Faire une cocotte réaliste

Je vous livrais hier le début de la rencontre qui a eu lieu entre l'équipe des Bonnes et ses spectateurs. Voici aujourd'hui la suite et fin des questions/réponses.

 

Une spectatrice : — Votre travail est-il plus d'ordre corporel ou intellectuel ?
Jacques Vincey, metteur en scène : — On travaille forcément d'abord sur le sens.
Hélène Alexandridis, actrice : — C'est un mélange des deux, le cerveau n'irait pas sans le corps ni sans l'émotion. Et une fois qu'on est arrivé à un endroit, on ne sait plus très bien par où on avait commencé…
Myrto Procopiou, actrice : — Pour moi, le corps est très important. Le corps, c'est tout : un coeur, de la chair, un cerveau… Enfin quand on en a un….


Une spectatrice : — J'étais étonnée de la façon dont vous avez traité le rôle de Madame, interprétée par Marilu Marini. N'est-elle pas censée être gentille, voire trop gentille ?
Jacques Vincey : —À force d'en parler, Madame apparaît comme si elle sortait de l'imaginaire de deux bonnes. Claire et Solange ont besoin de cette présence, mais c'est comme une apparition : cette Madame se prête donc au jeu demandé par les bonnes….
Vanasay Khamphommala, assistant à la mise en scène : — On compose aussi avec l'univers des actrices : et avec quelqu'un comme Marilu Marini, c'était de toutes façons difficile de faire une cocotte réaliste…
Lola Gruber, modératrice de la rencontre : — Je précise quand même qu'il y a quelques années, Marilu Marini jouait précisément Les Bonnes à l'Athénée, cette fois dans le rôle de Solange, et que c'était le metteur en scène, Alfredo Arias, qui tenait le rôle de Madame : je ne me prononcerai pas sur son potentiel de cocotte réaliste…

Une spectatrice : — Toujours sur le rôle de Madame, j'ai eu l'impression que vous en faisiez une caricature sociale…
Jacques Vincey : — Il est beaucoup question de rapport de domination et de soumission dans le texte, plus que d'un simple rapport de classe d'ailleurs. Nous avons un peu décalé cet aspect pour lui apporter une dimension fantastique qui nous permettait d'attraper un autre imaginaire.
Vanasay Khamphommala : — Les choses ne sont pas aussi caricaturales qu'on le croit, car la vulgarité bourgeoise est une réalité… La phrase "Vous avez de la chance qu'on vous donne des robes. Moi, si j'en veux, je dois les acheter" qui figure dans le texte, Genet affirme l'avoir vraiment entendue.

Un spectateur : — Genet est-il un auteur plus difficile à jouer qu'un autre ?
Hélène Alexandridis : — Chaque écriture donne des difficultés. Genet ne me semble pas plus difficile qu'un autre… Jouer à jouer, comme c'est le cas dans Les Bonnes, est d'ailleurs assez jouissif !
Myrto Procopiou : — Je pense à un auteur particulièrement dur à jouer qui s'appelle Galère… Euh… Je veux dire Valère… Pardon ! Valère Novarina donc, ce n'est plus du jeu dans le jeu, c'est carrément du saut à l'élastique.
Hélène Alexandridis : — Thomas Bernhard est un auteur difficile à jouer aussi.
Myrto Procopiou : — Bernhard, Genet et Novarina sont trois auteurs à la langue difficile qui ont connu un enfermement d'une manière ou d'une autre. Je ne sais pas si c'est lié !
Lola Gruber : — Après avoir parlé d'enfermement, je propose qu'on libère tout le monde… Bonne soirée à tous.

Pendant toute la rencontre, Daniel Larrieu, qui joue Divine d'après Genet dans la petite salle de l'Athénée en même temps que Les Bonnes, était debout au fond du foyer-bar, équilibrant de sa présence discrète et attentive le joyeux petit chahut de la discussion.

Les Bonnes et Divine se jouent tous les soirs à l'Athénée jusqu'au 4 février.


Les Bonnes, c'est comme une croisière en Grèce, mais sans l'Ouzo, sans le soleil et sans la mer

Mardi dernier, l'équipe des Bonnes rencontrait les spectateurs de l'Athénée pour une discussion au foyer-bar animée par Lola Gruber.
Ce soir, c'est l'équipe de Divine qui sera disponible pour échanger après le spectacle : restez en salle Christian-Bérard après la représentation de ce soir !

Disponible à l'écoute ici, la rencontre autour des Bonnes fut une belle occasion de démontrer, s'il en était besoin, que l'humour se marie très bien avec l'intelligence.


Je vous livre une première partie aujourd'hui. La seconde partie arrive demain !

Lola Gruber, auteure des programmes et brochures de l'Athénée :
—Pourquoi avoir choisi d'interpréter sur scène le prologue de la pièce ?
Jacques Vincey, metteur en scène : —Le prologue a été écrit quelques années après la création des Bonnes à l'Athénée en 1947, sans doute en réaction de Genet aux mises en scène de sa pièce. Il y écrit des choses sur le théâtre en général qui rejoignent mes propres conceptions : et comme il s'agit d'une pièce où l'on fait du théâtre jusqu'à l'épuisement voire à la mort, il fallait partir de soi… J'imaginais d'ailleurs que ce seraient les trois actrices qui diraient ce prologue et non Vanasay Khamphommala.

Vanasay Khamphommala, assistant à la mise en scène et acteur :
— Ma présence est liée au souhait de Jacques Vincey d'apporter un contrepoids en même temps qu'un contrepoint aux trois actrices. Quant à ma nudité lors de ce prologue, elle tient à la volonté de prendre Genet au pied de la lettre lorsqu'il écrit que le théâtre est une façon pour lui de se mettre à nu. Et elle était d'autant plus justifiée que le prologue est un doigt d'honneur de Genet aux metteurs en scène…
Lola Gruber : — Et pourtant, vous avez pris des gants, si j'ose dire...
Vanasay Khamphommala : — Si je porte des gants dans ce prologue, c'était pour donner une forme ludique à ce doigt d'honneur tout en déplaçant le signe de la pudeur sur les mains. Le gant reste un signe social qui diffracte les différents étages sociaux, et ils sont d'ailleurs évoqués dès le début de la pièce…

Lola Gruber : — Faut-il tenir compte de ce prologue et des indications que Genet y apporte sur la mise en scène des Bonnes ?
Jacques Vincey : — Le prologue donne une certaine matière, mais Genet a érigé la trahison comme vertu cardinale… Il est beaucoup question de cela dans Les Paravents ou ses romans.
Lola Gruber : — L'on peut donc trahir Genet avec sa bénédiction ?
Jacques Vincey : —En tout cas, ce prologue est pour moi à la fois une déstabilisation du public et une ouverture vers ce théâtre inconfortable.

Lola Gruber : — Hélène Alexandridis et Myrto Procopiou, comment appréhende t-on l'interprétation de ces rôles imposants de Claire et Solange ?
Hélène Alexandridis, interprète de Solange : — On passe évidemment son temps à chercher comment interpréter un texte pareil…
Myrto Procopiou, interprète de Claire : —Travailler sur Les Bonnes, c'est un peu comme faire une croisière en Grèce, mais sans l'Ouzo, sans le soleil et sans la mer. Bref, c'est la merde.

 

Les Bonnes et Divine se jouent jusqu'à ce week-end.


On enlève le bas

J'ai souvent eu l'occasion d'exprimer combien l'équipe de l'Athénée était déterminante dans le contenu et la longévité de ce blog (j'en profite pour le redire).

C'est le même esprit qui souffle dans les murs du Théâtre et, comme le soulignait un metteur en scène programmé récemment à l'Athénée, "on sent tout de suite qu'il y a un souffle, une personnalité, quelque chose d'humain, ici".

Ainsi, au-delà du blog, l'Athénée a également son profil Facebook alimenté par l'équipe de la communication et des relations publiques.
À l'occasion des Bonnes et de Divine, Alexandra, Constance, Églantine, Florence et Isabelle nous ont livré au fil des jours une série de photos et vidéos que je ne résiste pas à vous faire découvrir…
Il faut savoir, pour ceux qui n'ont vu aucun des deux spectacles, que l'un utilise des gants de vaisselle pendant que l'autre évoque beaucoup la problématique du corps (et des chaussures à talons).

 

(Je précise que je ne suis pas l'auteure de ces photos et vidéos et que je ne porte aucune responsabilité dans leur réalisation)

 

 

Vendredi 13 janvier 2012

"Ce soir, première des Bonnes, la com' vous dévoile le haut !
Mardi première de Divine, on vous montre le bas…"

 

 

 

Mardi 17 janvier 2012

"Ce soir première de Divine, et comme promis on vous montre le bas !"

 

 

Vendredi 20 janvier 2012

"Le vendredi à partir de 18h c'est le quart d'heure glam de la com' ! ?
Leçon n°1 : rester chic avec des gants de vaisselle."


 

 

Vendredi 27 janvier 2012

"C'est l'heure du 1/4 d'heure glam de la com !
Leçon n°2 : rester divine en talons aiguille (avec Maître Daniel Larrieu)"

 

 

La question du positionnement des lieux culturels sur internet agite beaucoup le monde culturel depuis un ou deux ans : après quelques réticences, les "professionnels de la profession" (l'expression est de Jean-Luc Godard) s'intéressent dorénavant au sujet, et de nombreuses rencontres professionnelles sont organisées sur le thème des blogs et réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter.
C'est ainsi que j'ai pu intervenir dernièrement au nom du blog de l'Athénée aux Biennales Internationales du Spectacle à Nantes la semaine dernière, aux journées de La Scène en octobre à Bruxelles, pour les formations ACT' et à l'occasion de nombreuses rencontres professionnelles.

Décalés et participatifs, ces médias permettent d'instaurer une autre relation avec les artistes et les spectateurs
, même si, comme tout outil, ils présentent évidemment des limites.

Pour suivre l'Athénée sur Facebook, c'est ici.
Le blog a également sa propre page ici.


Bon lundi ! Les Bonnes et Divine se jouent jusqu'à ce week-end.


La quadrature de la scène

 

 

Prison, manège infernal, escaliers qui finissent toujours par nous faire redescendre, mélange de massif et d'aérien, jeu entre ombre et lumière, incitation à l'imagination ou agressivité ?

Déroutant, le décor conçu par Pierre-André Weitz pour Les Bonnes n'en finit pas de susciter les commentaires —preuve en était à la rencontre qui a eu lieu mardi soir entre l'équipe des Bonnes et les spectateurs.

Pour le voir côté (grande) salle, vous avez jusqu'au 4 février!
Pendant ce temps, dans la (petite) salle, Daniel Larrieu continue à jouer Divine, également un texte de Genet.

 

 

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Il faut se grouiller, apparemment

En ce moment, l'Athénée propose tous les soirs deux spectacles sur des textes de Jean Genet : Divine en salle Christian-Bérard et Les Bonnes dans la grande salle.

Plus nombreux que d'habitude, les spectateurs sont ainsi à l'étroit dans le hall du Théâtre et il est plus facile de se faufiler parmi les gens pour entendre quelques bouts de conversation à la volée, quelques minutes avant le début des représentations (merci à ceux et celles qui se reconnaîtront).

 

 

 

Une jeune femme : "— Quelle foule ! C'est comme Où est Charlie, mais sans Charlie."

Deux messieurs aux cheveux gris :
"—Ça dure 1h40 ? Ça va !
— Oui, quand j'ai vu que cela durait 1h40, j'ai pensé que tu voudrais bien m'accompagner…."

Un monsieur à un autre : "— Bonne année !"

Une dame au téléphone : "— Alors reviens vers l'arrière de l'opéra… Prends la rue Scribe. Non, pas vers la Madeleine ! Le repère, c'est la station Auber du RER A, c'est juste en face. Tu vois où elle est ? (silence) Bon. Quand tu es face à l'opéra, tu prends la rue Scribe, à gauche. Non, tu ne passes pas devant les Galeries Lafayette, enfin ce n'est pas très loin, mais tu ne passes pas devant. (silence) Tu es rue Scribe là ? Oui, SCRIBE ! Dès que tu vois la station Auber, c'est la rue juste à gauche. (silence) Bon, grouille-toi !"

Une dame en rejoignant une autre : "—Comme j'étais en avance, j'ai fait les courses à côté… Du coup je suis en retard"

À la billetterie, avec un monsieur et une dame souhaitant acheter des places pour Divine en dernière minute : "—Je suis désolée messieurs-dames, on ne va vraiment pas pouvoir vous faire rentrer à Divine, c'est plein. Est-ce que vous voulez réserver pour un autre soir?
— Je ne sais pas, j'aimais bien cet horaire, 19h… Les autres soirs, c'est à 20h, non ?
— Mardi prochain, c'est aussi à 19h, si vous voulez.
— Va pour 19h mardi prochain alors.
— Très bien, je vais prendre votre nom… Et vous, Madame ?
— Eh bien moi du coup je vais rester là et aller voir Les Bonnes, s'il y a de la place ce soir…
— Oui c'est possible. Vous verrez, Les Bonnes, c'est très bien aussi."

Toujours à la billetterie : "— Vous réglez ensemble ? Cela fera 25€ pour les deux."

Au comptoir des invitations et places réglées :
"—On jongle, c'est un spectacle très prisé!"

Alors que le hall se vide et que la plupart des spectateurs ont gagné leurs places, très peu de temps avant le début des représentations :

"—Excusez-moi, je viens avec une amie, mais elle n'est pas encore arrivée… Ça va commencer tout de suite ?
—On a encore un tout petit peu de marge… Vous savez où elle est ?
—Je ne sais pas, je vais l'appeler…. (au téléphone) Ouais, t'es où là ? Mais grouille-toi !!!"

 

Pour voir Divine mis en scène par Gloria Paris et chorégraphié par Daniel Larrieu et/ou Les Bonnes mises en scène par Jacques Vincey, c'est tous les jours à l'Athénée (sauf le lundi) jusqu'au 4 février ! Bon début de semaine.


Un chant d'amour

En 1950, Jean Genet, l'auteur des Bonnes et de Notre-Dame-des-Fleurs actuellement joués à l'Athénée, réalisait un film muet de vingt-cinq minutes : Un chant d'amour.

À la limite de la pornographie (ce qui explique pourquoi je vous laisserai chercher tous seuls sur YouTube "Genet Chant d'amour" pour le regarder), Un chant d'amour aborde la vie amoureuse de prisonniers dans leur cellule.

À l'époque, la censure existe encore : le tournage se déroule donc dans la clandestinité.
Tous amateurs à l'exception d'un seul (qui fait la doublure du sexe d'un acteur pudique), les comédiens sont des amis et amants de Genet ou des personnes qu'il a rencontrées dans les bas-fonds de Montmartre.
Du côté de l'équipe technique, on trouve en revanche des professionnels reconnus comme le chef-opérateur Jacques Natteau (qui a travaillé avec Marcel Carné ou Jean Renoir), le décorateur Maurice Colasson (décorateur pour Marguerite Duras ou Terence Young) ou les laboratoires Éclair qui développeront les pellicules dans le secret.
Après un essai décevant au format amateur 16 mm, la pellicule 35 mm sera fournie par Henri Langlois. Jean Genet avait apparemment aussi l'idée de commander la musique du film à Stravinski, mais elle n'a pas été réalisée.

Le tournage dura deux mois et eut lieu au cabaret La Rose Rouge à Saint-Germain-des-Prés ainsi que dans les jardins de la propriété de Cocteau à Milly-la-Forêt. Budget total du film : plus de trente mille euros.

Une sortie dans les salles était inimaginable du fait de la nature érotique (ou pornographique, selon les sensibilités) du film.
Mais surtout, au-delà de la légende selon laquelle le film aurait été censuré pendant vingt-cinq ans, on sait en fait que Genet n'essaya tout simplement pas de demander l'agrément auprès de la commission de classification du Centre National du Cinéma, déniant de fait toute existence légale à son film.

C'est donc clandestinement qu'Un chant d'amour rencontra son public : Genet vendit les copies du film à des riches collectionneurs en faisant croire à chacun qu'il était le seul détenteur de l'exemplaire soi-disant unique de la bande du film afin d'en faire monter le prix. Projeté dans des cercles privés en France comme à l'étranger, le film acquit une petite notoriété, cependant limitée aux milieux underground.

Vingt-cinq ans après le tournage, Nico Papatakis, qui a produit Un chant d'amour, décide de présenter le film au Centre National du Cinéma pour obtenir son visa de censure et ainsi pouvoir l'exploiter de manière commerciale.
Dire qu'il a été réalisé par Genet en 1950 avouerait de fait que le film a été tourné dans l'illégalité : Papatakis le fait donc passer pour un court-métrage américain et obtient ainsi le visa espéré —le film sera quand même interdit aux moins de dix-huit ans.

Sauf que Genet n'a pas été consulté, et qu'il ne souhaite ni que son film soit adoubé par la commission de classification, ni qu'il soit diffusé.
Il conclue ainsi sa lettre ouverte publiée dans L'Humanité en août 1975 : « j'ajoute encore que je m'opposerai toujours à la projection publique d'un film que j'avais réalisé pour en vendre des copies à des particuliers, comme après tout j'ai vendu des tirages restreints de mes livres, en me réservant le droit (c'est la loi) d'en modifier la forme définitive. Que personne —sauf moi— ne juge donc encore cette "esquisse d'une esquisse"! »

Un chant d'amour de Jean Genet fait aujourd'hui partie de la collection du Museum of Modern Art de New York et du British Film Institute de Londres, a été récemment réédité en DVD et est visible sur YouTube.

Côté texte, vous pouvez découvrir Genet dans Les Bonnes mises en scène par Jacques Vincey (grande salle) ou Divine mis en scène par Gloria Paris et chorégraphié par Daniel Larrieu (petite salle), tous les deux jusqu'au 4 février.


Le blog prend un week-end de trois jours et sera de retour lundi !

Source : "L'Histoire chaotique d'un film controversé" de Marine Jaffrézic in Portrait Jean Genet, livre-DVD-CD produit par EPM, Danièle Delorme et SWProductions, avec le concours de l'INA, du CNC et du CNL


À toi, lecteur plus intelligent que moi

Bon. C'est sûr que la physique, ça n'a jamais été mon truc. Pas que j'y mette de la mauvaise volonté mais plutôt qu'il me manque une case sur le sujet : cet été par exemple, j'ai voulu lire le Sciences et Vie junior de mon cousin de quatorze ans, et je n'ai pas tout compris.

Voilà pourquoi je m'en remets à vous sur un sujet qui me laisse perplexe : la semaine dernière, je me suis postée sur le côté du plateau de la grande salle pour prendre quelques photos des Bonnes —je remercie d'ailleurs toute l'équipe qui a accepté que je reste à quelques mètres d'eux avec mon appareil pendant toute la représentation.

Très graphique, la mise en scène des Bonnes par Jacques Vincey crée une esthétique très ciselée où le noir et blanc dessine une géométrie parfaite qui ne tolère que quelques taches de couleur très définies.

Il y a quelques néons blancs sur le décor. Pourquoi, sur TOUTES mes photos, ces néons apparaissent entièrement ou partiellement jaunes, quels que soient les réglages de mon appareil photo ? C'est agaçant.
(preuves ci-dessous)

Si vous avez une explication, vous pouvez me la proposer en laissant un commentaire ici. Reconnaissance éternelle.

 

Aaaaaaah !!!!

 

 

Iiiiiiiiiiirk !!!

 

 

&"%*$£/§#@ !!!
(notez, si cela peut aider, que l'un des néons n'est jaune qu'à moitié)

 

 

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Citons, entre les néons-normalement-blancs, les deux actrices Hélène Alexandridis et Myrto Procopiou. Les Bonnes de Genet mises en scène par Jacques Vincey se jouent jusqu'au 4 février, tout comme Divine d'après Notre-Dame-des-Fleurs de Genet qui commencera demain dans la petite salle.


Ça en jette

 

 

 

À leur répétition d'hier à l'Athénée, Les Bonnes jetaient de l'ombre.

 

Pour voir Hélène Alexandridis, Marilu Marini, Myrto Procopiou et Vanasay Khamphommala dirigé(e)s par Jacques Vincey côté face, c'est dans Les Bonnes de Jean Genet à partir de ce soir.

Bon week-end à tous.

 

Vous ne voyez des carrés blancs ou des croix rouges à la place des photos ?
Activez l'affichage des images dans votre messagerie ou allez sur le blog.

 


"C'est déjà fini, et tu n'as pas pu aller jusqu'au bout"

Deux textes de Genet arrivent à l'Athénée : Divine d'après Notre-Dame-des-Fleurs dont je vous parlais hier et avant-hier qui se jouera dans la petite salle Christian-Bérard, et Les Bonnes qui commencent vendredi dans la grande salle.

Comme la plupart des œuvres de Genet, Les Bonnes créent le malaise : intégrant du théâtre dans le théâtre, utilisant l'outrance et le travestissement dans une ambiance de messe noire très loin de tout naturalisme, le texte vise explicitement à bousculer les spectateurs autant que les conventions théâtrales.
Le style d'écriture change en fonction des scènes, et la pièce ne se plie à aucune des interprétations qu'on aimerait bien lui coller : Genet lui-même expliqua ne pas avoir voulu écrire un plaidoyer sur le sort des domestiques et démentit s'être inspiré du fait divers des soeurs Papin qui assassinèrent leurs maîtresses.

L'histoire est celle de deux domestiques, Claire et Solange, qui visent à tuer leur maîtresse et répètent le meurtre en interprétant leur propre rôle ou celui de leur supposée victime.

Dans leur forme, Les Bonnes relèvent de la tragédie où l'on retrouve la mécanique implacable qui mène à l'issue fatale, mais la détournent : par la cérémonie théâtrale que jouent Claire et Solange d'abord, en donnant la parole à ceux qui ne sont d'habitude que les confidents des royaux protagonistes ensuite (dans sa première version, la pièce s'appelait d'ailleurs La Tragédie des confidentes), et enfin parce que l'issue mortelle n'est pas forcément celle qu'on attendait.

Les Bonnes ont une histoire particulière avec l'Athénée : la pièce y fut créée en 1947 par Louis Jouvet, alors directeur du Théâtre.
Les Bonnes sont revenues à l'Athénée en 2001 avec l'actrice Marilu Marini qui interprétait le rôle de Solange dans la mise en scène d'Alfredo Arias.
Pour cette version 2012 mise en scène par Jacques Vincey, Marilu Marini sera là également, cette fois dans le rôle de Madame. Ceux qui ont vu l'année dernière Le Récit de la servante Zerline la connaissent déjà puisqu'elle interprétait le rôle-titre.

La pièce commencera vendredi et se jouera jusqu'au 4 février. Divine commencera le 17 janvier dans la salle Christian-Bérard jusqu'à la même date.


Et nous pompons toujours !

D'ici quelques jours, l'Athénée accueillera deux textes de Genet : Les Bonnes dans la grande salle, et Divine d'après Notre-Dame-des-Fleurs en salle Christian-Bérard.

Gloria Paris, metteure en scène de Divine, et Daniel Larrieu, son chorégraphe et interprète, répètent à l'Athénée depuis fin décembre, cohabitant ainsi avec l'équipe de La Botte secrète qui se jouait en même temps dans la grande salle.

 

Les pieds de Daniel Larrieu dans les loges de la salle Christian-Bérard

 

Les histoires de chaussures et de coups de pieds aux fesses de La Botte secrète auraient-elles essaimé jusqu'à la salle Christian-Bérard ?

 

 

Toujours est-il qu'une paire de chaussures semble avoir une vraie place dans le spectacle (ici entourée des pieds de Daniel Larrieu et Gloria Paris)

 

Les chaussures de Gloria Paris dans les loges de la salle Christian-Bérard

 

Si vous ne voyez pas les photos, cliquez sur "charger/afficher les images" dans votre messagerie ou allez sur le blog.

 

Les Bonnes de Genet mises en scène par Jacques Vincey commencent vendredi.
Divine d'après Notre-Dame-des-Fleurs de Genet mis en scène par Gloria Paris et chorégraphié par Daniel Larrieu commencera le 17 janvier.

 

 

PS : pour comprendre le titre, il faut avoir lu et relu Tintin - Le Trésor de Rakham le Rouge d'Hergé.


PPS : et voici les résultats de la devinette sur l'opéra-bouffe ! 65% d'entre vous avaient trouvé la bonne réponse : un opéra-bouffe est un opéra humoristique. Attention, ce n'est pas pour autant synonyme d'opéra-comique ! Vous trouverez plus de définitions (de l'opéra-bouffe, l'opéra-comique, l'opérette, l'opéra-ballet sur cet article paru sur le blog en 2009)

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