
Question pour un champion (1)
Mon nom de famille comporte une voyelle à ne pas prononcer et j'ai un prénom d'arbre fruitier. Ma mère était une poétesse et j'ai mis l'une de ses œuvres en musique. J'ai brièvement habité au 67 rue Rambuteau à Paris.
Je suis tellement jeune lorsque je suis nommé organiste de l'Eglise de la Trinité qu'un journaliste de L'Instransigeant venu m'interviewer commence par me demander "il n'est pas là ton papa?". Pendant la deuxième guerre mondiale, étudier des partitions de Beethoven, Ravel et Stravinski m'est d'un grand réconfort et il est fort possible qu'on m'ait proposé un poste de professeur au Conservatoire alors que j'étais encore engagé dans l'armée.
Mes œuvres sont publiées chez le même éditeur que Claude Debussy et le premier cours d'harmonie que je donne au Conservatoire le 7 mai 1941 porte sur son Prélude à l'après-midi d'un faune. Le scandale provoqué par la création de l'une de mes œuvres a parfois été comparé à celui suscité par Le Sacre du Printemps de Stravinski.
On s'est souvent moqué de moi pour avoir fourni une sorte de mode d'emploi (en tout cas une sorte d'explication préalable) à mes œuvres. Je ne me définis pas comme un musicien mais davantage comme un ornithologue rythmicien. Je m'inspire beaucoup du chant des oiseaux pour composer ma musique au point de parfois déployer une énergie incroyable pour me faire envoyer des enregistrements de chants d'oiseaux en provenance de pays lointains.
J'ai été beaucoup invité dans des pays étrangers et suis rapidement devenu mondialement connu. Mes agendas se remplissent de plus en plus au fil de ma carrière et le nombre impressionnant de commandes que l'on me fait finit par en remplir les pages au point de les rendre quasiment illisibles. En 1971, Rolf Liebermann, directeur de l'Opéra de Paris, me passe commande d'un opéra que je n'accepte que parce qu'il m'en a fait la demande devant le Président de la République Georges Pompidou lors d'un dîner à l'Elysée : la composition en fut longue, laborieuse et me causa beaucoup d'angoisse, mais lorsqu'il fut achevé j'eus l'impression d'avoir composé l'œuvre de ma vie.
Ma foi catholique est très importante dans mon travail d'artiste et beaucoup de mes œuvres sont fondées sur des sujets religieux. Ma dernière œuvre créée de mon vivant est un hommage à Mozart commandé par le chef d'orchestre Marek Janowski à l'occasion du bicentenaire du compositeur.
Je suis décédé le 27 avril 1992 : on ne sait pas à quelle heure, mais ma femme, pianiste célèbre, retrouva sur la table de nuit ma montre arrêtée à 20h30.
J'ai composé une œuvre colossale parmi laquelle on peut citer Quatuor pour la fin du Temps, Turangalîla Symphonie ou encore Saint François d'Assise. On fête cette année le centenaire de ma naissance et mille concerts de mes œuvres seront donnés dans trente-cinq pays. L'Athénée m'offre à cette occasion une semaine de concerts du 9 au 14 décembre. Je suis? Je suis?

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Mais je crois qu'il faut encore que je m'entraîne pour Question pour un Champion, car je n'ai trouvé la réponse qu'au dernier paragraphe!
Petite remarque pour la deuxième phrase: je crois qu'il manque un petit bout ?!
( une DE SES oeuvres ?)
Juliette, c'est vrai que j'aurais pu faire une biographie vue par la montre, je n'y ai pas pensé!!! (mais idée à conserver pour une prochaine fois)
Alors je ne sais pas moi, puisque je sens que Juliette et Isabelle étaient déçues d'arriver trop tard, je peux peut-être continuer à faire Clémence Lepers? Donc une question subsidiaire : qui était la femme d'Olivier Messiaen?
Précision : ce billet a été écrit en partie grâce à la biographie de Messiaen écrite par Peter Hill et Nigel Simeone et parue chez Fayard.
"Rencontres et croisements inattendus (de Messiaen à Debussy via Paul Valéry… et un poète vivant) :
Les trois oiseaux solistes de la Yamanaka-cadenza (3ème pièce des Sept Haïkaï) Hôaka, Kibitaki, Kuro-tsugumi, viennent d’apparaître sur le Net joués en close up:
- Hôaka (Bruant à tête grise)
http://www.youtube.com/watch?v=LsE44Q08hR8
- Kibitaki (Gobe-mouche Narcisse),
http://www.youtube.com/watch?v=k4aAlKo7yjg
- Kuro-tsugumi (Merle japonais)
http://www.youtube.com/watch?v=_JhjC3UCpVk
Première curiosité amusante je découvre que Louis Latourre l’interprète du « gobe-mouche Narcisse » de Messiaen est aussi l’interprète du « Narcisse » de Paul Valéry, comme acteur de théâtre cette fois.
Poète, metteur en scène, il semble avoir connu personnellement Olivier Messiaen et son épouse Yvonne Loriod.
Mais surtout concernant Valéry: il est certain que le poète a connu les premières grandes oeuvres de Messiaen, notamment les « Visions de l’Amen » en 1943 lors d’un Concert de la Pléiade. Messiaen jouait lui-même son oeuvre, accompagné au second piano par Yvonne Loriod (alors sa jeune élève).
La suite inattendue encore: En 1948, Messiaen confiait la publication de ses « Cinq Rechants » aux éditeurs Rouart-Lerolle. Ce Lerolle (Henry) peintre, musicien, mécène… il est certain que sa fille Yvonne, figure d’une féminité et d’une jeunesse idéalisée, n’a pas été sans marquer l’imagination de Debussy, familier de la maison paternelle durant toutes les années de la compostition de son « Pelléas et Mélisande ». Quand on sait l’influence de l’opéra sur Olivier Messiaen… Quant à son collaborateur éditeur Rouart (Paul), il n’était autre que l’époux d’Agathe… Valéry, fille du poète.
Jérôme
(NB. Yvonne Lerolle et sa soeur Christine sont les deux fameuses « Jeunes filles au piano » peintes par Renoir.)
Rencontres, croisements…
comme ces « miroirs d’oiseaux familiers » écrits par Messiaen dans son poème chanté « Harawi »…"
Il y a de quoi fournir 30 Questions pour un champion!
http://www.youtube.com/watch?v=2v7d3GXEctE
http://www.youtube.com/watch?v=2v7d3GXEctE