

Je ne peux pas le voir en peinture
En réponse à mon article consacré à Camille Claudel, un lecteur, Bernard, me faisait remarquer qu'il aurait été intéressant de publier les photos des sculptures où Camille Claudel a représenté son frère.
Je ne l'avais pas fait pour ne pas parasiter un article où, pour une fois, j'entendais détacher Camille de ses liens avec son entourage masculin, mais exauce aujourd'hui le souhait de Bernard avec cette galerie de portraits de Paul Claudel où l'on va, bien sûr, retrouver les œuvres de sa sœur.
Les portraits de Paul Claudel, qu'ils soient en photo, en peinture ou en sculpture, sont très nombreux. En voici une petite sélection par ordre chronologique :
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Camille Claudel
Mon frère ou Jeune Romain (1882-1883).
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Félix Vallotton
Profil de Paul Claudel, gravure sur bois d’après Jeune Romain de Camille Claudel (1898)
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Camille Claudel
Paul Claudel à trente-sept ans (1905)
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André Rouveyre
Une partie de Portrait de Claudel, quatre dessins exécutés d’après une photographie prise à Prague (1908-1913)
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Jacques-Émile Blanche
Portrait de Paul Claudel (1919)
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Léonard Foujita
Portrait de Paul Claudel (1923)

Bibliothèque du Congrès des États-Unis
Paul Claudel (1927)
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Jean Bernard : Paul Claudel inspiré par les anges (1938)
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Henri Cartier Bresson
Paul Claudel à Brangues (1943)
(c) Magnum Photos
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Henri Cartier Bresson
Paul Claudel dans une rue de Brangues croisant un corbillard (vers 1945)
(c) Magnum Photos
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Henri Cartier Bresson
Paul Claudel assis à son bureau (vers 1945)
(c) Magnum Photos
La liste complète des portraits de Paul Claudel se trouve ici.
L'Échange de Paul Claudel mis en scène par Bernard Lévy se joue encore à l'Athénée jusqu'à samedi !
Ce soir à 18h30, une rencontre aura lieu sur le théâtre de Claudel à la Bibliothèque Nationale de France (site Richelieu)
Le théâtre de Claudel ne laisse jamais indifférent. Ecrivain complexe et pourtant facilement caricaturé, parfois considéré comme élitiste, pourquoi séduit-il les plus grands metteurs en scène et intimide autant qu’il fascine, le public ?
Éléments de réponse avec François Angelier (journaliste), Didier Alexandre (professeur de littérature française et Secrétaire de la Société Paul Claudel), Pascale Alexandre-Bergues (professeur de littérature française), Raphaèle Fleury, (chercheuse) et Jean-Luc Vincent (dramaturge).
L'entrée est libre.
Jeudi 17 mars à 18h30
Bibliothèque Nationale de France - site Richelieu
Auditorium 5, rue Vivienne - 75002 Paris
Métro : lignes 3 (Bourse), 1 et 7 (Palais-Royal), 7 et 14 (Pyramides)
Bus : lignes 20, 29, 39, 67, 74, 85

La journée qui dure jusqu'à ce qu'elle soit finie
Bernard Lévy est le metteur en scène de L'Échange de Paul Claudel. Interview avant une représentation dans la loge maquillage :
— Il existe deux versions de L'Échange : l'une date de 1893, l'autre de 1951. Pourquoi avoir choisi de monter la seconde ?
— Lors de ma première mise en scène du texte, en 1999, j'avais déjà choisi cette seconde version. Je me suis reposé la question en travaillant sur ce spectacle pour l'Athénée, mais j'ai encore une fois préféré cette version.
Je n'aime pas le personnage de Marthe dans la première version : elle est enfermée dans une image de femme un peu soumise avec un aspect lié à la chrétienté qui me semble un peu réducteur. Paul Claudel pensait d'ailleurs lui-même que les moment liés à Marthe étaient un peu ampoulés dans cette version.
Ensuite, je trouve qu'il y a une hétérogénéité de styles plus forte dans la seconde version : le vers claudélien est présent, mais il y a également du texte en prose.
Enfin, dans la seconde version, Louis Laine ne prend pas l'argent offert par Thomas Pollock Nageoire alors qu'il le prend dans la première : les interprétations sont ainsi plus ouvertes.
— Tu avais donc fait une première mise en scène de L'Échange ? Je ne me souvenais pas de cela !
— Si si, il y a douze ans. À l'instar des deux versions du texte de Claudel, le spectacle qui se joue actuellement à l'Athénée est comme une deuxième version de ma première mise en scène : je n'ai pas fait table rase de ma première mise en scène et la questionne dans cette deuxième version. L'espace n'est pas le même aujourd'hui, mais il y a des traces de ma première version : la caravane et l'écran étaient déjà là par exemple, mais pas les murs et le sols. Dans cette seconde mise en scène, le rapport entre naturalisme et théâtre est plus mélangé, alors que la première version était plus didactique, plus distanciée. Là, les signes sont plus entremêlés.
Il y a également beaucoup de choses du texte de Claudel que je n'avais pas comprises à l'époque, ce qui est souvent le cas avec les grands textes. On peut interpréter L'Échange de plein de manières possibles : la polysémie joue son rôle. Beaucoup de nouvelles choses apparaissent aussi car ce ne sont pas les mêmes comédiens et que je suis plus mûr.
Je redoutais de revenir sur un texte que j'avais déjà monté, mais c'est finalement un très bel exercice pour un metteur en scène : il me semblait qu'il y avait quelque chose d'inachevé voire de raté dans la première version. Je suis très heureux de pouvoir revenir là-dessus, d'approfondir ce que je sentais inachevé.
— C'est un échange particulier qui est donné à voir dans la pièce...
— Effectivement, il ne s'agit pas que d'échanger de l'argent contre une femme : il s'agit aussi d'échanger un mode de vie contre un autre, la maman contre la putain…. Ces échanges-là sont des entre-deux : entre les personnages, entre le monde matérialiste et un monde idéaliste... C'est le croisement de tous ces champs-là qui crée du sens.
— Il y a quelques passages du texte qui sont projetés à l'écran pendant la représentation. Pourquoi ceux-là en particulier ?
— La première phrase, qui est présente à l'écran dès le début, est : "la journée qu'on voit clair et qui dure jusqu'à ce qu'elle soit finie !" : c'est comme une épitaphe qui apparaît alors que la journée n'a pas vraiment commencé et qui annonce la mort de Louis. Toute la pièce est l'histoire de cette journée, dans une unité de temps et de lieu.
La deuxième phrase est : "Pause. Louis Laine et Lechy causent entre eux". J'ai projeté cette didascalie car je ne voulais pas voir les personnages chuchoter, c'était un peu fabriqué.
Enfin, on projette le texte de Lechy quand elle s'approche de Louis Laine. Lechy a un trou au moment où elle est troublée par une émotion, exactement comme une actrice en répétition qui ne se souvient plus de son texte lorsque l'émotion juste arrive. Le texte projeté à l'écran vient ainsi à sa rescousse comme le sang qui coule dans les veines ; elle se raccroche au texte projeté sur le ciel.
— Pourquoi Lechy et Marthe portent-elles la même robe à la fin de la pièce ?
—Je me suis imaginé que Marthe révélait beaucoup de choses aux trois autres, qu’elle servait de révélateur. Elle révèle la femme que Lechy cherchait même si elle en a joué des centaines : la séquestrée attend depuis tant d'années... J’imagine qu’elle met la même robe que Marthe pour retenir Louis : elle veut jouer le rôle de Marthe, mais mieux, avec du recul (comme elle le dit d’ailleurs dans la pièce). Je crois que Louis Laine révèle également la femme enfouie en Lechy : il lui révèle l'amour.
Marthe agit également comme un révélateur sur Louis : c’est gênant d'être avec quelqu'un dont on ne peut pas se cacher, car la part intime de soi est tout le temps révélée. Mais c'est Louis qui voit Marthe ainsi... Il veut fuir, y compris dans l'acte ultime de la mort. Pourquoi fuit-il ? Ce n'est pas lui qui meurt mais l'enfant qui est en lui.
Quant à Thomas Pollock Nageoire, Marthe le révèle dans son rapport au monde. Avec Marthe, il se rend compte que le monde n'est pas entièrement quantifiable.
— Pour Claudel, les personnages étaient tous les quatre au même niveau, presque au point de ne former qu'une seule entité. À t'entendre, on a quand même l'impression que le personnage de Marthe occupe une place centrale...
— C'est comme un quatuor : si tu enlèves un instrument, ce n'est plus un quatuor. Marthe serait alors le premier violon… J'ai souvent employé cette image du quatuor avec les comédiens.
— Pourquoi le plateau de L'Échange est-il en pente ?
— Pour plusieurs raisons : d'abord, c'est moins réaliste. Ensuite, lorsque le plateau n'est pas mis en pente, les gens assis au parterre ne voient pas le sol alors que le sol au théâtre me semble être une façon d'ancrer les comédiens : il manque un apport plastique très important lorsqu'on ne voit pas le sol…
— Il y a un univers sonore assez présent dans ta mise en scène...
— Pour moi, la musique est très importante. On a tous une mémoire collective liée aux grands textes : lorsqu'on découvre un "classique", on en a forcément une idée ou des images car on en a entendu parler avant d'une manière ou d'une autre. Dans mes mises en scène, j'essaie justement de me détacher de ces projections sur le texte : voilà pourquoi je lis les textes en écoutant de la musique. Cela me permet de rêver sur les mots avec la musique et de me plonger dans une atmosphère particulière.
L'Échange se joue jusqu'à samedi ! Bonne journée.

Une visite sonore de l'Athénée
L'Athénée accueille de nombreux collégiens, lycéens et étudiants lors de ses représentations.
Certains d'entre eux ont également la chance de pouvoir participer à des ateliers, d'assister à des répétitions ou de venir rencontrer les artistes.
Jeudi dernier, une classe du lycée Simone Signoret à Vaux le Pénil est venue voir L'Échange de Paul Claudel.
Dans l'après-midi, les élèves ont pu discuter avec Jean-Luc Vincent, assistant à la mise en scène de L'Échange, de sujets aussi divers que la façon dont on monte concrètement une pièce, la différence entre naturalisme et symbolisme, les petits usages du théâtre, Paul Claudel ou encore les métiers de la scène.
Comme il leur restait un peu de temps avant de partir manger, Alexandra, qui s'occupe des relations avec le public scolaire à l'Athénée, leur a proposé une petite visite improvisée du théâtre. La ballade a duré presque trois quarts d'heure que je vous ai condensés dans une petite bande-son de trois minutes. Bonne écoute !
Si vous n'entendez rien, cliquez ici pour aller sur YouTube
Cet atelier a été rendu possible par Tick'Art, un dispositif de la région Île-de-France qui facilite l'accès des lycéens à la culture.
Il y a un peu plus d'un mois, je vous racontais un autre atelier organisé par Tick'Art où l'acteur Bruno Putzulu était venu rencontrer des lycéens de Saint-Denis : c'est ici.
L'Échange de Paul Claudel mis en scène par Bernard Lévy se joue jusqu'à samedi !
Merci aux élèves du lycée Simone Signoret, à Madame Lemaire, à Alexandra Maurice, à Tick'Art et à Jean-Luc Vincent.

L'art de prendre des photos en concert
Le concert de Karine Deshayes et Hélène Lucas - samedi 12 mars 2011 à 15h
L'Athénée propose quelques concerts le samedi à 15h en partenariat avec l'Orchestre de Paris et la Fondation Royaumont : les artistes n'étant là que pour un après-midi, en parler sur le blog est toujours un peu difficile car les délais sont très courts.
Avant-hier, je ne voulais pas déranger Karine Deshayes et Hélène Lucas pendant leur raccord (ou petite répétition). Je ne voulais non plus déranger les spectateurs pendant le concert avec le bruit de mon appareil photo.
Voici donc quelques photos volées prises de la galerie (ou poulailler, les fauteuils situés tout en haut) et de l'extérieur de la salle par l'entrebâillement d'une porte mal fermée.
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Le piano a été placé dans le décor de L'Echange.
Ici, Hélène Lucas (à gauche) et Karine Deshayes (à droite) saluent à la reprise de l'entracte.
Photo prise de la galerie.
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Hélène Lucas, sa tourneuse de page et Karine Deshayes entre deux airs.
Photo prise de la galerie.
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Karine Deshayes boit de l'eau entre deux airs.
Photo prise de la galerie.
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Hélène Lucas et Karine Deshayes pendant le concert.
J'ai pris la photo de l'extérieur de la salle, dans l'entrebâillement d'une porte (porte visible sur cette photo dans les deux parties marron qui encadrent les musiciennes)
Le café-débat sur la notion d'échange - samedi 12 mars 2011 à 17h30
Après le concert de Karine Deshayes (chant) et Hélène Lucas (piano) a eu lieu un café-débat.
Réunissant Bernard Lévy (metteur en scène de L'Échange), et Frédéric Lordon (économiste), la discussion portait sur la notion d'échange.
Qu'est-ce que l'échange ? Qu'échange t-on ? Quelle est la différence entre échange économique et échange symbolique ? Quelle est la nature spécifique de l’échange dans la pièce éponyme de Claudel ?
Pour avoir quelques réponses à ces questions, n’hésitez pas à aller écouter la captation sonore du débat qui sera mise en ligne sur le site de l’Athénée d’ici quelques jours.
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De gauche à droite :
Bernard Lévy, metteur en scène de L'Echange
Lola Gruber, qui écrit les programmes à l'Athénée et modérait la rencontre
Frédéric Lordon, économiste
L'Échange de Paul Claudel mis en scène par Bernard Lévy se joue jusqu’à samedi ! Bon début de semaine.

Entre femmes
À l'Athénée, L'Échange de Claudel se joue tous les soirs. Et chaque soir, l'équipe reproduit les mêmes rituels : tester le son, vérifier les lumières, revoir son texte, accrocher les costumes dans les loges, balayer le plateau, préparer les accessoires, s'habiller…
Aujourd'hui, quelques images volées dans la loge où Aline Le Berre et Audrey Bonnet, comédiennes dans L'Échange, se maquillent avant la représentation.
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Audrey Bonnet (Marthe)
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Les mains d'Aline Le Berre (Lechy)
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Audrey Bonnet (Marthe)
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Aline Le Berre (Lechy)
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Les mains d'Aline Le Berre (Lechy)
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Audrey Bonnet (Marthe)
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Les explications destinées à aider les comédiennes à se maquiller
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Liza Winzelle, habilleuse, aide Aline Le Berre à se maquiller
L'Échange de Paul Claudel se joue dans la mise en scène de Bernard Lévy jusqu'à la fin de la semaine prochaine ! Bon week-end.

Une lettre de Paul Claudel
Comme je vous le disais lundi, je suis en train de lire le témoignage* d'un ancien Administrateur de la Comédie Française, Pierre-Aimé Touchard.
Je vous ai déjà livré la retranscription d'un bout de conversation tenue lors d'un déjeuner entre Claudel, sa femme et la comédienne Marie Bell.
Voici aujourd'hui le passage où Pierre-Aimé Touchard évoque la lettre que lui a envoyée Claudel après la générale du Soulier de Satin à la salle Richelieu:
« La représentation se passa dans les meilleures conditions. Le lendemain, je reçus de Claudel l'émouvante lettre que voici, et qui montre à quel point le poète était demeuré sensible aux moindres trahisons de son texte :
Le 14 avril 49
Mon cher administrateur,
Vous devez être satisfait du beau succès de la soirée d'hier. C'est à toute cette admirable troupe du Théâtre Français, que vous avez reprise en main avec patience et art, "comme un pêcheur longanime", qu'en revient tout l'honneur. C'est elle, animé par un esprit d'enthousiasme touchant, qui a donné toute entière, avec quelle foi, quel talent, et, si je parle d'artistes consacrés comme les protagonistes, je dirai quel génie ! Je vous prie de les remercier tous. Dites-leur que le vieux poète, en votre personne, les serre tous dans ses bras.
Un détail, mais qui m'a bouleversé :
Un seul grain, dit don Camille, et tout le lien de la prière est rompu (1)
m'a empêché d'aller vous trouver hier à la représentation.
Pardonnez-moi. Je n'étais plus en possession de moi-même, et c'est à peine si j'ai entendu la fin du drame.
Croyez-moi, de tout cœur, votre bien affectionné et reconnaissant.
Paul Claudel
(1) Note de Pierre-Aimé Touchard : le texte de cette phrase avait en effet été dénaturé à la représentation. »
Nous reparlons de Pierre-Aimé Touchard sur ce blog, car il évoque également Louis Jouvet, ancien directeur de l'Athénée, et son décorateur Christian Bérard.
Concernant Claudel, son Échange se joue à l'Athénée dans la mise en scène de Bernard Lévy jusqu'à la fin de la semaine prochaine.
* Pierre-Aimé Touchard, Six années de Comédie Française. Mémoires d'un administrateur, Éditions du Seuil, Paris, 1953.

Vous ne savez pas quoi faire de votre samedi ?
Ce samedi, l'Athénée vous a concocté un emploi du temps béton :
À 15h, vous pourrez venir écouter la mezzo-soprano Karine Deshayes, qui a été consacrée artiste lyrique de l'année lors des dernières Victoires de la Musique Classique.
Je vous propose de l'écouter ici dans un air de Cendrillon de Rossini :
Samedi, elle chantera des œuvres de Poulenc, Fauré et Duparc accompagnée au piano de Hélène Lucas dans le cadre de la résidence de la Fondation Royaumont à l'Athénée.
Après le concert, à 17h30, vous pourrez participer à un débat sur le thème de la valeur de l'échange, avec Bernard Lévy (metteur en scène de L'Échange) et Frédéric Lordon (économiste).
Et après le café-débat, à 20h, vous pourrez assister à une représentation de L'Échange de Paul Claudel mis en scène par Bernard Lévy.
Vous pourrez dormir dimanche.
Bon mercredi !

Je suis la fille de ma mère
Petit jeu en cette Journée internationale pour le droit des femmes et alors qu'une pièce de Paul Claudel se joue à l'Athénée : allons lire les articles consacrés à Paul et Camille Claudel dans l'encyclopédie Universalis.
Dans l'article consacré à Paul Claudel, aucune mention de sa soeur Camille. Sur l'article consacré à Camille Claudel en revanche, son lien de parenté avec Paul ainsi que sa liaison avec Rodin sont indiqués dès l'introduction.
Continuons donc avec l'article sur Rodin, dont j'espérais qu'il cite Camille Claudel avec qui, en plus d'avoir été son amant, il a beaucoup collaboré : mais pas un mot. Et ce alors que la moitié de l'article sur Camille Claudel porte sur sa relation avec Rodin.
L'encyclopédie libre Wikipédia fait un peu mieux en citant Camille Claudel dans ses articles consacrés à son frère ou à Rodin, même si elle n'est mentionnée que dans le cœur du texte —alors qu'encore une fois, l'article concernant Camille Claudel la définit dès l'introduction par ses liens avec Paul Claudel et Rodin.
Rien de si surprenant lorsqu'on sait que dans les médias français, les femmes sont plus souvent citées avec un lien de parenté que les hommes : une femme sur cinq serait ainsi définie comme "fille de", "mère de", "sœur de" ou "femme de" (etc.) alors que ce ne serait le cas que pour un homme sur vingt-cinq*.
Voilà pourquoi aujourd'hui nous ne parlerons pas de Paul, même si on le joue à l'Athénée avec L'Échange, mais de Camille Claudel dont voici quelques reproductions de sculptures :

Camille Claudel - La Valse

Camille Claudel - L'Âge mur

Camille Claudel - La petite Châtelaine

Camille Claudel - L'Abandon

Camille Claudel - La Vague
Ce soir après la représentation de L'Échange, vous pourrez rencontrer l'équipe artistique du spectacle au foyer-bar.
Bon 8 mars et à demain !
* Source : association des femmes journalistes. http://www.femmes-journalistes.asso.fr/actu/actu_communique-juillet2001.htm.
On peut également lire le rapport de Michèle Reiser sur la représentation de la femme dans les médias.

"Dis-le, à l'administrateur, que tu trouves que je suis une sainte!"
Je suis en train de lire un livre* écrit par un ancien Administrateur de la Comédie Française, Pierre-Aimé Touchard, et dont l'objet est précisément de relater ses six années passées à la tête de la Maison de Molière.
Il se trouve qu'en 1949, la Comédie Française reprenait Le Soulier de Satin de Paul Claudel, dont la pièce L'Échange se joue actuellement à l'Athénée.
Pierre-Aimé Touchard raconte le déjeuner où il prit part avec Claudel, sa femme et Marie Bell, qui interprétait le rôle de Dona Prouhèze. Claudel avait alors quatre-vingt-un ans.
«Il y était naturellement question du Soulier de Satin, et Marie Bell venait de raconter avec quel enthousiasme le vieux poète avait salué sa création de Dona Prouhèze :
— Figurez-vous qu'il me disait que j'étais une sainte.
— Qu'est-ce que tu dis?, demanda Claudel que sa surdité empêchait d'entendre.
— Dis-le, à l'administrateur, que tu trouves que je suis une sainte, hurla Marie.
— Mais bien sûr, tu es une sainte! confirma Claudel.
— Tout de même, tu charries! répondit modestement l'actrice.
— Qu'est-ce que tu dis? redemanda Claudel, qui n'entendait toujours pas.
Alors, Madame Claudel, se penchant discrètement vers son mari, traduisit avec calme :
— Mademoiselle Marie dit que vous exagérez. »
Plus loin, Pierre-Aimé Touchard recopie la lettre que Claudel lui a envoyée après la reprise triomphale du Soulier de Satin. Je vous la livrerai dans les jours qui viennent.
L'Échange de Claudel mis en scène par Bernard Lévy se joue jusqu'au 19 mars ! Bon début de semaine.
* Pierre-Aimé Touchard, Six années de Comédie Française. Mémoires d'un administrateur, Éditions du Seuil, Paris, 1953.
Merci à la personne qui me l'a prêté.

'+ d'infos sur athenee-theatre.com'Clemence_Herout1.jpg)
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