C'est terrible

Entretien avec Stéphane Petitjean


Vous connaissez peut-être déjà Philip Glass, compositeur américain né en 1937 et auteur  d'une œuvre colossale où l'on peut citer Einstein on the Beach, Hydrogen Jukebox, la musique des films The Hours et Les Animaux amoureux ou Glassworks.
Vous pourrez découvrir à partir de ce soir à l'Athénée Les Enfants terribles, l'opéra qu'il a composé à partir de l'œuvre de Jean Cocteau du même nom.

Stéphane Petitjean est l'un des trois pianistes des Enfants terribles avec qui on a pu parler entre sa représentation à l'Odyssud de Blagnac, près de Toulouse, et ses répétitions à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet.


"_ La musique de Philip Glass a-t-elle quelque chose de particulier pour un pianiste ?
_ Glass compose une musique très fluide avec son style propre qui, même si elle est plutôt simple techniquement, présente des difficultés. La particularité des Enfants terribles reste l'enchevêtrement de ces trois pianos où, lorsqu'on joue, on ne peut pas distinguer la partie que l'on joue soi-même des deux autres. C'est une musique très envoûtante qui permet de se laisser aller à un état assez inhabituel en concert, en tout cas pour moi. Dramatiquement, Les Enfants terribles est un opéra très réussi où la musique est très cohérente par rapport à son sujet.

_ Puisque les trois parties de piano sont mêlées les unes aux autres, j'imagine que vous n'avez jamais travaillé séparément?

_ Il y avait effectivement peu d'intérêt à répéter chacun de son côté : nous travaillons ensemble depuis le tout début.

_ Jouez-vous sur scène ou dans la fosse ?

_ Nous sommes sur scène, derrière les chanteurs, sauf qu'eux ne nous voient pas et n'ont pas de retours vidéo ! Cela renforce la concentration de tous et nous oblige à beaucoup d'attention : nous formons un vrai groupe, avec un rapport très fusionnel et un sens du collectif assez intense. Nous avons une grande complicité et nous regardons beaucoup. Et d'être sur scène nous permet de nous sentir vraiment intégrés au spectacle, on fait partie du décor…

_ Est-ce difficile pour vous de jouer sur un piano électronique ?
_ Philip Glass a précisé que Les Enfants terribles pouvait être interprété avec des pianos électroniques ou acoustiques, et nous avons choisi les pianos électroniques essentiellement pour faciliter la tournée : c'est bien moins encombrant! Un pianiste n'est jamais vraiment ravi de jouer sur un piano électronique, mais passé cette première impression, il s'agit surtout d'apprivoiser le piano : c'est un travail personnel que chaque pianiste fait avec tous les pianos quels qu'ils soient."


Pour un petit aperçu des Enfants terribles dans la mise en scène de Paul Desveaux, vous pouvez consulter un extrait vidéo sur le site de l'Athénée. Pour une vision intégrale, vous avez quatre représentations à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet! Le spectacle s'en va ensuite au Théâtre Musical de Besançon avant, peut-être, une nouvelle tournée…

Bon mardi !

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