
Louise Michel
Est-ce que vous étiez à la présentation de saison de l’Athénée en juin dernier? Si oui, vous avez sans doute vu qu’il y avait comme un problème carabiné question représentation sexuée : tous les metteurs en scène programmés par l’Athénée étaient dans la salle, et aucun n’était une femme.
Une jeune spectatrice qui s’est présentée comme étant Louise Michel (enchantée, moi c’est Jeanne d’Arc) vint me voir pour me dire que cette présentation de saison faisait très collège de garçons avant d’aller taxer Patrice Martinet, le directeur, de discrimination.
Son air blasé montra bien que ce n’était pas la première fois qu’on le lui disait, et il me désigna d’un geste désespéré : “mais vous voyez bien que Clémence est une fille! Le quatuor Psophos aussi, tout comme Claire-Marie Le Guay!”.
Cependant, le mal était fait : certes, les musiciennes en résidence et la blogueuse de l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet se conjuguent au féminin, mais “metteure en scène” est bien peu employé, et il n’y a pas qu’à l’Athénée. Il y a peu de temps, le journal La Scène publiait un dossier sur la désertion féminine dans le monde du spectacle vivant : rien de bien encourageant, mais je suis quelqu’un d’optimiste alors j’ose espérer des changements.
Et comme je suis sûre que les filles c’est de toutes façons bien plus poli, je vous souhaite un beau mardi...

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J'en connais une qui sans bateau rame depuis quelques années car pour présenter sa pièce les portes des directeurs se ferment : nous ne connaissons pas les têtes d'affiches...
Que va devenir le théâtre si l'on ne fait pas appel et confiance à de nouvelles générations ?
J'espère que cela va changer quand, peut-être, il y aura plus de femmes à la direction de théâtres et qu'entre elles le courant passera.
Bravo pour le blog de Clémence et bon courage.
Jacques
Il faudrait qu'ils se mettent à réfléchir ensemble (en invitant des femmes) pour chercher, écouter, prendre des décisions.
En tous cas, sympa d'être relié à un théâtre qui nous fait part de sa vie.
Des femmes à la direction des théâtres, il pourrait y en avoir plus déjà. Regardez le nombre de celles qui y sont directrices adjointes.
Mais au vu des nombreux Master de Gestion de la Culture et autres assimilés qui regorgent de jeunes femmes ayant déjà tâté du terrain et prêtes à en découdre (tiens, au hasard, Clémence Hérout !? ;-) ) , on peut espérer que la situation va changer dans un avenir proche!
Et effectivement, alors, peut-être que si les choses changent côté cour, elles changeront peut-être aussi côté jardin!?!
Moi aussi, comme Clémence, je suis quelqu'un d'optimiste!
Merci pour ce blog, Clémence! Au plaisir de le lire et bonjour à Patrice Martinet!...
Moi je suis pessimiste plutôt, mais je veux bien faire une mise en scène : que personne n'hésite à me proposer!
Bonjour à toute l'équipe et special gesture to Jeannot, the best régisseur du monde (avec Mano bien sûr!)
Pour en revenir à Louise Michel, c'est tout le problème général de la discrimination positive et du débat sur les communautés (si l'on suppose que les femmes en constituent une, d'ailleurs) : faire le constat qu'une catégorie de population est lésée est un premier pas, mais la question du remède est bien plus ardue et ne touche pas que le théâtre en ce qui concerne les femmes!
Ainsi, comment expliquer qu'il y ait beaucoup de femmes dans le secteur social et très peu dans celui de l'informatique ou dans les carrières scientifiques? Prédisposition plus ou moins génétique, éducation, pression de la société ou auto-censure?
Concernant les postes à responsabilités, il apparaît assez rapidement que les femmes se heurtent assez rapidement au fameux plafond de verre, à cause de la question de la maternité sans doute mais aussi des représentations sociales qui font que l'on pense à un directeur et à une secrétaire... C'est sans doute pour la même raison également qu'il y a beaucoup d'étudiantes dans les formations de politique de la culture (comme le mentionnait Cécile) mais encore peu dans celles de mise en scène...
Tout cela tend à évoluer lentement, et je ne saurais pas forcément me prononcer sur la solution à adopter. La discrimination positive paraît bien artificielle, et réunir les directeurs de théâtre comme le proposait Bussillet me semble n'être qu'un début : car le problème principal, ce n'est pas forcément que les directeurs de théâtre refusent de programmer des femmes comme le sous-entendait Jacques (à moins Jacques, que vous ayez entendu de tels discours?), c'est aussi que des femmes metteures en scène, il y en a très peu.
Ainsi, choisir d'instaurer des quotas comme cela peut être le cas à l'Assemblée serait sans doute dommageable au niveau de la qualité artistique : non pas que les femmes font du moins bon travail, mais qu'un spectacle risquerait d'être choisi juste par le genre de son créateur...
Comme le sous-entend Cécile, je crois qu'il faut surtout être patient et croire en un changement des mentalités et des habitudes.... En parler ensemble est déjà un bon début ! Et n'oublions pas qu'à poste égal, l'écart moyen entre les salaires des femmes et ceux des hommes est de 40% en France...
Je ne sais pas si je suis représentatif, mais en tout cas le respect de la parité était le cadet de mes soucis avant d'aller voir telle ou telle pièce...
En fin de compte, les femmes ne sont elles pas en train de s'imposer ? Je laisse d'autres faire le pointage dans les salles "prestigieuses", Comédie Française, Odéon, etc...
Comme c'est étrange....Le Kairos est passé par là! Depuis la présentation de saison dernière, Chronos faisait son travail.Il me faisait passer d'un jour au suivant sans crier "gare".
Mais juste à l'instant (il y a quelques 2 ou 3 minutes seulement), je racontais à mon homme notre rencontre sur le parvis (pardon c'est un terme architectural chrétien, mais bon)...
La représentation théâtrale reste après tout, et malheureusement pour quelques uns, l'indiscutable "grande messe", celle qu'il ne faut jamais discuter même si son sens nous échappe...( ça rassure!).
Bref, je lui disais que l'ouverture du blog devait avoir eu lieu il y a deux jours.
Et alors que je voulais lui procurer la preuve de l'existence de votre page virtuelle, me voilà surprise par le passage du Kairos.
Jeanne, je préfère vous laisser la surprise de la découverte de cette entité grecque toute mystérieuse. Mister Big brother "Google man" pourra très certainement vous livrer quelques secrets sur sa signification.
"Où sont les femmes?" Oui, c'est vrai les femmes sont absentes de la scènes de L'Athénée. J'en suis chagrine.Il paraît pourtant que deux femmes au moins vivent sur cette terre pour seulement un homme.Mais peut-être est-ce un reliquat du XIXème britannique darwinien...?
Les femmes sont fidèles par nature quand les hommes ont une nécessité de multiplier les conquêtes pour exister? Les femmes couvent à la maison quand les hommes gagnent de nouveaux territoires?
Je suis perplexe...Comment un directeur de théâtre fait-il pour ne rencontrer aucune femme susceptible de faire briller dignement la scène de Jouvet? Elvire doit-elle éternellement donner sa vie à Don Juan, tenter de le sauver et lui pardonner avant de prendre le voile pour cacher sa honte?
Mais chère Jeanne, d'où ce théâtre tient-il son nom d'"Athénée". Est-ce ???????? N?????????? érudit et grammairien?
Je vous salue, Jeanne d'Arc et restez à l'écoute des voix invisibles qui viendront chuchoter aux oreilles de votre blog. Puissiez-vous sauvez le roi de sa perte...
Louise Michel
"Elles ne lâchent jamais" (de l'authentique Louise Michel au sujet de la lutte des Sardinenières de Douarnenais).
Cette petite coquille aura malgré tout le mérite d'avoir de l'humour". À la veille du "Rêve d'automne", je dois songer à un futur grand ménage de printemps....
Fraternellement,
Louise Michel
Comme je suis contente que Kairos nous ai permis d'échanger une nouvelle fois, en virtuel cette fois -et je n'avais pas besoin de Big Google pour savoir que Kairos désigne l'opportunité ou la bonne occasion, bref qu'il complète Chronos en liant le temps et l'efficacité de l'action (merci à mon professeur de grec... Bon j'avoue, j'ai tout de même vérifié sur Google Brother, le cerveau a toujours ses faiblesses, même le mien).
Kairos a d'ailleurs été bien inspiré car, voyez-vous, je n'avais pas prévu d'écrire sur vous tout de suite. C'est juste avant de poster le billet prévu mardi que le destin m'a fait penser à vous et réécrire ce texte au dernier moment.
Chère Louise, tout d'abord, ne vous inquiétez pas de vos soucis de publication de commentaires : la magie de l'informatique m'a permis de déplacer vos écrits au bon endroit.
Effectivement, la question de l'impact physique sur les différences hommes/femmes dans la société est centrale : de par la maternité, les femmes seraient vouées à d'autres activités que la chasse, la guerre et, accessoirement, la mise en scène. Lutterions-nous contre la nature en voulant sortir de la maison?
Guy, qui est manifestement un grand spectateur de théâtre (puisqu'il a un blog de spectateur où vous pouvez accéder en cliquant sur sa signature dans le commentaire), a l'air d'avoir beaucoup côtoyé ces femmes qui bravent les lois de la nature. Bravo Guy pour votre expérience et merci de ce récapitulatif! De mon côté, je continue à trouver que je vois beaucoup de spectacles de danse chorégraphiés par des femmes, mais peu de metteures en scènes et encore moins de chefs d'orchestre féminines! (d'ailleurs, où est le féminin de chef? Chèfe? Cheffe? Cheftaine?) Cela dit, je ne fais jamais mon choix sur le genre du metteur en scène, la discrimination positive n'étant pas mon fort. Votre calcul montre bien toutefois que certains changements sont en cours....
Mais soyez rassurée chère Louise, vous qui avez été l'inspiratrice directe de ce billet : je veille sur Patrice Martinet et, croyez-moi, la saison prochaine devrait être un peu plus féminisée. Jeanne d'Arc sera bien là pour sauver le roi de sa perte!
Quant au nom de l'Athénée, il est déjà prévu pour être le sujet d'un prochain billet!
A bientôt (et merci à Louise Michel de nous avoir mis la chanson de Patrick Jouvet dans la tête pour toute la journée..)
Mais pour en revenir au fond, il y a certes de nombreux projets de spectacles portés par des femmes (circonvolution destinée à éviter d’avoir à affronter le choix metteur/metteure/metteuse, dont le caractère cornélien est hélas bien significatif) et l’Athénée par le passé leur a accordé une vraie place. Mais je puis témoigner que ces projets sont toujours plus fragiles que ceux portés par des hommes, qui bénéficient de davantage de soutiens institutionnels et professionnels.
Devons-nous alors nous poser la question de la discrimination positive ?
Patrice
Cela dit, que les tenants de la parité systématique se rassurent : il y a des quantités de femmes (dans des formations sur le tas, des cours de gestion culturelle et des conservatoires), prêtes à bondir des starting-blocks pour sauter sur les places vacantes ou présenter des projets aux organismes qui donnent des gros sous... ça bouge de tous les côtés !
D'ici une décennie, vous allez voir la différence et certains pleureront – peut-être – le manque d’hommes…. Allez savoir…
Cela dit, bravo à Clémence : quelques sujets de réflexion et une bonne dose d'humour, ça fait toujours du bien.
En tout cas, merci à tous pour vos contributions très fouillées et merci à ceux qui m'ont prodigué leurs encouragements! J'espère bientôt retrouver vos commentaires sur le blog...
Une leçon de langue française dans toute la subtilité du masculin et du féminin !
Un gars : c'est un jeune homme
Une garce : c'est une pute
Un courtisan : c'est un proche du roi
Une courtisane : c'est une pute
Un masseur : c'est un kiné
Une masseuse : c'est une pute
Un coureur : c'est un sportif à vélo ou à pieds
Une coureuse : c'est une pute
Un professionnel : c'est un sportif de haut niveau
Une professionnelle : c'est une pute
Un homme sans moralité : c'est un politicien
Une femme sans moralité : c'est une pute
Un entraîneur : c'est un homme qui entraîne une équipe sportive
Une entraîneuse : c'est une pute
Un homme à femmes : c'est un séducteur
Une femme à hommes : c'est une pute
Un homme public : c'est un homme connu
Une femme publique : c'est une pute
Un homme facile : c'est un homme agréable à vivre
Une femme facile : c'est une pute
Un homme qui fait le trottoir : c'est un paveur de chaussée
Une femme qui fait le trottoir : c'est une pute
Un péripatéticien : c'est un philosophe de l'école d'Aristote
Une péripatéticienne : c'est une pute!!!!!!!!!
Mon dieu, que la langue française est inventive ....