L'évolution des moeurs

Hier soir, Philippe Cathé, musicologue, est venu au foyer-bar de l'Athénée pour donner quelques clés de compréhension sur Phi-Phi, créé le lendemain de l'armistice de 1918.

Il a d'abord expliqué que l'opérette avait été inventée par Hervé (nom de naissance : Florimond Ronger) et non par Offenbach comme on l'imagine souvent. Né en 1825, Hervé nous a laissé des œuvres comme Don Quichotte et Sancho Pança, L'Œil crevé, Chilpéric ou Le Petit Faust (qui parodiait le Faust de Gounod).

Philippe Cathé a ensuite évoqué le rôle primordial de la première guerre mondiale dans l'économie du spectacle : avec la Grande Guerre et les années qui l'ont suivie, la jeunesse a été décimée et les nouveaux riches sont apparus.
Plus vieux, moins aristocratique, ayant envie de s'amuser, ce nouveau public qui a le pouvoir et l'argent guide le spectacle vers des opérettes légères, drôles et plus faciles à comprendre que l'opéra.

La première guerre mondiale a également changé la place des femmes : le travail des femmes inauguré en temps de guerre devrait-il s'arrêter alors que l'on connaît une importante pénurie d'hommes après la guerre ? Donc non seulement les femmes travaillent désormais, mais l'on préfère en plus épouser une femme qui travaille plutôt qu'une femme qui possède des biens, ces derniers perdant leur valeur avec l'inflation galopante des années d'après-guerre.

L'évolution des mœurs des femmes prend ainsi la forme d'une certaine autonomie que l'on retrouve dans Phi-Phi où souffle une liberté correspondant pleinement à l'esprit des années folles, même si la société n'était pas forcément prête à accepter un tel vent de changement : à ce titre, le scandale provoqué par le roman La Garçonne écrit en 1922 par Victor Margueritte (où l'on découvre l'histoire d'une femme prenant de multiples amants) montre que l'on ne plaisantait pas encore complètement avec les mœurs de ces dames...
Phi-Phi est ainsi un bon indicateur de la place des femmes dans la société des années folles, d'autant plus que l'œuvre ne se clôt pas sur une fin bien rangée où tout le monde rentrerait dans le rang…

Philippe Cathé a conclu sur la richesse de Phi-Phi qui permet des mises en scènes très différentes, qu'elles jouent sur les anachronismes de la Grèce Antique ou en proposent une relecture radicale : de son point de vue, la mise en scène de Johanny Bert actuellement à l'Athénée est à la fois dans la fidélité et la relecture  décapante de l'œuvre, mais également dans la continuité du travail des Brigands qui proposent de voir autrement le répertoire de l'opérette.


Le prochain "d'abord", ces rencontres d'une demi-heure au foyer-bar vous proposant quelques clés de compréhension sur les œuvres, aura lieu le 14 janvier pour Le Journal d'un disparu, opéra pour piano (ou cycle de mélodies, selon la définition) de Janacek mis en scène par Christophe Crapez.

Demain, de 12h30 à 14h, vous pourrez assister à une conférence en musique sur le renouveau de l'opérette en France. C'est sur le site Richelieu de la Bibliothèque Nationale de France, 2 rue Vivienne dans le 2e arrondissement de Paris (plus d'informations en bas de cette page)

Phi-Phi se joue jusqu'à dimanche !



Merci à Philippe Cathé, en espérant ne pas avoir déformé ses propos


D'abord

Vous n'êtes peut-être pas du genre à aimer assister aux rencontres organisées après les spectacles. En ce qui me concerne, j'ai du mal à parler d'un spectacle dix minutes après l'avoir vu, et si j'ai quelques questions qui me viennent, j'ai parfois envie de les laisser sans réponse (mais ce n'est évidemment qu'un avis personnel).

Pour les gens comme moi (et les autres), l'Athénée propose des rencontres avant les spectacles, comme une sorte d'introduction à ce que vous allez voir.

C'était avant la représentation du Père de vendredi dernier qu'était projeté un documentaire sur la genèse de l'oeuvre composée par Michael Jarrell sur un texte de Heiner Müller et mise en scène par André Wilms.
 
Réalisé par Laurent Feneyrou et Benoît Martin, le documentaire donnait un aperçu de la création du Père, tant du point de vue de la partition que du spectacle : Michael Jarrell, le compositeur, évoquait l'ambiguïté du texte de Müller (entre recherche et mise à distance du père), tandis que Gilles Privat, comédien dans le spectacle, expliquait comment la musique donnait selon lui un espace au texte qui résonnait ainsi comme s'il était sur un coussin, ou qu'André Wilms, le metteur en scène, définissait Le Père comme un très court roman d'apprentissage.

Laurent Feneyrou, Lola Gruber et Benoît Martin

 

Après le visionnage du documentaire, ses deux auteurs sont montés sur scène pour une rencontre modérée par Lola Gruber, auteure des textes à l'Athénée (les programmes de salle et brochures, entre autres).
Il y fut question des harmonies destructurées de la musique de Michael Jarrell, de la nécessité de conserver la radicalité de chacun des artistes créateurs du Père et d'un mystérieux effet sonore appelé Waveform Synthesis qui consiste à spatialiser le son pour, par exemple, vous donner l'impression que l'on chuchote à votre oreille...

Il faudra attendre la saison prochaine pour assister à une nouvelle rencontre avant un spectacle : le premier "d'abord" aura lieu le 5 janvier 2011 à l'occasion de Phi-Phi.
En revanche, il y aura un "ensuite", c'est-à-dire une rencontre après une représentation, dès le 28 septembre à l'occasion d'Oh les beaux jours de Beckett mis en scène par Bob Wilson (puis pour Oncle Vania, Les Trois Soeurs ou La Cerisaie, et il y aura également des projections de films au Cinéma Le Balzac ou des cafés-débats, mais n'anticipons pas).

Bon début de semaine!


J'ai mal au coeur

J'ai comme l'impression que, depuis que l'équipe de Dans la Colonie pénitentiaire est arrivée à l'Athénée, la scène n'est pas pareille qu'avant...

 

Si vous n'arrivez pas à lire la vidéo, cliquez  pour aller sur YouTube.

 

Dans la Colonie pénitentiaire, opéra de Philip Glass d'après Franz Kafka, a commencé hier et se joue jusqu'au 17 avril à l'Athénée!
Ce soir, dans le cadre des "D'abord" de l'Athénée, Jacques Amblard, musicologue, viendra vous présenter l'œuvre: rendez-vous à 19h au foyer-bar.

Bon mercredi!


Rampe, rampez, rampons

Dans la Colonie pénitentiaire commence ce soir: hier en début de soirée, Sylvain et Nicolas changeaient les ampoules d'une rampe de projecteurs placée sous un praticable et contrôlaient son orientation.

 

 

À ce soir pour la première de Dans la Colonie pénitentiaire! Avant la représentation de demain, Jacques Amblard, musicologue, viendra présenter l'œuvre: rendez-vous à 19h au foyer-bar de l'Athénée!


Prêt à porter (ou presque)

Julie, opéra de Philippe Boesmans inspiré de la pièce Mademoiselle Julie de Strindberg, commence ce soir à l’Athénée.

Trois personnages seront en scène: Julie, Christine et Jean, tous habillés par la costumière Zaïa Koscianski.

Pour créer un costume, l’on commence généralement par le dessiner: voici donc les croquis que Zaïa Koscianski a bien voulu nous transmettre (et je l’en remercie).

 

(c) Zaïa Koscianski

 

(c) Zaïa Koscianski

(c) Zaïa Koscianski

(c) Zaïa Koscianski

 

À ce soir pour la première! Juste avant la représentation de demain, le musicologue Jacques Amblard viendra vous présenter Julie: rendez-vous à partir de 19h au foyer-bar de l'Athénée!

Bon week-end et à lundi.


Passé à la trappe

Comme vous l’avez sans doute compris hier, le plateau de l’Athénée s’est ouvert pour l’opéra The Rake’s Progress: je ne sais pas ce que cela donne côté spectateurs (enfin si, je sais, mais c’est moins drôle de vous montrer ce que vous pourrez voir tout seuls), mais que voit-on lorsqu’on s’appelle Thomas et que l’on est le technicien chargé de manipuler la trappe pendant le spectacle?

Quelque chose qui ressemble à cela :


Ou à cela si on tourne la tête vers l’écran de retour vidéo :

 

Ou encore à cela si on s’appelle Clémence et qu’on se plante devant le dit Thomas :


Il vous reste trois représentations pour voir davantage que des pieds et autres têtes coupées: The Rake’s Progress dans une mise en scène d’Antoine Gindt et une direction musicale de Franck Ollu se joue encore ce soir, demain et dimanche!

Si vous arrivez ce soir aux alentours de 19h, vous aurez la possibilité d’écouter Jacques Amblard, musicologue, vous présenter cet opéra de Stravinsky.

Bon jeudi !


Il y en a là-dessous!

Il se passe de drôles de choses sous la scène de The Rake's Progress: le plancher du plateau n'est plus aussi sûr et les dessous sont bien plus peuplés que d'habitude...
La suite demain.

 

Après la première qui a eu lieu hier soir, l'opéra The Rake's Progress se joue encore jeudi, vendredi et dimanche!
Avant la représentation de jeudi, Jacques Amblard, musicologue, viendra vous donner quelques clés sur cet opéra de Stravinsky: rendez-vous à 19h au foyer-bar de l'Athénée!


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