoint, et Amandine Gougeon, directrice du développement, ont eu plus de chance que moi, car il existe manifestement à l'Athénée des fantômes capables d'impressionner les pellicules:

À quelle représentation imaginaire nos fantômes bien habillés pouvaient-ils assister? Peut-être à une Cour du Roi Pétaud version début 20e… Pour la version début 21e, c'est jusqu'au 4 janvier 2009!

A demain...


C’est grave

Vendredi dernier, dans "L'argent n'a pas d'odeur", je vous parlais des possibilités offertes par l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet en terme de location de salle pour des événements privés : c'est dans ce cadre qu'hier soir, le pianiste Olivier Chauzu donnait un concert rassemblant des extraits d'Ibéria d'Albéniz, une sonate de Dukas et La grande Humoresque de Schumann. Dans l'après-midi, j'entendis marmonner sur la scène "Il a fait la guerre ou quoi ce piano? J'ai l'impression qu'il a connu un bombardement". Des coulisses, je n'ai pas pu voir qui parlait : lui-même, l'accordeur ou un technicien. Une chose est sûre en tout cas, les graviers de Rêve d'automne ont l'air de laisser assez de poussière blanche pour donner à un piano tout propre des airs de vestige des années 1940.

Car en fait, toute personne qui loue la salle de l'Athénée se retrouve confrontée au décor de la pièce en représentation à ce moment-là, et je dois dire que voir un piano à queue posé sur des graviers blancs dans un décor de cimetière renvoyait une image franchement troublante, même si les trois pierres tombales furent finalement retirées pour le concert : on veut bien mélanger théâtre et musique, mais laisser planer la mort sur l'exécution de La grande Humoresque de Robert Schumann rappelle peut-être trop les troubles dépressifs d'un compositeur qui, après avoir essayé d'écrire une oeuvre gaie, avouait que c'était peut-être ce qu'il avait "fait de plus déprimé".

C'était oublier les graviers et leur proximité homonymique (et peut-être étymologique) avec  le mot anglais "grave" qui signifie "tombe"… Le théâtre n'est pas près de vous lâcher (la mort non plus, d'ailleurs) : pour approfondir les liens entre théâtre et musique et vous préparer aux représentations de L'Opéra de quatre notes qui commenceront la semaine prochaine, rendez-vous ce jeudi 16 octobre à 18h30 sur le site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France pour une rencontre autour de "mettre en scène la musique". Vous trouverez plus d'informations ici.

En attendant et pour ceux qui n'ont pas encore vu Rêve d'automne, voici quelques fameux graviers dans la main de Dominique Lemaire, l'un de nos deux directeurs techniques. La photo est de lui aussi.

Bon mardi.




L'argent n'a pas d'odeur

Pour d'obscures raisons législatives que j'aurai sans doute l'occasion de développer plus tard (c'est pour vous préparer à l'indigeste mixture économico-administrative que vous aurez à lire d'ici quelques billets), l'Athénée n'est pas concerné par la loi mécénat de 2003. Autrement dit, si vous êtes une entreprise et que vous souhaitez donner de l'argent à l'Athénée en bénéficiant d'une exonération d'impôts, et bien vous ne pouvez pas -ou alors cela vous coûterait très cher.

Mais comme l'Athénée a une jolie moquette (que vous aviez pu apercevoir dans mon billet du 22 septembre), les rapports avec les entreprises sont tout de même possibles. Si vous vous rendez au troisième étage des bureaux, vous y trouverez Amandine Gougeon, que l'on désigne par le titre pudique de "directrice du développement". Pour parler clairement, Amandine est chargée d'augmenter significativement les recettes propres de l'Athénée en établissant des partenariats avec des entreprises qui louent le théâtre pour quelques heures, le temps d'un séminaire et du cocktail qui, généralement, suit.

Avouez que cela fait envie : vous êtes vétérinaire, un laboratoire pharmaceutique vous invite au lancement de son nouveau vaccin anti-puces (oui je sais que ça n'existe pas le vaccin anti-puces, mais je suis sûre que tout un tas de gens y travaillent). Vous vous attendez à vous retrouver dans une salle de conférence années 80 au sous-sol sombre d'un Sofitel situé près du Palais des Congrès et ô miracle, vous vous retrouvez en plein centre de Paris dans un théâtre classé monument historique tout en lustres, velours rouges et peintures dorées. Ce n'est donc pas vraiment par amour de la musique et du théâtre que ces grands noms de la finance ou des assurances viennent ici pour un après-midi. C'est un peu réconfortant de constater que le théâtre diffuse encore une certaine idée du prestige, mais un peu triste aussi de voir que ces invités d'un autre genre restent rarement pour le spectacle qui se tient le soir : apparemment, l'Athénée c'est essentiellement joli, comme un décor d'opéra magnifiquement léché qu'on n'ose pas vraiment toucher.

J'entends d'ici ceux qui hurleront face à cette intrusion de l'argent privé dans un théâtre subventionné : c'est vrai que dans un pays où le patron est souvent vu comme un requin né avec un parachute d'argent dans la bouche (étouffez-le!), on s'imagine rapidement avec une culture contrôlée par des entreprises en mal de publicité. D'un autre côté, l'argent privé peut donner une nouvelle liberté à des théâtres et compagnies souvent dépendants du bon-vouloir d'une collectivité -ou de plusieurs, quand on a de la chance.

Comme le rappelait Robert Abirached dans ses deux tomes de Le Théâtre et le Prince, le spectre de l'art officiel contrôlé ou influencé par l'Etat n'est jamais bien loin. Celui du retrait rapide d'une entreprise jusqu'à présent généreuse aussi. Dans un secteur où le seul prix des places ne peut couvrir les dépenses engagées, l'avenir paraît toujours bien compliqué.
Heureusement que les spectacles sont là pour nous faire rêver, parce que je peux vous dire que sans cela, on n'y serait pas restés. De votre côté, vous pourrez continuer à rêver en automne jusqu'au 18 octobre…

Bonne fin de semaine à tous.

(et, pour certains, à samedi 15h pour le concert du Quatuor Psophos!)


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