
Quatre notes et des lumières
Entretien avec Paul-Alexandre Dubois
Paul-Alexandre Dubois est chanteur et metteur en scène de L'Opéra de quatre notes, et c'est en regardant Marie-Noëlle Bourcart, régisseure générale à l'Athénée, s'attelant à la mise en place des projecteurs avec Gérard Vendrely, créateur des lumières, que nous avons pu avoir une conversation entrecoupée de "c'est ce projecteur-là ou pas? Ah non celui-ci il faut juste le remettre de face" ou "tu veux pas que je te desserre la poignée?".
L'Opéra de quatre notes commence dans une cave de Besançon. Une aide de l'Arcadi permet de jouer le spectacle en Île-de-France tout en menant des interventions pédagogiques dans les écoles afin de sensibiliser à ce qu'est l'opéra.
"_ On vous pose donc la question, Monsieur Dubois, qu'est-ce que l'opéra ?
_ C'est un théâtre où la façon de parler est traitée majoritairement dans une optique musicale.
_ Ce qui est une définition très claire pour un élève de CE2.
_ Oui bon, c'est un spectacle où le texte est plus souvent chanté que parlé, c'est mieux là?
(Pendant ce temps, Marie-Noëlle Bourcart monte tranquillement vers les projecteurs)
_ Au-delà des définitions, je veux que le maximum de gens se sentent invités. Il y a encore de gros clichés sur l'opéra, et parce que c'est marqué "opéra", beaucoup de gens refusent de venir au spectacle. On ne peut pas reprocher à quelqu'un d'être ignorant, en revanche ce genre d'attitude m'agace lorsque je la trouve chez les personnes qui sont dans une position d'éducateur : certains ne veulent pas connaître l'opéra pour ne pas avoir à le transmettre…
(j'ai le mal de mer pour Marie-Noëlle)
_ Et vous avez choisi un opéra sur l'opéra dans l'espoir de conjurer ce mauvais sort?
_ Je l'ai surtout choisi parce que je le trouvais drôle et parce que cette oeuvre contient en elle-même à la fois l'amour et la critique de l'opéra.
_ Qu'est-ce qui est critiquable, dans l'opéra?
_ Il y a quelque chose qui pourrait toucher à la pornographie dans l’opéra (plus tard, Paul-Alexandre Dubois gémira : "non mais quand je pense qu'elle a réussi à me faire parler de pornographie !"). Ce que je veux dire, c'est que le chant extériorise quelque chose d'intérieur, une matière intime, et que cette extériorisation apparaît parfois comme obscène. Et le pire, c'est qu'en plus le chanteur fait comme s'il ne chantait pas! Car l'opéra est fondé sur cette convention incroyable : on chante en faisant comme si de rien n'était. Pourtant le chanteur lyrique ne parle pas, il chante, et il chante d'une manière qui peut faire peur -j'ai déjà fait pleurer des enfants comme ça!
(Moi, c'est Marie-Noëlle qui commence à me faire peur avec son projecteur)
_ Rassurez-moi, vous ne comptez pas faire pleurer tout le monde demain soir?
_ Ah non! Certes, c'est un opéra qui parle de lui-même, du temps et de l'art, et je crois même que, quelque part, Tom Johnson l'a écrit pour déplaire. Mais malgré la gravité fondamentale du sujet, c'est une oeuvre pleine d'humour qui se moque aussi d'elle-même."
(Quand j'ai dû laisser Paul-Alexandre Dubois se préparer, Marie-Noëlle et Gérard Vendrely en étaient là:
Soeur Marie-Noëlle voyait-elle quelque chose venir? Une chose est sûre, les lumières de L'Opéra de quatre notes sont maintenant prêtes et les sièges n'attendent plus que vous! A ce soir, et bon mercrely.)

'+ d'infos sur athenee-theatre.com'Josselin_Passepont.jpg)







Bonne continuation,
Frédérique des environs de Paris
Cette machine s'appelle Génie (gény?) et elle devrait faire l'objet d'un autre billet à venir...
A ce soir donc!