Vérifier, bougies, chaque, ta(â)che, amours.

Comme vous l’avez vu en photo mardi et dans les propos de son metteur en scène hier, Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé actuellement à l’Athénée ne s’éclaire qu’aux bougies.

 

 

Plus besoin donc de vérifier le fonctionnement de chaque projecteur et de chaque effet lumineux avant chaque représentation comme c’est habituellement le cas, mais de nouvelles tâches apparaissent.

Il faut d’abord évidemment remplacer quotidiennement toutes les bougies (d’ailleurs, ça me fait penser, j’irai les compter à l’occasion), mais aussi enlever toutes les taches de cire sur le plateau à l’aide de la bonne vieille technique du fer à repasser :


… ou encore de resserrer et vérifier leurs supports afin d’éviter tout dévissage incontrôlé.

 

Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé de Théophile de Viau mis en scène par Benjamin Lazar se joue encore dix jours !

Bon jeudi.

Commentaire ( Votre commentaire n'apparaîtra qu'une fois validé par un administrateur.)
Jérôme Delatour's Gravatar Que tout soit propre et net, obsession contemporaine... M'est avis qu'au 17e siècle, on ne devait pas enlever la cire fondue tous les jours, mais qu'on la récupérait de temps en temps par économie. Le metteur en scène devrait laisser les bougies couler. Ce serait une petite histoire dans l'histoire : il y a le temps de chaque représentation, de l'illusion théâtrale, et le temps long pendant lequel la "troupe" monte la pièce dans un théâtre, où le théâtre vit avec elle. Le spectateur arrive un soir donné de ce temps long, matérialisé par l'écoulement des bougies.
# Posté par Jérôme Delatour | 03/06/10 09:20
Clémence's Gravatar Jérôme, pas d'énervement pour si peu....

Tout d'abord, comme Benjamin Lazar l'a reprécisé hier, il ne s'agit pas de singer le théâtre du 17e mais bien de s'en inspirer pour créer un spectacle d'aujourd'hui : critiquer le nettoyage du plateau sous prétexte qu'on ne le faisait pas à l'époque baroque (et encore, on n'en sait rien) reviendrait à critiquer le fait qu'on donne un programme de salle (ou bible) aux spectateurs, leur propose un vestiaire, leur vend du jus de goyave ou d'orange au bar du théâtre, leur laisse l'accès à des toilettes avec des chasses d'eau (nostalgique de la défécation en public dans des pots de chambre, peut-être? C'était pas propre, et ça avait plus de gueule, c'est ça? ^^)...
De même, les costumes ne sont pas conçus selon le mode de fabrication du 17e et les perruques non plus, les acteurs mangent des Pim's avant la représentation et les spectateurs ont, pour la plupart, un téléphone portable : surprise !

De surcroît, laisser la cire risque 1. de faire glisser les acteurs 2. d'abîmer durablement le plateau de l'Athénée qui vient d'être refait (pensons aux dizaines de spectacles qui devront s'y jouer à l'avenir)

Il me semble qu'il y a tout de même bien plus de choses à critiquer dans notre siècle que deux techniciens qui enlèvent de la cire sur une scène....
# Posté par Clémence | 03/06/10 10:08
Jérôme Delatour's Gravatar Oh ! pardon, ce n'était pas une critique du tout (du tout du tout - je ne suis pas du tout un énervé de la reconstitution historique !), simplement une réflexion sur le changement des temps - puisque la mise en scène, si j'ai bien compris, joue de l'étrangeté, ou de l'exotisme du théâtre baroque. Et donc je me disais, quelle différence entre notre monde obsédé de design et de propreté, et le monde sale et brouillon, truculent du premier 17e siècle... Et par ailleurs, pour la bougie, je visais la poésie de la matière. La flamme vit, elle est moins neutre que l'éclairage électrique.
# Posté par Jérôme Delatour | 03/06/10 10:39
Clémence's Gravatar Oups, pardon Jérôme, le ton de votre intervention m'avait laissé penser qu'il s'agissait d'une réprimande... :-)
À bientôt
# Posté par Clémence | 14/06/10 09:48

BlogCFC was created by Raymond Camden. This blog is running version 5.9.002. Contact Blog Owner