26 000 Brigands - Interview!

Membre fondateur des Brigands, Loïc Boissier en est le directeur artistique, fonction qu’il cumule avec la direction du Théâtre Musical de Besançon.
Entretien dans une loge de l’Athénée pendant une dernière répétition d’Au Temps des croisades:


«_ Quel est exactement votre rôle au sein des Brigands?

_ Après l’avoir fondée, j’anime aujourd’hui cette compagnie en bénévole. Les fondements sont là, reste à chaque fois à préciser les détails : les musiciens d’orchestres, les chanteurs et les techniciens étant fidèles aux Brigands, il me reste à trouver l’œuvre et le metteur en scène, puisque celui-ci change à chaque spectacle.
Chez les Brigands, il n’y a pas d’artiste qui donnerait sa tonalité : il s’agit d’un collectif d’où vient l’énergie à transmettre et où je suis surtout là en tant qu’arbitre et organisateur, aidé par Céline Ferré, l’administratrice des Brigands, et par certaines personnes sur lesquelles je m’appuie tout particulièrement Nicolas Ducloux, pianiste et chef de chant, ou Elisabeth de Sauverzac, costumière. Dans une volonté d’autonomiser les artistes, la prise de décision se fait davantage en étoile qu’en pyramide.
Je suis également une sorte d’inspecteur des travaux finis… Au début des Brigands, je chantais dans les productions : je n’avais donc pas le recul que je possède maintenant pour avoir un regard sur les spectacles. Je suis une sorte d’oeil extérieur, je donne mon avis même si je laisse évidemment toute sa liberté au metteur en scène! C’est important d’avoir ce regard-là et de faire profiter d’une certaine expérience au nouveau metteur en scène que l’on accueille.

_ Justement, l’accueil d’un nouveau metteur en scène s’est fait d’une autre manière sur Au Temps des croisades, puisque c’est avec toute une compagnie, celle des 26 000 Couverts, que les Brigands collaborent…
_ J’avais invité les 26 000 Couverts et leur Beaucoup de bruit pour rien pour ma première saison au Théâtre Musical de Besançon. Philippe Nicolle des 26 000 Couverts et aujourd’hui metteur en scène d’Au Temps des croisades, ne connaissant pas mes liens avec les Brigands et pensant que j’étais un amateur de grand opéra outré qu’on imagine monter un répertoire considéré comme mineur, m’a lancé sur le ton du défi qu’il aimerait monter une opérette.
La provocation avait échoué, mais je lui ai envoyé Au Temps des croisades de Claude Terrasse et Franc-Nohain, qu’il a beaucoup aimé. Pour les premières lectures, nous avons décidé que chaque compagnie amènerait cinq artistes, et nous avons finalement gardé tout le monde! Il y a donc aujourd’hui dix personnes sur scène, soit plus de comédiens et de chanteurs que de rôles, alors que c’est d’habitude le contraire…
L’opérette a toujours été le poil à gratter de la culture officielle et parodie les tics de la grande musique, ce qui rejoint dans l’esprit le théâtre de la compagnie des 26 000 Couverts qui possède également une réelle exigence et une vraie culture. Il y a donc, de mon point de vue, une vraie proximité entre l’opérette et le théâtre de rue tel que le pratique cette compagnie.
Les comédiens sont d’ailleurs très à l’aise avec ce répertoire et semblent être en réelle connivence avec lui alors que, d’habitude, les chanteurs venant du lyrique et que l’on imaginerait plus proche de l’opérette l’abordent avec plus de précautions, l’air de dire : “on est d’accord que ce n’est pas de la grande musique”… Tout en créant quelque chose de magique, le chant peut aussi donner une certaine distance : c’est pourquoi cela fait beaucoup de bien aux chanteurs des Brigands que les comédiens des 26 000 Couverts abordent leur jeu avec beaucoup de sincérité. Ce genre d’opérette constituait de toutes façons un vrai lien entre les Brigands et les 26 000 Couverts, et le public y adhère d’ailleurs avec une grande facilité.

_ Le Moyen-Âge intéresserait-il donc encore quelque qu’un? De quoi parle, au fond, Au Temps des croisades?
_ Pendant tout le 19e siècle, il y a eu une véritable fascination pour le Moyen-Âge. La figure de la châtelaine est devenue une icône, et il s’agit dans Au Temps des croisades d’aller sonder ses ressorts les plus intimes. On attribue à cette châtelaine des propos d’une bourgeoise lambda, la bourgeoise étant la figure emblématique de l’opérette. Les nombreux anachronismes et les références à la condition bourgeoise continuent à nous faire rire aujourd’hui…»

Pour rire en compagnie des Brigands et des 26000 Couverts, c’est à l’Athénée jusqu’au 3 janvier!

Le blog fait une pause de quelques jours: je souhaite donc un joyeux Noël à ceux qui le fêtent et vous dis à lundi !

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Yannick Gauvin's Gravatar Depuis Ta bouche, j'assiste chaque année au spectacle des Brigands. Mardi dernier, je n'ai pas été déçu : quel humour, quel entrain !
Une mention spéciale à la camériste, et au batteur bruiteur. Au fait, le rat a-t-il été retrouvé ? Quelle la véritable portée symbolique de l'olifant ? Je vous laisse, c'est l'heure de déguster un peu de Palestine.
Yannick
# Posté par Yannick Gauvin | 24/12/09 09:34
Clémence's Gravatar Bonjour Yannick,
Merci beaucoup de votre message! Le rat rôde toujours dans les coulisses du théâtre, j'ai bien peur qu'il y reste jusqu'au 3 janvier... Quant à la portée symbolique de l'olifant, ce n'est pas moi qui irais émettre des théories scabreuses, mais j'ai comme l'impression qu'il aurait quelque chose à voir avec le syndrome pré-oedipien....
# Posté par Clémence | 31/12/09 10:49

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