Encore une histoire de fesses (cette fois en vidéo)

Cristèle Alves Meira est la metteure en scène de Vénus de Suzan-Lori Parks qui sera donné à l’Athénée en mars prochain.

Elle a eu la gentillesse de m’accorder un entretien vidéo dans l’une des loges du théâtre: elle y évoque l’histoire racontée par la pièce, l’écriture de Suzan-Lori Parks, l’appel au mécénat lancé pour le spectacle, les avantages dont bénéficient les donateurs et les répétitions actuellement en cours.

 

(Durée : 8 minutes)
Pour regarder la vidéo sur YouTube, cliquez ici.

 

Vous pourrez rencontrer Cristèle ce samedi à 17h pour le deuxième café-débat de cette saison à l’Athénée: sur le thème “Moi aussi, je veux être une victime!” et autour des spectacles Julie, Vénus, Une Maison de poupées et Dans la Colonie pénitentiaire, une discussion aura lieu entre Cristèle Alves Meira (metteure en scène de Vénus), Geneviève Fraisse (philosophe au CNRS), Thierry Lévy (avocat pénaliste et auteur) et Richard Rechtman (psychiatre et anthropologue).
Plus d’informations ici.



Bon mercredi!



PS : et ce soir à 17h30, c’est Guillaume Gallienne, auteur et acteur de Les Garçons et Guillaume, à table! actuellement à l’Athénée, que vous pourrez rencontrer à la FNAC des Ternes dans le 17e à Paris. Plus d’informations ici.


Billet-à-brac

La Cantatrice chauve se termine demain: autour du spectacle, un tchat avec François Berreur, regard extérieur du spectacle, et un café-débat autour de la notion d’ordre et de désordre ont eu lieu à l’Athénée.
Pour ceux qui ne pouvaient pas être là (dont moi-même), résumé des épisodes que vous avez manqués:

Le tchat avec François Berreur

nono: Comment avez-vous rencontré Jean-Luc Lagarce ?
François: J'étais étudiant à Besançon, et il m'a vu jouer dans un spectacle amateur. Il avait déjà fondé La Roulotte amateur, sa compagnie, et après les spectacles se sont enchaînés.

Vanille: Pourquoi avoir fondé la maison d'édition des Solitaires Intempestifs?
François: Au départ c'était pour publier un auteur que personne ne voulait publier, nous trouvions avec Jean-Luc ses textes intéressants : il s'agissait d'Olivier Py. Jean-Luc Lagarce ne voulait pas que l'on publie ses textes mais comme il montait Music-Hall et qu'il n'y avait pas d'édition, je l'ai un peu convaincu de nous laisser publier son texte
Vanille: !!!!! Vous avez eu le nez creux....
François: Pas complètement, puisqu'il est parti chez Actes Sud! Je plaisante car en fait nous n'avions pas les moyens de publier le gros volume de La Servante. Il a eu raison !

kiki: le public monte sur scène à la fin du spectacle. Avez vous des anecdotes sur cette participation non conventionnelle?
François: On en aurait des tonnes, mais la plus belle c'était à Autun, où il y a une école militaire et nous avons vu monter une quinzaine de jeunes gens habillés comme le pompier, ou presque...

Nenette: Comment vous est venue l'idée de mettre plusieurs fins ?
François: Dès l'origine, Jean-Luc Lagarce a souhaité intégrer ces fins qu'il a découvert en Pléiade pour renforcer la référence à la mise en scène de Nicolas Bataille et intégrer cette dimension unique dans l'histoire du théâtre. Une mise en scène qui fait partie du patrimoine collectif.
Les fins ramènent à l'origine de la création et surtout elles montrent combien le projet textuel de Ionesco était incroyablement plus moderne encore.

Le café-débat

 

Photo : Florence Cognacq

 

“Le désir de vivre sans règle aboutit à une nouvelle règle…”

“J’assimile la notion de désordre à la notion de bagarre.”

“Je reprends la phrase de Hobbes, L’homme est un loup pour l’homme: c’est le loup le plus fort qui s’en sort…”

“Le rire a une fonction libératrice, mais c’est surtout une question: que se passe-t-il quand on bouleverse la règle du jeu?”

Voir l’intégralité des épisodes est possible: vous trouverez le texte du tchat sur le site de l’Athénée, et la vidéo du café-débat sur celui de Philosophies.tv

Bonne fin de Cantatrice chauve et à la semaine prochaine pour un nouveau spectacle à l’Athénée: l'opéra The Rake’s Progress. Bon week-end à tous !


Véronique et Davina

Jano, Richard et Yoann font-ils du step ou préparent-ils un effet technique de La Cantatrice chauve?
Pour le savoir, c’est à l’Athénée jusqu’à samedi...

Bon lundi!

 

PS: de mon week-end en Suisse, j'ai cru entendre que le café-débat de samedi à l'Athénée sur le thème "Besoin d'ordre, envie de désordre" s'était bien déroulé, et même que le foyer-bar était plein. Quelqu'un parmi vous pourra-t-il m'en dire davantage?


Faites-vous partie des 68% de Français qui…

...estiment que les bonnes manières sont importantes? Ce chiffre date d’une enquête d’opinion réalisée en 1999 ; il était de 21% en 1981.

À quoi ressemble la politesse d’aujourd’hui? À dire “s’il vous plaît” en demandant quelque chose, faire deux bises en disant bonjour à quelqu’un de proche à Paris mais plutôt trois si l’on habite dans les environs d’Avignon, ne pas saucer son assiette avec son pain ou ne pas couper sa salade.

Mais au 19e siècle, le savoir-vivre consistait à ne pas sortir sans ses gants, à ne pas porter de pierres précieuses lorsqu’on était une jeune fille ou, si vous étiez un homme, à offrir systématiquement son bras gauche à une femme qui vous accompagnait en promenade.
La cravate et la canne permettaient de se distinguer et, pour les hommes, l’habit noir était de rigueur.


C’est qu’il existe en effet non seulement une géographie des bonnes manières (la politesse est loin d’être internationale et n’est même parfois pas la même entre deux régions françaises) mais surtout une histoire: parfait reflet de la société qu’elles régentent, les règles de civilité témoignent de la conception des relations humaines d’une époque donnée.
Si révélatrice, la bienséance, que les Révolutionnaires tentèrent d’ailleurs de l’atomiser en tant que signe persistant de l’Ancien Régime nauséabond: incompatible avec l’idée de démocratie, la politesse serait le signe de l’hypocrisie, de la hiérarchie, voire de l’arbitraire -il est vrai en effet que l’émergence et la perpétuation de telles règles seraient impossibles sans l’existence de groupes sociaux solides et bien distincts.

Aujourd’hui, la politesse aurait davantage la fonction de sécuriser nos relations avec l’autre en canalisant l’agressivité de chacun, ou de rétablir un peu de civilité dans une société où l’on a voulu détruire les inégalités sociales, les distances ou les liens de subordination.

Alors, la politesse, relent de l’aristocratie, règne de l’arbitraire ou règle indispensable à la vie en commun?
Explosée par Ionesco dans La Cantatrice chauve, moquée par Jean-Luc Lagarce dans Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne (à l’Athénée en décembre), la civilité est aussi le sujet du dernier livre de Frédéric Rouvillois, Histoire de la politesse de 1789 à nos jours, dont je tire mon billet d’aujourd’hui.

Frédéric Rouvillois sera justement l’un des invités du café-débat de demain, “Besoin d’ordre, envie de désordre”, en partenariat avec Philosophie Magazine: autour de trois spectacles programmés à l’Athénée (La Cantatrice chauveLes Règles du savoir-vivre dans la société moderne et Au Temps des croisades), Christophe Bourseiller, Mireille Herbstmeyer, Frédéric Rouvillois et Fred Tousch débattront des règles et de leur transgression dans une discussion modérée par Lola Gruber, rédatrice des programmes et brochures à l'Athénée.

Pour y assister, c’est à partir de 17h demain au foyer-bar de l’Athénée: l’entrée est libre!
Côté spectacle, La Cantatrice chauve continue jusqu'à samedi prochain!


Pour ma part, je serai au bord du lac Léman dès ce soir et ne pourrait donc vous faire de compte-rendu de ce café-débat: si, dans le cadre des billets du blog ouverts aux spectateurs, l’un d’entre vous assistant à cette discussion souhaitait me livrer ses impressions (en texte, vidéo, dessin ou photo), qu’il n’hésite évidemment pas!

Bon week-end à tous.


La Cantatrice compte

Au dos du décor de La Cantatrice chauve figure un étrange calendrier de bagnard.

 

 

Si mes calculs et ce décompte sont exacts, La Cantatrice chauve mise en scène par Jean-Luc Lagarce connaîtra samedi sa 250e représentation: dans les présents à la représentation et/ou au café-débat qui précède sur le besoin d’ordre et l’envie de désordre, qui osera lui entonner sa chanson d’anniversaire?

Bon mardi…



PS: à la suite de mon billet d’hier, je vous signale que le Journal vidéo de Jean-Luc Lagarce sera projeté dans le cadre d’une rencontre à la Bibliothèque Nationale de France en partenariat avec l’Athénée et Le Magazine littéraire sur le thème “Jean-Luc Lagarce, une écriture de l’intime” : rendez-vous le mardi 1er décembre à 18h30 à la BNF (11 quai François Mauriac, Paris 13e). L’entrée est libre.


“La culture, ça fait mal à la tête!”

MME SMITH: _Bonsoir, chers amis! Excusez-nous de vous avoir fait attendre si longtemps. Nous avons pensé qu’on devait vous rendre les honneurs auxquels vous avez droit et, dès que nous avons appris que vous vouliez bien nous faire le plaisir de venir nous voir sans annoncer votre visite, nous nous sommes dépêchés d’aller revêtir nos habits de gala.
M. SMITH, furieux: _Nous n’avons rien mangé de toute la journée. Il y a quatre heures que nous vous attendons. Pourquoi êtes-vous venus en retard?”

La politesse pulvérisée par Ionesco dans La Cantatrice chauve est-elle une convention étouffante ou une règle nécessaire à la vie en société?
De manière générale, comment concilier la nécessité d’ordre et la tentation de la transgression?


C’est l’objet du premier café-débat organisé par l’Athénée autour de trois spectacles: La Cantatrice chauve, Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne et Au Temps des croisades. “Besoin d’ordre, envie de désordre” aura lieu le samedi 14 novembre à 17h à l’Athénée en partenariat avec Philosophie Magazine et avec les invités suivants :

- Christophe Bourseiller, comédien et journaliste
- Mireille Herbstmeyer, comédienne dans La Cantatrice chauve
- Frédéric Rouvillois, auteur d’une Histoire de la politesse de la Révolution à nos jours
- Fred Tousch, poète et clown, cofondateur des manifs de droite aux slogans tels que “Faites des enfants, pas des intermittents”, “Non à Victor Hugo” ou “Plus d’indemnités pour Jean-Marie Messier!” (pour voir un court-métrage réalisé par Arnaud Contreras sur le sujet, c’est ici)



Et en attendant le 14 novembre, rendez-vous dès samedi pour une rencontre autour de Jean-Luc Lagarce, le metteur en scène de La Cantatrice chauve!
Autour de Gwenola David de la revue Mouvement, retrouvez François Berreur et Mireille Herbstmeyer pour évoquer l’auteur et metteur en scène aujourd’hui disparu.
Cela se passe à 16h au forum de la FNAC des Ternes (26 avenue des Ternes, dans le 17e arrondissement de Paris) samedi 7 novembre!


Bon mercredi et à demain pour la première de La Cantatrice chauve!


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