
The show must go on
Charlie Chaplin a soixante-trois ans lorsqu’il réalise Limelight (Les Feux de la Rampe), et c’est en se rendant en Europe pour présenter le film qu’il décidera de ne pas rentrer aux États-Unis.
Né à Londres, émigré aux États-Unis au début des années 1910, Charlie Chaplin entretient un rapport ambigu à sa patrie d’adoption: ses héros luttent pour leurs libertés dans une optique chère au rêve américain, mais ils vivent dans la misère ou sont des bourgeois opportunistes et vulgaires. Il avait en outre refusé de s’engager contre le communisme comme il n’avait pas souhaité demander la nationalité américaine: entre autres choses, c’en était assez pour déclencher les foudres de l’administration qui, en pleine guerre froide, se chargeait d’éradiquer toutes les activités dites “anti-américaines”.
Réflexion sur le comique et l’art de l’acteur, Les Feux de la rampe est sans doute l’un des films les plus poignants de Chaplin qui interprète un clown déchu devenu incapable de faire rire. Le théâtre dans le théâtre et le music-hall dans le cinéma pénètrent dans l’intimité des artistes et la scène entre Charlie Chaplin et Buster Keaton rappelle les sommets du film muet.
Gerold Schumann, le metteur en scène de Minetti de Thomas Bernhard, a choisi Les Feux de la rampe pour sa carte blanche au cinéma Le Balzac lundi soir: l’équipe du spectacle lira quelques textes avant de vous laisser découvrir les parallèles entre ces deux portraits de l'artiste en vieil homme.
Pour voir Les Feux de la rampe, c’est lundi 12 octobre à 20h30 au cinéma Balzac, 1 rue Balzac dans le 8e arrondissement de Paris.
Et pour Minetti, c’est à l’Athénée jusqu’au 24 octobre!
Bon week-end à vous et à lundi.

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