
C’est grave
Vendredi dernier, dans "L'argent n'a pas d'odeur", je vous parlais des possibilités offertes par l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet en terme de location de salle pour des événements privés : c'est dans ce cadre qu'hier soir, le pianiste Olivier Chauzu donnait un concert rassemblant des extraits d'Ibéria d'Albéniz, une sonate de Dukas et La grande Humoresque de Schumann. Dans l'après-midi, j'entendis marmonner sur la scène "Il a fait la guerre ou quoi ce piano? J'ai l'impression qu'il a connu un bombardement". Des coulisses, je n'ai pas pu voir qui parlait : lui-même, l'accordeur ou un technicien. Une chose est sûre en tout cas, les graviers de Rêve d'automne ont l'air de laisser assez de poussière blanche pour donner à un piano tout propre des airs de vestige des années 1940.
Car en fait, toute personne qui loue la salle de l'Athénée se retrouve confrontée au décor de la pièce en représentation à ce moment-là, et je dois dire que voir un piano à queue posé sur des graviers blancs dans un décor de cimetière renvoyait une image franchement troublante, même si les trois pierres tombales furent finalement retirées pour le concert : on veut bien mélanger théâtre et musique, mais laisser planer la mort sur l'exécution de La grande Humoresque de Robert Schumann rappelle peut-être trop les troubles dépressifs d'un compositeur qui, après avoir essayé d'écrire une oeuvre gaie, avouait que c'était peut-être ce qu'il avait "fait de plus déprimé".
C'était oublier les graviers et leur proximité homonymique (et peut-être étymologique) avec le mot anglais "grave" qui signifie "tombe"… Le théâtre n'est pas près de vous lâcher (la mort non plus, d'ailleurs) : pour approfondir les liens entre théâtre et musique et vous préparer aux représentations de L'Opéra de quatre notes qui commenceront la semaine prochaine, rendez-vous ce jeudi 16 octobre à 18h30 sur le site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France pour une rencontre autour de "mettre en scène la musique". Vous trouverez plus d'informations ici.
En attendant et pour ceux qui n'ont pas encore vu Rêve d'automne, voici quelques fameux graviers dans la main de Dominique Lemaire, l'un de nos deux directeurs techniques. La photo est de lui aussi.
Bon mardi.

'+ d'infos sur athenee-theatre.com'
Josselin_Passepont.jpg)







Il n'existe aucun commentaire pour ce billet.
[ Ajouter un commentaire]