
Les amours de Périclès et Aspasie
Après notre point historique d'hier sur Phidias (plus connu ici sous le nom de Phi-Phi), continuons avec Périclès et Aspasie, qui apparaissent dans Phi-Phi actuellement donné à l'Athénée :
PÉRICLÈS (né en -495 environ, mort en -429 environ). Maître d'Athènes pendant des années (il a été réélu stratège par le peuple pendant quinze années successives), il est le symbole de la grandeur de cette cité. Il a été classé par Aristote dans son Éthique à Nicomaque dans la catégorie des "hommes d'État sages".
Il a contribué à restaurer la démocratie et a instauré une rémunération pour les citoyens les plus pauvres accédant à des fonctions publiques (magistrats secondaires, membres du conseil des cinq cents, etc.), afin que l'exercice du pouvoir soit étendu à tous les citoyens quelle que soit leur richesse.
Il multiplie les grands travaux à Athènes dans le but de faire travailler artistes, artisans et ouvriers tout en donnant à Athènes (et à lui-même) un renom et une beauté immédiats et durables —l'on voit ainsi que la politique des grands travaux destinée à relancer l'économie et créer des emplois n'a rien de nouveau.
Il met en œuvre une politique impérialiste où la libre association des cités autour d'Athènes devient vite un empire où Athènes impose sa volontés à ses "alliés". Périclès mènera une politique extérieure également assez belliqueuse, essentiellement dirigée contre Sparte et les cités du Péloponnèse.
Critiqué par les aristocrates pour les pouvoirs qu'il donne au peuple, il perd également sa popularité en -430 lorsque les débuts difficiles d'une guerre et l'épidémie de peste affaiblissent Athènes : déposé cette année-là, il est tout de même réélu stratège l'année suivant avant de mourir de la peste.
Le 5e siècle av. J.-C. est souvent surnommé "le siècle de Périclès" et désigne la période de floraison artistique, intellectuelle, économique et militaire connue par la Grèce antique et plus particulièrement Athènes.
ASPASIE : née à Milet dans la seconde moitié du 5e siècle av. J.-C., elle est célébrée pour ses grandes qualités intellectuelles.
Fréquentant Sophocle, Phidias et surtout Socrate, elle était pleinement intégrée aux cercles intellectuels athéniens de l'époque, est citée par Platon dans l'un de ses dialogues et dispensait des leçons de rhétorique et de politique très prisées.
Compagne officielle de Périclès (et non épouse, car son statut d'étrangère à la cité l'empêchait de se marier avec lui) qu'elle a sans doute beaucoup influencé, elle est aussi victime de bon nombre d'attaques très violentes qui soit la visent elle-même (et en particulier son statut de femme intelligente et libre, qui faisait sans doute tache dans l'Athènes du -5e siècle où ces dames étaient priées de ne pas trop se faire remarquer), soit sont destinées à Périclès à travers elle.
On la connaît donc en négatif grâce aux écrits satiriques dont elle a été l'objet, mais aussi en positif grâce à Plutarque (chapitre 24 de La Vie de Périclès) et Platon (Ménéxène).
Il semble en revanche que Madame Phidias et Ardimédon soient directement sortis de l'imagination d'Albert Willemetz et Fabien Sollar, les auteurs du livret de Phi-Phi.
Phi-Phi mis en scène par Johanny Bert et la compagnie des Brigands se joue à l'Athénée jusqu'au 9 janvier.

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