“Allons, attachez-vous à moi, et ne faites pas le timide !”

Qui connaît Faust?

Homme légendaire qui aurait vécu en Allemagne vers la fin du 15e siècle et à qui l’on attribue des pouvoirs magiques provoqués par un pacte avec le diable, Faust est d’abord l’objet d’un livre populaire vite repris par le dramaturge anglais Christopher Marlowe à la fin du 16e siècle.

De personnage récurrent de théâtre de foire et de marionnettes, Faust devient un héros romantique sous la plume de Müller, Klinger et surtout Goethe qui écrit une fin optimiste en le faisant échapper à la damnation.

Le mythe de Faust est ensuite repris dans des opéras comme chez Gounod ou Berlioz: il est souvent réduit à l’histoire d’amour tragique avec Marguerite et donne lieu à de nombreux films au cinéma, dont six de Méliès.

Incarnation du surhomme résistant à toutes les catastrophes, Faust se transforme en héros national avec la première guerre mondiale: l’entre-deux guerres achèvera de l’asservir au nationalisme allemand et il fut suspecté après la seconde guerre mondiale d’avoir nourri la propagande nazie.
Dans son Docteur Faustus, Thomas Mann retourne élégamment cette coloration patriotique pour en faire le symbole de la grandeur et décadence de la nation allemande: compositeur dont la folie est la contrepartie du génie, Faust prend alors une dimension artistique, philosophique et historique inédite.

Parce qu’il est souvent dépeint sous les traits d’un conquérant aspirant à l’infini qui pose la question de la liberté de l’homme, Faust a parfois été comparé à Don Juan: dans l’opéra The Rake’s Progress, le compositeur Stravinsky et l’auteur Auden créaient ainsi en 1951 un personnage à mi-chemin entre Don Juan et Faust.

Pour suivre le piètre destin de Tom Rakewell dans The Rake’s Progress de Stravinsky, c’est demain, jeudi, vendredi et dimanche à l’Athénée dans une mise en scène d’Antoine Gindt et une direction musicale de Franck Ollu.

Et pour découvrir le film Faust de F. W. Murnau (1926), c’est ce soir à 20h30 au cinéma Le Balzac (Paris 8e): le film sera présenté par Julia Peslier, spécialiste de Faust, et un accompagnement musical du film sera interprété en live par Bachar Khalifé (percussions) et Rami Khalifé (piano).

À ce soir pour le ciné-concert et à demain pour la première de The Rake’s Progress! Bon début de semaine à tous.


PS : la citation en titre est extraite du Faust de Goethe dans la traduction de Gérard de Nerval.

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