
Des poupées dans les lilas
Une Maison de poupées commencera dans deux semaines à l’Athénée.
Le spectacle n’en est cependant pas à ses premiers pas: les répétitions ont commencé en septembre 2009 aux Lilas (nord-est de Paris) et la création a eu lieu à la Scène nationale de Niort le 13 octobre, inaugurant une tournée passant par Sens, Montluçon, Flers, Dijon, Colmar ou Colombes.
Comme je suis une blogueuse mobile, j’ai suivi toute l’équipe d’Une Maison de poupées aux Lilas, à Niort et à Dijon.
Je vous livre donc aujourd’hui des photos qui datent d’il y a huit mois: c’était dans la salle du premier étage de Lilas en Scène (aux Lilas, donc) et les répétitions venaient de commencer. Il n’y a donc pas de décor, pas de costumes, et parfois quelques textes dans les mains des acteurs…
Comme j’étais à l’époque une blogueuse mal équipée, les photos ont été prises avec mon ancien appareil qui, vous vous en rendrez vite compte, était quand même beaucoup moins bien que mon actuel: j’espère que vous saurez être indulgents.
Clemence_Herout1.jpg)
Le “décor” improvisé aux Lilas.
Clemence_Herout2.jpg)
Au premier plan de dos, Nils Ölhund (metteur en scène).
Au fond, la comédienne Olivia Brunaux (rôle de Nora).
Clemence_Herout3.jpg)
Les comédien(ne)s Féodor Atkine (rôle de Torvald)
et Olivia Brunaux (rôle de Nora).
Clemence_Herout4.jpg)
Les comédien(ne)s Olivia Brunaux (rôle de Nora)
et Alexis Danavaras (rôle du Docteur Rank).
Clemence_Herout6.jpg)
La comédienne Olivia Brunaux (rôle de Nora).Clemence_Herout7.jpg)
Le comédien Bernard Mazzinghi (rôle de Nils Krogstad).
Clemence_Herout8.jpg)
Le metteur en scène Nils Öhlund
à une époque où il avait un problème avec son coiffeur.
Clemence_Herout9.jpg)
Les comédiennes Olivia Brunaux (rôle de Nora) et Emmanuelle Grangé (rôle de Kristine).
Clemence_Herout10.jpg)
Les comédien(ne)s Olivia Brunaux (rôle de Nora), Féodor Atkine (rôle de Torvald) et Alexis Danavaras (rôle du Docteur Rank).
Pour voir Une Maison de poupées (Texte: Henrik Ibsen, 1879. Mise en scène: Nils Öhlund), c’est du 6 au 22 mai à l’Athénée !
Bonne journée.

'+ d'infos sur athenee-theatre.com'Josselin_Passepont.jpg)







Nils Öhlund propose effectivement une nouvelle traduction d'Une Maison de poupées. Contrairement à vous (mais je n'ai pas vu le Tramway de l'Odéon et ne peux donc pas vous répondre là-dessus), c'est plutôt lorsque je vois que la version française date de plusieurs décennies que j'ai très peur! Contrairement au texte original, les traductions vieillissent souvent très mal....
En ce qui concerne Une Maison de poupées, j'ai lu (et entendu!) la traduction de Nils et peut vous assurer qu'il n'y a strictement rien à "craindre" :-)
À bientôt!
Ce que je crains en lisant " maison des poupées " ce n'est pas la traduction ( encore que "^poupées " et " poupée " soit pas pareil ) c'est la re-création d' un texte avec notamment des ajouts de textes comme pour le fameux " tramway " ou comme à l' Opéra où, dans ce sublime " Dame de Pique " de Tchaïkovsky, le metteur en scène fait chanter un texte par un autre sans respect pour le compositeur.
Qu'un metteur en scène soit un créateur lui aussi ... heureusement. Mais dans le respect de l'oeuvre sur laquelle il porte un regard. Sinon il n'a qu'à écrire lui-même une pièce et on jugera de ses talents.
J'ai adoré la mise en scène iconoclaste de " Les précieuses ridicules " au Vieux Colombier.
Enfin, on verra bien pour cette " poupée " démultipliées comme les poupées russes.
Merci tout d'abord pour votre compliment!
Je n'ai pas vu le Tramway mis en scène par Warlikowski à l'Odéon mais pour l'opéra de Tchaïkovski, il me semble que c'était Eugène Onéguine mis en scène par Dmitri Tcherniakov : au premier tableau de l'acte II, les voeux présentés à Tatiana par Monsieur Triquet dans la partition étaient chantés dans ce spectacle par Lenski.
Dans le genre adaptation à très grande outrance (je ne crois pas que le mot "adaptation" convienne d'ailleurs), j'ai vu ce week-end une pièce où le texte était entièrement réécrit : non seulement dans la forme (l'allemand des années 1930 sec et parfois relâché mais jamais bas de gamme avait été "traduit" par un français extrêmement vulgaire avec force mots orduriers et d'argot très contemporain) mais aussi dans le fond (le chef d'un personnage devenait une star de télé et le patron d'un autre personnage par la même occasion, des évocations de livres, de stars ou de film d'aujourd'hui étaient ajoutées comme un cheveu sur la soupe sans que j'en comprenne le sens ni l'utilité, un homme mort à la première guerre mondiale devenait un casque bleu tué par un sniper en 1996 en Bosnie (ne pouvait-on pas, à la limite, traduire par "mort à la guerre"?) énormément de répliques ont été littéralement ajoutées sans doute dans le but d'expliciter un texte au sens par ailleurs très subtil, le transformant ainsi en bête propagande (alors que, comble de l'absurde, son auteur a toujours tenu à se tenir à l'écart des idéologies!), certains passages importants ont été carrément enlevés... Bref, un parfait exemple de texte complètement gâché pour un résultat très pauvre du point de vue du contenu, et même pas l'honnêteté de mentionner "d'après la pièce de" ou "inspiré de".
Adapter un texte (le retraduire, car les traductions vieillissent très mal, le couper, parfois le réorganiser légèrement...) me semble toutefois quasiment nécessaire : un texte peut aussi avoir des faiblesses ou ne pas "fonctionner" sur scène, et l'améliorer peut aussi faire partie du travail : je ne suis donc pas spécialement favorable au respect du texte à tout prix et à la lettre.
Dans le cas d'Une Maison de poupées, nous sommes très loin, à mon avis, de la facilité : Nils Öhlund a commencé par réaliser une traduction mot à mot pour revenir à la lettre même du texte puis l'a véritablement traduit en français. Il a supprimé certaines répliques ou modifié l'organisation interne de certaines scènes, mais toujours, à mon avis, au service du texte d'Ibsen et de son fonctionnement sur scène. Vraiment rien à craindre, rassurez-vous!