
"C'est déjà fini, et tu n'as pas pu aller jusqu'au bout"
Deux textes de Genet arrivent à l'Athénée : Divine d'après Notre-Dame-des-Fleurs dont je vous parlais hier et avant-hier qui se jouera dans la petite salle Christian-Bérard, et Les Bonnes qui commencent vendredi dans la grande salle.
Comme la plupart des œuvres de Genet, Les Bonnes créent le malaise : intégrant du théâtre dans le théâtre, utilisant l'outrance et le travestissement dans une ambiance de messe noire très loin de tout naturalisme, le texte vise explicitement à bousculer les spectateurs autant que les conventions théâtrales.
Le style d'écriture change en fonction des scènes, et la pièce ne se plie à aucune des interprétations qu'on aimerait bien lui coller : Genet lui-même expliqua ne pas avoir voulu écrire un plaidoyer sur le sort des domestiques et démentit s'être inspiré du fait divers des soeurs Papin qui assassinèrent leurs maîtresses.
L'histoire est celle de deux domestiques, Claire et Solange, qui visent à tuer leur maîtresse et répètent le meurtre en interprétant leur propre rôle ou celui de leur supposée victime.
Dans leur forme, Les Bonnes relèvent de la tragédie où l'on retrouve la mécanique implacable qui mène à l'issue fatale, mais la détournent : par la cérémonie théâtrale que jouent Claire et Solange d'abord, en donnant la parole à ceux qui ne sont d'habitude que les confidents des royaux protagonistes ensuite (dans sa première version, la pièce s'appelait d'ailleurs La Tragédie des confidentes), et enfin parce que l'issue mortelle n'est pas forcément celle qu'on attendait.
Les Bonnes ont une histoire particulière avec l'Athénée : la pièce y fut créée en 1947 par Louis Jouvet, alors directeur du Théâtre.
Les Bonnes sont revenues à l'Athénée en 2001 avec l'actrice Marilu Marini qui interprétait le rôle de Solange dans la mise en scène d'Alfredo Arias.
Pour cette version 2012 mise en scène par Jacques Vincey, Marilu Marini sera là également, cette fois dans le rôle de Madame. Ceux qui ont vu l'année dernière Le Récit de la servante Zerline la connaissent déjà puisqu'elle interprétait le rôle-titre.
La pièce commencera vendredi et se jouera jusqu'au 4 février. Divine commencera le 17 janvier dans la salle Christian-Bérard jusqu'à la même date.

'+ d'infos sur athenee-theatre.com'Josselin_Passepont.jpg)







Il n'existe aucun commentaire pour ce billet.
[ Ajouter un commentaire]