
À l'insu de notre plein gré
Ce fut donc hier soir la première soirée sans publicité chez les chaînes de télévision publiques. Je ne sais pas ce que cela a donné, je n'ai pas la télé.
Ce qui est plus amusant en revanche, c'est que le spectacle prend une direction inverse et que le mécénat a tendance aujourd'hui à apparaître à la pointe de la gestion culturelle pour toute direction qui se respecte.
Précisons que le mécénat, qui est un soutien apporté en théorie sans contrepartie, se différencie du sponsoring, qui est clairement un investissement publicitaire. Dans les faits, il est évident qu'une entreprise ne devient pas mécène par unique philanthropie mais bien parce qu'elle espère aussi pouvoir communiquer sur la question : si le mécénat se signale de manière discrète dans les théâtres, il apparaît bien plus clairement sur les supports de communication de l'entreprise.
Rien à voir donc, ou presque, avec le sponsoring qui consiste à s'afficher largement sur un événement, et vous vous doutez bien que les matchs de la coupe du monde de football sont davantage concernés par la question que les pièces de théâtre qui se jouent cinq fois devant six cents personnes par représentation -et encore, là on parle des chiffres de l'Athénée, car il y a des structures moins bien loties.
Nous avions déjà évoqué le travail effectué par Amandine Gougeon, directrice du développement à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet : je ne reviendrai donc pas sur la question éthique de l'apport de fonds privés à une culture subventionnée. J'espère seulement pour l'audiovisuel public que la gestion financière de la suppression de la publicité sera conduite avec justice -et également plus de précision, si vous voyez ce que je veux dire. Parce que côté spectacle vivant, au-delà du plaisir de collaborer avec certaines entreprises sur des projets à long terme, précisons que les structures culturelles ne se sont pas lancées dans le mécénat par philanthropie non plus.
Avènement (ou retour, c'est à voir) d'une télévision dépendant complètement de l'État avec tous les risques que cela comporte en matière de culture officielle mais aussi les avantages que cela représente pour votre temps de cerveau disponible d'un côté, spectacle vivant à qui l'on explique qu'il faut aller chercher son argent ailleurs de l'autre, cherchez l'erreur.
Bon mardi!

'+ d'infos sur athenee-theatre.com'Josselin_Passepont.jpg)







A bien y réfléchir, cela me rappelle un théâtre du côté d'Auber, la pièce : l'encenseur, le héraut... heu ! non. Ah ! oui. Le Tribun. Et sa plaquette pour ceux qui l'ont gardée. Manquait quelqu'un.
CQFD.
Merci beaucoup pour votre remarque ainsi que pour votre lien avec Le Tribun qui est ici très bienvenu!
Il ne s'agit pas vraiment d'une critique, car je trouve qu'il est un peu facile et de bon ton de critiquer l'action et le financement des pouvoirs publics en matière de culture. Je remarque seulement les deux directions inverses prises dans des domaines pourtant proches....