Soutenez la création d’un spectacle!

Le spectacle Vénus se jouera à l’Athénée d’ici quelques mois et a besoin de vous!


Mécène : personne qui, par souci de favoriser le développement des lettres, des arts et des sciences, aide ceux qui les cultivent en leur procurant des moyens financiers ou des travaux, éventuellement en instituant et finançant des prix.


Hottentot : relatif à un peuple pasteur et nomade de l'Afrique du Sud-Ouest. L’origine du mot est assez discutée : si elle est hollandaise, il s’agirait d’un sobriquet donné par les colons et venant du mot “bègue” pour caractériser la langue parlée par ce peuple.


Stéatopyge :
caractérisé par un développement exagéré du tissu adipeux des fesses.
Femme aux fesses énormes.


Vénus : principe de l’amour.
Femme considérée comme le type de la beauté féminine à une époque et un endroit donnés.
Prostituée.


Macronymphie : chez la femme, élongation des petites lèvres.


Suzan-Lori Parks :
écrivaine américaine née en 1964, lauréate du prix Pulitzer en 2002 pour Topdog/Underdog joué à l’Athénée en 2007.
Depuis 2008, est auteure en résidence au Public Theater de New York.


Vénus : pièce écrite en 1996 par Suzan-Lori Parks et s’inspirant de l’histoire vraie de Saartjie Baartman dite “la vénus hottentote”.

Née en Afrique du Sud à la fin du 18e siècle
, la jeune femme présente deux particularités physiques: elle est stéatopyge et macronymphe. Emmenée à Londres vers 1810, elle y est exhibée comme une bête de foire. Elle subit ensuite le même sort à Paris où elle se retrouve également objet d’études au Muséum. Tombée gravement malade, elle décède en 1816 à l’âge estimé de vingt-six ans.

Après son décès, son corps est transmis au Muséum où il est entièrement moulé, disséqué et plongé dans du formol. Son moulage et son squelette seront exposés dans trois musées parisiens jusqu’en 1974. Après une bataille juridique de longue haleine, sa dépouille est enfin rendue à l’Afrique du Sud en 2002 où elle est inhumée.


La pièce Vénus sera jouée à l’Athénée en mars 2010 dans une mise en scène de Cristèle Alves Meira de la compagnie Arts-en-Sac, déjà créatrice des Nègres de Genet joué en 2007 à l’Athénée.

Pour l’accueil de Vénus à l’Athénée en mars prochain, l’Athénée et Arts-en-Sac lancent un projet inédit et vous associent à la création du spectacle: pour vous engager dans la production de Vénus et aider à diffuser l’histoire de cette femme symbole de l’aliénation et du trafic humain, devenez mécène du spectacle!

Tous les détails sont sur le site de l’Athénée: vous pouvez devenir mécène à partir de 15 euros (soit 5 euros après déduction de l’impôt sur le revenu). Les donateurs bénéficieront de nombreux avantages liés au spectacle en fonction du montant de leur don.

À bientôt parmi les amis de Vénus !

Bonne journée à tous.


Agatha Ruiz de l'Athénée

Entretien avec Agatha Ruiz de la Prada

19h30, j'ai rendez-vous avec Agatha Ruiz de la Prada avant la représentation à laquelle elle assiste : j'ai peur de ne pas la reconnaître mais elle se détache rapidement de la foule dans sa tenue rose et rouge -et comme pour ma part, j'étais en turquoise, j'imagine qu'elle n'a pas eu trop de mal à me trouver non plus.

Agatha Ruiz de la Prada a créé les costumes des ouvreurs cette année à la demande de l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet et sur une idée d'Amandine Gougeon, directrice du développement : d'après elle, les créations d'Agatha étaient faites pour l'Athénée (à moins que ce soit l'Athénée qui était faite pour Agatha) et à écouter l'enthousiasme et la gentillesse de la créatrice espagnole on se dit que ces deux-là se sont effectivement bien trouvés.


"_ C'est la première fois que vous concevez des costumes d'ouvreurs pour un théâtre, qu'est-ce qui vous a plu dans l'Athénée ?
_ J'aime énormément ce théâtre : il est tout petit et d'une beauté incroyable… D'ailleurs, on sent que Pierre Bergé, le collaborateur d'Yves Saint Laurent, a été le directeur de cette maison pendant longtemps : normalement, il y a toujours un cendrier un peu moche ou une machine à café poussiéreuse quelque part. À l'Athénée, rien n'est laid! Je suis vraiment tombée amoureuse de ce théâtre et également de sa communication, très réussie, toute en noir et blanc avec juste ce point fuschia… Et Amandine Gougeon a été tellement agréable! De toutes façons, après avoir découvert et visité le théâtre avec Patrice Martinet, le directeur, j'étais prête à dire oui à tout ce qu'ils me demanderaient!

_ Comment avez-vous travaillé pour créer les costumes des ouvreurs et ouvreuses?
_ Je voulais vraiment réfléchir à ce que l'Athénée représentait, et pour moi ce théâtre est le symbole de l'alliance entre classicisme et modernité, du jeu entre ancien et nouveau. Je ne suis pas là pour faire du commerce, ce n'est pas la question, mais bien pour mettre ce théâtre en valeur sans pour autant oublier le côté pratique de ces vêtements : les ouvreurs et ouvreuses sont des gens qui travaillent, donc il fallait que je leur conçoive des vêtements faciles à porter afin que cela soit à la fois fonctionnel et gai…

© Gérard Cambon
Agatha Ruiz de la Prada et Aline, directrice de salle. En second plan, de gauche à droite : Anne, Jean-Damien, Lucas, Janie, Mahmadou, Juliette, Hugo, Xavier et Amanda.

_ Amandine Gougeon me disait qu'elle avait pensé à vous tout de suite et que vous êtes la seule créatrice qu'elle ait contactée cette année…
_ C'est gentil! C'est vrai que le point fuschia que l'on retrouve dans tout le graphisme de l'Athénée se rapproche vraiment du cœur rose qui apparaît dans beaucoup de mes créations depuis le début. Et il faut dire aussi que j'ai déjà travaillé pour le monde du théâtre, en créant des costumes pour des spectacles : par exemple, j'ai conçu les décors et costumes du Chat Botté qui commence le 18 mars à l'Opéra de Lausanne -on organise d'ailleurs une soirée de gala en faveur de l'enfance le jour de la première, juste avant le spectacle. Ne plus faire que des costumes pour des spectacles, cela me plairait!

_ Vous venez souvent à l'Athénée?
_ J'aimerais venir davantage, mais je suis souvent en voyage… J'aime aller au théâtre de toutes façons, mais mes créations sont comme mes enfants, je veux les voir régulièrement et vérifier que tout cela marche bien."


Je dois tout de même mettre fin à un mythe sur la beauté absolue de l'Athénée : en cherchant bien, on peut y trouver une photocopieuse même pas décorée à la feuille d'or, et aussi une tasse avec la tête de Marge Simpson.

En attendant Godot
de Samuel Beckett dans une mise en scène de Bernard Levy est en répétition à l'Athénée depuis la semaine dernière :  les représentations commencent le 5 mars! Bon mardi.


À l'insu de notre plein gré

Ce fut donc hier soir la première soirée sans publicité chez les chaînes de télévision publiques. Je ne sais pas ce que cela a donné, je n'ai pas la télé.

Ce qui est plus amusant en revanche, c'est que le spectacle prend une direction inverse et que le mécénat a tendance aujourd'hui à apparaître à la pointe de la gestion culturelle pour toute direction qui se respecte.

Précisons que le mécénat, qui est un soutien apporté en théorie sans contrepartie, se différencie du sponsoring, qui est clairement un investissement publicitaire. Dans les faits, il est évident qu'une entreprise ne devient pas mécène par unique philanthropie mais bien parce qu'elle espère aussi pouvoir communiquer sur la question : si le mécénat se signale de manière discrète dans les théâtres, il apparaît bien plus clairement sur les supports de  communication de l'entreprise.
Rien à voir donc, ou presque, avec le sponsoring qui consiste à s'afficher largement sur un événement, et vous vous doutez bien que les matchs de la coupe du monde de football sont davantage concernés par la question que les pièces de théâtre qui se jouent cinq fois devant six cents personnes par représentation -et encore, là on parle des chiffres de l'Athénée, car il y a des structures moins bien loties.

Nous avions déjà évoqué le travail effectué par Amandine Gougeon, directrice du développement à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet : je ne reviendrai donc pas sur la question éthique de l'apport de fonds privés à une culture subventionnée. J'espère seulement pour l'audiovisuel public que la gestion financière de la suppression de la publicité sera conduite avec justice -et également plus de précision, si vous voyez ce que je veux dire. Parce que côté spectacle vivant, au-delà du plaisir de collaborer avec certaines entreprises sur des projets à long terme, précisons que les structures culturelles ne se sont pas lancées dans le mécénat par philanthropie non plus.

Avènement (ou retour, c'est à voir) d'une télévision dépendant complètement de l'État avec tous les risques que cela comporte en matière de culture officielle mais aussi les avantages que cela représente pour votre temps de cerveau disponible d'un côté, spectacle vivant à qui l'on explique qu'il faut aller chercher son argent ailleurs de l'autre, cherchez l'erreur.

Bon mardi!


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