Encore une histoire de fesses (cette fois en vidéo)

Cristèle Alves Meira est la metteure en scène de Vénus de Suzan-Lori Parks qui sera donné à l’Athénée en mars prochain.

Elle a eu la gentillesse de m’accorder un entretien vidéo dans l’une des loges du théâtre: elle y évoque l’histoire racontée par la pièce, l’écriture de Suzan-Lori Parks, l’appel au mécénat lancé pour le spectacle, les avantages dont bénéficient les donateurs et les répétitions actuellement en cours.

 

(Durée : 8 minutes)
Pour regarder la vidéo sur YouTube, cliquez ici.

 

Vous pourrez rencontrer Cristèle ce samedi à 17h pour le deuxième café-débat de cette saison à l’Athénée: sur le thème “Moi aussi, je veux être une victime!” et autour des spectacles Julie, Vénus, Une Maison de poupées et Dans la Colonie pénitentiaire, une discussion aura lieu entre Cristèle Alves Meira (metteure en scène de Vénus), Geneviève Fraisse (philosophe au CNRS), Thierry Lévy (avocat pénaliste et auteur) et Richard Rechtman (psychiatre et anthropologue).
Plus d’informations ici.



Bon mercredi!



PS : et ce soir à 17h30, c’est Guillaume Gallienne, auteur et acteur de Les Garçons et Guillaume, à table! actuellement à l’Athénée, que vous pourrez rencontrer à la FNAC des Ternes dans le 17e à Paris. Plus d’informations ici.


Vous reprendrez bien des tripes d’alouette avec du coulis de saindoux?

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Noël ou, si vous détestez Noël, que vous êtes contents d’avoir survécu à cette épreuve.


Philippe Nicolle, directeur artistique de la compagnie des 26000 Couverts, a mis en scène le spectacle Au Temps des croisades actuellement à l’Athénée.
Discussion dans une loge inoccupée quelques minutes avant une représentation:


«_ D’où vient le nom de votre compagnie, 26 000 Couverts?

_ De l’idée d’avoir beaucoup de monde à sa table! Il s’agit au départ d’un collectif plus que d’une compagnie, d’ailleurs.

_ Et c’est quoi, ce décor en carton pâte pour Au Temps des croisades?

_ Nous avons souhaité recourir aux clichés de l’opérette et du Moyen-Âge en mettant en avant la fausse perspective, le donjon, la cheminée, la muraille…

_ Comment expliquer cette fascination pour le Moyen-Âge et la propagation de tous les clichés qui l’accompagnent?

_ Vaste question…

_ C’est la question Sciences Po du jour.
_ Il y a des clichés sur toutes les époques… Dans le cas du Moyen-Âge, les peintures qui nous sont parvenues ne connaissent pas la perspective et ont donc pour nous un aspect naïf, presque enfantin, qui a déteint sur notre représentation de cette époque.
Le Moyen-Âge a ainsi été très utilisé dans des œuvres légères comme Au Temps des croisades, alors que c’est une époque en fait assez violente.

_ Que mange-t-on dans les châteaux féodaux?
_ Ce sont surtout les tripes d’alouette au saindoux que j’aimerais goûter! Nous avons ajouté une partie dialoguée à partir de ce passage sur la nourriture: comme le dit lui-même le texte, bien manger est la seule distraction du château…
Nous avons également ajouté un entracte au cours duquel nous proposons aux spectateurs de goûter à certaines spécialités médiévales… Sans grand succès! Après l'entracte, quand le rideau se relève, rien n’a bougé, alors que la vocation d’un entracte est d’abord de permettre de changer le décor: c’est un acte gratuitement gratuit…

_ Quelle a été la ligne directrice de ton travail de mise en scène sur Au Temps des croisades?
_ Les comédiens et chanteurs ont beaucoup apporté au spectacle. En ce qui me concerne, il m’a semblé important d’aller à la rencontre de l’esprit potache, irrévérencieux, et un peu kitsch aussi, de l'écriture. J’ai essayé de fonder la mise en scène, au-delà du cahier des charges (suivre l'histoire, mettre la musique en valeur, etc.) sur la digression et la transgression afin de refléter ce "pré-surréalisme", cette loufoquerie de l’œuvre.
On a beaucoup joué avec les conventions: on a détourné quelques codes de l’opérette et du théâtre en salle afin que des choses se passent vraiment avec le public, car le public constitue en fait la moitié de la distribution!


_ Il a pourtant bien fallu que la musique soit respectée…

_ Oui, il était essentiel de rendre cette œuvre dans sa relative intégrité. C’est parce que je suis  amateur de musique jouée en concert que j’ai tenu à ce que les musiciens soient visibles. Pour moi, c’est une vraie frustration de ne pas voir les musiciens lorsque je me rends à l'opéra: il s’agissait donc de mettre en scène la musique et ce corps de métier, de poser l’orchestre au centre de l’action…
De toutes façons, la musique donne une couleur qu’il est vain de vouloir combattre: nous avons d’abord répété avec un piano seul, puis l’arrivée de l’orchestre sur les dernières répétitions a fait évoluer le spectacle ! La musique a imposé sa puissance. Je dois d’ailleurs préciser à ce sujet que Christophe Grapperon est un chef d’orchestre exceptionnel dont la générosité et la présence m’ont beaucoup soutenu.»


Pour explorer la "gratuité totalement gratuite", hormis le prix des places, c’est jusqu’à dimanche.

Après-demain, vous pourrez discuter par tchat avec Loïc Boissier, directeur artistique des Brigands, et Christophe Grapperon, directeur musical d'Au Temps des croisades: rendez-vous mercredi sur le site internet de l'Athénée de 19h à 20h!

Bon début de semaine...


Les règles de l'interview dans l'Athénée moderne - Entretien avec F.Berreur

François Berreur est le metteur en scène des Règles du savoir-vivre dans la société moderne de Jean-Luc Lagarce, à l’Athénée jusqu’à samedi.
Discussion au bar de l’Athénée le soir de la première:



 «_ De quoi parlent Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne, à part des règles du savoir-vivre dans la société moderne?

_ De l’histoire d’une femme, de la difficulté d’aimer, du désir d’aimer, de l’absence d’amour, des contradictions de l’organisation de la société, de la façon dont celle-ci se met en place pour que la mort et la vie ne fassent plus peur, des conventions…

_ Jean-Luc Lagarce avait lui-même monté son texte, déjà à l’Athénée et déjà avec Mireille Herbstmeyer. Y a-t-il un lien entre vos deux mises en scène, une histoire de filiation?
_ Nos deux spectacles n’ont rien à voir alors qu’il s’agit du même auteur et de la même actrice: c’est à mon sens la preuve qu’il s’agit d’un grand texte… J’aurais bien aimé pouvoir en discuter avec Jean-Luc Lagarce, car nous avons fait des choix très différents. Pour ma part, j’ai voulu donner à ce spectacle des aspects de conférence, une mise en espace qui paraît très basique et qui joue sur les codes de la représentation ainsi que sur l’imagination.

_ Peux-tu nous en dire davantage sur ton sol à reflets (aperçu hier sur le blog)?
_ Je l’ai justement choisi parce que ce spectacle questionne la notion du code et de l’image. Le texte évoque des règles de savoir-vivre destinées à créer l’image de soi que l’on donne à voir aux autres, et la mise en scène utilise pleinement les conventions théâtrales comme le rideau rouge ou le jeu avec le public. Ce qui est au centre, c’est l’image que l’on projette de soi, la façon dont les autres nous perçoivent et la manière d’organiser une société.

_ Pourquoi jouer sur les décalages et les ruptures de ton ?
_ Parce qu’on entre dans un rêve qui devient réalité! Le personnage lance des choses extérieures qu’il finit par intérioriser, mais le rêve se casse : inventer des règles de savoir-vivre consiste tout de même à vouloir adapter l’impossible, comme une sorte de jurisprudence irréalisable… Et c’est à ce moment-là que rêve comme représentation théâtrale sont désacralisés.
Il y a également des changements de ton et une grande ironie dans le fait que ce personnage, tout en parlant mariage et enfants, reste fondamentalement seule. Au-delà de la dimension comique du texte, il s’agit d’une véritable expérience de vie pour cette femme qui n’est pas la même personne au début et à la fin du spectacle.

_ L’Athénée a souvent accueilli des monologues d’acteur avec Philippe Caubère ou Fabrice Luchini par le passé et Guillaume Gallienne en janvier et février prochains. Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne, est-ce un monologue d’actrice?
_ Non, car le texte est une vraie pièce, certes avec une seule actrice, mais c’est avant tout une pièce de théâtre.
Églantine Desmoulins, attachée aux relations publiques à l’Athénée, qui passait par là: _ Tout de même, c’est une grande performance de la part de Mireille Herbstmeyer!
Marie-Noëlle Bourcart, régisseure générale à l’Athénée, parce que décidément, c’est fou le nombre de gens qui passent par là en ce moment: _ Oui, mais il y a un vrai texte préexistant, l’auteur est très présent et raconte beaucoup de choses...
François Berreur: _ Exactement!

_ Pourquoi le personnage des Règles du savoir-vivre dans la société moderne est-il une femme et non un homme?

_ Effectivement, si c’était un homme, cela ne serait pas la même chose au niveau dramaturgique. Il s’agit d’une femme abandonnée par les hommes qui parle aussi indirectement de la société machiste dans laquelle nous vivons…»

Pour admirer la performance de Mireille Herbstmeyer (et le texte de Jean-Luc Lagarce, et la mise en scène de François Berreur), c’est à l’Athénée ce soir, demain soir, samedi après-midi et samedi soir!

Bon jeudi à tous.


La carrière d'un libertin - interview!

Antoine Gindt est le metteur en scène de The Rake’s Progress, opéra de Stravinsky dont la première est ce soir à l’Athénée.

«_ On a souvent dit que Stravinsky avait multiplié les emprunts dans son opéra The Rake’s Progress: hommage, parodie ou plagiat?
_ Je ne sais pas si l’on peut véritablement parler d’emprunts: disons plutôt qu’il a choisi de composer un opéra à numéros, c’est-à-dire avec une succession de situations musicales très caractérisées sur le modèle lyrique du 18e siècle, mais qu’il n’y a pas d’emprunts au sens de la citation.
On l’a beaucoup accusé d’avoir puisé ailleurs, mais The Rake’s Progress n’est que de la main de Stravinsky -c’est d’ailleurs tout l’intérêt de cet opéra: d’une situation contraignante, il compose un opéra comme un musicien du 18e siècle en utilisant les codes de l’époque (The Rake’s Progress comprend des arias, des récitatifs, des trios, des quatuors…) tout en conservant son écriture et crée une esthétique inédite qui n’aurait jamais pu exister au 18e siècle. Il s’agit d’une manière de revisiter le genre de l’opéra classique sans pour autant revenir en arrière.
J’ai une grande affection pour cet opéra car, malgré toutes les contraintes qui ont présidé à sa composition, on y reconnaît l’écriture de Stravinsky qui a accompli la prouesse de maintenir sa personnalité: alors que, lorsqu’on parle de pastiche ou d’emprunts, on a l’impression que l’on va entendre des citations d’autres œuvres telles quelles. Beaucoup ont voulu comparer The Rake’s Progress au Cosi Fan Tutte de Mozart, mais il est impossible de reconnaître formellement dans The Rake’s Progress un air, une mélodie, un emprunt comme chez Mahler ou Berio qui, dans leurs œuvres, ont une utilisation claire et affirmée de la citation. Ici, Stravinsky se soumet à des contraintes très dures et emprunte à des techniques et styles repérables qu’il choisit finalement de brouiller.
Après la révolution musicale du Sacre du Printemps que tout le monde connaît de près ou de loin, Stravinsky s’oriente vers d’autres styles. Et autant le néoclassicisme d’autres œuvres de Stravinsky comme Œdipus Rex, Perséphone ou Apollon Musagète me semble souvent assez fastidieux, autant The Rake’s Progress trouve une liberté incroyable. Les amateurs d’opéras n’apprécient pas toujours cette œuvre, comme si cette forme était de toutes façons perdue. Stravinsky n’a pas eu l’idée de faire de la musique “à la manière de”, ou en tout cas cela ne peut pas se réduire à cela : c’est d’ailleurs la richesse et la force incroyable de The Rake’s Progress qui ne peut pas se réduire à un pastiche. La motivation de Stravinsky, son inspiration, sa manière de faire qui est celle d’un artiste génial, il faut bien le dire, est un véritable bouleversement.

_ Le personnage principal de The Rake’s Progress, Tom Rakewell, est-il un héros?

_ Non, il s’agit définitivement d’un anti-héros, mais pas à la manière du Wozzeck de Berg par exemple qui, lui, subit l’histoire, alors que Tom Rakewell la raconte. The Rake’s Progress est une fable, ce qui permet des libertés musicales et dramaturgiques: la fable autorise une certaine légèreté et l’adresse directe au public qui créent un code entre le public et le narrateur.
Tom Rakewell est un archétype, un anti-héros dont le parcours le conduit à l’anéantissement; il tente de s’en sortir en formulant des vœux stupides réalisés par Shadow, son double, mais une fois le pacte rompu, Rakewell sombre dans le désespoir. C’est l’histoire de quelqu’un qui, par abandon de lui-même, ne réussit à rien: il souhaite être riche et le devient par artifice, il espère le bonheur et se marie avec une femme horrible…
Les personnages sont eux-mêmes des archétypes et évoluent dans un environnement qui est celui de l’histoire fabuleuse où il n’y a pas véritablement d’ancrage dans la réalité, dans le sens où il ne s’agit pas d’une situation concrète où les personnages seraient dirigés par autre chose que par le conteur Stravinsky. La musique renvoie à des choses profondes, mais elle conserve aussi une forme de légèreté.

_ Dans votre mise en scène de The Rake’s Progress, cette légèreté est-elle importante?
_ Le spectacle me semble en effet bien plus important que tout ce que l’on peut raconter sur Stravinsky. Il est essentiel pour moi de mettre l’accent sur cette légèreté qui permet de ne pas appesantir le propos en respectant le principe dramaturgique de la narration, de prendre de la distance vis-à-vis de la fable et d’éviter d’enfermer les personnages dans quelque chose qui ne correspondrait pas exactement à ce que Stravinsky nous raconte.
Nous avons monté ce spectacle hors de la machine lyrique traditionnelle: il ne s’agit pas d’un opéra de chambre, et il ne se monte pas facilement. C’est pourquoi on en voit souvent des productions dans l’institution lyrique et moins dans des théâtres plus indépendants comme celui de l’Athénée. Je dois enfin préciser que la qualité et la crédibilité des chanteurs étaient des paramètres primordiaux.

_ Pourquoi Stravinsky n’a-t-il pas créé une génération de compositeurs?
_ C’est souvent la marque d’un grand génie -Gustav Malher n’en a pas vraiment eue non plus, par exemple. Stravinsky a révolutionné l’idée de l’orchestre, et de nombreux compositeurs ont saisi cette révolution, mais là où l’on attendait pas: je pense à la musique de film, en particulier, qui a beaucoup été influencée par Stravinsky. Comme Varèse par exemple, Stravinsky a créé une musique tellement singulière que s’en inspirer reviendrait à le copier.
Comme Stravinsky a en outre utilisé, dans une certaine mesure, le langage existant en le transformant, il n’a pas créé une révolution aussi fondatrice que Schönberg: Schönberg est peut-être plus traditionnel que Stravinsky, mais il a créé le dodécaphonisme. Le sérialisme inventé par Schönberg donne de nouvelles clés d’écriture, et la descendance d’un outil se voit plus facilement que celle d’une esthétique. L’influence de Stravinsky est donc plus diffuse, mais je ne pense pas qu’un compositeur puisse être absent de Stravinsky: on ne peut pas cacher l’histoire de la musique et Stravinsky en fait partie peut-être plus que d’autres.»

La première de The Rake’s Progress est ce soir! L’opéra se jouera ensuite pour trois autres représentations jeudi, vendredi et dimanche. Bon mardi!


C’est extra - Interview!

Comédien dans Minetti où il interprète l’extra (celui qui sert le champagne) et l’amoureux, Jérôme Maubert est également l’assistant de Gerold Schumann, le metteur en scène. Entretien dans la loge de l’intéressé avant une représentation:

«_ Quel est, pour toi, le sujet central de Minetti?
_ Minetti traite de l’artiste -du comédien bien sûr, mais aussi de toutes les formes artistiques comme les lettres, la musique... La pièce montre un parcours douloureux d’acteur, la trajectoire d'un homme qui a suivi ses convictions et s’y est tenu, ce qui est un acte courageux au final... Il est au bout de  sa vie... Thomas Bernhard est un visionnaire: ce "portrait de l'artiste en vieil homme" est si juste, si touchant et si réel... Comment a-t-il pu être si proche de la vérité de ce parcours d'acteur au bout de sa vie? Ce texte est incroyable d'humanité.
(Il vérifie son maquillage dans le miroir)

_ Pourquoi êtes-vous tous autant grimés?
_ Nous ne sommes pas grimés, nous sommes “ensorisés”. La création maquillage et les costumes ont consisté à nous styliser afin de nous dessiner des silhouettes à la James Ensor... Minetti déclare d’ailleurs: "cet hôtel est plein de personnages qui rendent obligatoirement fou un homme comme moi...".  Gerold Schumann, le metteur en scène, a fait le choix de ne pas rester dans le réalisme.

_ Et comment as-tu travaillé pour jouer ton personnage de l’extra qui, s’il a peu de texte, est très présent lors de la première partie du spectacle?
_ Il s’agit d’un personnage qui a un métier et qui est ici à son travail: il doit se tenir à sa fonction quoiqu’il se passe. Je ne lui ai pas inventé toute une vie mais ai plutôt travaillé en fonction du jeu de Serge Merlin et de ce qu'il émane du plateau, de l'univers de l'auteur et celui du metteur en scène: en étant assistant à la mise en scène, j’ai travaillé un mois de plus que les autres et ai donc pu voir Serge Merlin construire et entrer au fur et à mesure dans son personnage, le voir s'emparer puis devenir Minetti...J'ai adapté une écoute qui me semblait juste en fonction de sa proposition
Les rôles muets ont des partitions: comme en musique, les silences répondent à quelque chose. J’ai l’impression de converser avec Minetti même dans les silences, et ce uniquement par les regards ou les mouvements. C'est un vrai travail d'acteur: être juste, savoir s’effacer à bon escient et trouver sa place dans cet univers, ses rapports avec les autres. Ce rôle quasi-muet m'a laissé une grande liberté car rien n’est écrit sur ce personnage dans le texte, si ce n’est porter une valise, entrer ou sortir: tout est à créer.

 

Liza Winzelle, habilleuse à l'Athénée, et Jérôme Maubert

_ Pourquoi interprètes-tu l’extra et l’amoureux qui sont deux personnages différents dans le texte de Thomas Bernhard?
_ C’est un choix qu’a fait Gerold Schumann dès le départ: il semblait logique que l’extra, qui est sans doute le personnage qui accorde le plus d’écoute et de considération à Minetti dans la première partie, ait amené ce dernier dans la salle de bar aux côtés de son amoureuse: c’est l’endroit où les gens attendent…
D’ailleurs, ce rôle de l’extra est souvent supprimé ou réduit à sa première réplique: au cours des répétitions, sa présence et son écoute nous ont paru nécessaires, car le personnage Minetti comme l’acteur Serge Merlin ont besoin d’être soutenus... Minetti s’arrêterait de parler si personne ne l’écoutait ni le regardait.

_ Couplé à la sympathie de la jeune fille dans la seconde partie, cette écoute de l’extra à l’égard de Minetti semble indiquer un certain espoir pour la jeunesse...

_ Oui, nous avons pris ce parti: c'est auprès des jeunes que Minetti obtient le plus d'écoute  et d'intérêt; la jeunesse signifierait alors le renouveau, l’apport de quelque chose de neuf...

_ Pourquoi es-tu à la fois assistant et comédien sur Minetti ?
_ J’avais déjà travaillé avec Gerold Schumann sur L’Éveil du printemps de Wedekind où j’interprétais Melchior, et je tenais à participer au projet Minetti: c’est une position privilégiée de voir un acteur aussi talentueux que Serge Merlin en création sur un plateau, je ne voulais rien rater… J'aime les rapports de confiance qui s'établissent en tant qu'assistant avec les acteurs, et là je suis bien servi sur cette distribution. Ils sont tous d'une très grande humanité et de grands artistes.

_ Tu mets des photos du spectacle dans ta loge alors que tu le vois tous les soirs?
_ C’est ma façon de m’immerger dans le spectacle. Regarde, j’ai une tête d’amoureux également: c’est Serge Merlin qui me l’a offerte en m’affirmant que c’était moi… C'est flatteur... (Silence) Je suis désolé, je ne suis pas un grand bavard…»

 


Le petit bavard est sans doute trop dur avec lui-même: pour le voir écouter et se taire aux côtés de l’équipe de Minetti, vous avez encore deux représentations ce soir et demain!

Bon vendredi et bon week-end à tous!


Portrait de l'artiste en grand homme - interview!

Gerold Schumann est le metteur en scène de Minetti de Thomas Bernhard qui commence demain à l’Athénée: conversation téléphonique et dominicale alors que Gerold est à l’Athénée pour les dernières répétitions.


« _Vous disiez qu’il faut être un grand acteur pour interpréter Minetti, et que pour être un grand acteur il faut d’abord d’être un grand homme: pouvez-vous nous en dire davantage?

_Pour affirmer que quelqu’un est un immense acteur comme je peux le dire de Serge Merlin qui interprète Minetti, beaucoup de qualités doivent être réunies au niveau du jeu comme de la personnalité du comédien. Il faut être modeste et chercher le meilleur en soi-même dans l’accomplissement de son travail: tous les grands acteurs savent combien leur art est fragile. Il faut s’approcher du texte et du spectacle avec beaucoup d’énergie et d’humilité: le regard sur soi-même crée la distance qui permet la construction, qui permet de jouer l’intériorité... Mais encore faut-il savoir le faire.
J’ai eu la chance de travailler avec Maria Casarès qui, comme Serge Merlin, était d’une grande attention pour chacun, pour le monde: pour moi, c’est essentiel.

_Que dit Thomas Bernhard de l’art du comédien dans cette pièce?

_Le comédien est un funambule sur une corde sensible. Pour être un grand acteur, “il faut être fou et même faire de la folie sa méthode”. Il faut aller à la limite de soi-même pour la construction du personnage: c’est donc potentiellement dangereux pour le comédien... Minetti est allé au-delà de cette frontière: il ne peut plus jouer que Lear, il est littéralement enfermé dans Shakespeare. Il faut aller à la frontière et, comme le funambule, risquer de tomber.

_ Justement, pourquoi Minetti est-il enfermé dans le Roi Lear et non pas un autre personnage?
_ Le Roi Lear est considéré comme l’Himalaya des personnages de théâtre. Pour moi, il y a cependant plus difficile que le Roi Lear: c’est Minetti. Minetti dit en substance : “les gens pensent que je suis fou, mais moi je sais que ce sont les gens qui sont fous”. On trouve la même réflexion sur la folie dans Shakespeare: tout le monde pense que Lear est fou, quand il ne l’est pas ! En revanche, il est fou lorsqu’il est considéré comme normal.

_ Pour vous, l’artiste est-il marginalisé et si oui, en quoi?

_ Nous sommes dans une société de consommation et de distraction où l’art et les artistes ont peu de place. C’est un combat de tous les jours: combat pour le regard qu’on porte sur nous, combat pour qu’il existe une considération pour toute tentative de processus artistique. Pour moi, l’art tient véritablement du service public: c’est un service que l’on rend au public, c’est l’affaire de chacun.
Les premiers artistes, les peintres préhistoriques qui ont peint sur les parois d’une grotte, ont créé leurs œuvres dans un endroit sacré à l’écart de la reproduction matérielle de la vie. Ils étaient libérés du travail quotidien par les autres qui effectuaient les tâches de la vie pour eux. Par contre, leurs œuvres permettaient à chacun de se construire un imaginaire, de se projeter dans un futur, de s’interroger sur soi-même. L’art ou la tentative de construction artistique sont prises en charge par la société: nous devons nous battre pour ce que cette notion ne disparaisse pas.

_ J’ai l’impression que l’écriture de Bernhard est essentiellement construite sur un jeu entre attraction et répulsion...
_ C’est exactement cela: Bernhard est l’un des plus grands auteurs de langue allemande du 20e siècle, et nous n’avons pas encore tout compris de son œuvre! Ses textes ne s’ouvrent pas au premier regard. Bernhard cherche au plus profond de lui-même ce qui est en lui et essaie de le transmettre: il se décrit ainsi une existence, mais pas dans un mouvement d’humeur. Ce ne sont pas les petites phrases qui interpellent, mais bien la construction qui crée des situations dans lesquelles nous sommes attirés et repoussés au même moment. À la scène nationale L’Apostrophe de Cergy-Pontoise, quatre classes de lycéens ont assisté à une des représentations de Minetti. D’abord, je me suis demandé quelle pourrait être leur relation avec ce texte… Et finalement, eux-mêmes n’ont pas su dire pourquoi ils avaient été happés par le spectacle: c’est précisément le processus artistique que nous essayons de construire.

_ Pourquoi ce sous-titre, “Portrait de l’artiste en vieil homme”?

_ Minetti est un acteur au crépuscule de sa vie. Dans la pièce, nous nous trouvons face à une interrogation sur la position de l’artiste dans notre société et à l’histoire de la fin de la vie de l’artiste dramatique.
Autour de Minetti, d’autres comédiens font vivre cette ambiance de bal masqué qui est aussi un bal mortuaire. Les costumes et décors rappellent les œuvres du peintre James Ensor qui vivait à Ostende où se déroule justement la pièce -Minetti affirme en effet que c’est Ensor qui a réalisé le masque de Lear pour lui.
Si Minetti est un vrai travail conduit par un ensemble de comédiens, il faut vraiment saluer l’intelligence de jeu et la sensibilité de Serge Merlin: avec lui, on entre dans cette histoire d’un voyage d’hiver d’un vieil artiste, et on se lève à la fin comme si on sortait d’un autre monde… Pour moi, Serge Merlin est le plus grand acteur en France.»

 

Minetti de Thomas Bernhard mis en scène par Gerold Schumann avec Serge Merlin, François Clavier, Ève Guerrier, Olivier Mansard, Fabien Marais, Jérôme Maubert, Jessica Perrin, Liliane Rovère et Irina Solano commence demain et dure jusqu'au 24 octobre!

Bon mercredi...


Last and least

187 billets
278 jours
655 commentaires
6584 inscrits

Après dix mois d’envois quotidiens, le blog de Clémence pour l’Athénée s’arrête pour les vacances et reprendra le lundi 28 septembre prochain!

Ce n’est donc pas complètement la fin et je n’ai pas reçu de prix, mais je me permets tout de même un petit épisode remerciements. Merci:

- à Patrice Martinet, le directeur de l’Athénée, qui a permis l’existence du blog, accepté une parole libre au sein de son théâtre et accessoirement qu’on le taquine parfois.
- à toute l’équipe administrative de l’Athénée, qui a toujours été très coopérative et sincèrement charmante.
- à tous les membres de l’équipe technique, qui ont accepté que je traîne dans leurs pattes avec mon appareil photo et mon carnet en répondant à mes questions avec beaucoup de bonne humeur, y compris dans les moments de montage les plus critiques.
- aux ouvreurs, qui m’ont souvent signalé des scènes à photographier (le tout avec le sourire, évidemment).
- aux artistes qui se sont prêtés au jeu et qui, par leur talent et leur créativité, sont pour beaucoup dans le contenu du blog.
- à mes parents, sans qui je ne serais pas là (et à mon frère, sans qui je pourrais être là quand même mais bon).
- à mon ordinateur et mon appareil photo, qui ne m’ont jamais lâchée même dans les moments les plus difficiles.
- à l’inventeur de la caféine, à qui je dois beaucoup.
- à mon lit, que je n’ai pas beaucoup vu cette saison mais à qui j’ai souvent pensé.
- et bien sûr à vous tous, les lecteurs du blog, à qui j’écris spécialement tous les matins, qui sont l’objet de bien des interrogations (qui sont-ils? Que pensent-ils? Sont-ils plutôt thé ou café?) mais aussi d’attentes (quelqu’un viendra t-il me parler à la représentation de ce soir? Combien de commentaires aujourd’hui?), et dont le soutien et la présence sont évidemment essentiels.

Concernant les résultats du petit sondage de la semaine dernière sur votre lecture du blog, sachez que vous êtes 32% à me lire au petit déjeuner, 37% en arrivant au travail, 26% en fin de journée et 5% en cas d’insomnie ou d’ennui profond (vous, les 5%, je vous retiens). Désolée à tous les retraités, étudiants, travailleurs à domicile, artistes, sans internet au travail, bref à tous ceux qui ne pouvaient pas vraiment répondre à ce sondage forcément restrictif.

En prime, la dernière photographie de la saison : Thomas et Thomas faisant l’entretien des perches de la grande salle de l’Athénée.

 



Merci encore à tous, bon été et à la saison prochaine!


Flash-forward - Interview!

Patrice Martinet porte la moustache, mange parfois des endives au jambon, aime beaucoup Beckett, ne regarde pas spécialement le sport à la télévision et ne sait pas qui a inventé le grille-pain.
Mais comme c’est aussi le directeur de l’Athénée, il a beaucoup à nous dire sur la saison qui s’ouvrira en septembre prochain. Après le flash-back (ou analepse) de la semaine dernière, voici donc le flash-forward (ou prolepse) de cette semaine:


«_ En quelques mots, quelle est la particularité de la saison 2009-2010 de l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet?
_ C’est une saison qui pérennise la présence de la musique et du théâtre musical à l’Athénée. Proposer autant de spectacles musicaux que théâtraux ayant été une expérience très positive, nous avons décidé de continuer cet effort -car il s’agit véritablement d’un effort, la programmation des spectacles musicaux étant d’une durée différente et les projets étant plus rares. Cette programmation à deux facettes est très satisfaisante pour les artistes et le public ne semble pas être déçu! Nous n’avons pas deux publics : une forte proportion des spectateurs circulent de la musique au théâtre, et c’était aussi ce qui nous intéressait.
Nous changeons également de résidence musicale en passant du Quatuor Psophos à la pianiste Claire-Marie Le Guay. Mais au-delà des artistes, c’est aussi le concept même de la résidence qui se modifie! Le Quatuor Psophos répétait très souvent à l’Athénée et donnait régulièrement des concerts, tandis que Claire-Marie Le Guay travaille chez elle et prend beaucoup de temps pour faire découvrir la musique à des enfants: en plus des concerts à l’Athénée, il existe donc une activité pédagogique dans les écoles de très longue haleine que le public ne perçoit pas forcément mais qui permet d’instaurer une vraie relation avec le spectateur de demain.

_ Quel est le spectacle qui ne devrait pas être là?
_ Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé de Théophile de Viau, qui est une exception consentie au metteur en scène Benjamin Lazar du fait de son talent: l’Athénée programmant des œuvres datant de la fin du 19e siècle à nos jours, une pièce du 17e siècle est un peu hors cadre…

_ Le spectacle le plus risqué?

_ Vénus, de Suzan Lori-Parks monté par Cristèle Alves Meira, mais pour des raisons plus politiques qu’artistiques: le texte raconte l’affaire embarrassante de la vénus hottentote dont la France n’a apparemment pas envie d’entendre parler…

_ Le spectacle dans la continuité de l’histoire de l’Athénée?
_ Sans hésiter, La Cantatrice chauve d’Ionesco dans la mise en scène de Jean-Luc Lagarce reprise par François Berreur. Jusqu’à la mort d’Eugène Ionesco en 1994, seul le Théâtre de la Huchette avait le droit de présenter La Cantatrice chauve à Paris. Mais une fois l’exclusivité levée, nous avons programmé le texte dans la mise en scène de Gábor Tompa: c’était quasiment une révolution de jouer cette pièce à Paris! Nous avons ensuite proposé une première fois le spectacle de Jean-Luc Largarce en 2007, puis La Cantatrice chauve en version opéra il y a quelques mois. L’Athénée en est donc à sa quatrième Cantatrice chauve, il s’agit presque d’un abonnement à cette œuvre…

_ Le spectacle qui vous tient le plus à cœur?
_ (Silence) Tous me tiennent personnellement à cœur, et je n’ai rien programmé pour remplir une case. Avoir plus de désirs que de possibilités, c’est un luxe!

_ Le spectacle du retour?
_ Les Garçons et Guillaume, à table!  de Guillaume Gallienne renoue avec le genre du monologue qui a triomphé à l’Athénée avec Fabrice Luchini, Philippe Clevenot, Philippe Caubère, Marcel Bozonnet ou Redjep Mitrovitsa: c’est un genre que l’on n’exploitait plus malgré nos succès en la matière et que l’on retrouve avec Guillaume Gallienne.

_ Le metteur en scène le plus jeune?
_ Cristèle Alves Meira pour Vénus. Elle a vingt-sept ans.

_ Le plus vieux?
_ Le plus expérimenté, je dirais plutôt, doit être André Wilms pour Le Père.

_ L’Athénée a construit sa réputation sur les textes classiques. Quel est le classique de cette année?
_ Peut-être Une Maison de poupées, d’Ibsen. Sauf que Nils Öhlund, le metteur en scène qui était aussi comédien dans Les Justes et Les Mains sales déjà donnés à l’Athénée, s’est véritablement emparé de la pièce et a vraiment quelque chose à en dire: c’est de toutes façons un texte dont on ne fera jamais complètement le tour…

_ Et pour terminer, qu’y a t-il dans l’air?
_ C’est Guillaume Bourgain, le secrétaire général de l’Athénée, qui a trouvé ce slogan pour la prochaine saison. Vous lui poserez donc directement la question!»

Pour savoir ce qu’il y a dans l’air de la prochaine saison, cliquez ici!

Bon lundi à tous.


Et le strapontin d'or 2009 est attribué à...

Vous vous souvenez peut-être qu’à la présentation de la saison 2009-2010 à l’Athénée, Benjamin Lazar, programmé pour Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé en mai-juin 2010, avait reçu le strapontin d’or 2008 pour sa précédente venue à l’Athénée pour L'autre Monde ou les états et empires de la lune. À l’époque, il n’avait pas pu venir le chercher, et c’est la raison pour laquelle il l’a reçu devant les spectateurs présents le 25 mai dernier.
Le strapontin d’or 2009 a été lui aussi attribué à un absent cette année, mais refaisons une petite chronologie de la cérémonie…

Inventé par Denis Léger en 2007, le strapontin d’or récompense le plus. Non, je n’ai pas oublié un mot, car le strapontin d’or se décerne selon des critères volontairement flous: chaque membre du personnel de l’Athénée vote pour la personne qu’il préfère, mais selon ses propres exigences.
Pour les votants, le lauréat peut donc être le plus talentueux, le plus ennuyeux, le plus doué, le plus niais, le plus sympathique, le plus tyrannique, le plus travailleur, le plus bagarreur, le plus spirituel, le plus formel,… Chacun vote donc en son âme et conscience pour décerner la récompense suprême de l’Athénée.

Lundi dernier avait lieu la fête de fin saison de l’Athénée où toutes les équipes présentes pour la saison passée sont invitées à venir se rencontrer ou se retrouver pour la soirée. C’est vers 21h que Denis Léger, directeur technique de l’Athénée, a invité toutes les personnes présentes dans le foyer bar à venir se rassembler dans la grande salle pour la remise du prix.

Sur scène, le strapontin, vestige de la salle de l’Athénée avant sa rénovation, attendait son nouveau propriétaire.

C’est après cinq minutes de suspense insoutenable que Denis Léger nous annonça que le strapontin d’or 2009 était décerné à….

 

Thierry Bosc,
l’acteur qui jouait Estragon dans En attendant Godot !


Thierry Bosc étant malheureusement absent, c’est Bernard Levy, le metteur en scène du spectacle, qui est venu sur scène pour récupérer le strapontin, pendant qu’Alexandra Maurice, attachée aux relations publiques, arrivait à le joindre au téléphone.  Très ému, Thierry Bosc a remercié toute l’équipe en promettant de venir chercher son strapontin avec une bouteille de champagne.

Le strapontin d’or a ensuite laissé la place à une piste de danse peu avare en effets sonores et lumineux…

 

Qui sera le strapontin d’or 2010? La liste exhaustive des lauréats potentiels est sur le site de l’Athénée où vous trouverez tous les spectacles programmés pour la prochaine saison!

Bon jeudi à tous.

 

PS : le sondage sur votre lecture du blog est toujours actif ici, et vous pouvez toujours continuer à me dire si, entres autres, vous aimez les endives au jambon...


Entre-deux

Pendant le spectacle, que font les acteurs pendant qu’ils ne jouent pas?

Ils changent de costume s’il y a lieu, attendent quelques minutes en coulisses en regardant le spectacle, et ont parfois des activités moins conventionnelles.
Dans les coulisses, voici ce que nous ont dit hier soir quelques acteurs des Justes et des Mains sales pendant la représentation des Justes :


“_ Je lis un bouquin, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes.
_ Tu vas entrer en scène et toi, juste avant, tu lis un thriller…
_ Oui. Dans le rôle que j’interprète dans Les Justes, je n’ai pas besoin d’être en lien avec ce qui s’est passé avant.”

“_ J’apprends le chinois écrit, alors pendant Les Mains sales je m’entraînais à tracer les idéogrammes tout en écoutant les retours. Pour Les Justes, j’ai moins de temps, surtout que je dois changer de costume, alors je papote, je regarde ce qui se passe…”

“_ Je fume un cigare. Sur Les Mains sales j’avais même le temps de jouer au tarot avec Olivier, Michel, Xavier et Stéphane.”

“_ Mais qu’est-ce que c’est ???
_ Ça, c’est un jeu d’échecs électronique! J’y joue en attendant, et puis c’est tout petit, c’est pratique en tournée. Sinon je lis, souvent…
_ C’est ça que tu lis en ce moment? Les Contes de la Bécasse de Maupassant?
_ Oui, j’aime bien. Ce sont des histoires courtes. Mais dans l’ensemble j’écoute les retours, surtout. J’écoute tout le temps.
_ Tu n’as pas peur de manquer ton entrée?
_ Non, parce que je me prépare suffisamment à l’avance. Pour moi comme pour les autres, je ne veux pas prendre le risque d’arriver en retard.”

“_Quand le spectacle est encore frais, j’aime bien parler de ce qu’on vient de jouer avec les autres acteurs à chaud, dans les coulisses, entre deux scènes. Sinon, ce que je fais dépend des spectacles mais, pour un spectacle donné je me rends compte que c’est quasiment la même chose à chaque représentation: qu’au même moment tu vas aux toilettes même si tu n’as pas envie, que tu croises la même personne dans les coulisses à la même heure… Pendant Les Mains sales, je retournais de temps en temps en loge, parfois j’avais juste le temps de monter et de redescendre d’ailleurs. Et une fois que je suis dans ma loge, je ne fais rien, en fait. C’est juste quelques minutes, le temps de me retrouver un peu…”

On n’a pas posé la question à celle qui reste en coulisses pendant tout le spectacle à écouter, très concentrée, et qu’on n’a pas voulu déranger, et à ceux qui n’ont manifestement que le temps de changer de costume en trombe entre leurs scènes.

Pour voir ces acteurs côté scène, il vous reste trois représentations des Justes : ce soir et demain à 15h et 20h! Bon vendredi...

Plus de billets


BlogCFC was created by Raymond Camden. This blog is running version 5.9.002. Contact Blog Owner