L'histoire de la pierre blanche

Comme je vous le racontais mardi, un problème de son m'empêche de vous livrer l'interview vidéo de Philippe Sireuil que j'avais commencé à fabriquer pour vous
(je lance d'ailleurs un appel aux âmes charitables : si vous avez un micro avec une prise jack 3,5 mm dont vous n'avez pas usage, pensez à moi, c'est bientôt Noël). 

Voici donc l'entretien quand même, mais par écrit.

Philippe Sireuil est le metteur en scène de Savannah Bay de Marguerite Duras actuellement présenté à l'Athénée.

«—Avant de la découvrir vraiment, j'avais quelques a prioris négatifs sur l'écriture de Duras, comme beaucoup de gens, je crois. Ce n'est pas la première fois que vous montez ses textes, mais aviez-vous également des idées reçues à leur sujet ?
—Oui, bien sûr. Il y a trois décennies d’ici, je disais même de son théâtre qu’il s’agissait d’un "boulevard pour intellos". J’étais venu à Marguerite Duras par certains de ses romans, et j’avais le sentiment que son écriture s’était anémiée au contact de la scène.
Je ne suis toujours pas un "durassien" même si j’ai fait mienne cette magnifique recommandation aux acteurs qu’elle a écrite : "Dites-vous ceci : la pièce n’agira pas tout de suite mais le lendemain pour la plupart  des gens. Faites votre boulot. Laissez la pièce agir à un autre moment. Vous venez proposer quelque chose. Les gens ne peuvent pas dire oui ou non tout de suite. Laissez les tranquilles. Être troublé prend du temps." [Premier état des Recommandations aux comédiens (texte inédit), publié dans les Cahiers de l’Herne]
Avec Marguerite Duras, on est toujours dans une position inconfortable, entre dénuement dramatique et tension émotionnelle.  Comme toutes les grandes écritures, la sienne ne se laisse pas apprivoiser facilement par la scène.
Il y a chez elle un appétit du scandale que je trouve beau : dans Savannah Bay par exemple, l’acte de cette jeune femme qui, alors qu'elle vient de mettre au monde le fruit d'une passion exceptionnelle —un crime, comme l’écrit Duras—, se jette dans les flots pour ne pas survivre à cet amour, pour qu’il ne puisse pas prendre fin dans l’accommodement et le flétrissement, et qui, dans le même temps, laisse derrière elle le fruit de cet amour, un bébé de quelques jours, aux mains d'une fragile destinée. Geste forcément sublime, "forcément coupable" qui contient et contredit dans le même temps la figure généreuse de la maternité.

— La question de la transmission, de l'héritage et du récit est très présente dans Savannah Bay. Est-ce que c'est cette problématique de la mémoire qui est au centre de la pièce ?
— Une dame âgée et une jeune fille se croisent dans un espace que j'ai voulu être un théâtre vide, prenant en compte le fait que la dame âgée a été (et est peut-être toujours) actrice. Une énigme les relie. Une tension les sépare : il y a d’un côté celle qui ne se souvient plus, ou plutôt qui refuse de se souvenir, qui dénie au passé le pouvoir d’expliquer (c’est du moins l’hypothèse que j’ai prise dans la manière de construire le spectacle),  de l’autre celle qui veut savoir, qui veut comprendre, qui demande à l’histoire, aux histoires de lui donner la clé de son identité. La jeune fille, avec opiniâtreté, va conduire la dame âgée à rejouer, à déjouer l’énigme du geste insensé de Savannah, à se réapproprier la douleur d’une histoire qu’elle avait voulu enfouir. Mémoire, transmission, mais aussi quête d’identité.
Comme toujours chez Duras, rien n'est totalement dit, "rien n’est totalement joué" comme elle le fait dire à la dame âgée, tout est dans les filigranes de l’écrit : il faut sans cesse creuser dans les mots et entre eux pour retrouver comment l'histoire s'est tissée au travers des différents possibles de l’écriture, qui use (et ruse) du glissement constant des temps grammaticaux : présent ou passé, futur ou conditionnel ; du passage tout aussi soudain du vouvoiement au tutoiement.
La jeune fille, in fine, comprendra qu’il n’y a pas d’explication à ce qui s'est passé, qu’il ne peut y avoir que des hypothèses ou des incertitudes, qu’il n’y a jamais une vérité, mais des vérités. Là est la beauté de la pièce qui nous renvoie à cette question sans réponse : comment se fonde l'acte d'amour, et comment, au travers de cet acte d'amour, se fonde l’acte de mourir de cet amour.»


La suite de l'entretien avec Philippe Sireuil paraîtra demain sur le blog! Pour voir Savannah Bay et Le Shaga qui se jouent en ce moment à l'Athénée, c'est jusqu'à samedi.


L'Athénée s'étend

L'Athénée ne respecte pas toujours les règles de la proportionnalité : si la petite salle Christian-Bérard où se joue actuellement Le Shaga possède des dessous de scène raccords avec le nombre de spectateurs qu'elle peut accueillir (pas beaucoup, voir ici  et ), les loges dont disposent les artistes qui y jouent sont mieux que celles dévolues à la grande salle.

L'actrice Karine Martin-Hulewicz dans sa loge

 

Une partie des loges attenantes à la salle Christian-Bérard

 

 

En fait, la salle Christian-Bérard étant trop petite pour y aménager des loges, celles-ci ont été installées dans un appartement indépendant situé au dernier étage de l'immeuble attenant à l'Athénée, et qui communique directement avec les coulisses de la salle : les spectateurs fidèles reconnaîtront ainsi en bas de cette photo les magasins Maple, situés en face du Théâtre.

 

L'entrée des loges à droite (la salle Christian-Bérard est sur la gauche)


Il vous reste encore quelques jours pour voir la salle Christian-Bérard côté scène : Le Shaga de Duras s'y joue jusqu'à samedi.

Bon mercredi !


C'était qu'un lion

La semaine dernière, je reproduisais sur le blog le début du texte Savannah Bay de Marguerite Duras, actuellement joué à l'Athénée dans la mise en scène de Philippe Sireuil.

Pour vous montrer la grande variété de son style et parce que jusqu'à très récemment, je faisais partie des béotiens pour qui Duras n'était pas exactement une écrivaine cocasse, voici un extrait du Shaga :

"A : J'avais déjà bien des avantages… une maison, un mari, des enfants, une personnalité, une automobile, une situation, un âge, un nom, deux automobiles, une réputation, un chien, une instruction, un pays, une patrie, un chef, un ciel, une vie, yeux marron, cheveux idem, un vison, une religion, trente ans…
trente et un an un vison… trente-deux ans, trente-trois ans, trente-quatre ans deux visons, trente-cinq ans quatre amants, deux astrakans, trente-six ans, trente-sept ans… trente-sept ans…
à trente-sept ans, je me suis dit : un lion. C'est ce qu'il me faut... Un lion vivant. Normal. Vous pouvez me regarder… Un lion. Je l'ai eu. Il ne disait rien. Il rugissait. Cinq cent quarante-sept kilos. Six kilos de viande par jour. Il faut des moyens, d'accord. Je les avais. (temps)
Eh bien, non... Il est devenu une loque. On nous a séparés. (temps)
Et depuis, toutes choses égales d'ailleurs, même si rien n'a remplacé ce lion, je dis non. C'était qu'un lion. Et sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt.

H :
C'est différent, un oiseau…"

 



Je précise qu'il existe plusieurs versions du Shaga, et que j'ai tiré cet extrait de l'édition parue chez Gallimard.
La version jouée à l'Athénée a été établie par Claire Deluca, mais ce passage précis n'est pas très différent d'un texte à l'autre.


Pour découvrir une Marguerite Duras teintée d'absurde, c'est jusqu'à samedi dans la petite salle de l'Athénée dans la version de Claire Deluca et Jean-Marie Lehec ! Dans la grande salle se joue en même temps Savannah Bay.


Il y a beaucoup de parachutistes qui s'ignorent

Il y a quelques années, en cours de cinéma, un professeur nous montrait à moi et mes camarades le court-métrage Césarée réalisé par Marguerite Duras.

C'est en cherchant ce court-métrage pour vous le montrer que je suis tombée sur une interview de Duras qui m'a semblé plus intéressante : comme son évocation de l'an 2000 frappait par sa clairvoyance (c'est ici sur le blog), ses propos sur l'insolence, le pouvoir ou l'industrie culturelle résonnent toujours pleinement aujourd'hui et témoignent d'un réel engagement.


Pour ceux qui n'auraient pas le temps d'écouter 15 minutes d'entretien, voici quelques morceaux choisis :


"— Est-ce qu'il vous arrive de cultiver l'insolence pour votre plaisir ?
Pour ma santé peut-être. [...]
Dans l'insolence, je trouve tout de même qu'il y a quelque chose de douteux : c'est quand même un dialogue avec l'ennemi.  [...]

Tout le monde se dit marxiste aujourd'hui de nos jours. Même la droite. [...]

Il y a des producteurs [de cinéma] fauchés, ça existe. Mais il y a les producteurs qui produisent les grosses productions du samedi soir, ce que j'appelle le cinéma des travailleurs, celui qui ne se choisit pas, ces salles dans lesquelles les gens s'engouffrent comme on va à l'usine… Ces gens se disent qu'il y a du fric là et qu'ils vont le prendre, qu'ils vont le piquer… C'est déjà un comportement de droite. Vous, ça ne vous intéresserait pas de faire une chose abominable, très très ennuyeuse, uniquement pour gagner de l'argent… [...]
Je ne connais pas les cinéastes en place : toute cette clique commerciale, je ne la connais pas, pensez-vous, j'aurais honte de sortir avec. [...] [Il faudrait instaurer] un mot d'ordre très bref : insultez-les. [...]

Les films sur la guerre m'ont toujours parus suspects : quand vous avez envie de faire un film sur la guerre, c'est ce que vous traînez derrière vous une sorte de nostalgie —peut-être pas de la guerre à proprement parler, mais en tout cas de la violence. [...]
Ces films ont beaucoup de succès, toujours : il y a beaucoup de parachutistes qui s'ignorent. [...]

Elle est tout, notre époque. C'est un chaos. Mais la place de l'insolence y est peut-être moins grande que celle de la colère ou du refus. [...]

Bien sûr qu'il faut se battre contre la tour, contre tout ce qu'elle suppose. Mais on peut se battre avec humour : on peut dire qu'elle penche par exemple. Ce que tout le monde sait. La tour penche. Maintenant qu'elle est faite, on peut bien l'avouer. [...]

Je n'insulte personne dans la rue. Je fais comme beaucoup d'autres femmes par exemple, je déclare que je me suis fait avorter. Dans ce cas-là, on m'insulte dans la rue. Les gens m'insultent parce que j'ose le dire."

 

 

Vous pouvez écouter l'entretien ici ou cliquer ci-dessous, sur l'image :


Je ne connais pas l'origine exacte de l'interview, la description sous la vidéo étant rédigée en vietnamien
(véridique) et rien ne m'ayant permis d'en trouver une autre occurrence. D'après un autre site internet, il s'agirait d'un entretien avec André Halimi réalisé en décembre 1973, mais rien d'autre ne me permet de le confirmer : peut-être serez-vous vous meilleur détective que moi ?


Ce soir, je pars interviewer Philippe Sireuil, le metteur en scène de Savannah Bay : l'entretien paraîtra la semaine prochaine sur le blog ! Savannah Bay et Le Shaga de Duras se jouent jusqu'à samedi prochain. Bon week-end.


Shaga bien ?

Contrairement à la grande salle de l'Athénée qui dispose d'assez de recoins pour que je puisse m'y planquer, la salle Christian-Bérard où se joue Le Shaga ne me permet pas de prendre discrètement des photos pendant une répétition générale ou une représentation (la salle était en photo hier sur le blog).

C'est pour que je puisse tout de même avoir des images du Shaga que Claire Deluca, Jean-Marie Lehec et Karine Martin-Hulewicz ont pris une quinzaine de minutes pour me jouer quelques extraits de la pièce avant une représentation.

Et, parce que par définition en photo on n'a que l'image et pas le son, ils ont interprété le texte de manière assez fantaisiste (oui, plus fantaisiste que le texte lui-même, c'est possible) en reproduisant surtout les expressions du visage et déplacements.

Ils avaient raison, la différence ne se voit pas sur les photos. Mais les voir en se souvenant qu'ils ne disaient pas toujours du Marguerite Duras (voire tout sauf du Marguerite Duras) leur donne un petit côté décalé tout à fait raccord avec l'esprit du Shaga.

 

Karine Martin-Hulewicz

 

Jean-Marie Lehec, Karine Martin-Hulewicz et Claire Deluca

 

Jean-Marie Lehec et Claire Deluca

 

 

Claire Deluca

 

 

Le Shaga se joue jusqu'au 26 novembre, tout comme Savannah Bay mis en scène par Philippe Sireuil. Ce soir après la représentation, vous pourrez rencontrer Philippe Sireuil pour une discussion au foyer-bar.

Bonne journée !


Et mes fresques, tu les aimes mes fresques ?

Deux pièces sont actuellement données en même temps à l'Athénée, car il y a deux salles : la grande, celle que vous avez souvent vue en photo sur le blog, et la petite, que beaucoup ne connaissent pas puisque l'Athénée n'y avait pas donné de spectacle depuis 2008.

 

 

Décorée de fresques en trompe l'oeil du plus pur style euh…. (en fait je ne me prononcerai pas sur le style), la petite salle était d'abord un grenier qui servait à entreposer les costumes et accueillait les répétitions du cours de théâtre Jean Périmony.

C'est Pierre Bergé, directeur de l'Athénée de 1977 à 1981, qui a décidé que ce petit espace sous les combles deviendrait une salle de spectacle principalement destinée au théâtre d'essai : pour en assurer la régie générale, il recruta Dominique Lemaire, aujourd'hui directeur technique adjoint de l'Athénée, pour ce qui devait être son premier poste d'une longue carrière dans ce Théâtre.

Nommée Christian-Bérard en hommage au décorateur de Louis Jouvet (qui dirigea l'Athénée jusqu'en 1951), la petite salle fut vidée de ses costumes qui furent restaurés par les ateliers Yves Saint Laurent : issus pour la plupart des spectacles mis en scène par Louis Jouvet, ils se trouvent toujours aujourd'hui à la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent.

Un fidèle lecteur du blog m'a fait remarquer une bizarrerie concernant cette salle, mais cela sera l'occasion d'un prochain billet.

En attendant, vous pouvez la découvrir en vrai avec Le Shaga de Marguerite Duras mis en scène par Claire Deluca et Jean-Marie Lehec.

Bon début de semaine !


Excusez-moi pour ce contretemps

Lundi, je vous posais une question concernant Le Shaga et Savannah Bay, deux pièces de Duras actuellement jouées à l'Athénée : "Une personne travaillant sur l'un des deux spectacles a étroitement collaboré avec Marguerite Duras de son vivant: de qui s'agit-il ?"

La plupart des répondants ont trouvé : il s'agit de Claire Deluca, metteure en scène et comédienne du Shaga.

Claire Deluca fut une fidèle collaboratrice de Duras : jouant dans la plupart de ses pièces, d'ailleurs mises en scène par Duras elle-même (Le Shaga, La Musica, Eaux et Forêts, Yes peut-être), elle adapta également Hiroshima mon amour au théâtre et participe régulièrement à des colloques et articles consacrés à Marguerite Duras.

Claire Deluca m'a justement communiqué une lettre que lui a envoyée Marguerite Duras en 1974 et dont voici la photocopie :

 

(si vous ne voyez pas l'image, cliquez sur "charger/afficher les photos" en haut de la sous-fenêtre de ce message dans votre messagerie)

 

Je vous retranscris le contenu :

"Marguerite Duras, le 21 juillet 74

Chère Claire,
Impossible de trouver un instant pour vous téléphoner. Je viens de finir le tournage d'India Song.
Ce mot pour vous dire que Le Shaga tient toujours mais qu'il est remis à plus tard. J'ai cru pouvoir faire deux films à la file mais c'est impossible.
Je vous téléphonerai bientôt pour vous demander vos dates de liberté —en fin août —ou septembre —ou octobre.
Excusez-moi pour ce contre-temps.
Très tendrement,
Votre amie Marguerite."



Après avoir créé Le Shaga en 1968 dans la mise en scène de Marguerite Duras, Claire Deluca propose sa version de la pièce dans la salle Christian-Bérard de l'Athénée : c'est en ce moment jusqu'au 26 novembre.

Au même moment, dans la grande salle, vous pouvez découvrir Savannah Bay de Duras mis en scène par Philippe Sireuil.


"Ça commencera comme ça, par une indiscipline"

En faisant quelque recherches sur Marguerite Duras sur le blog, je suis tombée sur une vidéo surprenante : en septembre 1985, Michel Drucker interrogeait Marguerite Duras sur l'an 2000.

Retranscription de la conversation :



Michel Drucker : "Les hommes ont toujours eu besoin de réponses, même si un jour elles s'avèrent fausses ou seulement provisoires. Alors en l'an 2000, où seront les réponses ?


Marguerite Duras
: Il n'y aura plus que ça. La demande sera telle qu'il n'y aura plus que des réponses. […] Je crois que l'homme sera littéralement noyé dans l'information, dans une information constante […]. Ce n'est pas loin du cauchemar. Il n'y aura plus personne pour lire. Ils verront de la télévision, on en dépose partout […].
On ne voyagera plus, ça ne sera plus la peine de voyager : quand on peut faire le tour du monde en huit ou quinze jours, pourquoi le faire? Dans le voyage, il y a le temps du voyage : ce n'est pas voir vite, c'est voir et vivre en même temps. Vivre du voyage, ça ne sera plus possible.
Tout sera bouché ; tout sera investi. Il restera la mer quand même, les océans. Et puis la lecture. Les gens vont redécouvrir ça. Un homme un jour lira, et puis tout recommencera. On repassera par la gratuité, c'est-à-dire que les réponses à ce moment-là seront moins écoutées.
Ça commencera comme ça, par une indiscipline : un risque pris par l'Homme envers lui-même. Un jour il sera seul de nouveau avec son malheur et son bonheur, qui lui viendront de lui-même. Peut-être que ceux qui se tireront de ce pas seront les héros de l'avenir. C'est très possible. Espérons qu'il y en aura encore…
Je me souviens d'avoir lu le livre d'un auteur allemand de l'entre-deux-guerres, je me souviens du titre, Le dernier civil d'Ernst Glaeser. Ça, j'avais lu ça, que lorsque la liberté aura déserté le monde, il restera toujours un homme pour en rêver. Je crois que c'est déjà commencé."

La vidéo est visible sur le site de l'INA ici.


À l'Athénée, deux textes de Marguerite Duras sont actuellement donnés : Savannah Bay dans la mise en scène de Philippe Sireuil et Le Shaga dans celle de Jean-Marie Lehec et Claire Deluca. Bonne journée !


Yes ! (peut-être)

Marguerite Duras est née Marguerite Donnadieu en 1914 au Viêt-Nam. Elle empruntera son pseudonyme de "Duras" à la commune d'où la famille de son père est originaire, dans le Lot-et-Garonne.

De retour en France dans les années 1930, elle y passe son baccalauréat et y publie en 1943 La Vie Tranquille, après que son premier roman La Famille Taneran a été refusé par Gallimard.
Elle intègre la Résistance pendant la seconde guerre mondiale et s'inscrit ensuite au Parti Communiste avant de le quitter dans les années 1950, en même temps qu'Edgar Morin ou Robert Antelme. Elle signe le Manifeste des 121 contre la Guerre d'Algérie et prend part au comité étudiants-écrivains en 1968.

Après les années 1950 où se succèdent de nombreuses publications  (Un barrage contre le Pacifique, Le Square, Moderato Cantabile) et l'écriture du scénario du film Hiroshima mon amour réalisé par Alain Resnais, elle se consacre surtout au cinéma avec les films India Song et L'Homme atlantique.
En 1965, sa pièce de théâtre Des journées entières dans les arbres est l'occasion d'une première collaboration avec Madeleine Renaud.

Les années 1980 sont celles d'un tournant dans son écriture : publiant des chroniques dans Libération (L'Été 80) ou des textes d'abord dits devant un magnétophone ou une caméra (La Vie matérielle, Ecrire), elle écrit aussi des choses plus personnelles où sa vie est exposée directement et de manière plus assumée : La Maladie de la mort et L'Amant en sont les exemples les plus frappants.

Décédée en 1996, elle laisse un corpus considérable composé de pièces de théâtre,de romans, de films et de scénarii : outre les œuvres évoquées ci-dessus, citons Détruire dit-elle, La Douleur, La Pluie d'été, Agatha, Yes peut-être, Le Shaga, La Musica ou Les Enfants.


En ce moment, l'Athénée présente deux pièces de théâtre de Duras : Savannah Bay et Le Shaga.


Une personne travaillant sur l'un des deux spectacles a étroitement collaboré avec Marguerite Duras de son vivant : de qui s'agit-il ?


Si vous avez la réponse, vous pouvez gagner deux invitations pour le spectacle de votre choix le 11 ou le 12 novembre. Pour jouer, envoyez-moi à l'adresse clemence@athenee-theatre.com les éléments suivants :
- votre réponse
- votre nom et prénom
- le spectacle que vous souhaitez aller voir (Le Shaga ou Savannah Bay)
- la date que vous préférez (11 ou 12 novembre)

Les dix premiers gagneront deux invitations pour Le Shaga ou Savannah Bay pour le 11 ou le 12 novembre !

Bonne semaine à tous.


Shagannah Bay

Depuis quelques jours, les équipes de Savannah Bay et du Shaga ont discrètement investi tous les recoins de l'Athénée pour quelques semaines en honneur à Duras.

La grande salle, celle que vous connaissez, accueillera Savannah Bay, tandis que la petite salle, où vous êtes sans doute moins allés (voire pas allés du tout) car elle est moins souvent utilisée, proposera Le Shaga.

Lorsque je suis passée à l'Athénée hier, les deux équipes travaillaient chacune de leur côté en se croisant dans le foyer des comédiens ou au foyer bar.

 

Dans la grande salle, Savannah Bay attendait son filage, qui est la dernière répétition avant la répétition générale.

 

 

Dans la petite salle, Benoît et Carlos réglaient encore quelques détails techniques pour le Shaga.


Savannah Bay de Marguerite Duras mis en scène par Philippe Sireuil et Le Shaga de Marguerite Duras mis en scène par Claire Deluca et Jean-Marie Lehec commencent demain à l'Athénée.

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