
All'italia
L'avantage d'un théâtre à l'italienne, c'est que l'on peut observer à loisir ses voisins d'en face et d'en haut, surtout lorsque la salle forme un large demi-cercle comme à l'Athénée (très pratique pour faire coucou ou se moquer du type d'à côté).
Seulement, on ne voit pas toujours bien de partout, et un spectacle vu côté cour ne sera pas le même vu côté jardin. C'est particulièrement le cas pour Rêve d'automne où un banc est au centre de l'action : enfin quand je dis au centre, c'est une façon de parler, parce qu'il est plutôt à cour.
Pour la première qui a eu lieu hier soir, la salle était comble —et quelques-uns, dont moi d'ailleurs, voyaient la moitié du banc sus-nommé. Deux écoles : il y avait ceux que ça n'avait pas l'air de perturber plus que cela d'expérimenter pour quelques minutes le théâtre en voix off. Et ceux, dont mes voisines d'ailleurs, qui marmonnaient lorsqu'on n'apercevait plus que les cheveux de Judith Magre.
Charme des salles à l'italienne ou égalitarisme républicain très malmené? Ne vous inquiétez pas pour la suite : ces places sont vendues en dernier voire, pour certaines, condamnées. Si vous vous y prenez à l'avance pour réserver, vous serez sans doute très bien placé (et pour ceux qui, comme moi, aiment beaucoup les cheveux de Judith Magre, rien n'est perdu : il suffit d'arriver à la dernière minute).
J'attends vos avis sur Rêve d'automne. D'ici-là, profitez de vos jours de congé si vous en avez, et revenez me lire lundi. Je vous souhaite un bon vendredi!
PS : pour ceux qui n'ont jamais compris comment distinguer cour et jardin, mettez-vous face à la scène et pensez à Jésus-Christ (ou à Jules César si vous aussi, vous êtes pour la laïcité positive). Dans Jules César ou dans Jésus Christ, comme vous voulez, le J est à gauche et le C est à droite : et bien pour Jardin (avec un J) et Cour (avec un C), c'est pareil.

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Quelle belle idée que ce BLOG, original, humoristique.. bref intelligent !!! C'est si rare.
BRAVO à vous et au théâtre de l'Athénée.
Et vite, aux prochaines missives...
Bien à vous
Bonne continuation !
Merci également au Cygne pour ses impressions de César : j'ai un peu moi aussi le même souvenir du spectacle, avec cette sensation parfois que c'étaient les tombes qui parlaient. Il en ressort une sensation d'étrangeté qui va très bien avec ce texte qui n'est pas sans rappeler Beckett... Comme quoi, avé César, ceux qui sont du côté Christ te saluent!
Et sinon Dollfus, votre idée n'est pas si farfelue, disons en tout cas que vous posez la question des relations entre le metteur en scène et le spectateur... Le metteur en scène doit-il penser au public au moment où il construit le spectacle? A cette question, Ariane Mnouchkine avait répondu qu'elle ne préférait pas penser à ce que pourrait ressentir ou penser le public (trop bloquant peut-être!) mais qu'en revanche elle s'employait toujours, sur la fin des répétitions, à se poster en différents endroits de la salle pour vérifier que l'on voit et entend de partout.... Il est vrai toutefois que, voir et entendre de partout, c'est bien plus facile au Théâtre du Soleil où la salle est frontale qu'à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet où je n'ai même pas encore pu explorer tous les recoins....
J'apprécie chaque jour votre humour, vos idées, j'admire même que vous en trouviez chaque jour de nouvelles !
Par ailleurs, votre style respectueux de notre chère langue française me ravit !
Félicitations et encouragements !
Françoise