Sur la même longueur d’ondes

D’après une dépêche de l’Agence France Presse parue mardi 17 mars dernier, une étude de chercheurs de l'Institut Max Planck de Berlin et de l'Université de Salzbourg aurait établi que les cerveaux de musiciens jouant ensemble seraient sur la même longueur d’ondes.

Réalisée avec des guitaristes de jazz, l’étude germano-autrichienne publiée par le journal BMC Neuroscience a ainsi montré que “les actions inter-personnelles coordonnées sont précédées et accompagnées par une activité électrocérébrale semblable” pour citer Ulman Lindenberger, l’un des auteurs : autrement dit, les électroencéphalogrammes des cerveaux des musiciens interprétant ensemble le même morceau sont quasiment identiques quand ils jouent et juste avant de commencer à jouer.

On imagine donc que les quatre musiciennes du Quatuor Psophos seront sur la même longueur d’ondes pour leur concert Vienne Budapest de samedi à 15h qui réunit Brahms, Bartók et Mozart.
On peut en tout cas présumer que les cerveaux d’acteurs jouant dans la même pièce connaissent le même phénomène, et j’attends avec impatience d’éventuelles études sur les électroencéphalogrammes de spectateurs écoutant le même concert ou regardant le même spectacle…

L’équipe de l’Athénée était, elle, sur la même longueur d’ondes que la majorité des Français en votant en faveur de la grève d’aujourd’hui : la représentation d’En attendant Godot prévue ce soir est donc annulée, mais vous pourrez vérifier que vous êtes sur la même longueur d’ondes que la mise en scène de Bernard Levy jusqu’au 28 mars…

Bon jeudi!


Agatha Ruiz de l'Athénée

Entretien avec Agatha Ruiz de la Prada

19h30, j'ai rendez-vous avec Agatha Ruiz de la Prada avant la représentation à laquelle elle assiste : j'ai peur de ne pas la reconnaître mais elle se détache rapidement de la foule dans sa tenue rose et rouge -et comme pour ma part, j'étais en turquoise, j'imagine qu'elle n'a pas eu trop de mal à me trouver non plus.

Agatha Ruiz de la Prada a créé les costumes des ouvreurs cette année à la demande de l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet et sur une idée d'Amandine Gougeon, directrice du développement : d'après elle, les créations d'Agatha étaient faites pour l'Athénée (à moins que ce soit l'Athénée qui était faite pour Agatha) et à écouter l'enthousiasme et la gentillesse de la créatrice espagnole on se dit que ces deux-là se sont effectivement bien trouvés.


"_ C'est la première fois que vous concevez des costumes d'ouvreurs pour un théâtre, qu'est-ce qui vous a plu dans l'Athénée ?
_ J'aime énormément ce théâtre : il est tout petit et d'une beauté incroyable… D'ailleurs, on sent que Pierre Bergé, le collaborateur d'Yves Saint Laurent, a été le directeur de cette maison pendant longtemps : normalement, il y a toujours un cendrier un peu moche ou une machine à café poussiéreuse quelque part. À l'Athénée, rien n'est laid! Je suis vraiment tombée amoureuse de ce théâtre et également de sa communication, très réussie, toute en noir et blanc avec juste ce point fuschia… Et Amandine Gougeon a été tellement agréable! De toutes façons, après avoir découvert et visité le théâtre avec Patrice Martinet, le directeur, j'étais prête à dire oui à tout ce qu'ils me demanderaient!

_ Comment avez-vous travaillé pour créer les costumes des ouvreurs et ouvreuses?
_ Je voulais vraiment réfléchir à ce que l'Athénée représentait, et pour moi ce théâtre est le symbole de l'alliance entre classicisme et modernité, du jeu entre ancien et nouveau. Je ne suis pas là pour faire du commerce, ce n'est pas la question, mais bien pour mettre ce théâtre en valeur sans pour autant oublier le côté pratique de ces vêtements : les ouvreurs et ouvreuses sont des gens qui travaillent, donc il fallait que je leur conçoive des vêtements faciles à porter afin que cela soit à la fois fonctionnel et gai…

© Gérard Cambon
Agatha Ruiz de la Prada et Aline, directrice de salle. En second plan, de gauche à droite : Anne, Jean-Damien, Lucas, Janie, Mahmadou, Juliette, Hugo, Xavier et Amanda.

_ Amandine Gougeon me disait qu'elle avait pensé à vous tout de suite et que vous êtes la seule créatrice qu'elle ait contactée cette année…
_ C'est gentil! C'est vrai que le point fuschia que l'on retrouve dans tout le graphisme de l'Athénée se rapproche vraiment du cœur rose qui apparaît dans beaucoup de mes créations depuis le début. Et il faut dire aussi que j'ai déjà travaillé pour le monde du théâtre, en créant des costumes pour des spectacles : par exemple, j'ai conçu les décors et costumes du Chat Botté qui commence le 18 mars à l'Opéra de Lausanne -on organise d'ailleurs une soirée de gala en faveur de l'enfance le jour de la première, juste avant le spectacle. Ne plus faire que des costumes pour des spectacles, cela me plairait!

_ Vous venez souvent à l'Athénée?
_ J'aimerais venir davantage, mais je suis souvent en voyage… J'aime aller au théâtre de toutes façons, mais mes créations sont comme mes enfants, je veux les voir régulièrement et vérifier que tout cela marche bien."


Je dois tout de même mettre fin à un mythe sur la beauté absolue de l'Athénée : en cherchant bien, on peut y trouver une photocopieuse même pas décorée à la feuille d'or, et aussi une tasse avec la tête de Marge Simpson.

En attendant Godot
de Samuel Beckett dans une mise en scène de Bernard Levy est en répétition à l'Athénée depuis la semaine dernière :  les représentations commencent le 5 mars! Bon mardi.


Alors, on grève ?

Que pensez-vous de cette grève? Répondez au sondage sur le blog de l'Athénée !

En effet, une grève dans les secteurs publics et privés a été lancée de manière unitaire par huit syndicats français afin de protester contre la politique économique menée par le gouvernement de Messieurs Sarkozy et Fillon.

Les revendications principales sont au nombre de cinq : donner la priorité aux emplois, améliorer le pouvoir d'achat des salariés, orienter la relance économique vers l'emploi et le pouvoir d'achat, préserver les garanties collectives (en particulier la loi sur le travail dominical ou sur le temps de travail) et réglementer la finance internationale.

Comme vous l'avez remarqué puisque je vous écris (je sais que vous êtes observateurs), j'ai décidé de ne pas faire la grève du blog de l'Athénée.
Que cela ne vous trompe pas, la représentation de ce soir de La Puce à l'oreille est bien annulée, comme dans beaucoup d'autres théâtres français!

Je profite de cette journée de débat pour inaugurer le sondage sur le blog : une seule réponse est à donner, et pour ceux qui souhaitent développer il reste toujours la possibilité d'écrire des commentaires en bas de ce billet! (suivez les liens juste en-dessous)

Bonne journée !


Viva l'Italia

Après tout, pourquoi rester dans un bureau pour travailler alors qu'on a une jolie salle juste à côté…

Bon, en vrai, Églantine Desmoulins, attachée aux relations avec le public, et Guillaume Bourgain, secrétaire général, étaient dans la salle avant le début des représentations de La Puce à l'oreille pour déterminer s'il y avait des places à condamner : nous l'avons déjà évoqué, le théâtre à l'italienne pose quelques problèmes pratiques et si l'Athénée ne peut pas garantir une visibilité parfaite à tous ses spectateurs, il peut au moins faire en sorte que vous en voyiez le maximum.

Une fois le décor mis en place et les répétitions commencées, l'équipe de l'Athénée arpente donc la salle de l'orchestre aux balcons et s'installe à votre place pour vérifier que vous ne paierez pas votre billet pour voir un bout de parquet.

Mais ne rêvez pas, ce qui fait le charme de l'Athénée, c'est aussi d'essayer de deviner ce que l'on ne peut pas voir sur les côtés…

Bonne journée!


Le fantôme de l'Athénée

Après la répétition s'est terminé samedi soir, et l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet se passe de spectateurs pour deux journées. Voici donc à quoi ressemble le théâtre lorsque vous n'y êtes pas :

Lorsqu'il n'y a ni montage ni répétition, la grande salle est entièrement éteinte : on n'aperçoit ces quelques fauteuils que grâce à la lumière du couloir filtrant par une porte entrouverte.

 

La même photo vue de dos : par la porte cette fois grande ouverte, on aperçoit une affiche datant de 1949.

 

Naguère croquée par des étudiants en beaux-arts, la grande salle éclairée est aujourd'hui désertée.

 

Les lustres sont allumés au rez-de-chaussée pour vous, spectateurs qui venez prendre vos places à la billetterie ouverte tous les après-midis du lundi au samedi.

 

Les festivités reprendront en musique dès demain soir avec la semaine consacrée à Olivier Messiaen…

Les voix d'Olivier Messiaen commence donc ce mardi avec l'Ensemble vocal Sequenza 9.3 et son Programme Jeune France.

Mercredi soir, venez au concert gratuit précédé d'une émission en direct sur France Musique! Pour y assister, rendez-vous au foyer bar de l'Athénée de 18h à 19h30. Et pour l'écouter, c'est à la même heure, mais d'où vous voulez.
Le concert gratuit Quatuor pour la fin du temps débutera ensuite à 20h.

Bon début de semaine à tous!


Une porte peut être ouverte ou bleue

L'étymologie du mot "ouvreur" n'est pas clairement établie : un sens attesté en 1572 le définit comme un ouvrier qui ouvre la soie pour devenir, après la première révolution industrielle, une machine à éplucher le coton. Mais dès 1611, on parle également de celui qui ouvre les portes, dont les portes des loges de salles de spectacle.

On ne sait donc pas réellement si le mot provient d'ouvrier ou d'ouvrir : c'est de toutes façons un ouvrier qui vous ouvre, d'où, peut-être, les salopettes dessinées par Agatha Ruiz de la Prada pour les ouvreurs de l'Athénée -certains spectateurs ne se sont en effet pas privés de faire remarquer la dimension "travailleur manuel" des tenues en question, qu'elle leur plaise ou non.

Habillés par de grands couturiers, les ouvreurs de l'Athénée ne sont donc pas tout-à-fait des ouvriers comme les autres. Ils sont là pour vous accueillir, vous donner un programme, vous placer, vous renseigner et, parfois écouter vos confidences ou coups de colère : donc les portes s'ouvrent, et les spectateurs aussi.

Ici, les ouvreurs vont sont offerts : pas de pourboires à donner, ils sont rémunérés par l'Athénée. Plus ou moins initié par Jean Vilar en tant que directeur du Théâtre National Populaire de Chaillot à Paris, ce principe de gratuité est partagé par tous les théâtres publics français, et il est ainsi hors de question que vous payiez autre chose que votre place, vos consommations au bar et votre trajet jusqu'au théâtre, tout cela dans l'idée de faciliter l'accès de tous à la culture.

La salle à l'italienne de l'Athénée, toute en dorures et en velours rouge, jure étrangement avec cette gratuité, et l'on oublie souvent qu'ici, le vestiaire n'est pas à payer. Je vous en parlais le 26 septembre, le principe de la salle à l'italienne ne s'inscrit pas franchement dans les principes d'égalitarisme républicain et de démocratisation théâtrale : une salle à l'italienne est conçue pour que les spectateurs soient vus, là où les salles frontales construites dans la deuxième moitié du vingtième siècle sont censées permettre à tous de voir le spectacle de la même manière. L'Athénée ne manque pas de charme, mais la visibilité est parfois bien peu optimale : l'équipe du théâtre essaierait donc de se faire pardonner en vous offrant les programmes et douze ouvreurs dirigés par Aline, directrice de salle...

Si vous venez mercredi à L'Opéra de quatre notes, vous les verrez en costumes de première. Si vous voulez contempler les salopettes, c'est pour la suite des représentations qui auront lieu jusqu'à samedi!

Bon mardi.

 

PS : J'emprunte mon titre et son jeu de mots à la spiritualité indubitable (si si) à Pierre Desproges dans son spectacle de 1988.

 

PS du 26 février 2009 : une interview d'Agatha Ruiz de la Prada est parue sur ce blog le 24 février! Pour la lire, cliquez ici.


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