Athénée Bernhard Affiches

Thomas Bernhard est un auteur régulièrement célébré à l'Athénée: grâce au travail photographique de Dominique Lemaire, directeur technique adjoint du Théâtre, faisons un saut dans le passé de l'Athénée (et du graphisme).

1988: Simplement compliqué
Mise en scène Christian Colin


1991: Les Apparences sont trompeuses
Mise en scène Dominique Féret

 

2003: RitterDeneVoss
Mise en scène Hans Peter Cloos
Comme dans le cas de Minetti, Ritter, Dene et Voss sont des noms d'acteurs ayant réellement existé.

 

2007: L'Ignorant et le Fou
Mise en scène Emmanuel Daumas

 

2008: Claus Peymann compra un paio di pantaloni e viene a mangiare con me
Thomas Bernhard en italien mis en scène par Carlo Cecchi

 

2009: Minetti
Mise en scène Gerold Schumann
À l'Athénée jusqu'au 24 octobre!

 

Bonne journée à tous.

 


Flash-back

La saison 2008-2009 de l’Athénée s’est terminée avec Les Mains sales et Les Justes (ou Les Mains justes, pour ceux qui voudront aller plus vite), mais vous souvenez-vous des spectacles qui ont habité l’Athénée et ce blog depuis septembre dernier?
Flash-back (ou analepse, pour ceux qui préfèrent éviter les anglicismes) très subjectif:

 

Le texte oublié sur le banc de Rêve d’automne
de Jon Fosse mis en scène par David Géry.



«Il y a quelque chose qui pourrait toucher à la pornographie dans l’opéra.»
Paul-Alexandre Dubois, le metteur en scène de L’Opéra de quatre notes de Tom Johnson en entretien sur le blog.

Extrait du Tribun/Finale de Mauricio Kagel mis en scène par Jean Lacornerie:
«La police, c’est vous!»

 

La seule photo que j’avais réussi à prendre de Claus Peymann/Sik Sik,
le spectacle double de Carlo Cecchi.

 

«Si tu veux essayer de plaire à tout prix, tu pleures dès que tu en entends un tousser dans la salle! Si je peux te donner un conseil : pense à ta grand-mère et fais une œuvre!»
Céline Sallette, actrice dans après la répétition d'Ingmar Bergman mis en scène par Laurent Laffargue, à des étudiants en art venus voir le spectacle.

 

Le Magazine, l’émission de Lionel Esparza diffusée sur France Musique en direct de l’Athénée à l’occasion des voix d’Olivier Messiaen.

 

«Cette compagnie est un véritable collectif, une troupe où on travaille dans le sens de l'œuvre et non dans celui des individualités. C'est un dialogue constructif où tout le monde va dans la même direction.»
Jean-Philippe Salerio, le metteur en scène de l’opérette La Cour du Roi Pétaud, en entretien sur le blog.

 

Les bouts de bois que l’on frappe l’un contre l’autre dans
La Puce à l’oreille de Georges Feydeau mis en scène par Paul Golub pour faire un bruit de claque.

 

Les enfants partant du premier concert de Claire-Marie Le Guay, pianiste en résidence à l’Athénée: un deuxième concert a suivi, et vous pourrez la retrouver l’année prochaine!

 

Le lustre magnifique de l’opéra Les Enfants terribles de Jean Cocteau et Philip Glass mis en scène par Paul Desveaux.

 

«Dans En attendant Godot, chaque réplique ouvre mille portes…»
Patrick Zimmermann, comédien dans En attendant Godot de Samuel Beckett mis en scène par Bernard Levy, en entretien sur le blog.



La traduction française de la morale de Cosi fan tutte, l’opéra de Mozart et Da Ponte mis en scène par Yves Beaunesne et dirigé par François Bazola:
«Heureux celui qui, malgré les ennuis, arrive à prendre la vie du bon côté…»

 

Chantal et Gérard: c’est le prénom des deux spectateurs qui, après avoir vu Riders to the Sea de Ralph Vaughan Williams d’après John Millington Synge à l’Athénée, ont décidé de se rendre sur les îles d’Aran où se déroulait l’action de l’opéra.

Un concentré (et une sélection!) des effets sonores que l’on pouvait entendre dans La Cantatrice chauve, un opéra de Jean-Philippe Calvin d’après Eugène Ionesco mis en scène par François Berreur.
(Retrouvez la vidéo ici sur YouTube)

 


«À quel monde meilleur rêvez-vous? Et comment allez-vous le construire?»
étaient les questions posées pour le cinquième forum de discussion des jeunes organisé par l’Athénée: le 15 mai dernier, quatre cents lycéens ont ainsi pu débattre à l’Athénée avec Daniel Cohn-Bendit, François Durpaire, Susan Georges et Bruno Rebelle.

 

Après trois ans de résidence et quatre concerts cette saison à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet, le Quatuor Psophos tire sa révérence avec le concert de clôture, Brahms/Strauss, dans le décor des Mains sales.



«Le théâtre de l’engagement, c’est peut-être vouloir défendre le texte dans un monde où les paroles sont sommées de laisser la place à l’image, où le fond cède à la forme. Mais quand il n’y a plus de paroles, c’est le début de la barbarie! C’est ce que nous combattons.»
Guy-Pierre Couleau, le metteur en scène des Mains sales de Jean-Paul Sartre et des Justes de Camus, en entretien sur le blog.

La troupe des Justes d’Albert Camus mis en scène par Guy-Pierre Couleau salue pour sa dernière représentation à l’Athénée.

Le public de la présentation de la saison 2009-2010 de l’Athénée commençant à sortir du théâtre: si vous n’avez pas pu y assister, cliquez ici pour découvrir les spectacles que vous propose l’Athénée à partir de septembre prochain!

 

 

Et vous, qu’avez-vous retenu de cette saison 2008-2009 de l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet? Pour nous le dire, cliquez ici et laissez un commentaire sur le blog!

Bon début de semaine à tous.


PS : des commentaires au billet de jeudi se sont ajoutés pendant le week-end, promis, je vous réponds aujourd’hui! Le sondage sur votre lecture du blog est toujours actif.

 


La police, c'est vous !

Les Parisiens se souviendront peut-être des affiches qui lançaient en ce début de saison : "La police, c'est vous !" : aviez-vous reconnu de quelle pièce la phrase était tirée? C'est au choix parmi Rêve d'automne, L'Opéra de quatre notes, Le Tribun/Finale et Claus Peymann/Sik Sik.

Quant à "Nous allons attaquer le mur de l'intimité", d'où provient-elle à votre avis? après la répétition, 2x4 du Quatuor Psophos, Les voix d'Olivier Messiaen ou La Cour du Roi Pétaud ? Vous évoque t-elle quelque chose de particulier?

Avec des affiches moins explicites, des programmes de salle d'auteur et ce blog, un nouveau mode de communication se met en marche à l'Athénée : pour y participer il suffit de prendre cinq minutes en cliquant sur "ajouter un commentaire" en bas de ce billet. En espérant vous lire très bientôt, je vous souhaite un bon mardi!


La solitude du photographe

J'aurais beaucoup aimé pouvoir vous proposer un bel album photo des répétitions de Claus Peymann…/Sik Sik qui a quitté les murs de l'Athénée hier après-midi, et c'est dans cette optique que je suis allée me cacher dans le fond de la salle avec mon appareil la semaine dernière.

Seulement voilà, à peine une photo prise, j'entendis Carlo Cecchi, qui pourtant me tournait le dos, marmonner en italien une question où j'eus l'impression de reconnaître les mots "luce" et "verde" : autrement dit, rien n'échappe à un artiste perfectionniste assis dans le parterre, pas même un petit témoin vert de mise au point sur un appareil photo placé vingt mètres derrière lui au deuxième balcon -les localisations sont véridiques. Je préférai donc m'échapper assez rapidement pour qu'il croie encore avoir rêvé et avant qu'il accuse le régisseur lumière de s'être trompé dans la couleur des gélatines (vous connaissez déjà ce mot si vous avez tout suivi).

Comme quoi, comme Lady Diana est censée l'avoir prononcé selon certains sites internet regroupant des citations plus ou moins véridiques : "Les photographes : ils ne font que leur boulot mais parfois ils devraient s'en abstenir". Il n'est toutefois pas précisé si elle l'a dit avant ou après sa mort.

La plupart de ceux d'entre vous qui me lisent aujourd'hui ne font sûrement pas le pont d'avant ce mardi 11 novembre : en récompense, voici la photo rescapée de cet après-midi du 5 novembre dernier.

Claus Peymann Sik Sik

Demain, le montage technique d'après la répétition, le prochain spectacle de l'Athénée, continue malgré l'armistice. J'aurai une pensée pour les courageux mais resterai du côté des chanceux : je vous dis donc à mercredi!


Je hais le théâtre

Carlo Cecchi, le metteur en scène de Claus Peymann…/Sik Sik, est le genre de personnage imposant à qui l'on a peur de parler. Alors pour glaner des idées sur le spectacle, on est allée voir Patrice Martinet, directeur de l'Athénée, personnage aussi imposant à qui l'on a moins peur de parler.

"_ Pourquoi avoir programmé un spectacle de Carlo Cecchi?
_ J'ai connu Carlo en accueillant au Centro di Ricerca per il Teatro, que je dirigeais à Milan, son spectacle RitterDeneVoss : comme Claus Peymann…, il s'agit d'un texte de Bernhard sur le théâtre, dont le titre français est, bizarrement, Déjeuner chez  Wittgenstein. Ritter, Dene et Voss sont en fait les noms des trois comédiens du Burgtheater de Vienne qui ont créé la pièce. J'ai ensuite programmé la pièce en 2003 dans une mise en scène de Hans Peter Cloos : nous avions souhaité l'intituler ScobRichWaneck, du nom des trois comédiens du spectacle, mais nous n'en avons malheureusement pas eu l'autorisation. Ce texte de Bernhard est un hommage aux comédiens et au théâtre, et la mise en scène qu'en avait fait Carlo Cecchi reste un grand souvenir de mon séjour en Italie.
Programmer Claus Peymann…/Sik Sik était ainsi une manière de renouer avec cette émotion tout en donnant un spectacle qui déclare son amour du théâtre : car si le personnage de Thomas Bernhard dans Claus Peymann… crie sa haine du théâtre, c'est tout simplement pour mieux montrer qu'il l'aime infiniment…
Et pour être honnête, je crois que cela faisait des années que je n'avais pas autant ri : j'ai réellement trouvé que c'était un spectacle incroyablement drôle. Il y a enfin une forme d'hommage à Louis Jouvet : comme Louis Jouvet, Carlo Cecchi est un capocomico, c'est-à-dire un metteur en scène qui dirige une compagnie et est présent sur le plateau en jouant avec les autres. Les troupes rassemblées autour d'un metteur en scène perdurent encore en Italie, bien plus qu'en France, d'ailleurs!

_ Vous qui parlez couramment italien, pensez-vous qu'on apprécie différemment le spectacle lorsqu'on n'est pas italophone?
_ Oui, car il y a une double démonstration. C'est surtout un spectacle sur les coulisses du théâtre où Thomas Bernhard va jusqu'à se mettre en scène en compagnie de Claus Peymann, qui a réellement été directeur du Burgtheater de Vienne ; de même pour Sik Sik où l'on caricature la figure du comique italien.
C'est dans Sik Sik que la maîtrise de l'italien s'avère intéressante, car on voit l'incompréhension entre deux Italiens qui essaient de parler une langue qui n'est pas la leur, mais qui est pourtant l'italien… L'italien devrait être une langue commune, mais il y a autant de dialectes que de régions, et l'unification qui a eu lieu au 19e siècle s'est accomplie en dépit du fait qu'un Napolitain ne pouvait pas comprendre un Milanais…
Dans Sik Sik, on voit donc deux personnages qui utilisent différemment l'italien : ils essaient de se comprendre en utilisant les mêmes tournures mais s'en servent mal et surtout pas de la même manière ! De toutes façons, la gestuelle napolitaine est un plaisir en soi et une langue que tout le monde comprend.

_ Pour en revenir à Claus Peymann…, je me demandais si vous vous étiez reconnu dans ce personnage de directeur de théâtre peu orthodoxe?
_ J'ai bien peur que oui. Moi aussi j'ai connu des doutes en arrivant à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet, moi aussi je réfléchis à la prochaine saison avec Christine Anglès, l'administratrice de l'Athénée, et surtout, moi aussi j'achète des pantalons."

Il vous reste jusqu'à dimanche pour découvrir un petit bout d'Italie ; quant à moi, je vous dis à lundi!


Mon directeur, ce héros

Vous le savez, l'événement principal à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet cette semaine reste le spectacle de Carlo Cecchi, Claus Peymann…/Sik Sik. N'en oublions pas pour autant d'autres événements qui changent la face du théâtre -ou, plus exactement, celle de son équipe.

Avant-hier, c'était en effet l'anniversaire de Patrice Martinet, directeur de l'Athénée : ne comptez pas sur moi pour vous révéler l'âge du jubilaire, et ceux qui se lanceront dans les devinettes en la matière le feront à leurs risques et périls dans leurs commentaires (je vous en prie, ne m'obligez pas à vous censurer pour préserver la paix sociale à l'Athénée).

Pour l'occasion, la face de l'Athénée en fut donc changée, et toute l'équipe du théâtre se déguisa en Patrice Martinet.
Voici à quoi ressemble l'original selon le portrait de Brigitte Baudesson que vous trouverez sur le site de l'Athénée :

Patrice Martinet



Et voici ses petits avatars affublés de lunettes rondes et d'une barbe en velours confectionnée par Marie-Noëlle Bourcart, régisseur général, et Patricia Mitaine, comptable principale :

Patrice Martinet et les sept nains

Les sept répliques (on n'a pas dit sept nains) de gauche à droite
Marie-Noëlle (régisseur général), Mathilde (stagiaire en communication et relations publiques), Eglantine (attachée aux relations publiques), Amandine (directrice du développement), Guillaume (secrétaire général), Aline (directrice de salle) et Florence (attachée à la communication).



Eglantine Desmoulins et Amandine Gougeon
Les mêmes en gros plan :
Églantine (attachée aux relations publiques) à gauche, Amandine (directrice du développement) à droite. Derrière Églantine, on aperçoit Julie (secrétaire de direction), et dans le miroir Janie (membre de l'équipe d'accueil) ainsi que Guillaume (secrétaire général).



Si j'avais eu un appareil panoramique, vous auriez également pu voir déguisés Christine Anglès (administratrice), Hélène Faget (secrétaire technique), Capucine Leboucher (coordinatrice de billetterie), Denis Léger (directeur technique), Dominique Lemaire (directeur technique adjoint), Jean-Noël De Marcovitch (régisseur général), Alexandra Maurice (attachée aux relations publiques), Yoann Perez (régisseur son) et Patricia Mitaine (comptable principale).

 

Et l'intéressé, quel tête il avait?  Visiblement ému, il s'appuyait sur une chaise comme pour ne pas chanceler.

Patrice Martinet

Patrice (directeur) et Dominique (directeur technique adjoint et guitariste de fêtes d'anniversaire en cas de besoin)

Patrice Martinet

La légende de cette photo reste ouverte. Je propose quelques possibilités et vous laisse me faire part de vos idées :
"_ Vous, là, posez cet appareil photo."
"_ On peut savoir pourquoi vous n'aviez pas de barbe?"
" _ Il est bizarre votre pull aujourd'hui."
"_ Votez pour moi" (excusez-moi, ce sont les nouvelles d'hier qui m'égarent)

Derrière Patrice Martinet, on aperçoit sans barbe Julie (secrétaire de direction), Florence (attachée à la communication), Amandine (directrice du développement) et Guillaume (secrétaire général).


Ce jour-là, c'était aussi la fête de Carlo Cecchi : pour la lui souhaiter, même avec retard, Claus Peymann…/Sik Sik se joue jusqu'à dimanche! Bon jeudi.


Little Italy

Claus Peymann…/Sik Sik mis en scène par Carlo Cecchi commence ce soir, et le montage technique de veille de représentation auquel vous commencez à être habitués prenait hier une coloration particulière teintée d'accent italien, de phrases anglo-italiano-françaises et des panneaux de surtitres à installer et tester.



Yoann Perez et Pierre Berneron

Yoann Perez et Pierre Berneron, régisseurs son, installent les panneaux où ceux d'entre vous qui ne parlent pas italien couramment (comment ça "tout le monde"?) pourront suivre la traduction du texte en simultané.

Dominique Lemaire

Dominique Lemaire, directeur technique adjoint, fait des haltères d'un nouveau genre (à moins qu'il soit en train de suspendre le fameux panneau cité plus haut).

Panneau surtitre

Deux panneaux, un à cour et un à jardin : les difficultés du théâtre à l'italienne dont nous avons déjà eu l'occasion de parler empêchent de mettre un seul panneau au centre en haut de la scène comme c'est le cas habituellement dans les théâtres -et l'on a vu Dominique Lemaire, directeur technique adjoint, et Yoann Perez, régisseur son, se déplacer de siège en loge et de corbeille en balcon pour vérifier que la traduction était bien visible de partout.

Montage Claus Peymann/Sik Sik

A gauche du panneau, Jean-Marc Girodeau, technicien, et Jean-Noël de Marcovitch, régisseur général. A droite, Marie-Noëlle Bourcart, régisseur général (précédemment aperçue dans des positions plus inconfortables) et Paolo Dinattieri, de l'équipe de Carlo Cecchi.

Emanuel Giovagnoli, de l'équipe de Carlo Cecchi, et Jean-Noël de Marcovitch, régisseur général, montent la toile de fond.

 

Montage Claus Peymann/Sik Sik

Pour les projecteurs, vous connaissiez déjà le chariot élévateur (dit aussi Génie) : découvrez aujourd'hui l'escabeau géant.

 

A ce soir pour ceux qui seront là, et à demain pour les autres! Buona giornata a tutti… (je suis allée chercher loin dans mes vagues connaissances en italien pour vous retrouver ça, que les doués en langues étrangères n'hésitent pas à me corriger!)


Sous vos applaudissements

Le Tribun/Finale appelait manifestement à réaction, et sur le blog les commentaires ne se sont pas fait attendre. Il y eut débat sur l'idée d'oeuvre conceptuelle, sur la démagogie, sur le discours, mais également un, en apparence plus anecdotique, sur la question des applaudissements : étaient-ils nourris, seulement polis, enthousiastes ou carrément glacés? L'appréciation de la tonalité des applaudissements variait selon l'auteur de chaque commentaire et pouvait servir de justification à un avis que l'on préfère toujours voir partagé : "j'ai aimé, mais je n'étais pas le seul, souvenez-vous des applaudissements tonitruants!"

Il y aurait beaucoup à dire sur l'origine des applaudissements dont l'usage remonterait à l'empereur Auguste cherchant à réguler les cris saluant une représentation, et l'on renvoie le lecteur intéressé à l'abécédaire de Vincent Borel, Un Curieux à l'opéra, édité chez Actes Sud en 2006. Ils tendent aujourd'hui à se répandre hors des sociétés occidentales, même si les applaudissements japonais sont souvent très mesurés voire inexistants et que beaucoup de Maliens, s'ils battent volontiers des mains pendant le spectacle, le font rarement à la fin : éventuellement question de pudeur chez les premiers et de vision communautaire d'un art intégré au quotidien chez les seconds, les applaudissements sont en tout cas révélateurs de codes sociaux et d'organisations de société qu'il serait vain de vouloir traiter en quelques mots.

Revenons donc au cas de l'Athénée, car on n'applaudit pas de la même manière après Le Tribun qu'après Finale, après un concert du Quatuor Psophos qu'après L'Opéra de quatre notes, après Rêve d'automne qu'après Claus Peymann.../Sik Sik (quoique dans ce cas précis, pour l'instant je fabule, car Claus Peymann.../Sik Sik ne commence que demain). La façon dont on applaudit dépend certes de son appréciation personnelle du spectacle mais aussi de bien d'autres facteurs.

Dans le cas du Tribun, on est à l'entracte qui précède Finale, et l'on a tendance à se réserver pour la fin -Finale récolte donc les applaudissements pour deux, mais je ne dis pas ça pour créer un conflit entre Bernard Bloch et l'Ensemble 2e2m, évidemment (hum). Avec le Quatuor Psophos, l'on entre dans le monde feutré de la musique classique où il est sacrilège d'applaudir entre deux mouvements d'une même oeuvre et inélégant de hurler "bravooooooo !!!!!" à gorge déployé, sauf exceptions notables comme les festivals ou maisons d'opéra internationales où se pressent professionnels exigeants et amateurs passionnés. Musique aussi du côté de L'Opéra de quatre notes, mais surtout spectacle plein d'humour qui provoque le rire, et l'on est toujours plus enclin à applaudir avec enthousiasme après avoir hurlé de rire pendant une heure et demie : l'émotion n'a pas été retenue durant le spectacle et les acclamations arrivent ainsi comme une suite logique de la représentation. Rêve d'automne aurait pu connaître l'effet inverse si celui-ci n'avait pas été contrebalancé par la présence d'acteurs connus au générique : après un spectacle intime à l'ambiance peuplée de non-dits et de sensations en demi-teinte, des applaudissements bruyants paraissent vite inappropriés voire inconvenants, et il est toujours délicieux de savourer ce moment de silence plus ou moins long qui suit la dernière réplique et précède les premiers claquements.

Et quid du non-applaudissement? Imaginez-vous un spectacle suivi d'un grand silence, comme devraient l'être les représentations de Parsifal pour lesquelles Wagner interdît le moindre signe d'adhésion afin de n'en pas briser la spiritualité? On applaudit souvent, même lorsqu'on n'est pas content (le claquement se faisant alors mou et peu enthousiaste) : les applaudissements font ainsi office de rituel permettant le passage du monde du spectacle au monde réel.

Nouvel avatar du nocher Charon ou manifestation d'opinion, les applaudissements qui viendront saluer Claus Peymann.../Sik Sik auront sans doute eux aussi leur coloration singulière. Il y a fort à parier que nous serons nombreux cette semaine à prendre en compte la nationalité italienne des artistes dans nos applaudissements en voulant particulièrement remercier des gens qui n'ont pas hésité à venir de loin juste pour notre contentement.

Bon mardi !


Les photos/finales

Le Tribun/Finale s'est terminé samedi, et les équipes de l'Ensemble 2e2m, de la compagnie Ecuador et du Réseau (théâtre) ont quitté les lieux pour laisser la place aux artistes et techniciens de Claus Peymann compra un paio di pantaloni e viene a mangiare con me / Sik Sik l'artefice magico (que nous nous appellerons dorénavant Claus Peymann.../Sik Sik pour davantage de commodité). J'ai toutefois pu glaner quelques photos avant le départ définitif :

Tribun/Finale

Ce paquet gris et rouge, ici à la lumière d'une ampoule nue, rappellera sans doute quelque chose aux spectateurs du Tribun/Finale : l'orateur avait en effet un cadeau pour nous (il nous voulait du bien, souvenez-vous).

 

Tribun/Finale

Un autre cadeau, moins tendancieux celui-ci : les fleurs que l'Athénée a offert aux artistes pour la première.

 

Tribun/Finale

Le percussionniste avait beaucoup à faire, en particulier dans Finale : voilà un petit aperçu de son espace de travail…

 

Tribun/Finale

Les pupitres désormais vides des musiciens de l'Ensemble 2e2m.


Claus Peymann.../Sik Sik commence ce mercredi : pour en savoir un peu plus sur ce spectacle qui mêle textes de Thomas Bernhard et d'Eduardo de Filippo, n'hésitez pas à vous rendre ce soir à 19h à l'Institut Culturel Italien, 50 rue de Varenne à Paris, pour y rencontrer Carlo Cecchi, metteur en scène du spectacle, Huguette Hatem, traductrice d'Eduardo De Filippo, et Patrice Martinet, directeur de l'Athénée.

Bon début de semaine à tous!


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