L'homme à tout (bien) faire

Manu est un technicien polyvalent : non content d'assurer la régie générale de La Botte secrète, il fait aussi quelques passages remarqués sur scène pendant le spectacle, qu'il soit de fluo chaussé ou chargé d'une machine à fumée.

Manu travaille pour la compagnie des Brigands depuis plusieurs années : si vous avez vu Au Temps des croisades en 2009, vous le connaissez déjà pour ses apparitions remarquées avec une perceuse ou avec une armure (et des clés).

La situation n'est pas banale, car on voit rarement des membres de l'équipe technique apparaître sur scène hormis pour déplacer un élément de décor. Manu a cependant l'air de trouver que tout est normal : "on est au service du spectacle. Si mon apparition doit en faire partie, je le fais sans me poser de question".

Manu sur la scène de l'Athénée, avant une représentation de La Botte secrète


Comment s'est-il retrouvé là ? "Pendant une répétition d'Au Temps des croisades, je suis allé sur scène pour mettre une vis. Le metteur en scène a voulu le garder pour le spectacle et j'ai mis une vis chaque soir".
(ceux qui ont vu Au Temps des croisades et qui se souviennent du joyeux bordel qui y régnait ne seront sans doute pas étonnés)

Et pourquoi le retrouve t-on sur scène dans La Botte secrète ? "Parce que les Brigands, s'ils changent de metteur en scène chaque année, aiment faire des clins d'oeil aux spectacles précédents"



Pour apercevoir Manu en action entouré de la troupe des Brigands, il vous reste quatre jours : ce soir, vendredi, samedi et dimanche.
Ensuite l'Athénée accueillera deux textes de Genet : Les Bonnes et Divine !

Le blog fait une pause demain et reprendra lundi. La devinette sur l'opéra-bouffe restera active sur le blog jusque-là (pour y répondre, cliquez ici et regardez à droite).


Bon week-end !


On est gâtés

Pierre Guillois est le metteur en scène de La Botte secrète actuellement à l'Athénée.
Rencontre un soir de représentation dans un bureau du Théâtre :



«— La compagnie des Brigands fait appel à un metteur en scène différent chaque année : pour La Botte secrète, c'est toi qu'ils ont choisi. Comment s'est passée la rencontre avec la compagnie ?
—J'ai rencontré Loïc Boissier, directeur des Brigands et du Théâtre Musical de Besançon, à l'occasion d'un opéra-bouffe dont j'avais réalisé la mise en scène, Abu Hassan de Carl Maria von Weber. Il connaissait déjà mon travail pour avoir vu ma mise en scène du Ravissement d'Adèle de Rémi de Vos au Théâtre du peuple de Bussang dont j'étais le directeur. De mon côté, je connaissais déjà Les Brigands pour avoir vu Toi c'est moi et Phi-Phi.

— Tu montes donc aussi bien des spectacles lyriques que théâtraux : mettre en scène des spectacles musicaux occasionne t-il une difficulté particulière, en particulier dans le travail avec les chanteurs ?

— Effectivement, je travaille aussi bien en théâtre qu'en musique, et ce depuis longtemps. Je ne ressens pas de difficulté particulière sur les spectacles musicaux : il y a de toutes façons toujours des difficultés à diriger des acteurs, car il n'y a pas un chanteur ou un acteur qui ressemble à un autre. À Bussang par exemple, je collaborais aussi bien avec des amateurs qu'avec des professionnels… Et pour La Botte secrète, il  y avait beaucoup de travail à réaliser "sur l’acteur" étant donné que le livret comporte de véritables scènes de vaudeville parlées.
Le terme "direction d'acteurs" est d'ailleurs une vilaine expression. On ne dirige pas des acteurs, on est là pour dialoguer avec eux et les guider. On échange sur le sens de la pièce, sur ce qu'on joue, sur ce qui se passe entre les partenaires, sur les enjeux... La direction d'acteurs consiste à maintenir tous ces éléments ensemble.

— Tu parlais des scènes de vaudeville de La Botte secrète : c'est vrai qu'il y a quasiment autant de passages parlés que de passages chantés...
— Oui, les passages parlés sont conséquents, et offrent de véritables scènes de théâtre : c'est la spécificité de cet ouvrage. Comme tout vaudeville, les situations à un moment donné dégénèrent et la mise en scène doit être là pour faire passer toute la folie du livret et la fantaisie de la musique.

— La scénographie est très particulière également, puisque la boutique de chaussures où se déroule La Botte secrète est en sous-sol...
— Avec Florence Évrard qui a conçu la scénographie, on souhaitait mettre l'accent à la fois sur les chaussures et des jambes qui marchent. Cet opéra-bouffe est une œuvre potache ; je souhaitais y mettre du sel en mettant en avant le fétichisme autour de la chaussure qui est présent dans l’ouvrage ; les jambes des passantes que l'on aperçoit par le soupirail participent de cet érotisme.
Florence a conçu une scénographie qui permet de représenter à la fois la rue et la boutique, mais qui permet également de dégager une seconde scénographie pour la revue qui succède à La Botte secrète en deuxième partie de spectacle. Cette boutique en sous-sol avec des soupiraux qui donnent sur la rue et un escalier en colimaçon pour s'y rendre est une réponse très pratique à nos questionnements de départ.

— C'est aussi une scénographie très sombre alors que l'œuvre est légère…

— Dès mes premières discussions avec Florence Évrard qui a conçu la scénographie et Axel Aust qui assure les costumes, nous avons décidé de ne pas aller dans le sens des couleurs pastels et de la légèreté souvent associées à l'opérette. De même, nous ne souhaitions pas que l'œuvre soit datée, d'où le choix d'une boutique de chaussures de luxe stricte et classe, car le luxe est très intemporel : je crois qu'il n'y a pas tant de différences entre une boutique Chanel aujourd'hui et il y a trente ans.
Nous avions la volonté de donner un peu de tenue à une œuvre annoncée comme légère —d'ailleurs, pourquoi la légèreté serait-elle rose plutôt que grise ? Ce n'est pas pour autant que le spectacle est sombre, tout au contraire : la fantaisie et l'éclat apparaissent grâce au jeu des acteurs.

— Tu évoquais la revue de la deuxième partie du spectacle : j'imagine que la mise en scène de cette suite de chansons prises dans différentes œuvres a dû être un exercice compliqué…
— Nous avons beaucoup collaboré avec Christophe Grapperon, le directeur musical, et Loïc Boissier, le directeur des Brigands, sur la composition de l'ensemble et le choix des airs. Quant à la réalisation elle-même, je dois beaucoup à Stéphanie Chêne qui a assuré toute la partie chorégraphique.
La difficulté était de trouver une cohérence de l’ensemble sans pour autant essayer de raconter une histoire qui aurait lié les morceaux de manière artificielle : c’est un art particulier que celui du cabaret, de la revue, qui a ses propres règles, qui a besoin de la virtuosité des interprètes ; avec ces dix-sept chanteurs, j’ai été gâté.»



Pour voir La Botte Secrète, vous avez jusqu'au 8 janvier! Bonne journée.

 

(et bonne année bien sûr !!!)


Oui oui oui oui oui oui oui oui ouiiiiiii

Les chanteurs lyriques s'échauffent systématiquement avant d'entrer en scène : dans un petit théâtre comme l'Athénée où les loges sont petites et proches des bureaux, quelques pas avec un micro peuvent facilement capter des vocalises qui s'entremêlent à travers les portes des loges pendant qu'un instrumentiste profite du piano et que les techniciens assurent les derniers réglages…

La bande-son dure une minute. Si vous n'entendez rien, cliquez ici.

 

Pour entendre les chanteurs dans leur rôle de La Botte secrète, vous avez jusqu'au 8 janvier.
D'ici-là, bon nouvel an et à mardi !


Bouffons

La Botte secrète actuellement à l'Athénée est définie comme un opéra-bouffe. Mais qu'est-ce que cela signifie, exactement ?


L'opéra-bouffe est
- un opéra où alternent passages chantés et passages dansés
- un opéra où il était permis de manger dans la salle lors des représentations
- un opéra humoristique
- une opérette en quatre actes


Pour répondre à la question, cliquez ici pour cocher une réponse dans la colonne "sondage" à votre droite.

 

Indice : j'avais fait une tentative de distinction sur le blog entre opérette, opéra-bouffe et opéra-comique à l'occasion des représentations d'Au Temps des Croisades à l'Athénée il y a deux ans.

Bonne chance !


La Botte secrète
se joue jusqu'au 8 janvier.


À toutes pompes

 

 

La Botte secrète se déroule dans un magasin de chaussures de luxe où tous les clients sont assurés de trouver chaussures à leur pied (quand elles sont à leur taille).

 

 

 

En coulisses, les artistes et techniciens de La Botte secrète arborent toutes sortes de souliers, avec une mention spéciale aux chaussures panthère de Charlotte et aux mocassins croco de Nicolas.

 

 

 

La Botte secrète dirigée par Christophe Grapperon et mise en scène par Pierre Guillois se joue jusqu'au 8 janvier.

 


Rencontre au sommet

J'espère que vous avez passé un bon Noël/un joyeux Hanouka/un chouette week-end (rayez les mentions inutiles).

Jeudi dernier, Philippe Cathé, musicologue, venait à l'Athénée pour présenter La Botte Secrète à ceux qui souhaitaient en savoir davantage sur l'œuvre de Claude Terrasse et Franc-Nohain.

Dans une salle Christian-Bérard bondée jusqu'aux marches (note pour plus tard : arriver à l'heure pour espérer être assis dans un fauteuil), Philippe Cathé a commencé par distinguer deux genres comiques en se référant au Roman comique de Scarron, qui relève du burlesque, et au Lutrin de Boileau, qui se rattache à l'héroï-comique.

Si l'on suit la distinction de Charles Perrault qui explique que l'on rit de la "disconvenance de l'idée qu'on donne d'une chose avec son idée véritable", le burlesque consisterait à "parler bassement des choses les plus relevées", c'est-à-dire de traiter un sujet noble (la royauté, la divinité, etc.) de manière vulgaire ou ridicule.
À ce stade et en guise d'illustration, Philippe Cathé s'est lancé avec beaucoup de panache dans une interprétation convaincue d'un extrait de Pâris ou le bon juge de Claude Terrasse où Vénus, Junon, Minerve et Pâris n'ont de divin que le titre.

De l'autre côté, le genre héroï-comique se reconnaîtrait dans sa tendance à parler "magnifiquement des choses les plus basses" : c'est à cette définition du comique qu'appartiendrait La Botte secrète de Claude Terrasse.
Partant d'une histoire assez triviale, à savoir la recherche d'une chaussure de taille, Claude Terrasse et son librettiste Franc-Nohain créent un opéra-bouffe ambitieux en affectant de prendre leur sujet de départ très au sérieux.

Claude Terrasse résume les choses ainsi : "Un déguisement de carnaval, des folles paroles accompagnées d'une folle musique écrite sans souci de forme, la recherche du rire pour le rire : voilà le burlesque ;
un vêtement trop correct, un quadrille écrit classiquement sur des thèmes sévères, un préjugé étalé avec tant de complaisance que son mensonge apparaît à ceux qui le professent : voilà le bouffe"

Musicalement parlant, si l'on étudie l'agencement des tonalités ou les glissements chromatiques, La Botte secrète a été ostensiblement écrite de manière classique.
Ayant donné l'apparence d'une œuvre musicalement très sérieuse, Claude Terrasse bouscule ensuite les codes musicaux de manière presque imperceptible, en décalant par exemple le rythme du texte par rapport au rythme de la musique —ici, Philippe Cathé nous a encore fourni lui-même une illustration maison très parlante que je ne peux malheureusement pas reproduire ici.
Comme on l'a souvent dit d'Offenbach, la musique de Terrasse dans La Botte secrète tourne ainsi en dérision la musique même.

Considéré en effet comme l'héritier d'Offenbach au point que de nombreux critiques se sont exclamés qu'avec Terrasse, Offenbach n'était plus mort, Claude Terrasse était extrêmement connu à son époque (de la fin du 19e siècle à la première guerre mondiale), créant deux œuvres par an qui rencontraient à chaque fois un très grand succès. La première guerre mondiale entraîna une évolution du genre de l'opérette (et de son public) et même après 1918, Claude Terrasse ne retrouva plus son succès d'antan.

Il collabora beaucoup avec Franc-Nohain qui, d'abord en parallèle de sa carrière en préfecture, lui écrivit de nombreux livrets d'opérettes et d'opéra-bouffe comme La Botte secrète, Les deux Augures, Au Temps des croisades ou Vive la France. Franc-Nohain fut par ailleurs l'auteur du livret de L'Heure espagnole de Maurice Ravel, grâce d'ailleurs à Claude Terrasse qui avait permis aux deux hommes de se rencontrer.

Le format en un acte de La Botte secrète est typique de la collaboration de Franc-Nohain et Terrasse qui montent ici une espèce de machinerie absurde, rejoignant ainsi le genre de ce que le musicologue Robert Pourvoyeur appelle "l'opérette parodique", par opposition à "l'opérette de rêve".

Le prochain "D'abord" où un musicologue vous éclaire sur l'œuvre programmée aura lieu le 15 février à l'occasion du Voyage d'hiver de Schubert : le musicologue sera Jacques Amblard. D'ici-là, il est encore temps de découvrir La Botte secrète qui se joue jusqu'au 8 janvier !


Le bonhomme de neige a la classe

Lorsqu'on joue un spectacle musical comme La Botte secrète, il est coutume de faire ce qu'on appelle un "raccord" avant chaque représentation : le chef d'orchestre convoque les chanteurs et instrumentistes pour retravailler les quelques passages musicaux qu'il juge utile.

Pendant le raccord d'avant-hier, les silhouettes des chanteurs se découpaient en ombre chinoise face à Christophe Grapperon, le chef d'orchestre...

 

 

 

...pendant que, dans le décor, les techniciens Manu et Thomas corrigeaient la place d'un projecteur...

 

 

… et que, dans les coulisses, le bonhomme de neige lumineux apporté par Elisabeth, la standardiste de l'Athénée, vous souhaite Joyeux Noël.

 

 

Bon Noël à ceux et celles qui le fêtent donc, et rendez-vous sur le blog mardi prochain. La Botte secrète continue à se jouer pendant les fêtes, avec une pause ce week-end et lundi.

 

 

 

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C'est louche

La Botte Secrète, l'opéra-bouffe actuellement à l'Athénée, ne compte que six personnages: pourquoi alors trouve t-on de nombreux portants à costumes disséminés partout dans les coulisses du Théâtre ?

 

 

Les Brigands, la compagnie actuellement à l'Athénée dans La Botte secrète, fête ses dix ans. Pour l'occasion, ils vous offrent en deuxième partie de spectacle une revue de leurs spectacles passés, où vous retrouverez dix-sept chanteurs et trente-quatre costumes.

Pour les découvrir, c'est à l'Athénée jusqu'au 8 janvier.
Ce soir, si vous arrivez entre 19h et 19h30, n'hésitez pas à vous rendre en salle Christian-Bérard (au-dessus de la grande salle) pour écouter le musicologue Philippe Cathé vous donner quelques clés sur La Botte secrète.


Avoir fait du grec ancien peut servir dans la vie

Il y a quelques semaines, Patrice Martinet, le directeur de l'Athénée, trouvait ce disque vinyle (dédicacé au verso !) dans une brocante :

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Les titres sont inscrits en grec (parce que le trio Athénée est manifestement grec), mais une rapide recherche sur une base de données musicales m'apprit que le disque s'intitule en français Les Oiseaux blancs de mon pays et qu'il est sorti dans les années 1970.

Malgré mon application à taper les titres en grecs sur internet, je n'ai pas trouvé de chanson de cet album disponible. En revanche, j'en ai trouvé d'autres. Voici ma préférée (surtout à cause de son clip) :

Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez ici pour la regarder sur YouTube

 

Pour découvrir un tout autre genre de musique, rendez-vous à l'Athénée avec la compagnie des Brigands qui fête ses dix ans avec l'opérette La Botte Secrète suivie d'une revue de leurs plus grands succès.


Alfred et Claude

L'Athénée accueille actuellement La Botte secrète, une opérette de Claude Terrasse et Franc-Nohain. En avril prochain, le théâtre programmera Ubu enchaîné d'Alfred Jarry, avec Éric Cantona dans le rôle-titre.

Le lien? Claude Terrasse et Alfred Jarry ont travaillé ensemble à de nombreuses occasions, à commencer par la création d'Ubu Roi de Jarry en décembre 1896 : on l'a aujourd'hui largement oublié, mais Ubu Roi était à sa création un spectacle musical dont la partition avait été écrite par Claude Terrasse.
Quasiment introuvable à l'exception de trois passages qui ont fait l'objet d'une publication séparée, la musique de scène d'Ubu roi est très rarement donnée lorsqu'on représente la pièce de nos jours.

La complicité de Terrasse et Jarry ne s'arrête pas à Ubu Roi : un an après la création de la pièce, Claude Terrasse ouvre dans son atelier un théâtre de marionnettes, le Théâtre des Pantins, où il collaborera bien sûr avec Jarry mais également avec Franc-Nohain et Pierre Bonnard.
Une plaque commémorant l'aventure est toujours visible rue Ballu, dans le 9e arrondissement de Paris.

 

(c) Mu

 

Les deux artistes créent ensemble d'autres œuvres, mais, comme la musique de scène d'Ubu Roi, ces opérettes ou opéra-bouffes alliant un texte de Jarry (avec parfois la collaboration d'Eugène Demolder) et la musique de Terrasse sont aujourd'hui injouables : l'opéra-bouffe Pantagruel n'a pas donné lieu à de véritable édition, la partition de Par la taille n'est disponible que dans un centre de recherches du Texas, et celles de Léda et du Manoir enchanté ont été perdues.
De même, beaucoup d'opérettes de Jarry et Terrasse n'ont jamais dépassé le stade du projet, comme L'Amour maladroit, Le bon Roi Dagobert, Le Guignol de Lyon aux 4-Z'Arts (Jarry a ensuite réutilisé son texte dans la pièce Ubu sur la butte), Jef, Le Moutardier du Pape ou Pieter de Delft.

Les œuvres composées sur des livrets du poète Franc-Nohain ont eu plus de chance : après Au Temps des croisades donné à l'Athénée il y a deux ans, l'opérette La Botte Secrète est proposée jusqu'au 8 janvier dans la version des Brigands, mise en scène par Pierre Guillois et dirigée par Christophe Grapperon ! Bonne journée.

Merci à Philippe Cathé, auteur d'une biographie de Claude Terrasse. Site internet ici.

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