Ariane chez Molière

Ariane à Naxos de Richard Strauss est un drôle d’opéra.

Il commence par un prologue où l’on découvre deux troupes d’artistes s’apprêtant à jouer lors d’un dîner organisé par leur mécène.
La première, qui donne dans l’opéra sérieux, a répété Ariane à Naxos et s’insurge que la seconde, qui a prévu un divertissement, soit programmée le même soir.

La consternation monte d’un cran lorsque le mécène annonce finalement que les deux troupes devront jouer simultanément. Atterrés, les artistes de l’opéra sérieux n’imaginent pas une seconde être mêlés aux autres qui, eux, se demandent bien comment ils vont s’intégrer à l’action d’Ariane à Naxos...

C’est ainsi que l’opéra proprement dit commence, présentant l’histoire d’Ariane à Naxos, interrompue ou commentée par les chanteurs et comédiens de l’autre troupe : grâce au fameux fil aujourd’hui passé dans la langue française, Ariane a aidé Thésée à sortir du labyrinthe contre la promesse de l’épouser. Sauf que Thésée n’honore pas son engagement et abandonne Ariane sur l’île de Naxos, où elle n’attend plus que la mort.
Les artistes du divertissement essaient ainsi de consoler Ariane, en particulier Zerbinette qui cherche à la convaincre qu’une autre histoire d’amour est possible. Même si Ariane ne semble pas avoir entendu Zerbinette, elle se retrouvera finalement dans les bras de Bacchus.

C’est ainsi que Strauss, en abordant les relations entre artistes et mécènes (on dirait aussi “tutelles” ou “politiques”), compose un opéra à la fois drôle et sérieux comprenant des rôles parlés et chantés et qui donne à entendre des passages rappelant Wagner, mais immédiatement suivis d’acrobaties vocales brillantes et légères.

Il faut dire que la genèse de l’œuvre est particulière, puisqu’il s’agissait au départ d’un opéra qui devait s’intégrer au Bourgeois gentilhomme de Molière, en représentant l’intermède musical commandé par le personnage de Monsieur Jourdain aux actes III et IV.
Malheureusement, l’œuvre se révéla difficile à donner, sans doute pour des raisons financières : donner à la fois un opéra et une pièce de théâtre le même soir est en effet bien coûteux. Richard Strauss modifia son opéra pour le rendre complètement indépendant de la pièce de Molière, créant ainsi une œuvre particulièrement originale sur le fond comme sur la forme.

Ariane à Naxos se joue à l’Athénée jusqu’à dimanche dans une version de concert proposée par Le Balcon, avec Julie Fuchs dans le rôle de Zerbinette.

Bon week-end !



Clémence Hérout


Silence dans les couloirs !

La première d’Ariadne auf Naxos a eu lieu hier soir dans un Athénée survolté (sur scène et dans la salle) : pour voir cet opéra de Strauss dans une version mise en espace par Le Balcon et Benjamin Lazar, c’est jusqu’à la fin de cette semaine !

Mais ce soir, le spectacle laisse la place à la présentation de la saison 2013-2014 : à partir de 18h30, Patrice Martinet, directeur de l’Athénée, vous parlera des spectacles qui se joueront à l’Athénée à partir de septembre prochain.

Le Tone, mon camarade de blog, a réalisé avec Maris un film qui accompagnera cette présentation de saison.

Je les ai suivis avec un micro dans la préparation de ce film : dans l’extrait sonore que je vous propose, on les entend mettre sur pied l’interview en vidéo-conférence d’une metteure en scène.

Le reportage sonore dure moins de trois minutes et peut s’écouter ci-dessous ou à ce lien.

 


À ce soir pour découvrir le film et la prochaine saison !


Clémence Hérout


Action ou vérité

Après avoir contrôlé vos billets et vous avoir placés en salle, tous les agents d’accueil ne sont pas chargés des mêmes tâches : une bonne partie quitte le théâtre une fois le spectacle commencé, certains surveillent le vestiaire, d’autres restent à l’intérieur de la salle parmi le public, d’autres encore se postent dans le hall du théâtre après avoir effectué le décompte des spectateurs.

Que faire lorsqu’on est chargé de surveiller le hall ou le vestiaire pendant le spectacle et qu’il n’y a ni retardataire, ni spectateur malade ou mécontent, ni début d’incendie ? (oui, bon, on ne sait jamais...)

Il y a ceux qui se sont amusés à faire des photos décalées avec moi (photos malheureusement perdues suite à la panne de l’un de mes disques durs et malgré quelques tentatives onéreuses de récupération de données), ceux qui lisent, ceux qui discutent entre eux, ceux qui font les cent pas... Et ceux qui jouent.

En témoigne cette petite cocotte en papier retrouvée à l’intérieur du comptoir dans le hall :

Athénée Cocotte en papier Clémence Hérout


Je ne sais pas si vous avez joué à ça à l’école primaire : on fabrique une cocotte en papier, à l’intérieur de laquelle on inscrit des gages, des questions, des défis...
On glisse ensuite ses doigts dans la cocotte (dans les petits pics que vous voyez sur la photo) et on l’actionne un certain nombre de fois (souvent le chiffre annoncé par l’un des joueurs) en approchant puis éloignant ses doigts.
Au terme du décompte, on obtient le gage ou la question qui correspond au coin sur lequel on est tombé.
(ça a l’air compliqué comme ça, mais je vous jure que ça ne l’est pas)


Quels sont les gages inscrits sur la cocotte des agents d’accueil de l’Athénée ? Eh bien par exemple :

- “lire tout le stock de la librairie
Comme je vous l’expliquais dans ce billet , la librairie L’Échappée littéraire s’installe à l’Athénée les soirs de représentation.

- “faire tomber la veste

- “énerver Philippe Cathé” (avec, juste en-dessous, un ajout dans une autre couleur :  “qui n’est plus Phlippe Cathé mais Jacques Amblard”)
Philippe Cathé et Jacques Amblard sont musicologues : ils viennent à l’Athénée pour présenter aux spectateurs qui le désirent les œuvres musicales programmées. Comme ils sont présents en alternance en fonction de leur domaine de compétence, on arrive parfois à les confondre...

- “monter à quatre pattes en salle Christian-Bérard”?
(ceux qui ont déjà vu un spectacle dans cette petite salle de l’Athénée savent que c’est déjà assez difficile d’y monter sur deux)


Les jours fériés jouant la proximité cette année, il n’y aura pas de billet demain et jeudi ! Vous retrouverez les dessins du Tone vendredi. À la semaine prochaine !


Clémence Hérout

 


Merci à Isabelle pour l’idée


Puisque vous aimez le bon chocolat à croquer

Ma grand-mère est décédée récemment. En vidant sa maison, nous avons trouvé dans son bureau une série d’images soigneusement rangées dans une boîte, et dont le thème colle bien à l’actualité de l’Athénée :

 

 

Il s’agit de vignettes sur le thème de Blanche-Neige que l’on pouvait trouver dans les tablettes de chocolat Menier au tout début des années 1940. Elles sont inspirées du dessin animé de Walt Disney.

 

 

Ma grand-mère en possédait une centaine, classées dans l’ordre. Les collectionner pouvait donner droit à des cadeaux en échange –qui ne devaient pas l’intéresser, puisqu’elle a préféré garder les images.

 

 

Pour voir une toute autre version de Blanche-Neige, il reste encore une représentation ce soir à l’Athénée ! Il s’agit d’un opéra de Marius Felix Lange mis en scène par Waut Koeken.

 

 



Quant au blog, il fait une petite pause : retour le lundi 6 mai !



Clémence Hérout


Va te faire voir

Miroirs Blanche-Neige (c) Clémence Hérout

 

“Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle”, demande sans cesse la belle-mère de Blanche-Neige à un miroir qui se demande s’il a le droit de réfléchir avant de refléter...

 

Athénée Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

 

Dans l’opéra de Marius Felix Lange actuellement à l’Athénée, le miroir est interprété par un chanteur (Huub Claessens), ce qui n’empêche pas la marâtre de s’entourer de nombreux reflets encadrés de dorures variées :


Athénée Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

Athénée Blanche-Neige (c) Clémence Hérout

Athénée - Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

Athénée Blanche Neige miroirs (c) Clémence Hérout

Athénée Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

Athénée - Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

Athénée - Blanche-Neige (c) Clémence Hérout

 

Athénée - Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

 

Pour voir miroiter Blanche-Neige et sa belle-mère dans une mise en scène de Waut Koeken et des décors de Florian Angerer, il vous reste quatre représentations ! L’opéra se joue jusqu’à vendredi.

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