Cosi fa Bazola

Entretien avec François Bazola

On aurait pu interroger François Bazola, directeur musical de Cosi fan tutte, sur ses études au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, sa collaboration avec William Christie à l’ensemble des Arts Florissants, sa direction de l’Ensemble PhilidOr ou sa carrière de baryton-basse.

On a préféré prendre en photo quelques éléments du décor de Cosi fan tutte pour le laisser en écrire les légendes :

 

«Don Alfonso appelle ses complices pour qu’ils fassent retentir l’appel militaire afin de faire croire que nos deux héros partent à la guerre : c’est le début de la machination…»

 

«Cosi fan tutte est un vrai travail d’équipe : 15 musiciens dans la fosse tous les soirs pour une équipe de 24 au total pour assurer toute la tournée, 9 chanteurs dont 6 par représentation, sans compter le reste de l’équipe technique et artistique! C’est une très belle équipe et c’est un réel plaisir de travailler avec eux.
Quant à l’inscription “trinity” au-dessus de la photo… La Sainte Trinité de Cosi fan tutte pourrait être Da Ponte, le librettiste, Mozart, le compositeur, et  peut-être  Constance, sa femme.»

 

«La Grande-Bretagne est un pays étonnant : très respectueuse des traditions, la société britannique cultive pourtant beaucoup la transgression. Cela a été notre démarche : dépoussiérer l’opéra, l’adapter, mais sans le trahir…
Quant au poème à côté, je me rends compte que je ne l’ai jamais lu! Le titre, “Eternity”, rappelle l’universalité du génie de Mozart comme la pérennité du propos de Cosi fan tutte qui porte sur les sentiments et la trahison amoureuse, des sujets qui nous parlent toujours : c’est nous, tout cela…»

 

«En tant qu’artistes, nous cherchons toujours à viser au centre : le centre, c’est ce qu’il y a au fond de nous, mais c’est également le cœur du public. Il faut viser juste, et j’espère que l’on arrive à donner ce que nous avons à nos spectateurs!»

 

«J’aimerais bien que ces gens, que je ne connais pas et que je ne connaîtrai jamais, aient un jour le bonheur d’entendre Cosi fan tutte

 

«Cosi fan tutte est une partie d’échecs où Don Alfonso contrôle à la fois les blancs et les noirs, tout comme Mozart et Da Ponte nous dominent!»

 

«C’est là que les personnages de Cosi fan tutte mettent tout leur barda : on ne fait que remplir notre armoire pendant toute notre vie, et on l’ouvre plus ou moins selon les gens que l’on rencontre.»

 

«On essaie d’oublier le savoir et la mémoire au moment où il faut donner l’émotion au public!»

 

«Les six ampoules seraient les personnages tandis que la boule au centre pourrait représenter Mozart et Da Ponte : je les cite tous les deux car ils avaient une relation de travail particulière, d’autant que Mozart possédait un grand sens du théâtre.»

 

«Ce buste représente Épicure. “ Fortunato l’uom che prende ogni cosa pel buon verso”, c’est la morale finale de Cosi fan tutte : heureux celui qui, malgré les ennuis, arrive à prendre la vie du bon côté…»

 

Continuez à prendre la vie du bon côté avec Cosi fan tutte jusqu'à samedi.
L'Athénée accueille ensuite à partir de mercredi l'opéra Riders to the Sea, composé en 1937 par le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams à partir d'une pièce de John Millington Synge : des photos et extraits du spectacle sont disponibles sur le site de l'Athénée!

Bonne journée...

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