
Souvenirs de jeunesse
On se souvient toujours de sa première fois. Quelquefois douloureuse, souvent agréable, rarement ennuyeuse, la première fois reste inscrite dans la mémoire de chacun et détermine parfois ce qui va suivre. Les membres de l'équipe de l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet à qui on en a parlé se souviennent tous sans exception de leur première fois et la racontent avec précision, sauf Patrice Martinet qui a eu besoin de chercher dans un livre de sa bibliothèque pour la retrouver -mais pour lui, il faut bien le concéder, cela date un peu.
Il y a ceux qui ont été profondément marqués par la première pièce qu'ils ont vue à l'Athénée, ceux qui ne se souviennent que de leur position (dans la salle), ceux qui avouent qu'ils n'étaient jamais venus avant d'être embauchés, ceux qui se souviennent du lieu mais pas de la pièce, ceux qui se souviennent de la pièce mais pas de l'impression que le lieu leur avait faite -on imagine qu'à force de le voir tous les jours, la première rencontre s'estompe.
Parmi les premières pièces vues, on a Elvire Jouvet 40 par Brigitte Jaques, Claudine et le Théâtre par Philippe Caubère, Quartett par Hans Peter Cloos, L'Ecole des Femmes par Jacques Lassalle, Geneviève du Brabant par les Brigands, Solness le constructeur par Sandrine Anglade, Fragments Lunaires par Pierre Friloux, Knock par Maurice Bénichou, Fin de partie par Bernard Levy, Callas par Elisabeth Macocco, Jacques ou la soumission / L'Avenir est dans les œufs par Laurent Pelly, Le Bagne par Antoine Bourseiller, Equus par John Dexter, Simplement compliqué par Christian Colin ou L'Opéra de quatre notes par Paul-Alexandre Dubois.
L'année des premières fois donne un aperçu de l'éventail des générations présentes à l'Athénée : 2000, 1986, 2004, 2001, 1986, 2002, 2003, 1988, 2006, 2008, 1978.
Nous avons eu des récits plus ou moins circonstanciés (avec mention spéciale à Dominique Lemaire : "j'étais le régisseur de la salle Christian Bérard, on avait dû démonter le parquet pour mettre à la place un plancher de verre avec des moniteurs télévisés au sol, il y avait six projecteurs carrousel, un comédien qui volait dans les airs, une balançoire et même un aquarium qui prend feu!"), d'autres très factuels, mais on a toujours été étonnée de la précision des souvenirs de chacun.
Quant à moi, c'était La Danse de mort de Strindberg par Jacques Lassalle en 2004. Je m'étais perdue en sortant du métro Opéra, j'étais arrivée en retard, j'avais dû passer les vingt premières minutes à me remettre de ma course, et je ne m'étais aperçue de la beauté de la salle qu'une fois la pièce terminée. Aujourd'hui, j'arrive à l'heure à l'Athénée mais je continue inexorablement à me perdre dans le quartier : les premières fois conditionnent, je vous l'avais dit. Et vous, votre première fois à l'Athénée, c'était pour quoi? Ceux qui sont venus après 1982 peuvent s'aider des archives du site de l'Athénée, les autres devront consulter le livre Athénée Théâtre Louis-Jouvet édité chez Norma!
Pour ceux qui n'ont encore jamais franchi le pas, après la répétition offre une belle opportunité de première fois jusqu'à samedi!
Bon mardi.

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C'était il y a déjà quelques années, une expérience hélas ennuyeuse avec Jean Paul Sartre et des échelles, et d'ailleurs pas menée jusqu'à son terme, pas d'émotions inoubliables.
Je me suis réconcilié depuis avec les plaisirs de cette nature... mais pas encore à l'Athénée!