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Coulisses

Je me fais belle pour me faire dévorer

Posté le : 16 nov. 2017 18:05 | Posté par : Clémence Hérout
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Dans la petite salle de l’Athénée, l’équipe artistique de L’Aile déchirée règle des détails de lumière et d’accessoires avec le régisseur Benoît, ou s’isole pour répéter son texte.



 
« Clown 1 : C’est de ta faute si on est perdues !
Clown 2 : De ma faute ? Mais je t’ai suivie !
Clown 1 : Je t’ai suivie !
Clown 2 : Je t’ai suivie !
Clown 1 : Tu me suivais alors que je te suivais ?
Clown 2 : Je te suivais parce que je croyais que tu suivais la bonne route. »




 
« L’amie : Quand je regarde ces étoiles, je ne suis plus au monde. Et pourtant, je ne me sens jamais aussi vivante qu’à ce moment-là. C’est curieux non ? Et si je me tais – (Silence) – Je n’entends plus rien. Ce n’est que là que j’entends tout.
Le jeune Homme : Tu ne t’arrêtes jamais, en fait ?  »
 
 
 

 
« La tenancière : Je ne vous ferai pas patienter plus longtemps, je sais que vous êtes tous venus pour voir les numéros de nos artistes de grand talent. Ah ! Si, si, une précision. Je vous demanderai de ne pas leur faire l’offense, nous faire l’offense d’applaudir juste par politesse. Par politesse. Merci. »
 
 

 
« Le fiancé au jeune homme : Vous attendez quelqu’un ?
Le jeune homme : Moi ?
Le fiancé : Oui, je sais reconnaître un compagnon d’infortune. Une femme, vous aussi, pas vrai ?
La tenancière qui passe : Tout le monde ici est là pour ça. Mon discours n’a servi à rien ? Rien ? Rien ?
Le fiancé : Si, si. Excusez-moi madame. Elle n’a pas dû briser beaucoup de cœurs, celle-là. »
 
 
 

 
« Le fiancé : C’est vrai, que c’est triste. Moi, c’est pareil qu’eux, malheureux. Je suis, comme qui dirait, fiancé. Oui, oui, un fiancé tout à fait convenable qui se retrouve dans cet endroit, étonnant, pas vrai ?
Bon, mais c’est le désarroi qui m’a amené ici. Trois mois que je suis fiancé, et que la fiancée ne daigne m’accorder la moindre sympathie. Pas même un baisemain. Mais c’est qu’elle est trop parfaite et trop pure pour ça. Donner sa main, c’est donner son âme, pour elle. C’est ce qu’elle m’a dit.
Alors, moi, depuis trois mois, tous les jours, je vais chez elle, et... C’est un petit peu ridicule, mais c’est par amour, tu sais, alors ce n’est qu’à moitié ridicule. Bref, tous les jours, je reste assis sur un petit fauteuil qu’elle m’a acheté pour que j’attende assis, et plus debout comme au début. Pour mon confort. C’est idiot. » 
 
 
 

 
« Le jeune homme : Vous vous frottez les uns les autres dans ces soirées hypocrites en espérant vous débarrasser de votre solitude, mais elle ne partira pas si facilement. A la fin de la nuit, elle vous aura attendu sur le pas de la porte et elle vous raccompagnera tous chez vous. »
 
 
 

 
« Le chanteur :
À l'heure où les loups assoiffés se réveillent
Moi, je me fais belle
Pour me faire dévorer
Par ces doux carnassiers
Qui d'un regard glacent le sang
Réchauffent les entrailles
Et effraient les plus téméraires
d'entre nous... »
 
 
L’Aile déchirée, écrit et mis en scène par Adrien Guitton, se joue jusqu’à dimanche. Bonne soirée !
 
Clémence Hérout

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