
Mais c'est qui en fait, Phi-Phi ?
Phi-Phi, une opérette datant de 1918 mais dont l'action est censée se dérouler en Grèce Antique, se joue actuellement à l'Athénée.
L'on y croise Phidias (ou Phi-Phi, donc), sculpteur chargé de représenter "L'amour et la Vertu fondant le bonheur domestique" dans une statue allégorique, Madame Phidias, sa femme, Périclès, chef de l'État grec, Ardimédon, modèle pour la statue de l'Amour, et Aspasie, modèle pour la statue de la Vertu.
Si l'action est évidemment délirante et plein d'anachronismes, il faut savoir que trois des personnages de l'opérette ont véritablement existé. Petit point historique pour démêler le vrai du drôle :
PHIDIAS : sculpteur grec ayant vécu au 5e siècle avant Jésus-Christ. Élève du sculpteur athénien Hègias. Il est surtout connu pour ses statues colossales représentant des divinités (ou des sujets religieux) et souvent composées de matériaux différents.
La quasi-intégralité de ses œuvres a disparu, mais l'on en a quelques descriptions par Pausanias, géographe et écrivain du 2e siècle de notre ère, qui évoque des sculptures monumentales mêlant divinités et héros de guerre ou mythiques, le plus souvent réalisées pour commémorer des victoires militaires. Il aurait également supervisé les travaux du Parthénon mais n'aurait pas participé directement à l'élaboration du décor sculpté.
Phidias se détache des autres sculpteurs par son iconographie un peu différente (il représente une Athéna paisible et pleine de force tranquille là où la mode était plus à une Athéna menant l'assaut, par exemple) mais surtout par son application de la technique chryséléphantine à des œuvres colossales : la technique chryséléphantine consiste à assembler des feuilles d'or et des pièces d'ivoire sur une surface modelée reposant sur une charpente de bois. La technique était évidemment extrêmement coûteuse, et Phidias a sans doute profité d'être un ami personnel de Périclès autant que de vivre à l'époque où la Grèce connaissait une grande prospérité entre la guerre avec la Perse et celle du Péloponnèse.
Tant de dépenses attirèrent les suspicions et Phidias fut suspecté d'avoir détourné une partie de l'argent destinée à la réalisation de l'Athéna Parthénos (une statue haute de plus de onze mètres avec une richesse de décor extraordinaire) puis arrêté : on ne sait pas si sa culpabilité fut prouvée ni s'il mourut en prison. Toujours est-il que sa statue de Zeus olympien fut classée parmi les sept merveilles du monde et que son style très singulier, que l'on ne connaît quasiment que par description, continue à être un mystère.
À demain pour la suite du point historique, cette fois sur Périclès et Aspasie !
Phi-Phi, une opérette d'Albert Willemetz et Fabien Sollar (livret) et Henri Christiné (musique) se joue avec la compagnie des Brigands à l'Athénée jusqu'au 9 janvier.

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