
"L'imagination nécessite de l'humilité, de l'amour et un grand courage"
J'avoue, je ne connaissais pas Jörg Widmann avant d'ouvrir le programme de l'Athénée : le quatuor à cordes Psophos donne en effet un concert en son honneur (et en sa présence) samedi à 15h dans la grande salle de l'Athénée. A force de recherches, je tombe sur un article de ce monsieur présentant ses quatuors pour cordes : c'est de l'allemand, je ne maîtrise pas assez la langue pour dire autre chose que "bonjour, vous vous êtes perdus? Oui, la Tour Eiffel est à gauche", alors je décide de tester un logiciel gratuit de traduction automatique.
Je suis ravie de ce que j'ai pu apprendre de l'oeuvre de Widmann grâce à cette merveille de l'informatique : j'ai ainsi pu lire qu'"avec la plus haute pression, les feuilles sur les cordes sont pressées l'un après l'autre sans que ce résultat sonore-ci ait lequel rendrait justice en quelque forme de l'énergie de cette action. Le premier événement sonore perceptible sont deux flageolets planant tendrement".
Tout est donc possible en musique classique, même les haricots qui volent avec amour. Après tout, le propre d'un concert est bien d'éveiller l'imagination de son auditeur, peut-être plus que le théâtre, d'ailleurs : que vous reste-t-il après une pièce? Des bouts de répliques, une image du décor, un avis plus ou moins construit. Le texte encadre la pensée là où la musique la laisse peut-être plus vagabonder : après le concert de samedi, il vous restera surtout des impressions, des images bien à vous, un ressenti. Sans doute un avis construit aussi, mais peut-être plus sur la technicité des musiciennes que sur l'ensemble du concert lui-même.
Alors si vous pensez à du cassoulet en écoutant des musiciennes jouer, cela ne regarde que vous. Avec un quatuor de Maurice Ravel et un quintette de Mozart en plus de l'oeuvre de Widmann, vous aurez tout le loisir de vous laissez aller à toutes sortes de considérations culinaires (et autres, j'espère).
Bonne journée et à demain!
PS : certains d'entre vous ne viennent jamais sur le blog pour écrire ou tout simplement lire les commentaires. C'est mal. Si vous étiez venus hier, vous sauriez qui était l'homme mystérieux au buste défraîchi : il est encore temps de compléter votre culture en cliquant sur l'un des liens ci-dessous puis, en bas du billet d'hier, sur "commentaire".
En faisant la même manipulation pour le billet d'aujourd'hui, vous trouverez d'où vient la citation du titre...

'+ d'infos sur athenee-theatre.com'Josselin_Passepont.jpg)







La citation complète :
"The writer by nature of his profession is a dreamer and a conscious dreamer. How, without love and the intuition that comes from love, can a human being place himself in the situation of another human being? He must imagine, and imagination takes humility, love, and great courage. How can you create a character without love and the struggle that goes with love?"
Ou, en français : "La nature même de sa profession fait de l'écrivain un rêveur, et un rêveur conscient. Sans amour, sans cette intuition qui vient de l'amour, un être humain pourrait-il prendre la place d'un autre? Il faut qu'il imagine, et l'imagination nécessite de l'humilité, de l'amour et un grand courage. Comment donner vie à un personnage sans amour, et sans ce combat qui va de pair avec l'amour?"
Merci encore pour la beauté de la citation de Carson Mac Cullers.
Je vous en propose une autre...
Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit.
C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.
Christian Bobin
La part manquante
Comment se porte le spectacle ?
Des surgissements au cours des représentation?
La réception du public évoluent-t-elle ?
Belle journée,
Catherine
Merci Marie-Claire pour votre commentaire qui m'a bien fait rire. Je vous attends au tournant pour développer sur les odeurs que peuvent parfois dégager certains événements sonores (NB : et pour en revenir au Quatuor Psophos, figurez-vous que cela vient d'un mot grec qui signifie justement événement sonore! Je vais leur proposer de les rebaptiser "Quatuor Flageolet" mais ce n'est pas dit qu'elles acceptent!)
Chère Catherine, merci beaucoup pour votre citation de Christian Bobin que j'aime par ailleurs beaucoup. A ceux qui ne connaissent pas, je vous conseille de commencer par son petit roman intitulé Geai!
Le spectacle se porte bien, même si le public pourrait être plus nombreux. Les réactions sont globalement tranchées, même si elles portent d'ailleurs davantage sur le texte que sur la mise en scène elle-même! L'avez-vous vu?
Bonne fin de journée à vous.
": certains d'entre vous ne viennent jamais sur le blog pour écrire ou tout simplement lire les commentaires. C'est mal."
Sans vouloir contredire, il me semble que c'est déjà pas si mal que les messages de Clémence soient lus et appréciés par un grand nombre. Dans ce grand nombre, seule une minorité peut ou veut réagir, n'est-ce pas normal ? Sinon, rien n'empêche Clémence de rendre l'accès à ses messages payant, par abonnement, ainsi elle sera rassurée sur l'impact de son blog...
Mon post scriptum était surtout destiné à faire réagir les uns et les autres et aussi à rappeler qu'il est possible de laisser des commentaires sur le blog, car je me suis rendue compte que beaucoup de gens n'avaient pas vu qu'il était possible de réagir.
Rendre le blog payant oh non, quelle horreur! Nous sommes d'accord que c'est toujours une minorité qui réagit et que c'est effectivement normal. Par contre, quand vous dites "il me semble que c'est déjà pas si mal que les messages de Clémence soient lus et appréciés par un grand nombre", certes, mais quel moyen ai-je de savoir si mes billets sont lus, appréciés et qu'ils vous font réagir à part les commentaires? C'est pourquoi c'est toujours très important pour moi de vous lire et vous répondre. J'ai aussi très envie de débattre et discuter!
J'ai gagné quelque chose ?
Il va falloir citer vos références.... Alors au vu de l'ensemble du texte, je pense que le flageollet ici se rapporte à l'harmonie et à l'octave. Mais si vous retrouvez vos sources, je suis prête à ouvrir une nouvelle fois mon dictionnaire ! (en papier, cette fois)
Bonne journée.
Guy