Que pensez-vous du mécénat citoyen pour soutenir la culture?

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer avec vous sur le blog, un projet de mécénat a été lancé pour soutenir le spectacle Vénus qui se jouera en mars prochain à l’Athénée.

Alors que le mécénat est habituellement réservé aux entreprises, il s’élargit cette fois aux gens comme vous et moi qui peuvent soutenir le spectacle à partir de 15 euros, soit 5 après déduction d’impôts si vous êtes imposable -le mécénat n’est en effet possible que grâce à un dispositif mis en place par l’État qui accorde un crédit d’impôts sur le revenu de  66% sur le montant du don versé.

De nombreuses entreprises ont investi dans la culture depuis la loi sur le mécénat d’août 2003 qui leur permet, à elles aussi, de bénéficier d’un crédit d’impôts.
Les dons en provenance de particuliers, s’ils sont importants en matière caritative, n’ont en revanche investi le monde de la culture que récemment et souvent de manière légèrement détournée.
En permettant ainsi à tout un chacun de devenir producteur d’une œuvre, le label MyMajorCompany qui put lancer le chanteur Grégoire, ou la société de production Touscoprod, notamment autour du film Le bel Âge de Laurent Perreau, tablaient davantage sur la notion de production citoyenne que de mécénat citoyen: si l’exploitation de l’album ou du film engrange des bénéfices, ceux-ci sont reversés aux personnes qui avaient misé dessus proportionnellement au montant de leur participation.

Dégager des bénéfices étant quasiment impossible en matière théâtrale*, c’est bien un projet de mécénat citoyen qui a été mis en place pour la pièce Vénus de Suzan-Lori Parks mise en scène par Cristèle Alves Meira.
Comme c'est très souvent le cas pour les entreprises mécènes, les mécènes citoyens du spectacle bénéficient d'une certaine forme de contrepartie, en pouvant par exemple rencontrer les artistes, assister à de nombreuses répétitions  (j’en avais parlé ici) ou prendre part à des événements créés pour eux.

* (Pour aller vite, le coût des billets dans les théâtres subventionnés, fixé assez bas pour faciliter l’accès à la culture, ne permet souvent même pas de couvrir les frais engagés pour la production d’un spectacle, même si les salles sont pleines)

 

Si certains d’entre vous ont déjà choisi de soutenir Vénus, je serais curieuse de recueillir votre avis à tous sur cette initiative:

Que pensez-vous du micro-mécénat (ou mécénat citoyen) en matière culturelle?


Vous pouvez développer votre réponse en écrivant votre commentaire à ce billet (c’est ici) mais aussi me donner une indication en choisissant l’une de ces quatre possibilités, forcément restreintes (pour choisir un item, c’est là en regardant à droite):
1- Je n’y suis pas favorable, c’est à l’État de soutenir la culture.
2- Je n’y suis pas favorable, je préfère soutenir des associations caritatives.
3- J’y suis favorable mais je ne peux/souhaite pas donner moi-même.
4- J’y suis favorable et ai décidé de devenir mécène de Vénus.

J’attends votre avis avec impatience! À très vite et bonne journée à tous.

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Elisabeth's Gravatar Et pourquoi pas un: j'y suis favorable mais ne souhaite pas que l'État se désengage financièrement du soutien à la culture.
L'État avec la création du Ministère de la Culture a remplacé le prince, être subventionné c'est être reconnu et validé par une autorité. Il me semble que c'est pour cette raison que les entreprises et particuliers peuvent aussi avoir envie de donner: elles se sentent ainsi fières d'appartenir à la production d'un bien culturel valorisable socialement.
Ce point de vue est peut-être trop cynique à 10h30?
# Posté par Elisabeth | 11/02/10 10:28
dominique de beaumont's Gravatar J'y suis favorable et ai participé mais ne souhaite surtout PAS que l'ÉTAT SE DÉSENGAGE!
Pourquoi faudrait-il que ce soit l'un OU l'autre et pas l'un ET l'autre?
Il faut que ce soit l'un ET l'autre sinon c'est mal parti et c'est un mal en pis...
Bien à vous toutes et tous
Bonne journée enneigée
dominique
# Posté par dominique de beaumont | 11/02/10 11:15
Juliette's Gravatar Le problème c'est que c'est un peu un cercle vicieux : "ah vous arrivez à trouver de l'argent ? mais très bien, donc nous ne sommes pas obligé de nous engager autant !", se dit l'État, bien content d'économiser. Plus ça va, plus on sent que le ministère de la Culture accepte encore de sauver les meubles, faire tenir les murs debout, à la rigueur payer le personnel, mais quant à soutenir la production, la création en elle-même, c'est de plus en plus : "débrouillez-vous".
À l'Athénée, c'est depuis longtemps le cas, mais le ministère se désengage de plus en plus des autres théâtres. Il semble très normal de louer les salles pour des congrès ou des défilés de mode, et si on n'a plus le temps de faire des spectacles avec toutes ces locations (parce que créer un spectacle, ça demande du temps de répétition, pendant lequel la salle n'est pas rentable puisqu'il n'y a pas de spectateur pour payer les sièges), et bien tant pis, on fera moins de spectacles.
On en prend clairement le chemin, la création n'est plus soutenue, et voilà qu'on demande au citoyen de payer : "puisque vous voulez de la création, payez donc. Pourquoi toute la population, à travers les impôts, paierait ?". Et puis aussi : "vous voulez être remboursés de vos soins, payez donc une mutuelle". Et ceux qui n'ont pas d'argent, tant pis. Mais si, ça a un rapport.
Et dans le même temps, le ministère demande aussi aux théâtres d'augmenter le prix des places. Budgets en baisse (ou en non augmentation, ce qui avec l'inflation revient un peu au même), prix des places en hausse, et tant pis pour la démocratisation culturelle.
Holà, je sens que je m'emballe...
Bon, si les gens ont envie d'aider, tant mieux, s'ils en ont les moyens, encore tant mieux, mais la pente devient sérieusement savonneuse.
# Posté par Juliette | 11/02/10 15:24
Serco's Gravatar Je rejoins totalement Juliette. Les impôts des citoyens doivent être le moteur de toute démocratisation, qu'elle soit culturelle, éducative, sociale, de santé, et j'en passe. En matière culturelle, et plus précisément sur le domaine du spectacle vivant, notre chef d'Etat montre un féroce appétit à vouloir le rendre aux intrêts privés. Privés en soi de toute politique culturelle d'où le pluralisme et la diversité sont de fait exclus car non rentables économiquement. Un spectacle de création, comme vous dites, nécessite des budgets de production incompatibles avec le marché. Même le fleuron de la création qu'est l'Opéra de Paris, national faut-il le rappeler, est le premier établissement en niveau de subvention. C'est une nécessité si l'on veut laisser "abordables" les places - même à 160 euros. Sans cette part de l'Etat, on pourrait réduire le bâtiment à une petite centaine de fauteuils, largement suffisant pour la seule élite qui pourrait se l'offrir.
Bien que l'idée apparaisse très sympathique - qui ne rêve d'aider la création artistique, j'en suis l'un des partisans - elle supplantera les devoirs de l'Etat, dont le budget dédié au spectacle vivant est au mieux stagnant (c'est-à-dire en baisse par rapport à l'inflation). Pire, la nouvelle loi de territorialisation, qui permet aujourd'hui aux conseils régionaux et généraux d'attribuer une part importante aux budgets de création, empêchera toute aide. Sans pouvoir d'être déficitaires (contrairement à l'Etat qui en use gravement), les territoires subissent des baisses de revenus (dotation de l'Etat non versés, suppression de la taxe professionnelle,...) alors que leurs charges obligatoires (routes, écoles, hôpitaux, ...mais pas la culture ! ) augmentent.
Ce mécénat "citoyen" abonde bien dans le sens du désengagement de l'Etat en matière culturelle. Et je n'ai même pas parlé de ce fumeux Conseil pour la Création Artistique directement relié à l'Elysée mais subventionné par le Ministère de la Culture dont on attend encore du ministre une protestation. Mais c'est une autre histoire.
C'est notre très cher président qui sourit de cette initiative "mécynique"...
# Posté par Serco | 12/02/10 09:32
Jérôme Delatour's Gravatar Que voilà un débat difficile !

Le mot mécénat biaise les choses. Autrefois, en effet, n'étaient mécènes que les riches et les puissants. Pour eux, le mécénat était une manière d'illustrer une culture familiale, mais aussi de restituer au public, sous forme de réjouissances diverses, une partie de leur opulence, et par là de se dédouaner moralement (évergétisme). Comment étendre cette notion à un individu ordinaire, sans richesses ni pouvoir particuliers, sinon pour le flatter ? Il ne dispose de richesses et de pouvoir que lorsqu'il s'unit à ses semblables sous forme d'association ou en tant que peuple, incarné par un Etat démocratique.

L'individu peut du moins participer. Mais il le fait déjà par le moyen d'un prix d'entrée... Paiera-t-il deux fois, pour la beauté du geste ? On ne peut que l'espérer...

La coproduction me paraît une voie plus réaliste, plus conforme à l'air du temps. Puisque l'individu est sans cesse davantage placé au centre de tout, il est logique qu'il mène des actions qui ne visent principalement que son propre intérêt. Il finance une oeuvre quelconque parce qu'elle lui plaît et parce qu'en la soutenant, il peut espérer un retour sur investissement. Techniquement, Internet semble rendre le principe de la coproduction étendue viable (voir Touscoprod). Mais le public suivra-t-il ? Et s'il le fait, ne risque-t-il pas de promouvoir des oeuvres médiocres, satisfaisant le plus grand nombre ? Ce n'est pas certain : l'encyclopédie Wikipédia montre par exemple que l'intelligence partagée par un public élargi ne mène pas nécessairement à un "nivellement par le bas", mais qu'elle peut se montrer redoutablement efficace.

Si les financements privés se multiplient, la part de l'Etat et de collectivités locales diminue, et c'est ce qu'elle tend à faire actuellement. Signe que les institutions publiques s'affaiblissent, en tant qu'autorité riche et puissante. Faut-il le déplorer ? Pas nécessairement. Selon nos opinions politiques, nous avons tendance à louer ou à fustiger leur action. Celle-ci n'est donc pas a priori meilleure que celle du privé, juste plus contrôlable et moins sensible aux aléas économiques.

Les collectivités démocratiques sont-elles le seul garant possible d'une production culturelle brillante et diversifiée ? Non. L'Europe d'Ancien régime a connu une époque culturelle brillante, or elle n'était pas démocratique. La création culturelle s'appuyait alors sur le mécénat d'une oligarchie de princes et de familles riches. On objectera qu'à cette époque où, précisément, la notion de culture n'existait pas encore, celle-ci représentait une valeur inestimable ; qu'aujourd'hui émoussée, diluée, seul l'Etat peut encore la maintenir à son niveau le plus élevé. C'est possible.

Pour conclure, si l'intention de l'Athénée est louable, son discours fait frémir. C'est une caricature de marketing culturel, dont la phraséologie respire un mépris profond du public et du citoyen. "Brisons le mur qui sépare le spectacle des spectateurs !" "Nous nous lançons dans une aventure innovante, participative et citoyenne... Et nous désirons partager avec vous, spectateurs fidèles et curieux, un nouveau rapport au spectacle...
Participer et soutenir, c'est :
• faire un don à partir de 15€...
• bénéficier d'avantages..." En résumé, "briser le mur", c'est filer du fric et obtenir des privilèges... Ô la belle innovation !
# Posté par Jérôme Delatour | 12/02/10 23:36
Clémence's Gravatar Bonjour à tous,

Merci pour vos contributions.
Pour information, le sujet n'a pas tellement l'air de passionner les foules au vu des réponses que j'ai obtenues au sondage, moins nombreuses que d'habitude. Si l'on parle en pourcentage, 29% des gens qui ont répondu ont affirmé ne pas être favorable au micro-mécénat, y préférant la politique de l'État (et des collectivités que j'ajoute maintenant après les avoir honteusement oubliées). 0% préfèrent donner pour d'autres causes. 47% sont favorables mais ne peuvent/souhaitent pas donner eux-mêmes. 24% y sont favorables et ont décidé de devenir mécènes de Vénus. Je laisse encore le sondage actif jusqu'à la fin de la semaine, mais je ne pense pas que cela bougera beaucoup.

La question du lien entre micro-mécénat et soutien de l'État que vous avez tous soulevée semble en effet essentielle. L'on peut cependant se poser la question de l'existence réelle du cercle vicieux dont parlaient Juliette, Serco et Jérôme : cela paraît certes plausible à vous lire, mais j'ai le sentiment que l'État se désengagera de toutes façons, micro-mécénat ou non.
Prenons ainsi l'exemple des associations humanitaires : si les citoyens n'avaient pas donné en masse à ces associations pour le tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est ou le tremblement de terre en Haïti en ce début d'année (ou, plus largement, si les citoyens ne donnaient pas régulièrement à la Fondation de France, à la Croix-Rouge, à AIDES, à Médecins sans frontière etc.), les États auraient-ils pris le relais dans les mêmes proportions financières? À mon avis, rien n'est moins sûr. Pourtant, les deux financements, étatiques et individuels, ont cohabité : comme Dominique, je pense que c'est possible.

Avec la question soulevée par Elisabeth et Jérôme sur le rôle flatteur du mécénat, c'est celle des critères de subventionnement qui apparaît en filigrane : sur quels critères les pouvoirs publics subventionnent-ils la culture? Sur l'inscription d'un projet culturel dans un territoire, sur son rôle social mais surtout, dit-on, sur "l'excellence artistique". Il s'agit donc bien de critères esthétiques, mais de quels critères parle-t-on?
Le danger qui se profile (ou le fantasme) est bien entendu celui d'un art d'État. Ne me faisons pas pour autant dire ce que je n'ai pas dit! Je ne suis pas en train de dire que le ministère de la culture crée un art officiel (il me semble qu'on est loin du IIIe Reich ou de l'URSS, quoiqu'en disent les diverses attaques ras-les-pâquerettes faisant référence à ces deux moments de l'histoire entendues en cette période de campagne pour les élections régionales).
Donc si l'expression "art officiel" paraît extrême, il y a tout de même quelque chose qui ressemble à la validation d'œuvres d'art par les pouvoirs publics. Certes, le micro-mécénat peut avoir l'air d'une flatterie, mais c'est aussi la possibilité pour chacun de donner sa chance à des œuvres auxquelles il croit -le danger serait peut-être le "nivellement par le bas" évoqué par Jérôme, mais comme vous l'avez ajouté vous-même, je ne crois pas les producteurs "professionnels" aient nécessairement tellement plus de goût que le plus grand nombre -ou, s'ils en ont, ils visent de toutes façons à toucher le plus grand nombre, quitte à financer des produits culturels qui n'ont plus grand chose à voir avec l'oeuvre d'art.

Un merci tout particulier à Jérôme pour son intervention documentée, même si votre paragraphe final sur le discours qui accompagne ce projet de micro-mécénat me semble excessif!... Je comprends que l'effet obtenu puisse être celui que vous décrivez.
Je ne crois cependant pas que la réalité des faits y correspondent, puisque je vois bien de l'intérieur combien l'équipe de Vénus et de l'Athénée a de considération pour ses mécènes: en tissant un lien particulier avec ses mécènes (aussi grâce à ce blog où je parle davantage de la création du spectacle que je ne l'ai fait pour les autres), en créant des rencontres, lectures et événements pour eux et en leur proposant d'assister à de nombreuses répétitions pour en discuter avec eux après, elle me semble être dans une démarche radicalement opposée à "prenons l'oseille et tirons-nous".

Bonne journée à tous!
# Posté par Clémence | 16/02/10 09:43
Serco's Gravatar Dont acte ! que l'État veuille de toute façon se désengager, il n'y a pas l'ombre d'un doute. Mais ce gouvernement n'est que provisoire (il pourra certes faire un grand mal à la culture avant de laisser la place au suivant). Les citoyens auront peut-être cette ultime lucidité pour ne pas laisser échapper ainsi des décennies d'un patient travail en faveur de la démocratisation culturelle dont l'Etat doit être le garant (c'est constitutionnel). Garant également, non d'un "art officiel", mais de la plus grande diversité esthétique : nombre de créateurs novateurs ont pu ouvrir des voies inexplorées qu'aucun mécène, fut-il ouvert à l'audace, n'aurait produit, surtout en art de la scène, si éphémère par essence (je rappelle au passage que les mécènes préfèrent l'art matériel : peinture, sculpture par exemple). Seul l'Etat peut garantir la prise de risque sur une oeuvre en devenir. Il est déjà peu de professionnels co-producteurs qui osent cette aventure.
Le risque de laisser au public le subventionnement par ce que vous appelez le micro-mécénat est bien le nivellement par le bas : combien de "gens ordinaires" écoutent de la musique contemporaine, par exemple ? Pour illustrer encore plus ce propos, combien de Comités d'Entreprise ont-ils une politique culturelle en défendant les spectacles classés exigeants au lieu d'envoyer par millier les salariés assister à des spectacles affligeants ?
# Posté par Serco | 16/02/10 11:53
Clémence's Gravatar Serco,
Merci pour votre analyse, mais honnêtement je pense que nous tournons en rond! Il ne s'agit pas de promouvoir le tout micro-mécénat opposé au tout subventionnement! Et n'oubliez pas que si tant de gens écoutent de la musique très moyenne ou vont voir des spectacles peu recherchés, c'est aussi parce qu'on leur propose, et qu'on leur propose avec force publicité -donc qu'il y a des gens professionnels pour financer les produits et la publicité qui les accompagne...
# Posté par Clémence | 16/02/10 12:15
Jérôme Delatour's Gravatar > Clémence
Je ne doute pas un instant des bonnes intentions de l'Athénée, et comme je l'ai laissé entendre, il est bon d'essayer toutes les voies, sans dogmatisme, sans affirmer qu'hors de l'Etat point de salut, comme c'est notre habitude en France.

Ce sont les termes employés qui m'ont surpris, d'où ma réaction évidemment excessive. Pour ma part, je préfère que les choses soient dites simplement, modestement : la pièce a besoin d'argent, nous vous proposons de nous aider, de devenir des partenaires financiers, et pour la peine nous vous ferons rencontrer les comédiens, les techniciens... Le "mur" ne tombera pas pour autant, le spectateur restera spectateur, les artistes artistes, mais est-ce si grave ? "Briser le mur" est une tentation contemporaine qui relève encore de l'utopie ; une belle utopie, il est vrai, vers laquelle il faut tendre en effet.
# Posté par Jérôme Delatour | 16/02/10 14:37

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